CHAPITRE V
De quelques maladies et accidens concernant les en/ans nouveau=nés.
§. 620. Ces maladies et accidens sont tous ou innés, ou produits par l'accouchement, ou bien ils ne se déclarent qu'après l'enfantement. On doit incessamment faire venir le chirurgien
dans tous les cas de difformité de naissance ainsi que de luxation, de fraotures ou d'enfoncement des os survenus dans l'enfantement; ou le médecin, quand l'enfant est attaqué de maladies congèniales , telles qu'hydropisie, maladie de la peau etc.
§. Ô2i. Il n'est pas rare qu'à la suite d'accouchemens longs ou laborieux, surtout de ceux par les pieds , et très particulièrement à la suite de la version sur les pieds, les enfans naissent dans un état d'extrême foiblesse, ou de mort apparente , au point qu'on ne remarque pas le moindre signe de vie; et c'est ce qu'on appelle généralement asphiocie du nouveau-né. La sagefemme tiendra donc pour une règle irrémissible, de ne point reputer réellement mort un enfant nouveau-né, aussi longtems qu'elle n'en sera pas convaincue par la seule indication certaine : celle des symptômes de putréfaction (§. 438.); attention d'autant plus indispensable qu'il y a des exemples que même des enfans de très mauvaise couleur et ayant l'épiderme en partie enlevé , n'ont été qu'asphixiés. Mais la sage-femme doit se hâter de revivifier l'enfant né en pareil état, et s'appliquer infatigablement à ce soin au moins pendant 4 à 6 quart-d'heures, puisqu'on a souvent réussi de ranimer des enfans même après ce terme. Il importe donc , que tout ce qui doit servir à ce but soit préparé avant la naissance de l'enfant.
Quand le placenta est encore attaché à la matrice après l'accouchement d'un enfant très foible ou asphyxié, on doit lui appliquer les remèdes vivifians avant de le séparer de sa mère; mais lorsque le placenta est décollé, on pourra faire la ligature et la section du cordon. Si la tête de l'enfant est boursoufïlée , rouge, ou même bleuâtre, on coupera premièrement le cordon, dont on fera écouler 1 à 3 cuillerées au plus de sang ; ou bien, le cordon étant coupé, on attendra la circulation, et on n'en fera la ligature qu'après qu'il aura rendu du sang. Dans tous les cas, où l'enfant est séparé des secondines , on le mettra aussitôt dans un bain d'eau chaude et de peu de vin; on lui nettoyera la bouche, avec le doigt ou la barbe d'une plume, des glaires ou des fluides qu'elle contient, et dont il faudra la préserver par la suite; on écartera toute pression qui pourroit gêner la circulation dans le cordon, ou celle du corps de l'enfant; on lui frottera avec une brosse rude la plante des pieds, la paume des mains, et alternativement le dos du haut en-bas, mais la tête jamais que fort doucement de la main plate. On lui lavera les tempes et le front avec du bon vin , ou du vinaigre, des gouttes de Hoffmann ou telle autre liqueur spiritueuse ; on peut lui approcher du nez toutes sortes d'eaux de senteur, du vinaigre, de l'esprit d'Hoffmann, de l'oignon fendu, des plumes brûlées etc. mais très particulièrement de l'esprit de sel amoniac ; on lui donnera aus-
si , des qu'il peut avalei' , dans un peu de thé de camomille, ou d'eau sucrée, quelques gouttes de bon vin, ou d'essence douce, ou de liqueur d'Hoffrnann. On laisse tomber d'une certaine hauteur , ou des gouttes sur la poitrine de l'enfant, ou bien on l'arrose d'eau froide; on donne des clystères irritans d'eau et de vinaigre , d'eau [froide avec du sel, ou d'une légère infusion de tabac. Enfin on a souvent trouvé utile le ballotement de l'enfant en haut et bas , en quelque sorte comme voulant le laisser tomber. La respiration artificielle en soufflant de l'air par la bouche de l'enfant, pouvant être plus souvent nuisible qu'utile, on ne la doit tenter que comme une dernière ressource. Après avoir, dans cette intention, rempli sa propre bouche d'air, mais sans le respirer, on le souffle à l'enfant, en lui pinçant le nez et appliquant la bouche sur la sienne ; puis on comprime doucement sa poitrine avec le plat des deux mains, et l'on repète quelquefois de suite cette opération.
§. 522. Il ne convient pas cependant de continuer sans relâche tous ces moyens de secours, mais on doit les suspendre momentanément pour donner du repos à l'enfant, surtout quand on remarque des signes de vivification. Ces signes sont: lorsque les parties frictionnées du corps rougissent, que les battemens du cœur et la circulation se rétablissent, que la portion du cordon, qui n'est pas encore liée, saigne; que les
lèvres et les joues de l'enfant rougissent, surtout quand il prend haleine tant peu que ce soit; lorsqu'il ouvre les yeux, meut ses membres etc* Dès que l'enfant aura la respiration égale, ou qu'il crie, on doit le sortir du bain, l'envelopper chaudement sans l'habiller, et le reposer dans son lit. Mais on le pourra abandonner comme mort, lorsqu'après avoir fait pendant un tems assez considérable toutes ces tentatives à la revivification, l'enfant ne donne aucun signe de vie, ou que ceux qui se sont manifestés, ont totalement disparu. Néanmoins l'enfant dans un tel état doit être gardé soigneusement en chambre au chaud et attentivement observé pendant plusieurs heures. Ajoutons que tandis qu'on sera occupé à donner ces secours, la sage-femme doit faire venir le médecin dont la présence ne sera jamais superflue en pareil cas.
§. 523. A la suite d'un accouchement long ou pénible la partie qui s'est présentée est le plus souvent fort tuméfiée. Ce cas concerne principalement la tête , lorsque pendant l'accouchement elle a rencontré de la résistance dans le bassin et les parties molles, au point que, par l'effet de la compression du crâne et de sa tuméfaction, le diamètre occipito-mentonnier s'allonge quelquefois jusqu'à huit pouces; mais encore les fesses, quand elles se présentent, se tuméfient aisément et fortement. Du reste toutes ces tuméfactions , puisqu'elles disparoissent d'elles mê-
mes, sont généralement sans conséquence: toutefois des fomentations de vin chaud leur font toujours du bien. Cependant lorsqu'une tumeur de ce genre, surtout a la tête, n'auroit pas àpeu-près disparue dans l'espace de 24 heures , lorsque, parroissant plus rougeàtres que ne le sont les tumeurs ordinaires, elle auroit un bord bien marqué et qu'elle feroit sentir de la fluctuation; on fera venir aussitôt le médecin, parcequ'àlors le mal consiste très probablement dans un amas de sang , qui peut avoir des suites graves et qui nécessite un traitement particulier. Quand les os de la tête ont éprouvé par le travail d'enfant des impressions quelconques, 011 les abandonne à la nature , qui les fait toujours peu-a-peu disparoître. A la suite de l'accouchement dans lequel s'est présenté la face, l'enfant a pendant quelques jours des dispositions à pancher la tête en arrière^ à quoi l'on remédie encore aisément, en situant son corps et lui soutenant la tête convenablement.
§. 624. L'inflammation des paupières (Ophthalmie) des nouveau-nés est un mal assez fréquent. On doit l'attribuer à l'influence d'une vive lumière, à une transition trop subite de l'obscurité au grand jour, et en particulier immédiatement après l'accouchement; de plus à la poussière, à la fumée, aux courans d'air, aux refroidissemens , peut être quelquefois aux fleurs blanches malignes de la mère pendant l'accouchement. Dabord c'est le
bord des paupières qui s'enflamme, et l'enfant est extrêmement sensible à la lumière; bientôt les paupières aussi se gonflent, sans pourtant devenir bien rouges, et une matière glaireuse d'un blanc jaunâtre sécoule abondamment quand on ouvre l'œuil, qui maintenant est toujours fermé. La sage-femme doit en pareil cas, laver fréquemment et soigneusement les yeux de l'enfant avec de l'eau tiède, ou une légère infusion de camomille, ou avec de l'eau de rose; en même teras qu'elle fera cette lotion , elle ouvrira les yeux de l'enfant, et les neltoyera de ces matières; mais sans négliger de faire venir le médecin dès que cette maladie se déclare, puisqu'elle peut devenir longue , et même d'une gravité à priver l'enfant de la vue.
§. Le filet et les brides de la langue
sont encore des vices de conformation, qui, quoique rarement, apparoissent cependant quelquefois. Le filet est la prolongation jusqu'à la pointe de la langue, ou le raccourcissement, de ce petit ligament, qui se trouve dessous la langue et qu'on nomme frien. Les brides sont deux filets qui se trouvent contre l'ordre naturel à côté du frien. L'un et l'autre de ces vices embarrassent les mouvemens de la langue et gênent l'enfant quand il tette ou avale. C'est a ces difficultés , et particulièrement en levant la pointe de la langue qu'on reconnoit facilement le filet ; néanmoins les sage-femmes peuvent s'y méprendre,
parce que les incommodités qu'on vient de citer tiennent quelquefois à d'autres causes. Les brides au contraire sont très faciles à découvrir par la recherche , et la sage-femme doit les couper avec des ciseaux émoussés. De même le filet demande aussi une incision ; mais comme cette opération exige déjà des attentions à divers égards, et que souvent elle peut avoir des conséquences graves, c'est toujours le chirurgien qui la doit faire.
§. 526. Les aphthes sont une éruption dans la bouche , qui paroît d'abord comme des vésicules blanches , et qui se forme ensuite en petites croûtes , lesquelles tombent dans l'espace de 1 a 3 jours et plus tard, mais se renouvellent quelquefois. Les aphthes ont leur siège principalement autour des gencives et du palais; de là ils s'étendent, non seulement dans toute labouche, mais, quand la maladie augmente, même par tout le canal intestinal jusqu'à l'anus, et l'enfant peut encore en tetant la communiquer aux mamelons de sa mère. L'enfant est lui-même inquiet dans cet état, il a de la fièvi'e, souvent la diarrhée, il salive beaucoup, sa bouche est chaude et douloureuse, au point qu'il refuse de prendre des alimens. Plusieurs causes occasionnent cette maladie : le plus souvent clic provient de surabondance de nourriture, ou de mauvais alimens, surtout d'un lait aigri ou de boissons trop douces ; de malpropreté des ma-
melles et des vases servant à boire, comme aussi de négligence h nettoyer la bouche de l'enfant etc., autant de causes qu'on doit conséquemment écarter avec prudence. On traite cette maladie, si l'enfant n'est âgé que de quelques semaines, en le purgeant doucement avec les remèdes indiqués §. 5 17. en lui lavant souvent la bouche pendant le jour avec du vin tiède bouilli avec un peu de sauge, ou avec une mixion de vin chaud et de miel-rosat. Mais lorsque l'enfant est plus âgé, ou que les remèdes indiqués sont insuffisans, ou que la maladie prend un caractère dangereux, on
fera venir le médecin.
527. Le boursouflement des mamelles, c. a. d. un engorgement de ces organes accompagné d'écoulement d'un fluide laiteux, ou qui du moins se laisse exprimer, n'est pas fort rare chez l'enfant nouvellement né. Le plus souvent cet accident cesse bientôt spontanément quand on lui tient la poitrine au chaud, préservée de refroidissement et de pression, ou en adaptant des fomentations de vin ou d'eau de vie et d'eau ; il importe surtout de ne point tenter d'exprimer ce fluide, parceque l'attouchement réitéré des mamelles peut facilement lui occasionner de l'inflammation. Quand elle a lieu, on y remédiera en oignant la partie malade avec de l'huile d'amandes douces, et en appliquant des cataplasmes de lait et de pain blanc ; mais si ces moyens ne dissipent pas promptement l'inflam-
mation, on ne tardera pas à faire venir le médecin.
§. 528. Lorsqu'après la chute du bout du cordon Vombilïc est ulcéré ou même en état d'inflammation, ce qui peut surtout être la suite du tiraillement; ou d'un détachement artificiel du cordon, comme aussi de l'usage qu'on auroit fait de beurre ranci pour graisser la compresse ombilicale; il convient de laver le nombril quelquefois par jour avec de l'eau tiède , et d'imbiber de vin chaud ou de thé de camomille la compresse qu'on y appliquera. Mais si le nombril est fort en suppuration et douloureux , ou appellera encore le secours du chirurgien.
§. 529. Un mauvais traitement de l'ombilic occasionne aisément, plus ou moins tard après la chute du cordon, la hernie ombilicale $ de même encore les hernies inguinales de naissance ne sont pas très rares chez les enfans mâles. L'une et l'autre demandent des secours chirurgicaux. Mais indépendamment de ceux-ci on fera en sorte d'épargner à l'enfant autant que possible les grands cris , de lui tenir le ventre libre , afin qu'il n'ait pas besoin de pousser fortement en allant à selle. Il importe également d'être circonspect dans le choix de ses alimens , de le préserver de refroidissement, et de laisser, dans le cas d'une hernie inguinale, le ventre libre de tout bandage.
§. 63o. Les rougeurs autour des parties sexuelles, aux aisselles, derrière les oreilles et dans tous les plis de la peau, comme aussi a l'anus pendant la diarrhée, sont chez les nourrissons, surtout chez ceux qui ont de l'embonpoint , un mal très fréquent, occasionné par le défaut de propreté et de changemens de linges. Ces rougeurs déjà douloureuses le deviennent bien plus encore , en formant des gerçures , particulièrement dans les plis de la peau ; ce qui par suite de négligence peut arriver dans peu d'heures et causer à l'enfant de l'inquiétude , de la fièvre , de l'inflammation et des convulsions. On prévient ce mal en lavant et séchant proprement les parties rougeuses , et en mettant, lorsqu'on appréhende qu'il survienne, de la toile de lin très fine et sèche, ou de la charpie, dans les principaux plis, et en les changeant chaquefois qu'on lave l'enfant. Mais le meilleur remède qu'on puisse opposer au mal quand il est déjà présent, c'est de souspoudrer journellement et souvent ces parties , après les avoir bien lavés, avec de la semence ou de soufre de lycopode, vulgairement nommée poudre jaune, ou bien avec de la farine d'amidon.
§. 53i. La diarr/iéeest une maladie assez commune au nourrisson, qui, lorsqu'il en souffre, déjète fréquemment avec douleur et une envie extrême d'aller du ventre une matière verdâtre, visqueuse et inégale. Cette maladie provient le plus souvent d'un estomac trop chargé, ou de mauvaise
nourriture ; de refroidissement de la mère, ou du défaut de sou régime , de refroidissement ou mouillure de l'enfant et de l'abus des remèdes purgatifs. Après avoir avant tout éloigné ces causes , on donnera a la mère du thé de camomille , dont on fera prendre aussi quelques cuillerées à thé à l'enfant, auquel, en diminuant sa nourriture ordinaire , on donnera peu mais du très bon bouillon à la viande ou de gruaux concentré, ou bien de tems en tems un lavement de ce dernier en y ajoutant un jaune d'oeuf ou très peu d'amidon; quand l'enfant souffre beau- Coup, on peut encore lui faire prendre dans une petite cuillerée de thé de camomille , 2 à 3 gouttes de liqueur de Hoffmann, et un bain chaud. Quand ces remèdes ne suffisent pas , on doit recourir au médecin.
Une nourriture copieuse ou trop succulente peut encore occasionner la constipation du ventre. Dans ce cas on doit changer convenablement les alimens de l'ènfant et opérer par les lavemens désignés au §. 242. l'évacuation journalière du ventre, jusqu'à ce qu'indépendamment de remèdes elle se fasse spontanément.
§. 632. La rétention d'urine est chez le nouveau-né la suite de refroidissemens qui lui surviennent facilement, surtout immédiatement après l'accouchement. L'enfant est inquiet, il ne dort pas, il paroit souffrir, il n'urine que peu ou point
et avec douleur, son ventre devient tendu. Il faut alors, si l'on veut empêcher que le mal n'empire promptement et ne devienne dangereux , baigner l'enfant au chaud quelquefois par jour, lui mettre sur le ventre des fomentations chaudes de lait ou de thé 4e fleurs de tilleul avec du sureau, en continuant de le garantir de refroidissement; et si ces moyens ne sont pas efficaces , on fera venir le médecin.
§. 533. Les tranchées ou coliques sont très rares chez les enfans bien soignés , mais fort communes aux autres. L'enfant les fait connoître par son inquiétude, par ses pleurs multipliés , surtout par ses cris soudains et les mouvemens subits avec lesquels il tend et retire ses pieds; par les contorsions de son corps , par le bruissement et souvent le gonflement du ventre, l'émission de vents etc.
L'ictère, ou la jaunisse des nouveau-nés est un accident si fréquent , mais aussi le plus souvent si insignifiant, que plusieurs auteurs ne le considèrent point comme une maladie, mais comme une suite naturelle du changement de circulation du sang dans le foi survenu après l'accouchement. On reconnoit cette maladie à la couleur plus ou moins jaunâtre de la peau, qui, dans un haut degré de la maladie, s'étend par-dessus le blanc des yeux et la langue ; on la remarque encore à la surface un peu plus chaude et plus rude du
corps, à la couleur foncée de l'urine, aux excrémens grisâtre ou verd foncé , etc. Souvent l'enfant ressent des maux de ventre.
Les convulsions sont au contraire un accident fort dangereux pour l'enfant à la mamelle. Elles s'annoncent communément par le regard hagard de l'enfant, par le clignotement et le renversement de ses yeux, par des mouvemens de sa bouche comme pour rire ou pleurer, par un sommeil inquiet pendant lequel l'enfant se réveille en sursaut, jète un cri aigu; il pleure souvent et longtems; il a mauvaise mine, change souvent de couleur, grince les dents etc.
Quand aux causes de ces trois dernières maladies de l'enfant nouveau-né, on doit les attribuer principalement à l'évacuation négligée du méconium, a un régime inconvenant de la mère ou de la nourrice, à un mauvais lait ou d'autres alimens insalubres, surcharge de l'estomac, indigestion , refroidissement , humidité , courant d'air, etc. A l'égard de ces maladies la sagefemme se conduira à peu-près de la manière suivante : son premier soin sera d'en chercher et d'en écarter les causes ; puis elle pourra , s'il est nécessaire, purger l'enfant avec les syrops indiqués au §. 5i7., lui faire des frictions sur le ventre avec des huiles fines , préférablement de celle de camomille , en le couvrant ensuite de flanelle sèche et chaude; elle pourra donner des
lavemens de thé de camomille, et si le cas le demande , avec un peu d'huile ; mettre l'enfant dans un bain tiède et lui faire prendre quelques gouttes d'essence douce, ou de liqueur d'Hoffmann. Mais si les tranchées ou la jaunisse ne cèdent pas à ces remèdes, on fera venir le méde cin , et cela surtout dans les cas de convulsions , même alors que ce mal ne se déclareroit que foiblement.
§. 534. Observons enfin que la plupart des enfans nés à ternie perdent de leur embonpoint dans les premiers jours , et même quelques semaines après leur naissance, sans préjudice pour eux.
ceeccçecceeeecceeeceeccGececeecccccece
De V Ondoiement en usage chez les Catholiques.
Lorsque pendant l'accouchement l'enfant se trouve en péril de la vie , la sage-femme est obligée, dans l'absence de l'accoucheur, d'ondoyer aussitôt l'enfant, quand il appartient à des parens catholiques , et ce devoir est également imposé à la sage-femme nonobstant qu'elle soit catholique ou protestante. On administre l'ondoiement sans égard au terme de la grossesse dans lequel l'accouchement a lieu, pourvu qu'on soit sûr, ou tout au moins en doute, que l'enfant n'est pas mort; jamais on ne fera cette cérémonie quand on est assuré qu'il n'est plus vivant. On doit aussi ondoyer les enfans nés en état d'extrême foiblesse ou d'asphyxie, et en pareil cas on en doit remettre l'office préférablement à un homme; mais jamais au père de l'enfant. On doit se servir d'eau bénite ou d'eau de fontaine, de pluye ou de rivière qu'on aura fait tiédir.
Lorsqu'on veut ondoyer l'enfant pendant l'accouchement, la sage-femme doit s'assurer que la partie qu'il présente est nue et par conséquent
point couverte de l'orifice de la matrice, ni de membranes, l'eau bénite devant toucher à une partie de l'enfant. Elle doit encore s'assurer qu'elle ne dirige pas l'eau à quelque partie de la mère, ni au cordon ni au placenta etc. Quand c'est la tête qui s'offre, la sage-femme glissera à cette partie, sur deux doigts qu'elle aura introduits, la canulle d'une seringue ordinaire pourvue d'eau baptismale , et après s'être convaincue que le bout de la canulle touche h l'enfant, elle videra la seringue en prononçant, conformément au rit de l'église romaine, avec recueillement et respect: » Enfant je te baptise au nom » du Père , du Fils et du Saint-Esprit. « On fait cette cérémonie de la même manière quand l'enfant présente d'autres parties ; mais lorsqu'une main seroit déjà hors du pudendum, ou quand on pourra aisément extraire un pied, c'est avec un verre bien net qu'on l'arrosera.
Lorsqu'on doute que l'enfant soit mort, ou bien si c'est une monstruosité , on doit commencer la formule baptismale ci-dessus, dans le premier cas par -h Enfant si tu es en yie,« dans le dernier >->si tu es capable de recevoir le baptême, je te baptise etc. Dans tous les cas ou l'eau du baptême n'aura pu atteindre qu'a travers des difficultés , ou même point toucher à la tête, on doit baptiser l'enfant sur la tête dès qu'il sera complètement né , en ajoutant à la formule : » En- »fant si tu nés pas baptise, je te baptise etc.
Mais dans tous les ca> on l'arrosera en signe de croix.
Lorsque l'enfant reste en vie , il sera porté à l'église pour recevoir le sacrement de baptême, mais la sage-femme instruira toujours le prêtre avant la cérémonie de l'ondoiement qui l'a précédé.
r f t ccerf ctt rt ecf tf f c fectctcccecccct» te
Description et Emploi du Coussin destiné au travail d'enfant. *)
Ce coussin est carré, couvert de cuir et garni de crin; ou de triège et rempli de foin ou de mousse très sèche. Ce coussin ou carreau, qui doit être bien fourni et construit comme il faut, à 34 pouces de largeur, 20 pouces en longueur, et, diminuant en progression de devant en arrière, to pouces devant et seulement 3 en arrière de hauteur. Il a dans sa sur-face antérieure une échancrure'de 10 pouces de largeur sur 12 de profondeur , laquelle on peut complètement fermer au moyen d'une pièce triangulaire que l'on arrête en la bouttonnant. Ce coussin est monté a son extrémité postérieure d'un autre en rouleau, de 6 pouces en diamètre, pour soutenir les reins de la femme , et qu'au moyen de trois courroies on peut avancer et reculer. Vers les deux angles antérieurs et inférieurs se trouvent encore adaptées deux sangles , auxquelles la femme peut se tenir par ses mains ; et enfin on peut, comme le dessein l'indique, pratiquer à chaque côté de l'échancrure un petit buffet pour y déposer quelrju'attirail.
*) Voyez U figure.
On fait usage de ce coussin de la manière suivante: après avoir étendu sur un lit ordinaire, ou sur un lit de repos une toile-cirée, l'on pose le coussin dessus , tellement que la femme puisse appuyer ses pieds centre le bas du lit; ensuite elle se place sur le coussin les reins appuyés contre le rouleau et les parties génitales situées sur l'échancrure ; on soutient le dos et la tête de la femme par des coussins de lit et des oreillers, et on la couvre convenablement aux circonstances.
Quand la poche est prête à rompre, on ôte la pièce qui est dans l'échancrure, et l'on y place un vase convenable, ou *fait exprès, pour recevoir les eaux et plus tard le sang qui s'écouleut. La femme, lorsqu'elle veut travailler ses douleurs , s'arc-boute de ses pieds contre le bas du lit, en se cramponnant des mains aux sangles désignées du coussin, et appuyant ses reins sur le rouleau.
Ce coussin d'un genre unique, inventé pour faciliter l'accouchement, et que, pour seconder ces intentions , chaque sage-femme dcvroit posséder, offre évidemment des avantages propres à remplir ces vues bienfaisantes. D'abord il est plus commode à transporter que tout autre siège destiné à cet usage; de plus la femme y repose avec plus d'aisance et travaille ses douleurs plus librement que sur tout autre sicgc ; elle y est moins, que dans ceux-ci, exposée à des refroidis-
semens souvent de conséquence ; on n'a pas besoin de la transporter sur un autre lit après l'accouchement, puisqu'on peut conserver complètement propre le sien. Enfin la construction de ce siège n'empêche point la sortie de l'enfant, et la sage-femme est bien moins gênée à donner ses secours; on peut encore s'en servir utilement, quand il s'agit de version de l'enfant sur le petit lit, mais il est surtout de grande ressource chez les pauvres, où l'on manque communément de ce qui est nécessaire pour préparer un lit de travail passable.