‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 10 sur 62 · MALADIES DE LA VULVE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA VULVE

écoulement vaginal non hémorrhagique. Cet écoulement prend souvent une couleur crème, quelquefois jaune ou bien encore une teinte verdâtre.

A l’état normal, le vagin est humide et ne doit sécréter aucun écoulement appréciable ; il arrive rarement qu’un changement quelconque dans l’état normal du vagin

prrhees ou de l'utérus ne soit pas accompagné de leucorrhée. - Défi- Vous n'avez pas manqué, Messieurs, de remarquer com- -Cervi- bien est fréquent ce symptôme chez les malades qui se l'raite- présentent ici et vous avez dû voir en même temps com-

bien sont variées les affections dont elles se plaignent. Mais avant de vous rappeler les différentes conditions anormales dont dépendent ces écoulements, conditions

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ie: on que Je vous al indiquées de temps à autre, je dois vous qu'un CRNSURE briévement leurs caractères distinctifs et les

tibdtos sources d'où ils peuvent provenir.

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Lis: dé Différentes sources de leucorrhée. — Comme nous l'a-

mots, vons déjà dit, la leucorrhée englobe une grande vavithen riété d’écouleménts non hémorrhagiques. Elle se pré nd'hui sente souvent ‘sous forme d'une décharge muqueuse,

EN inodore, d’une couleur claire, ou bien sous l'aspect d’un fluide épais, crémeux, couvrant toute la surface du vagin

1e et s'écoulant dans le spéculum à mesure que vous l’intro- RP | duisez ; d’autres fois vous l'avez vue ayant un aspect tel- RE EEe lement purulent que, comme je vous l'ai déjà indiqué, il Sont | était impossible de dire si elle était, ou non, le résultat ques. d'une affection gonorrhéale ; chez d'autres malades, le dans l liquide à une apparence coagulée, ou enfin on le rencon- , mot tre sous forme d’une sécrétion épaisse, tenace et glaiposé reuse, s’échappant de l’orifice utérin qu’elle remplit, Il |: tout 4 est évident que toutes ces diverses formes de leucorrhée

ne dépendent pas seulement de causes différentes, mais sont sécrétées par les différentes parties du canal géni-

tal. C’est pourquoi l’on regarde la leucorrhée vaginale, la leucorrhée cervicale et la leucorrhée utérine comme étant trois affections distinctes.

Leucorrhée vaginale. — Lorsque l'écoulement provient du vagin, ilse compose d'un liquide de couleur claire et d’un aspect crémeux, à moins qu'il n’y ait une vaginite aiguë, car, dans ce cas, le liquide devient presque purulent ; il est quelquefois sécrété par toute la surface du vagin, mais fréquemment, surtout chez les enfants, par les glandes vulvo-vaginales. Dans certaines formes d’érosion du col utérin, la décharge est aussi profuse et semi-purulente. Celle que sécrètent les glandes cervicales offre un caractère tout différent. Les glandes situées dans cette partie de l'utérus sont très nombreuses et, lorsqu'elles sont enflammées, expulsent un liquide copieux, tenace, albumineux, ressemblant parfaitement à du blanc d'œuf; cette décharge est tellement remarquable et tellement pathognomonique d’une maladie du canal cervical, qu'on ne peut pas la méconnaitre, Enfin la leucorrhée peut provenir de l'intérieur de la matrice elle-même.

Cette forme de leucorrhée n’est pas aussi facile à reconnaître que les autres. Je n'hésite pas à enseigner qu'elle est le résultat de quelque affection spéciale. Il est comparativement rare qu'un écoulement, autre que le mucus glaireux sécrété par les glandes cervicales, s'échappe de l'orifice utérin, mais il est clairement démontré aussi que, dans certaines circonstances, la membrane muqueuse qui tapisse le corps de l'utérus fournit une décharge abondante. Cette membrane éprouve, à chaque époque menstruelle, de profondes modifications qui la rendent apte à recevoir l’ovule s’il a été fécondé, mais si la conception n’a pas lieu, elle subit une dégénérescence et

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it. Ces Modifications Considérables et fréquemment répétées prédisposent aux

maladies : ajoutons à cela les grandes altérations que la

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et blanc qui, Sans aucun doute, est Sécrété, Surtout, par la muqueuse utérine ; aussi doit-on s'attendre à un éc

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ruelles, On renles délicates, à Drédisposées à Ja Phthisie, et souvent chez elles, c’est le signe précurseur, Sinon la cause d’une affection pulmonaire, Le Dr Beuvet qui a exercé plusieurs années à Menton, Station des plus recher-

» Comme vous le Savez, a remar.

chez celles qui

, lorsqu'on faisait dispa-

raître par des moyens appropriés la leucorrhée dont elles se plaignaient, observation dont on trouvera aisément l'explication si l’on se souvient combien doit être débilitante une leucorrhée abondante, dont le produit est si riche en albumine.

TRAITEMENT. — Dans les cas provenant des causes que nous venons d'énumérer : allaitement prolongé, constitution débile ou strumeuse, notre traitement doit avoir un double but, d’abord essayer d’enrayer cet écoulement débilitant, puis fortifier la constitution et améliorer la santé générale. Pour remplir la première indication, vous prescrirez les injections vaginales, celles d'alun ou de sulfate de zinc sont les meilleures ; faites dissoudre 8 à 16 grammes de l’une de ces deux substances dans une pinte(1,000 grammes) d’eau tiède, et injectez ce liquide deux fois par jour dans le vagin au moyen d'une seringue à siphon ordinaire ; joignez à cela, dans le but d'améliorer la santé générale, le changement d'air s’il y a possibilité, un régime fortifiant et l'administration des toniques, dont les préparations de fer sont les plus convenables.

Mais certains cas de leucorrhée ne cèdent pas aussi facilement au traitement que ceux dont je viens de parler, ceux, par exemple, qui dépendent de la présence d'une maladie organique du foie ou du rein, et dans lesquels le traitement spécial est inefficace et par conséquent doit être supprimé. Il seraitbientroplong et inutile d’énumérer toutes les causes constitutionnelles qui prédisposent à la leucorrhée; je puis les résumet en disant que toute maladie qui débilite ou affaiblit la santé finit tôt ou tard par être accompagnée de leucorrhée.

CAUSES LocaALEs, — Outre les cas qui dépendent de ma-

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ladies d’autres organes ou du système général lui-même, on rencontre très souvent la leucorrhée comme symptôme d'une affection locale et surtout de l’inflammation du vagin ou de la vaginite, comme on l'appelle. Vous en avez vu un grand nombre d'exemples.

Vaginite aiguë. — La membrane muqueuse qui tapisse le vagin, comme toutes les autres muqueuses du corps, est susceptible de s’enflammer sous la forme aiguë ou chronique ; cette dernière est beaucoup plus commune. Nousavons traité tout dernièrement deux cas de vaginite aiguë bien marqués, dont l'un chez une jeune femme, mariée depuis quatre ans et n'ayant jamais eu d’enfants. Elle se plaignaït d’une douleur brûlante, cuisante dans le vagin, de douleurs dans le dos et de cuisson quand elleurinait, En l’examinant nous avons trouvé que le vagin, sur tout son parcours, avait une couleur écarlate, brillante, était sensible au toucher, et que l'introduction d’un petit spéculum ou même du doigt, causait une vive douleur.

En introduisant le spéculum nous voyions sourdre un écoulement abondant d’une couleur jaune verdàtre. La muqueuse qui couvre l'orifice utérin était violacée et le col lui-même était évidemment congestionné.

TRAITEMENT. — Ces cas de vaginite aiguë sont rares et leur apparition éveille toujours en moi des soupçons ; j'ai donc questionné minutieusement la malade pour m'assurer si elle n'avait pas contracté de gonorrhée ; elle me dit que c'était impossible. Quelle qu'en ait pu être la cause, nous avions affaire à un cas d’inflammation aiguë de la muqueuse vaginale, et je l’ai traitée comme on traite toute inflammation semblable survenue dans les autres parties du corps. Quand un ocu-

liste soigne une ophthalmie aiguë, il s'efforce d’abord d'arrêter le progrès de l’inflammation par une soustraction de sang locale; je recommande la même pratique dans la vaginite aiguë. Vous vous r'appelez que dans ce

‘ cas j'ai ponctionné le col largement, et facilité l'écou-

lement du sang ; j'ai prescrit les purgatifs salins; mais je n'ai fait alors aucune application dans le vagin. A cette période de la maladie les caustiques ou les astringents ne peuvent qu'être nuisibles. Dans le cas que je vous cite j'ai donc agi sur l'intestin, et j'ai scarifié le col à des intervalles de deux jours, tirant à chaque fois une assez grande quantité de sang. Lorsque les symptômes aigus ont disparu, j'ai appliqué dans le vagin wne solution de nitrate d'argent, 50 centigr. pour 30 gr. d'eau, dont j'ai augmenté la force plus tard.

A la fin du second mois nous avons revu cette jeune femme, et dans l'intervalle elle était devenue enceinte. Si elle eût été à demeure dans l'hôpital au lieu d’avoir été traitée dans le service externe, outre la saignée locale par la ponction ou les sangsues et l'emploi des purgatifs, j'aurais prescrit les bains de siège chauds ou des injections vaginales d’eau chaude (1) répétées au moins deux fois par jour, ce qui non seulement aurait hâté la guérison, mais aurait soulagé les douleurs; je vous les recommande dans votre pratique. Ce cas vous fournit un bon exemple de la difficulté qu'on éprouve à distinguer la vaginite aiguë simple de celle qui dépend de l’infection blennorrhagique. Je dois avouer que je ne connais aucun moyen qui permette cette distinction avec certitude.

L'application de la ylycérine constitue un autre mode de traitement d'une grande valeur. On sature avec de la glycérine un bourdonnet de coton ou de ouate auquel on

(1) Voir à la lecon XVII la maniére de pratiquer ce traitement,

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attache un fil très fort pour faciliter son extraction; on l'introduit dans le vagin à travers un spéculum et on le laisse en place pendant vingt-quatre heures. La glycérine, par sa grande affinité pour l’eau, provoque un écoulement séreux abondant qui diminue considérablement la congestion. Plus tard je parlerai plus au long de l'usage local de la glycérine dans les maladies utérines (1).

Vaginite subaiguë. — J'ai déjà dit que les cas de vaginite aiguë sont assez rares; mais l'inflammation subaiguë du vagin accompagnée de leucorrhée est fréquente et provoque des troubles nombreux. Le prurit, les douleurs cuisantes dans le vagin, lesenvies fréquentes d'’uriner avec sensation de brûlure quand la malade urine, quoique moins accentués que dans l'observation rapportée plus haut, en sont les symptômes constants et des plus incommodes. Les causes de cette vaginite sont nombreuses: on la rencontre quelquefois chez des jeunes femmes jouissant d’une bonne santé et qui attribuent leur affection au froid, mais on la voit plis fréquemment chez des femmes mariées,provenant, je pense, outre les causes que nous avons déjà énoncées, provenant, dis-je, de rapports sexuels trop souvent répétés, ou effectués trop tôt après les règles ou avant que le vagin ait recouvré son état normal après l'accouchement.

Il est une forme de vaginite subaiguë qui donne lieu à des symptômes très douloureux; dans cette forme on découvre en différents endroits du vagin des plaques aphteuses.

Prurit vulvaire. — J'ai remarqué qu'invariablement

(1) Il est quelquefois bon de montrer aux malades à appliquer ce traitement elles-mêmes. Dans ce but, le Dr Clément Gadton à imaginé uu porte-topique qui répond très bien à ce but,

cet état du vagin était accompagné d'un prurit des plus fatigants ; ce n'est pas à dire que le prurit fasse défaut dans les autres vaginites à forme non aphteuse ; il est, au contraire, un symptôme fréquent de toutes les formes de vaginite, mais il est plus marqué et presque constant dans cette dernière.

TRAITEMENT. — Laissez-moi, en passant, vous dire qu'il serait inutile d'essayer de guérir cette démangeaison de la vulve, sans vous assurer d'abord de l’état du vagin et de l'utérus; car vous manquerez rarement de trouver soit une inflammation de la muqueuse, soit une congestion ou une érosion du col utérin et, tant que ces affections ne seront pas guéries, tous vos efforts pour faire disparaître d’une manière permanente le prurit resteront sans effet. Si la vagiuite existe seule, dans le but de la guérir en même temps quele prurit qu’elle entretient, vous emploierez d’abord les applications émollientes, puis plus tard les astringents. Parmi les premières rien de comparable à l'infusion de tabac : 2-4 grammes de tabac non manufacturé dans 500 grammes d'eau bouillante. L'infusion préparée de cette manière doit être injectée dans le vagin deux fois par jour. Il faut avoir soin de surveiller le traitement, parce que, si l'orifice vaginal est étroit, il peut séjourner dans le canal une certaine quantité de ce liquide qui détermine des nausées et des vomissements à la suite de son absorption dans l’économie.

L'infusion de houblon, faite en infusant 30 grammes de houblon dans un litre d'eau bouillante, est très émolliente. On peut l’employer sans courir le risque de produire les symptômes désagréables qui suivent quelquefois l'emploi du tabac ; l'infusion de graines de lin est encore une lotion excellente et calmante. Lorsque les symptômes aigus sont calmés, l'addition de borax(30gr. pour un demi-

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