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S'OUVRIR A LA PEAU

Il faut encore insister, d'après Devé, sur ce fait que souvent les kystes inférieurs suppurés, même après évacuation dans l'intestin ou l'estomac, peuvent être compliqués de kystes multiples de l'abdomen. Il faudrait attribuer ces faits à ce que dans un premier temps le kyste, encore aseptique, s'est rompu dans la séreuse abdominale, puis dans un second temps il s'est refermé, a suppuré à la suite de la pénétration de la bile dans sa cavité, s'est relié par des adhérences au tractus digestif et enfin s'est ouvert dans l'intestin ou l'estomac.

Kystes supérieurs.

Dans une autre catégorie de cas, le kyste situé à la face convexe du foie, présente une évolution ascendante vers la cage tboracique, et celle-ci est souvent fort trompeuse.

En effet, ici, il n'y a pas do tumeur. Tout se passe dans les profondeurs de la cavité thoracique. A mesure que le kyste s'accroît, il refoule au-dessus de lui la moitié droite du diaphragme et tout le lobe inférieur du poumon droit.

1" Kystes non compliqués. — L'attention est attirée d'ordinaire par une gêne persistante dans le côté, une dyspnée plus ou moins intense, une toux sèche et pénible. Les malades ont

remarqué qu'ils ne reposent que dans le décubitus latéral droit

Fig. 168. — Kyste hydalique de la l'ace supérieure du foie repoussant le diaphragme et le poumon et simulant une pleurésie à grand épanchement (Caslaigne).

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SIGNES DE PLEURÉSIE. — A V ùispeclion on observe souvent un certain élargissement des espaces intercostaux et un évasement uni-latéral de la base du thorax, si bien que les côtes, déjetées en dehors, restent immobiles en position inspiratoire. A la percussion, on perçoit une ma-

Fig. 169. — Radiographie d'uu kyste hydatique ascendant du foie. Figure demischématique (Chauffard).

tité dure et complète. A la palpationles vibrations vocales sont complètement abolies. A Y auscultation, on note un silence respiratoire absolu.

Ces signes rappellent, on le conçoit, ceux de la pleurésie, et quand les kystes très développés déterminent une large extension de ces symptômes jusqu'au niveau de la deuxième côte, la ressemblance avec Tépanchement total de la plèvre est absolue. Quand l'épanchement est moins abondant, la limite supérieure, décelable par la percussion ou la radioscopie, serait bien spéciale, d'après les classiques : au lieu d'une ligne obliquement descendante à partir de l'épine dorsale, comme dans la pleurésie, on a dans le kyste une courbe à convexité supérieure formant dôme.

HÉPATITES SPÉClKigUlîS. — KYSTKS 11 YDATIUUliS DU FOIE. 491

Excoptionucllomcnt les kystes supérieurs ont une autre symptomatologio, lorsque, formés dans le lobe gauclie, ils se développent au-dessus de la rate et de la grosse tubérositc de restomac, pouvai^t envahir la partie gauclie du thorax, ils simulent alors une pleurésie gauche.

LE SIGNE DU FLOT TRANSTHORACiûUE. — Lorsque les siguos pleurétiques que nous venons d'énumérer font penser à un épanchement pleural, on pourra parfois affirmer le diagnostic de kyste hydatique en recherchant le flot transthoracique dont Chauffard vient de donner la description. En plaçant la main gauche en travers audessous de l'épine de l'omoplate, tandis que la main droite percute légèrement et au même niveau la paroi thoracique antérieure, on sent une ondulation vibratoire très nette dont un malade aurait même eu l'auto-perception. Comme ce signe n'existe pas dans les pleurésies non plus que dans les grands abcès du foie, on conçoit les services que peut rendre sa constatation.

2°Déhiscence aseptique. — Les kystes supérieurs ont une tendance marquée à s'ouvrir dans la plèvre. Peu à peu, en se développant, ils refoulent le diaphragme qui les coiffe. Ils le distendent et l'amincissent, lui faisant subir une véritable éventration. Comme il n'existe ici, non plus que pour les kystes antéro-inférieurs, des adhérences défensives, il arrive qu'à l'occasion d'un traumatisme, d'un effort, ou sans cause, la poche hydatique s'ouvre dans la séreuse pulmonaire, à travers le diaphragme aminci. Cette rupture se traduit par une douleur subite, déchirante, aussitôt suivie de dyspnée, de lipothymie, puis d'urticaire. La mort peut survenir rapidement. Si le malade survit, on constate l'apparition d'un épanchement pleural, souvent assez abondant Fig. 170.- Crochets du kyste d'emblée pour refouler le cœur. A laponc- hydaiique et fragment tion,cetépanchement paraît soit limpide, membrane (Letulle)-

soit bilieux (choléthorax hydatique). Cet

épanchement biheux peut d'ailleurs suppurer. Enfin il paraît probable qu'à la suite de ces accidents, une échinococcose secondaire de la plèvre puisse se développer, accident semblable à l'échinococcose péritonéale. Il est exceptionnel que les kystes non suppurés donnent lieu à une vomique qui est alors limpide.

3° Suppuration. — Quand les kystes supérieurs suppurent, ils provoquent des accidents plus graves. Une douleur d'abord sourde, puis vive, apparaît dans le côté, le plus souvent à droite Elle prend

assez souvent le masque d'une névralgie phrénique, parfois celu d'une névralgie intercostale. Les malades toussent et sont essoufflés.

A l'examen, on constate que toute la région est douloureuse, et l'on perçoit à la base droite de la toux et des frottements. Ces divers symptômes peuvent d'ailleurs être plus ou moins accusés, et même parfois manquer complètement. En tout cas ils correspondent au développement d'adhérences inflammatoires entre le foie et le diaphragme, entre la plèvre et le poumon. Ceci explique pourquoi la déhiscence des kystes hydatiques suppurés se fait le plus souvent non dans la plèvre, comme avant la suppuration, mais dans le poumon et les bronches. Les malades sont pris d'une douleur brusque avec angoisse subite, et rejettent, au milieu de quintes de toux et de phénomènes asphyxiques, un flot de liquide purulent d'odeur spéciale, comparée par Eichhorst à celle de la marmelade de prune. Parfois ce Uquide est strié de sang ou de bile, et l'on y remarque des lambeaux membraneux blanc jaunâtre ainsi que des petits corps analogues à des grains de raisin sucés, représentant des débris, les uns, de la poche hydatique, les autres, des hydatides affaissées.

Après la vomi que, on constate souvent l'apparition des signes d'une grande caverne dans la région qui était mate auparavant et l'on perçoit un souffle amphorique ou à résonance métaUique.

Cette vomique peut se compliquer de mort immédiate. Le plus souvent, après un premier rejet efle se poursuit de façon fractionnée, se répétant à intervalles variables et pendant de longs mois. L'expectoration, qui peut devenir purulente ou bilieuse, prend une teinte jaune d'ocre. Elle renferme presque toujours, pendant ce temps, des éléments hydatiques que le microscope peut faire reconnaître. Cette vomique tôt ou tard secompUque d'ailleurs d'accidents graves : broncho-pneumonie, gangrène pulmonaire, pleurésie purulente. Quand les malades succombent, on trouve souvent dans leur poumon droit, outre les signes des accidents terminaux, une caverne anfractueuse remplie de débris hydatiques et entourée d'une large zone d'hépatisation. Dans bon nombre de cas, cependant, l'évacuation par les bronches s'est terminée par une guérison définitive.

Citons pour mémoire la rupture des kystes hydatiques dans le péricarde. On n'en connaît que trois ou quatre observations dans lesquelles la mort est survenue rapidement du fait d'une péricardite suppurée.

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