‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 34 sur 62 · PR 2 = RME RE · texte numérisé non relu

PR 2 = RME RE

suivre l'application des caustiques ou les opérations chirurgicales pratiquées sur l'utérus, mais sa cause la plus commune, surtout chez les femmes nouvellement accouchées ou venant de subir un avortement, est l'exposition au froid.

Le nom de paramétrile, que préfèrent lui donner quelques auteurs, me semble une désignation malheureuse. Je partage l'opinion de Fordice Barker, qu'elle n’est pas justifiée par son «emploi plus ancien » et j'adopte le terme de cellulite pelvienne qui indique l’inflammation du tissu cellulaire voisin de l'utérus, quelle que soit la partie du bassin dans laquelle elle survienne.

Il faut vous graver dans l'esprit que paramétrite est synonyme de cellulite pelvienne, de même que périmétrie est synonyme de pelvi-périlonite.

Nous avons à l'hôpital un cas de cellulite pelvienne et je vais en profiter pour vous donner son observation.

Notre malade,au moment de son admission, se trouvait dans un état de grande faiblesse par suite de pertes de sang considérables. Elle disait avoir avorté trois semaines auparavant et en l’examinant on put constater clairement que l’hémorrhagie était due à la rétention d’une partie de placenta. Je tamponnai le vagin et preserivis 150 grammes de liqueur d’ergot avec 15 centigrammes de strychnine. (P. B.) à prendre toutes les trois heures.

J'éveillai ainsi de fortes contractions utérines et douze heures après, en enlevant le tampon, on trouva le reste du placenta dans le vagin. L'hémorrhagie cessa immédiatement. Trois jours plus tard cette femme eut un frisson, elle se plaignit d'une douleur dans la région utérine, la pression sur l'abdomen était relativement peu douloureuse. Bientôt survint le vomissement qui fut incessant pendant quarante-huit heures etne disparut complètement qu'au bout de cinq jours, Le pouls était très rapide comme

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d'habitude en pareil cas. L'examen vaginal, immédiatement après le frisson, ne fit rien découvrir, mais le vagin était chaud et sensible sous la pression du doigt. Un second examen, pratiqué vingt-quatre heures plus tard, montra l'utérus immobile et fixé par le gonflement ferme et dur qui l’entourait. Ce gonflement formait dans le culde-sac postérieur une tumeur bien définie qui comprimait le rectum et expliquait le ténesme dont se plaignait la malade. Ses efforts constants n'étaient suivis d'aucun résultat, Nous étions en face d’une inflammation du tissu cellulaire qui entoure la matrice et du tissu cellulaire contenu dans les replis du péritoine, inflammation rapidement suivie d’une effusion de sérum.

Il ya dans cette observation trois points qui doivent fixer notre attention: lola dureté du gonflement telle qu'on le percevait à travers le vagin ; 20 la pression exercée par la tuméfaction sur le rectum ; 3° le vomissement opiniâtre.

La consistance de la tumeur est due au liquide infiltré dans le tissu cellulaire qui environne l'utérus. Cette effusion peut être circonscrite et elle forme alors une tumeur bien définie, ou généralisée, comme dans notre cas. La dureté de la tuméfaclion et la rapidité avec laquelle elle se developpe en sont les caractères dislinctifs.

La pression que le gonflement exerce sur le rectum est une cause d'inquiétude, elle peut occasionner l’obstruction complète du rectum et même entraîner la mort. Je dois vous mettre en garde contre l'emploi intempestif des purgatifs. L'obstruction est purement mécanique et

ce n’est pas en excitant les mouvements péristaltiques que vous en viendrez à bout; vous devez, au contraire, calmer ces mouvements pur les opiacés. Ce fut le traitement adopté pour notre malade à laquelle je fis prendre toutes les trois heures 3 centigram. d'opium. et deux fois

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