‹ Manuel des sages-femmes [electronic resource]Chapitre 2 sur 40 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

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L'art de la Sage-femme a principalement pour objet de donner du secours à la femme en travail, et à l'enfant qui en doit naître ; c'est-à-dire d'éloigner de la mère et de l'enfant, ou de diminuer au moins, les dangers de l'accouchement; de le rendre en général moins douloureux, moins pénible, plus sûr, plus commode, plus décent. Mais les fonctions de la sage-femme ne sont pas bornées seulement à l'accouchement, elles s'étendent aussi sur la grossesse et sur le traitement du nouveau-né. La sage-femme doit tâcher de gagner et mériter la confiance de la personne enceinte, et de lui procurer, en l'instruisant sagement, une heureuse grossesse et un accouchement facile ; elle doit, par ses soins assidus mettre l'accouchéej en état de bien remplir les premiers devoirs maternels, et s'appliquer à lui ménager une heureuse couche, comme un moyen de lui assurer une bonne santé. La sage-femme est encore dans le cas de soigner la première éducation physique du nouveau-né, et enfin d'être souvent appelée à faire des fondions et des visites judiciaires.

L'importance de la profession des Sages-femmes devient évidente lorsqu'on considère , que la santé et le bien-être des personnes enceintes, ou accouchées , et des enfans nouvellement nés sont entre les mains d'une sage-femme; que dans le moment le plu^ critique, peut-être le plus dangereux de la vie, celui de l'accouchement, on lui confie femme et enfant; que partant la santé, même la vie et quelquefois dans des cas juridiques, l'honneur, la réputation et la fortune d'une ou de plusieurs personnes, et parles conséquences qui en résultent, le sort d'une famille entière, dépendent du talent ou de la probité d'une Sagefemme.

La gravité de ces considérations autorise à exiger de la personne qui veut se vouer à l'état de Sage-femme plusieurs qualités indispensables. Quand au moral elle doit être de mœurs irréprochables , d'une probité incorruptible, fidellement attachée à ses devoirs, modeste, surtout d'un naturel doux et patient, conciliant la compassion avec le courage, la fermeté et le discernement; la sage-femme doit être prudente, discrète, résolue, persévérante, libre de préjugés, officieuse, et en particulier desintéressée envers les pauvres. A l'égard des qualités corporelles la Sage-femme doit être d'une constitution saine, robuste, faite à la fatigue et sans difformité marquante; elle doit avoir tous ses sens vifs et entiers, principalement l'ouïe et la vue bonnes, mais très particulièrement le toucher fort délicat. A

ces qualités elle devroit encore ajouter l'avantage d'une main longue et menue, adroite, exempte de défaut et de maladie. Enfin il est nécessaire aussi que la Sage-femme sache écrire et parler avec facilité sa langue; qu'elle soit douée d'intelligence et d'une bonne mémoire; qu'elle ait du goût pour sa vocation et y prenne plaisir.

Une personne favorisée de ces avantages sera habile à l'importante profession de sage-femme, et capable de la pratiquer avec dignité : fidèle à ses devoirs , quelque rigoureux qu'ils puissent être, elle les remplira avec joie envers son Souverain et son prochain. Sensible au bon témoignage de sa conscience, elle bénira un jour le choix qu'elle a fait d'une profession pénible, mais essentielle et honorable, qui l'a mise en état de se rendre fort ntile à l'humanité , et trouvera dans ce sentiment sa plus belle récompense.

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