MONNAIE
de cuivre
As
Semis
Triens
Quadrans . . . .
Sextans
Uncia
SIGNES
HS
POIDS
en
livres romaines
i/Ui
1/18 1 /3fi
en frrammes
VALEUR
en francs
Les auteurs de la réforme de 268 croyaient probablement avoir réglé pour longtemps leur système mixte, transaction entre les anciennes habitudes et les besoins nouveaux. Mais, en fort peu de temps, l'argent, amené en abondance sur le marché, perdit prés de moitié de sa valeur, de telle sorte que l'as triental en cuivre valait beaucoup plus du dixième du denier d'argent. On remédia à cet inconvénient en abaissant d'émission en émission le poids lie l'as de cuivre, qui tomba bientôt de 4 onces à 3, à 2 onces (sextans) et même au-dessous '. En même temps, peut-être pour réagir contre la dépréciation trop rapide de l'argent, le poids du denier s'abaissait aussi. A partir de 254, on rencontre des deniers taillés à raison de 80 et de 84 à la livre, au lieu de J'i. Le système inauguré en 268 était en désarroi, et une nouvelle réforme devenait indispensable. Elle fut opérée en 217 par la loi FlanUnia minus solvendP.
i. L'origine grecque de la monpaie d'argent se reconnaît aux empreintes adoptdes- Taodis '{uo \cn pièces de cuivre cardaient le vaineau symlmliqua d'autrefois, les pièces d'argent sonè a Tcrfigio des Dioscurea, de la Lune, de la Victoire montée sur une bigOt d'où \fi nom de lngatu$, synonyme du denier, et des expressions comme argentum bigatum (Ltv., XXXIII, 33, etc ). Tacite (Germ., 5) appelle les anciens deniers ierrati bigatique, parc<* que la tranche en était dentelée. Il ne faut pas confondre avec les pièces d'argent ayant cours légal le vietoriatui, émis, de S68 à 104 avant J.-C. pour les besoins du commerce avec Rhodes, la Syrie, l'égypie. Le t^forûKMt valait, à l'origine, le» 3/4 du denier ; son poids ayant baissé peu è peu, il fut assimilé vers 104 {lege CUdia) au quinariui (Plin., XXXUI, § 46. VoLUS. M^cian.. Dittributio, g 64).
2. Les auteurs s'accordent à présenter l'émission de l'as texlantaire comme un expédient financier, employé, les uns disent lors de la première guerre Punique (Plin., XXXItl, §44), les autres au cours de la deuxième (Fbst., p. 317). Ils suppo!»ent que l'as ^cxtantaire succéda brusquement à l'as lihral et ne parlent pas de l'as triental, qui explique s<3ul la création du sesterce.
:\. Kkst., p 3i7, s. V. Setterti. Plim., XXXIII. g 4S.
Append. II, § 4] MÉTROLOGIE 579
III. Régime de rétalon d'argent (i217-30). — La loi Flaminia fut une dernière tentative faite pour conserver le système bi-métallique en fixant à nouveau la valeur comparative de l'argent et du cuivre. Le rapport de valeur entre les deux métaux paraît avoir été, à Tépoque, de 1/112. A ce taux, Tas de 2 onces ou sextantaire (548*^,58) valait encore h peu près un dixième de denier : au-dessous de ce poids, Tas n'était plus qu'une monnaie d'appoint, maintenue dans la circulation par le cours forcé. La loi F/amtnta, pour mettre de nouveau la valeur légale des monnaies en harmonie avec la valeur commerciale des métaux, fixa le poids de l'as de cuivre à 1 once (ST^^âSS), et celui du denier d'argent à 1/84 de la livre (39',90), mais compta 16 as au denier. Il est possible que cette réforme à la mode romaine ait donné satisfaction aux intérêts économiques S mais les conséquences en furent désastreuses pour la logique. Le denier n'était plus, ainsi que le voulait son nom, une pièce de 10 as. Le sesterce restait, comme par le passé, le 1/4 du denier et l'équivalent de l'as libral , mais il valait maintenant 4 as et non plus 2 1/2 as, de sorte que ni les noms ni les sigles de ces deux types monétaires ne correspondaient plus à leur fonction comme multiples de l'as nouveau. Enfin, la division décimale, qui avait été d'abord réservée au denier, puis étendue au sesterce, fut supprimée avec raison pour le denier et maintenue — sans autre raison que l'habitude prise — pour le sesterce. Depuis lors, l'as, considéré comme fraction du denier ou comme fraction du sesterce, ne put être exprimé en arithmétique que par des fractions composées dont on a donné plus haut le tableau *.
Le législateur de 217, dans sa réforme compliquée d'une sieachthie à la manière de Selon ^, avait voulu maintenir le système bi-métallique; mais, parla force des choses, l'argent devint bientôt la mesure unique delà valeur; l'as de cuivre et ses fractions ne servirent plus que de monnaie d'appoint. Il devenait dès lors indifférent que Tas fût ou non maintenu à son poids légal. En fait, le poids de l'as tomba à une demi-once (as setnunciarius) et fut arrêté à ce taux par la loi Papiria en 89 ^ Quelques années plus tard, on cessa de frapper à Rome de la monnaie de cuivre^. On avait fait, dans l'intervalle, des expériences moins inoffensives sur la monnaie d'argent. Au cours de la deuxième guerre Punique et en 92, en vertu d'une loi Livia, l'Ëtat fabriqua des pièces en cuivre argenté auquel il donna cours forcé ^. Bien que la proportion des deniers plaqués ne dépassât pas 1/8, 11 fallut bientôt les retirer de la circulation^. Le triumvir Antoine frappa des deniers en fer argenté. Cependant ces essais malencontreux n'ébranlèrent pas sensiblement
1. Les avit sont partagés sur la façon de comprendre la loi Flaminia. Bôgkh et Mommsbn pensent que la loi Flaminia donna à la monnaie do cuivre une valeur légale bien supérieure à sa valeur réelle. HULTSGH répond qu'en ce cas on ne voit pas pourquoi le législateur aurait changé la division tradiUonnelle du denier en y faisant entrer 16 as au lieu de 10.