‹ Manuel des institutions romainesChapitre 453 sur 500 · FASTES PROPREMENT DITS OU CALENDRIER · texte numérisé non relu

FASTES PROPREMENT DITS OU CALENDRIER

11 est impossible de doDDcr ici une idée même approximative des questions qui s'agitent entre érudits au sujet de Tannée romaine, du calendrier religieux et civil, de la chronologie historique des FasteSt de la conversion des dates anté-juliennes en dates juliennes, etc., questions très diversement résolues*.

On distingue dans ce qu'on pourrait appeler l'histoire du calendrier trois périodes : Tune allant des origines à Servius Tullius ; l'autre, de Servius Tullius aux Décemvirs; lu troisième, des Décemvirs à la réforme de Jules César.

Les auteurs prétendent que l'année primitive ou de Romulus était de dix mois, dont quatre c pleins » et six c creux », soit 304 jours ^, et que cette année fut allongée de deux mois par Numa. Une année de dix mois est une monstruosité. Si l'on admet le témoignage des auteurs, on en est réduit à chercher des explications plausibles ; à dire, par exemple, comme Th. Momm- 8EN, que c'est une c année d^affaires » à l'usage des Fétiaux et des commerçants, un cycle qui forme des séries indépendantes de l'année civile et religieuse, ou, comme Hartmann, que ce n'est pas une année fermée, mais la période annuelle d'activité religieuse, suivie d'une période complémentaire non divisée en mois. Peut-être est-il plus simple de penser avec Bergk que cette année- n'a jamais existé, que c'est une hypothèse inventée pour expliquer comment December avait pu être à la fois le dixième et le dernier mois de Tannée'.

* A. Mommsen, Numa't Schaltcyclut (Jahrbb. f. Pliilol.. LXXI (1855], p. 9i9-25S). ~ Rômische Daten, Parcbim. 4856. — Th. Monunsen, Die rômitehe Chronoloaie biê auf Cdiar. 2* cdit., Berlin, 1859. — Ph. Hasohke, Dai allé râmische Jahr wid terne Tage. Brettau, 1860. — O. F. Unger, Die letzten Jahre des altrOmitehen KaUnden. Hof, 4870. — Dte rômiêche Stadtaera (Abh.d. Bair. Akad., Wl \i9n9\, p. Sb-iOO). — Die rOmUche Grûndungt' data (Rhcin. Mus., XXXV 11880]. p. 1-38).— VT. Christ, Rômitehe Kalenderttudien (Sitiungsbcr. a. Bair. Akad., XIII |1876). p. 1 76-908). — A. PeUangahr. Die teehnische Chronologie der Rômer in ihrer Entwickelung vom Anfange bit »um Gregorianitchen Kalenderreform. Rlictna, 1881. — O. E. Hartmann, Der rOmitche Kalender, heraosgeg. von L. Lanoe. Leipxi(f. 1/8â. — H. Matsat, Die rOmitche Chronologie. % vol. Berlin. 1883-1884. — Th. Bergk. Beilrâge sur rômitchen Chronologie, herausireg.. von G. Hinrichs (Jahrbb. f. Philol. Supplementbd., XIII |188i|, p. 579-662). ~ A. Frankel, Studien zur rômitchen Getchichte. - Dot VerhàUnitt det rômitchen Kalender »um julianitchen wûhrend det Zeitraumet i40-55â der Sladt. Breslau. 188i.

1. Cbnsorin.. 20. SoLiN., 1. Machob., I, 12. 3. Polbxo Silvius. p. 241, tSd. Uonimtcn. Pi.i't... Quxtt. Rom., 19. LvD., Ment., I. 16. Eutrop.. I, 3.

2. Bergk pense que les Ramnet coinmcnçai«>nl leur année en mars, les Tiliet (Sabins) en janvier; qu'au temps do Numa, représentant de Tinfluenco Sabine, les mois l'nderimber et Dtiodecimber (?) ont été remplacés par des mois s.ibins, et le début de l'année fixé a lu mode sabine. C'est une hypothèse contestable 9ons cette forme précise ; mais on peut bien admettre que les dix moi» de Romului étaient la partie commune à doux calendriers dilTérents. Hartx ans croit, avec I'etal', que janvier Tut mis au commencement de l'année do douze mois, *t février à la fin (cf. Ovio., Fatt.. II, 47 sqq.), mais que les Décemvirs ont déplacé février pour faire coïncider le commencement de l'hiver avec le solstice d'hivrr (bruma).

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CHRONOLOGIE

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L'année dite de Numa ou de douze mois, qu'on peut considérer comme ayant été réglée par Servius TuUius, devait être une année luni-solaire, et exigeait par conséquent un cycle d'intercalations. Tu. Momhsen suppose que ce cycle, au moins depuis la loi Pinaria (47â)S était de quatre années, alternativement de douze et de treize mois, dont la somme faisait 1475 jours*. L'année moyenne de ce cycle (368 jours 3/4) surpassait de plus de trois jours l'année tropique, et on explique cet écart par la crainte superstitieuse des nombres pairs, les mois étant de 29 ou de 31 jours, jamais de 30 jours.

Ce cycle fut réformé par les Décemvirs, mais eux aussi redoutaient les nombres pairs et ne copièrent qu'imparfaitement l'octaétéride attiqne. Leur année moyenne était de 366 jours et un quart, c'est-à-dire trop longue d'un jour. Le calendrier décemviral, rectiOé au fur et à mesure par les Pontifes, qui s'acquittèrent fort mal de leur tâche, céda enûn la place au calendrier julien en l'an 46 avant notre ère. Ce dernier ne fut plus retouché que par les courtisans du nouveau régime, qui le remplirent d'anniversaires dynastiques. 11 est resté de leur œuvre deux noms de mois, Julius (juillet), substitué en l'an 44 à l'ancien Quintilis, et Augustus (août), inscrit de même, en l'an 8 avant J.-C, à la place de Sextilis,

Voici le tableau des mois du calendrier julien, — à peu près tel qu'il était au début de l'ère chrétienne, — avec le nom des jours, qui se comptaient, comme on sait, par rapport aux Kalendes, Nones et Ides', l'indication des fériés statives et la qualité des jours fastes, néfastes et coroitiaux^. On en a supprimé les lettres nundinales ÂBCDEFGH, dont la série se déroulait régulièrement à partir du i*^ janvier, toujours marqué de la lettre A. Le nombre des jours de l'année n'étant jamais un multiple de 8, le jour des nundines correspondait chaque année k une lettre différente.

i. Legem antiquistimam incitam in colutnna xrtaaL, Pinano et Furio cotuulibut, euimemit inlerealarit adtcribitur (Varr. ap. Macrob., 1, 13, SI).

2. Le treiiième mois {mensii inUrcalaris ou Mereedoniut) s'intercalait après le Î3 février, et les derniers jours de février se replaçaient après les 32 ou 33 jours du mob intercalaire. Ce procédé bisarre n'est pas facile à expliquer. On convient généralement que le 23 février, fâle des Termi^ nalia, avait dû être primitivement le terme de l'année. Mais comment imaginer dans on calendrier quelconque un mois ordinaire de 23 jours? HUSCHKB prétend que les cinq jours suivants servaient de préparation au mois «te mars; Hartmann, qae le 23 février était le dernier Jour de fête avant l'institution du Regifugium et des BquiYria. Ce sont là des échappatoires plulAt que des réponses. Bbrok donne au moins une raison qu'on peut discuter. Il croit à un déplacement des Kalendes. D y a eu. selon lui, un temps où les Kalendes do janvier coïncidaient avec le solslict* d'hiver, et oà k 1» février tombait le 25 janvier, de sorte que le 23 février avait été, en réalité, le 28 février, dernier jour de l'année.

3. Dans les mois de 30 jours, les Nones tombent uniformément le 5, et les Ides le 13. Les mois de 31 jours ont les Nones le 7, et les Ides le 15. Les mois de janvier, août, décembre, n'ayant ei 31 jours que depuis la réforme de César, suivent la règle des mois de 30 jours (anciens mois de 29 jours).

4. Ou a vu plus haut que les jours fastes sont ceux quihit verba certa légitima tine piaeulê prxtoriHu licet tari (Vahr.. I. lat., V. 54: cf. 29). ils se subdivisent en jours fastes proprement dits (P) et jours oomitiaux (C). Les jours néfastes sont ceux per quot diet nefas fari ffrmtorem : DO, Dico, ADDico {ibid., 30). Gomme le vulgaire avait Uni par attacher un sens f&cbeux au mot < oéfustes », on imagina, au temps où furent gravés les calendriers épigraphiqnes dont nous possédons des fragments, de distinguer les jours de réjouissances publiques des jours qui étaient néfastes sans i>tre des jours de fête. On donna aux premiers la marque ^P. qui a été diversement inlerprélée. MoMMftDC rejette les traductions proposées {nefaettu jirtor, poeterior, prifictjno, parte, pubtieui. pitruf, ou mime nefaetu» fatttu fettut, ferialue) : il pense que le caractère susdit n'est qu'une N archaïque (M), et non pas une abréviation, ce qui n'empêche pas Lanoi de tenir pour nefastui prineipio ou parte, et Christ pour nefoêtut purut. On trouvera dans le C. /. L., I, p. 293-412, U reproduction de tous les calendriers, épigraphiques etaulrei*, le compte des diverses espèces do jours, le départ des fériés anciennes et de celles qui datent de l'Empire, etc. Au temps de César, l'année julienne comptait 194 jours comitianx, 55 jours fastes. 105 jours néfastes (48 N> 4 57 N), 8 jours EN, et trois autres (24 mars — 24 mai —15 juin).

ÂPPEND. III, § 1]

CHRONOLOGIE

JANUARIUS

FEBRUARIUS

Kalcnd».

Janut- Slrena- jBicula-

Jimo SotpUa.

IV a. Non.

pius, etc.

IV a. N.

III a. Non.

Votorum nuncu^to (mus

Pridio Non.

l'Emp.).

Prid. Non.

Non».-

Non».

Coneordia in arce

VIII a. Id.

VIII a. Id.

Chr.).

Vïl. -

YI . —

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