‹ Manuel des institutions romainesChapitre 69 sur 500 · Liv., VIII, 23. 2J · texte numérisé non relu

Liv., VIII, 23. 2J

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là même force de loi. La haute assemblée usa avec discrétion de cette nouvelle prérogative, pour éviter de rappeler au milieu d'une campagne des généraux éprouvés ou pour multiplier les commandements militaires sans augmenter le nombre des magistrats. On comprenait non seulement les avantages, mais les dangers d'un expédient qui supprimait la plus solide garantie des libertés publiques, la règle, jusque-là inflexible, qui bornait à un an l'exercice du pouvoir*.

Mais les raisons d'opportunité qui avaient fait imaginer ce système pouvaient aussi, le cas échéant, en bouleverser l'économie. Au cours de la deuxième guerre Punique, le peuple affolé viola toutes les coutumes suivies jusque-là; en 217, il conféra au maître de la cavalerie, M. Minucius Rufus, un pouvoir égal à celui du dictateur', ce qui faisait de lui une soite de prodictateur; en 215, il prorogea les pouvoirs du préteur, M. Marcellus, mais sous forme d^imperium proconsulaire^; puis il le fit de proconsul consul pour 214, sans investiture nouvelle par loi curiate^; en 211, il appela à Rome, pour défendre la ville, le proconsul Q. Fulvius, en lui conférant « un imperium égal à celui des consuls^ >, et il envoya en Espagne, avec le titre et les pouvoirs de proconsul, le jeune P. Scipion, qui n'était alors qu'un simple particulier®. De son côté, le Sénat ne respectait guère mieux les traditions en décidant que « tous ceux qui avaient été dictateurs , consuls ou censeurs seraient pourvus de Vimperium'^ i». Les promagistratures ainsi improvisées étaient absolument inconciliables avec les principes les plus élémentaires du droit augurai. Q. Fulvius ne pouvait retrouver à Rome les auspices urbains qu'il n'avait plus, et les simples particuliers ne pouvaient avoir de cette façon aucune espèce d'auspices. C'était le désarroi complet des principes sacrifiés à la nécessité.

La crise passée, on ne pouvait plus déclarer illégales les licences qu'on s'était une fois permises. On continua jusqu^en 197, jusqu'au moment où on se décida à créer deux nouvelles charges de préteurs, à envoyer en Espagne de simples particuliers avec les pouvoirs de proconsuls, et il y eut depuis lors deux ou même trois manières de constituer des promagistrats, à savoir :

1. 11 avait dû arriver déjà qu*un magistrat éloigné de Rome gardât le commandement au-delà d*un an, en attendant son successeur; mais c*était là un accident qui ne (irait pas à conséquence.

i. Liv., XXll,25sqq. Polyb., Ill, 103, 106. Plut., Fab.y 9, etc.

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