‹ Manuel des opérations chirurgicales. Contenant les procédés opératoires les plus généralement employésChapitre 2 sur 19 · OPÉRATIONS SIMPLES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS SIMPLES

AcupuTwture,

T i' ArriPTiPirTnTiF. consiste à introduire metliodiquemeiit une aiguille dans une partie quelconque du cprps. On pratique commune'raent cette operation avec des aiguilles dites à reprises, déliées, très pointues, et garnies à leur extrémité supérieuie d’une petite boule de cire d’Espagne. Il existe trois procédés pour l’acupuncture : celui par rotation , beaucoup moins doidomcux que les autres, est constamment préféré. On saisit l’aiguiUe de la main droite entre le pouce et le médius; on en présente la pointe aux parties qu’on veut traverser; puis on la l'ait pénétrer à l’aide d’une pression légère, continue, unie à un mouvement de rotation. L’instnxment peut amver à de grandes profondems sans produire ni douleur vive ni aucune lésion grave; il faut avoir soin seulement de l’éloigner des articulations, et du trajet des gros troncs vasciUaires et nerveux. On enfonce ordinairement trois ou quatre aiguilles dans la pjg:tie

MAHTJET.

souffrante, et on les laisse en place pendant une heure ou une heure et demie environ.

Application des sangsues.

Lorsqu’on veut appliquer des sangsues, on les laisse sans eau pendant une ou deux heures environ, et si c’est en liiver, on rapproche du feu le vase qui les contient, pour les rendre plus vives et plus aptes à piquer. La partie sur laquelle on veut poser ces animaux sera préalablement lavée, afin de la dépouiller de toute matière étrangère et odorante. Si des poils la recouvrent, on les rase avec soin. Dans tous les cas on se trouve bien de l’humecter soit avec du lait tiède, ou de l’eau sucrée, ou .mieux encore avec quelques gouttes de sang, si l’on peut s’en procurer. Le malade étant garni d’alèzes, on place les sangsues dans un verre, on renverse celui-ci sur l’endroit malade, et on l’y tient appliqué jusqu’à ce qu’elles soient attachées; on le retire ensuite, et on a soin de détacher doucement leur queue qui adhère le plus souvent aux parois du vase. Mais ce moyen ne saurait être employé lorsqu’il faut les appliquer sur une partie peu étendue, comme les paupières , les gencives, le gland, etc. On est obligé alors de les saisir avec la main par leur extrémité postérieure , sans trop les serrer, et de porter leur extrémité la plus mince sur l’endroit où elles doivent prendre.

Les sangsues, une fois gorgées de sang, se détachent d’elles-mêmes. On peut le» faire tomber de suite en les saupoudrant d’un peu de sel, de poivre ou de tabac. Si elles pénètrent dans les cavités de la bouche, du vagin, du rectum, etc., on les entraîne par des injections d’eau salée , vinaigrée, ou de décoction de tabac. *

L’écoulement de sang qui a lieu par les piqûres , cesse

en general spontaneûnent au bout de quelques heures. On peut entretenir cet c'coulemcnt en abstergeant incessamment les ouvertures faites par les sangsues avec une éponge imbibée d’eau tiède, ou eni’ccouvrant toute la partie d un cataplasme émollient. Quelquefois on se voit obligé d’arreter l’hémoiTliagie. On ap[)li(jue «alors sm’ les petites plaies de la charpie, du linge brûlé, ou des morceaux d’amadou rp.ie l’on maintient par luie compresse épaisse et un bandage assez serré. On peut encore saupoudrer les piqûres avec la poudre de colophane, ou les cautériser avec le nitrate d argent. S’il arrive que ces moyens-demeureiit impuissans , on place sur les ouvertures un linge plié en plusieurs doubles, sur lequel on appuie pendant quelques instans une spatule fortement échaulFée, ou bien on y porte un petit bouton de feu.

Application du cautère potentiel.

Les caustiques en général sont employés sous les quatre formes suivantes : en poudre, à l’état solide, sous forme molle et à l’état liquide.

A. Le sulfate d’alumine calciné est pour ainsi dire le seul cathérétique pulvérulent dont on ait conservé l’usage. On s’en sert pom- réprimer les bomgeons charnus d’une plaie ou d’un ulcère. On doit en mettre assez seulement pour couvrir tous les points de la sm face suppiu ante, avec l’attention de ne pas en dépasser les limites.

B. Les caustiques solides les plus usités sont la potasse concrète connue sous le nom de pierre à cautère (voyez , pour la manière d’en faire usage, fonticulc), et le nitrate d’argent fondu ou pierre infernale. Lorsqu’on veut toucher avec ce dernier la surface d’une jilaie, d’un ulcère, il faut préalablement absterger avec im linge fin le pus ou le sang

MANrïX

qui peuvent la recouvrirj et promener ensuite le eauslique tantôt très le'fjèremcnt , tantôt en exerçant un certain degré de pression, soit sur tonte l’étendue de la surface suppurante , ou Lien seulement sm’ les parties les plus saillantes. Si r on s’en sert pour faire cicatriser les ulcères de la cornée, oupom’ détruire les hernies de l’iris, il faut que le cylindre de nitrate d’argent soit taillé en manière de crayon.

C. Les seuls caustiques mous que la chirurgie emploie aujourd’hui, sont la pommade ammoniacale et la pâte arsenicale.

La première est composée de parties égales d’ammoniaque concentrée et de suif. On étend celte pommade sur un morceau de linge, et l’on en met une couche d’une ligne d’éqjaisscur environ; on l’ap23lique ensuite sur les tégumens; et suivant qu’on la laisse en place six, dix ou quinze minutes, on trouve ceux-ci rougis, couverts de vésicules ou cautérisés.

La p.âtc arsenicale, employée spécialement contre les ulcères cancéreux de la peau du visage, est composée, sur cent parties, de 70 d’oxide sulfuré rouge de mercure, de 22 de s.'ing-dragon et de 8 d’oxide blanc d’arsenic. Pour faire usage de cette préparation, onl’humeetc avec de l’eau ou de la salive, et l’on fait ainsi une pâte molle et susceptible d’etre facilement appliquée. On étend uniforaiément sur toute la smfacc ulcérée une couche de cette pâte, à laquelle on donne une ligne ou une ligne et demie d’épaisseur, et l’on a soin de n’anticiper que très peu sur les bords de l’ulcération. On recouvre ensuite le caustique avec une toile d’araignée, et on met [lar dessus de la char2)ie que l’on assujétit par un bandage contentif. Apres la chute de l’cscharre, on doit, si le mal est imparfaitement détiuit, procéder immédiatement à une seconde ap^ilicalion.

DES OPERATIONS CniRURGlCALES. 5

D. Le dcuto-chlorurc d’antimoine liquide, les acides sulfurique, nitrique et hydro-clilorique , tels sont les caustiques liquides que l’on emploie le plus généralement. Lorsqu’on veut s’en servir, on prend un pinceau de charpie ou de linge fin, fixe à l’extrémité d’un morceau de bois, et à l’aide duquel il est facile de porter le caustique sur les parties que l’on se propose de désorganiser.

jdpjilication du cautère actuel.

La cautérisation à l’aide dn feu, est ou lente ou instantanée. La première se pratique avec le moxa (voyez ce mot) ; l’autre a lieu au moyen du fer incandescent , et se divise en cautérisation transcurrente et en cautérisation inhérente.

yt. La cautérisation transemTente est fort usitée dans le traitement des maladies des articulations connues sous le nom de tumeurs blanches. On se sert pour la pratiquer du cautère cultcUaire chauffé à blanc. Le membre étant maintenu immobile, on promène légèrement le bord convexe de l’instriunent sur la peau, en procédant avec célérité, et on fait un plus ou moins grand nombre de raies parallèles entre elles, ou tracées suivant différentes directions, de manière à ne pas se croiser. On recouvre ensuite la partie malade d’im hnge , et lorsque les escharres sont sur le point de se séparer , on panse les petites plaies avec des bandelettes de linge enduites de cérat.

H. La cautérisation inhérente consiste à appliquer im cautère rougi à blanc sur une partie que l’on veut désor- ganiser. On fait chauffer, sur im réchaud portatif, placé à peu de distance du malade, le cautère dont on a fait choix ; on préserve les parties voisines de l’action du feu , en les couATant soit de compresses épaisses, soit de bandes de carton mouillées j on porte ensuite le fer incandescent sm-

MAXÜEL

le lieu d’élection pendant quelques secondes , et si on le juge nécessaire, on applique à l’instant un second cautère etmême im troisième que l’on aura eu soin de faire chauffer en m’éme-temps.

Fonticule ou cautère.

Les cautères se placent dans les endroits où l’on rencontre beaucoup de tissu cellulaire, éloignés des saillies osseuses, du centre des muscles , des vaisseaux, des nerfs et du trajet des tendons. Ainsi on choisit au bras , la dépression située immédiatement au-dessous de l’attache inférieure du deltoïde; à la cuisse, on les applique à tipis pouces envûron au-dessus du condyle interne du fémur, entre la portion interne du triceps et le tendon du troisième adducteur; à la jambe, immédiatement au-dessous de l’expansion tendineuse nommée la patte d’oie, entre le bord interne du tibia et le bord correspondant du soléaire; au dos et aux lombes, dans toute la longueur des gouttières vertébrales; à la poitrine enfin, dans les espaces intercostaux. On peut établir le cautère de deux manières : avec le bistouri ou avec la potasse caustique.

A. Le lieu d’élection étant déterminé, le chirurgien fait aux tégumens un pli longitudinal, soutient mie extrémité de ce pli, confie l’autre à tm aide, et pratique une petite incision dans la<j[uelle il place une boulette de charpie. 11 soutient celle-ci par une compresse et quelques tours de bande, et la laisse jusqu’à ce que la suppuration soit établie, c’est-à-dire, pendant trois ou quatre jours. On la remplace alorsparim pois ordinaire, une petite orange bu une boule d’iris de Florence qu’on renouvelle tous les jours, et qu’on maintient en place à l’aide d’une linge enduit de ccral ,

OU tout simplement d’une feuille de lierre, recouverte d’une compresse et d’une bande.

B. Lorsque le malade redoute l’Instrument ou qu’on veut produire une forte irritation, on emploie la potasse caustique. On place sur la partie un cmjDlâtrc de diacliylum gomme, perce à son centre d’une ouverture moitié moins grande que celle cpic doit avoir l’cscharre j on met dans cette ouverture un petit moi'ceau de potasse causticpie , légèrement humectée ; on applique par-dessus le tout im emplâtre sans ouverture de la même grandeur que le premier, et on termine en entourant les parties d’une compresse soutenue par quelques tours de bande. Après huit à dix heures, l’action du caustique est épuisée et l’on peut lever l’appaieil. On recouvre alors l’escharred’un corps gras pom- accélérer sa chute ; après quoi on panse la plaie comme il a été dit plus haut.

Page 1