‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 33 sur 62 · RS M · texte numérisé non relu

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cervicale étant aussi malade. Très souvent l'inflammation du col suit cette marche, et c’est ce qui eut lieu pour la malade dont je viens de vous parler, mais il est des exceptions à la règle et quelquefois l’inflammation débute par la muqueuse cervicale, l'érosion vient ensuite, puis l’inflammation et l’induration consécutives gagnent peu à peu le parenchyme du col.

Le catarrhe cervical peut être un indice de l’inflammation du canal, quoique la muqueuse qui recouvre les lèvres soit parfaitement saine. Dans ce cas on trouve ordinairement que la maladie existe depuis longtemps et que sa marche à été lente et insidieuse; la malade ellemême fait remonter à plusieurs années le début de son indisposition, Je reviendrai biento: ‘ur cette forme d’inflammation.

Le TRAITEMENT DE L'INFLAMMATION DU COL UTÉRIN doit varier avec la période de la maladie, sa forme et l'état de santé de la malade.

La forme aigüe s’observe rarement avant la période d'ulcération.

C'est à tort que l’on traite généralement tous les cas d'après la même méthode, c’est-à-dire par les applications de nitrate d'argent solide, ou en solutions, sur le col; ce traitement, le plus souvent insuffisant, est quelquefois nuisible. N'oubliez pas que vous avez affaire à une inflammation ou, au moins, à une congestion de l'organe, et qu'ilest rationnel d'agir en premier lieu contre cette congestion au moyen des déplétions locales. Vous avez deux manières de pratiquer ces déplétions : l'application de sangsues et l'incision ou la scarification du col.

L'application de sangsues est incommode, désagréable, et, de plus, incertaine dans ses résultats ; quelquefois vous n'arrivez pas à faire prendre les sangsues ou vous

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ne réussissez que pour une ou deux, d’autres fois elles prennent bien, mais en dépit de toutes vos précautions s'échapperont dans le vagin et pourront déterminer une hémorrhagie assez sérieuse. J'ai vu de ces hémorrhagies, occasionnées par l'application de sangsues, être assez abondantes pour nécessiter le tamponnement du vagin, aussi n’ai-je confiance que dans la scarification pratiquée d’après les conseils donnés par le D' Hall, de Brigthon, dans la Lancet, du 3 septembre 1870.

S'earification du col, — La scarification simple du col est insuffisante, surtout dans les cas depuis longtemps chroniques, avec induration, c’est pourquoi j'’incise toujours assez profondément, à deux ou trois endroits, la portion vaginale du col. Je fais pénétrer l'instrument à une profondeur variant entre 5 et 10 millimètres, selon que le col est mou et vasculaire, ou ferme etinduré ; dans le premier cas il saigne très facilement, dans le second on n'obtient quelquefois que très difficilement la quantité de sang voulue. Le Dr Hall a fait faire un bistouri spécialement destiné à cette opération (fig. 25), mais je me sers souvent d’un bistouri francais long et droit terminé par une pointe très fine et qui, lorsqu'on n’a pas celui de Hall sous la main, | 4 le rempiace heureusement,

il D La facilité et la rapidité de cette méthode la rendent très avantageuse : après avoir découvertle cnl avec un spéculum ordinaire, vous faites rapidement deux ou trois scarifications et

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vous laissez couler, à travers le spéculura, la quantité de sang nécessaire. En retirant le spéculum, l'hémorrhagie cesse généralement, à moins que le col ne soit très vaseulaire. L'opération cause rarement de la douleur; s’il y en a, elle disparaît en quelques minutes. Ce traitement est aussi facile à appliquer chez les malades que dans le cabinet ou à l'hôpital.

Vous avez vu combien j'y avais souvent recours et quel soulagement il procurait. Je ne prétends pas dire qu'il réussit invariablement, mais je l'ai trouvé utile, même dans des cas d'inflammation chronique du col, quand on ne parvenait pas à tirer la quantité de sang désirable, à cause de l’induration qui se rencontre presque constamment dans ces conditions.

Done, dans presque tous les cas d’inflammation du col utérin, je recommande en principe la scarification du col pour diminuer la congestion ; mais je m’abstiens dans les ménorrhagies dépendant de granulations du col, pour lesquelles la déplétion n’est ordinairement pas nécessaire, et pourrait quelquefois être nuisible, Ce que vous devez alors surtout vous efforcer d’obtenir, c'est d’arrêter l'écoulement qui épuise la malade et vous y parviendrez par une application suffisante d'acide nitrique fumant ou d'une solution concentrée de perchlorure de fer dans la glycérine, qui est moins irritante que la teinture ou la liqueur, et qui suffit, si elle est appliquée en grande quantité, pour arrêter temporairement l'hémorrhagie.

Pour faire vos applications, vous découvrez le col au moyen d’un spéculum de’ Fergusson.

Ce procédé n'est que palliatif, et comme dans tous les cas graves la muqueuse interne du col est atteinte, il est essentiel de traiter toute la partie malade du canal. Le plus souvent le canal cervical est entr'ouvert et l'orifice

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externe tellement relâché quevous pouvez agir sans difficulté. En cas contraire, j'introduis deux tiges de laminaria comprimées, en ayant soin de leur faire franchir l'orifice interne, et c’est au moment où je les retire que j'applique, d'ordinaire, largement l'acide nitrique concentré sur tout l'intérieur du canal, en suivant la méthode que je vous ai recommandée dans mes lecons précédentes.

Tel fut le traitement auquel je soumis la femme S.B..., dont je vous ai parlé.

Je mis la malade au lit pendant trois ou quatre jours avant d'appliquer sur la surface encore malade une solution d'acide tannique dans la glycérine à la dose de 50 centigrammes pour 35 grammes. Je vous recommande fort cette application pour les cas d’érosion et d’inflammation du col, après l'emploi de l'acide nitrique ou la déplétion locale; elle est particulièrement utile quand il ya vaginite.

Vous saturez avec la solution un bourdonnet de charpie (pour cela vous versez dans le creux de la main une petite quantité de la solution, vous en imbibez le coton et vous répétez la manœuvre jusqu'à ce que le coton soit bien saturé) auquel vous attachez un fil pour faciliter l’extraction, vous l'introduisez à travers un spéculum jusqu'à l'orifice externe et vous le laissez en place pendant vingtquatre heures. La malade peut enlever elle-même le bourdonnet au moyen du fil.

Ce traitement produit souvent grand bien; le tannin agit comme astringent et la glycérine provoque un écoulement aqueux abondant. La conséquence de cette action combinée est visible au moment où on enlève la charpie: la surface du col semble plus pâle, plus nette, et a meilleur aspect. Si le vagin est irrité, vous laissez le tannin de côté et vous r'employez que la glycérine pure qui di-

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minuera mieux la congestion que combinée avec un astringent. C’est en lisant l'excellent ouvrage de Marion Sims (Uterine surgery) que j'ai eu pour la première fois connaissance de la valeur de la glycérine dans le traitement des affections utérines et depuis je l'apprécie chaque jour davantage. Vous devez vous rappeler qu’elle doit être employée largement; quant à moi, je fais entrer dans une seule application de 15 à 30 grammes de glycérine, La quantité que peut absorber un petit bourdonnet de charpie est surprenante.

L'application abondante de l'acide nitrique fumant sur toute l'étendue du canal, suivie du pansement à la glycérine et au tannin, produira souvent une guérison très rapide.

Si la surface malade est indolente, il sera bon d’appliquer une solution de nitrate d'argent, 1 gramme 50 à 2 grammes pour 30 grammes. Dansles cas moins sérieux, je remplace l'acide nitrique par les pointes de zinc du D' Hicks. Je me sers encore des pointes de zinc lorsque l'acide nitrique m’a fait défaut. Elles réussissent surtout quand il n’y a pasinduration, mais malheureusement elles déterminent beaucoup de douleur et d'irritation locale,

De temps en temps vous trouverez des cas rebelles à tous ces traitements, même aux applications répétées d'acide nitrique; c’est ce qui a lieu surtout lorsque le parenchyme du col est atteint, lorsque les muqueuses du canal et du col sont affectées et recouvertes de papilles vasculaires, lorsqu'en même temps le col lui-même est fortement tuméfié, et souvent, d'après mon opinion, œdémateux, Dans tous les cas de ce genre, qui {ous dataient de longtemps, j'ai observé la ménorrhagie.

Prenons, pour exemple, Mme X..., qui vient de quitter l'hôpital, Sa maladie remontait à trois arnées et semblait avoir débuté par une attaque inflammatoire franche, car

il y avait eu alors des douleurs très aigües au-dessus de la région ovarienne gauche, douleurs qui ne cédèrent qu'à l'application de sangsues et à d’autres antiphlogistiques. Depuis quelque temps l'approche des règles avait été très douloureuse, l'écoulements'étaitmontré trèsabon- !

il dant et s'était prolongé pendant sept à huit jours. A l’exa- Il men, on trouva l'utérus allongé, tuméfié et engorgé; la

surface vaginale du col était recouverte de grosses granulations très vasculaires, qui évidemment étaient la cause de l'hémorrhagie. Le canal cervical participait à cet état, fs Après dilatation, j'appliquai l'acide nitrique concentré sur toute la surface malade, mais je fus désappointé par les

18 résultats. La période menstruelle suivante fut tellement (| abondante que je dus tamponner le vagin et, plus tard,

malgré des applications répétées d'acide nitrique, l’amélioration ne se produisait que trèslentement, Je m'adressai à la potasse caustique pour détruire, si possible, par son action toute la surface malade. Quand on se sert de ce

caustique, il faut l'appliquer, au travers d'un spéculum, : largement sur toute la partie jusqu'à ce qu'on soit certain dx que les tissus ont été détruits à une assez grande profon- be deur ; il faut auparavant avoir pris la précaution d’intro- gi duire et de presser entre la lèvre inférieure de l'orifice externe et le rebord du spéculum une compresse de charpie saturée de vinaigre pour neutraliser le caustique qui - tt viendrait à tomber dans le vagin et l’irriterait ; il faut oi enfin, immédiatement après l'application, laver le vagin a | avec le vinaigre. Chez la malade en question, non seule- e | ment je cautérisai la partie du col qui avait été décou- él l'A verte, mais je fis pénétrer le caustique à 12 millimètres, D if au moins, dans le canal cervical. Il r'y eut presque pas #| de douleur et on pratiqua simplement, chaque jour, un il pansement au moyen de mèches de coton imbibées de tr

glycérine. La malade garda le lit pendant plusieurs jours,

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CELLULITE PELVIENNE. 173

Au bout d'une semaine, l’eschare fut rejetée, l'aspect de la surface était bien meilleur et la guérison se faisait rapidement, Trois semaines après, la malade s'en retournait chez elle parfaitement guérie,

La potasse caustique est certainement le remède le plus sûr que nous ayons à notre disposition contre les cas graves et, quand on prend soin de limiter l'application au col et de laver ensuite largement le vagin avec du vinaigre, on n'a aucune lésion de ce canal à redouter.

Les cas plus légers d’érosion du col céderont généralement à l'emploi du nitrate d'argent ou de l'acide phénique, Quoique la teinture d'iode agisse bien queiquefois, j'ai peu de confiance dans son emploi, et cependant j'ai remarqué qu’elle faisait disparaître les douleurs de reins si fréquentes dans les affections utérines.

Je me sers encore d'une solution d'acide phénique dans l'alcool et je m'en trouve très bien dans les cas légers.

Pour terminer le traitement des formes les plus aiguës de l'inflammation du col, je vous répéterai que surtout quand la muqueuse est atteinte, et c’est la règle, vous avez à combattre une affection très ennuyeuse, très rebelle, et qui ne cédera qu'aux agents les plus énergiques.

Cellulite pelvienne. — Je vous ai dit que l’inflammation du tissu cellulaire pelvien, désignée sous le nom de cellulite pelvienne (1) peut se rencontrer chez les femmes atteintes d’affections chroniques de la matrice. Je l'ai vue, dans un cas, survenir évidemment après une application de teinture de perchlorure de fer faite sur le col pour arrêter une hémorrhagie abondante. Elle peut aussi

(1) Abcès latéraux du pelvis, abcès de la fosse iliaque. (Note du traducteur).

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