VINAIGRE
Motifs qui doivent déterminer à s’enrôler dans Les Sociétés de Tempérance.
Quelque chose que vous fassiez, dit l’Apôtre Saint Paul, faites-le vour l’amour de Jésus-Christ. Si l’amour doit nous guider dans nos actions les plus indifférentes, à plus forte raison devons-nous nous munir de ce sublime motif d’amour, lorsqu’il s’agit de faire un sacrifice aussi méritoire et aussi beau que celui demandé par la Société de Tempérance.
Ce sera donc principalement pour honorer la souffrance de J ésus-Christ, abreuvé de fiel ; ce sera pour vous unir à la victime adorable, que vous renoncerez aux boissons fortes, qui ont été, sinon pour vous, du moins pour un si grand nombre de vos frères et de vos amis, un sujet de péché, et, par-là même, un renouvellement des souffrances de Jésus-Christ.
Au dernier des jours, lorsque neus serons appelés à
j recevoir de ce Dieu crucifié pour notre amour, alors
notre souverain Juge, la récompense de nos bonnes œuvres, ou le châtiment de nos péchés, souvenons-nous
: sous le spécieux prétexte qu’on n’y est pas obligé,
24 MANUEL DE LA bien, qu’il n’y aura de réputées bonnes, que les actions « fa qui auront été faites pour l’amour de Dieu par Jésus-# er Christ. Les autres, quelque bonnes, quelque g grandes et admirables qu’elles puissent être en elles-mêmes et aux yeux des hommes, resteron' au nombre des œuvres mortes, et seront sans récompcnses. 1
S’incorporer à la Société de Tempérance et ne pas faire cette action pour l’amounr du Dieu Sauveur, est une sorte de folie, puisque, c’est faire un sacrifice, Ë enfa souvent pénible, et n’en pas vouloir recueillir le mé-M Jésu rite ni le fruit. 4 de la
Si ce motif sublime était compris des peuples | comme il doit l’être, la Société de Tempérance comp-! terait bientôt autant de membres zélés qu’il v a de ! catholiques qui la connaissent. Du moins, on cesserait 4 d'entendre ces propos inconsidérés, pour ne nas dire | plus, par lesquels un trop grand nombre de personnes | refusent leur concours aux Sociétés de Tempérance, {
m do de m
ble 4 sacri jours sain
férer
exe latio éprot
qu’on peut se sauver sans cela. sons
Les bras étendus sur la Croix, votre Jésus n’a plus À priva qu’un souffle de vie. Encore un instant, et la derüière # re vo goutte de son sang va couler, pour votre amour. Une | À agré:
Voix s’est fait entendre + l’adorable victime va pro- À nouv noncer ces dernières paroles: “ J’ai soif!” Et, dans! M: l’excès de ieur malice, ses bourreaux lui offrent du fiel É nep et du vinaigre. Ses lèvres en sont teintes, sa langue À les n en est abreuvée. De dégout et d’horreur, il détourne H Ve la tête ; et, jetant sur vous un dernier regard de ten- À la dresse et d'amour, il vous dit: “* Mon fils, vois Ce que À vais “ je souffre pour toi et tes frères: pour prix de ce : qe 4 der: “ j’endure, Je te demande de travailler, le reste de ta K vous “ vie, à détruire l’usage des boissons enivrantes, qui # et, si “ précipitent, tous les jours, dans les feux éternels, des À rais “ milaers d’âmes, qui m’ont coûté si cher !”? 4 El
Que répondrez-veus à votre adorable Sauveur? Ah! # parc je vous vois, je vous entends; prosternés au pied de À que sa Croix, la pressant avec amour contre votre cœur, vous dites: “ Oui, oui, mon Jésus, avec joie, je vous |
, que les actions!
Dieu par J'ésus-4 uelque grandes elles-mêmes et!
ibre des œuvres
“ fais le sacrifice que vous me demandez. Je n’ai ‘“ encore rieñ fait pour vous prouver mon amour. Ce “ que vous me demandez est bien peu ; que je serais 1“ malheureux de vous le refuser ! Pour votre amour 14 donc, O Jésus abreuvé de fiel ! je renonce à l’usage 1“ des boissons enivrantes; et je m engage à porter “ mes frères à faire le même sacrifice.
Quoi! votre frère, votre voisin, votre ami, votre
2 un sacrifice, Ë enfant peut- “être, auront renoncé, pour l’amour de nee le mé-\ 4 Jésus-Christ, à l’usage des boissons fortes ; ils jouiront 4 de la douce atasotton d’avoir fait une action agréable à Dieu ; une voix intérieure leur dira que ce petit sacrifice ne restera pas sans récompense; tous les jours, ils entendront bénir leur nom, et les œuvres saintes auxquelles ils auront participé ; et vous, indifférent, moqueur, vous fermeriez les yeux à de si beaux exemples! vous vous priveriez de cette douce consolation! Ah! je doute que les jouissances que vous éprouverez en buvant, même modérément, vos boissons enivrantes, puissent vous dédommager de cette privation. J’aime mieux croire qu’une vuix intérie"-re vous reprochera d’avoir fait défaut à une œuvre si } agréable à Dieu ; d’avoir refusé de participer à une nouvelle source de grâces et de bienfaits de tous genres.
Mais passons à certaines objections, auxquelles on ne peut trop opposer les ressources de la raison, et les motifs sacrés de la Foi.
Vous nous dites que vous ne vous associez pas à la Tempérance, parce que, n’ayant jamais fait mauvais usage des boissons enivrantes, vous ne voyez pas de raisons de les abandonner. ‘“ Lesivrognes, ditesvous, doivent se mettre de la Société de Tempérance; et, si J’eusse été intempérant, il y a longtems que j’au- | rais fait le sacrifice que vous me demandez.”
Eh bien! nous vous dirons que c’est précisément parce que vous avez toujours été-sobre et tempérant, que vous devez vous mettre en tête de la Société de Tempérance. C’est précisément parce que vous êtes sobre et que vous n’avez jamais fait d’excès d’intem-
rance et ne pas ui Sauveur, est M
s des peuples!
pérance comp- !
S qu’il va de!
ns, on cesserait l ur ne nas dire | e de personnes | > Tempérance, | st pas obligé, |
Jésus n’a plus !
et la deriüière |!
amour. Une } ctime va pro- | jf! ? Et, dans | offrent du fiel ve sa langue » 11 détourne # cgnrd de ten- | S, VOIS Ce que ix de ce que À le reste de ta 4 ivrantes, qui | éternels, des | 4H uveur? Ah! | sSau pied de !
voire cœur, joie, je vous |
pérance, qu’il y aura un vrai mérite de faire à Dieu! le sacrifice de ces boissons. L’homme faible, qui aWriséd péché par l’abus des boissons fortes, les ahandonnera, [une Us parce qu ’il craint de retomber toujours, commeilafaité ‘ | Jusqu'ici; mais son motif, quelque bon qu’il soit, ne! |colo 4 sera jamais aussi parfait, aussi noble, que celui de Îdes l’homme qui aura toujours su en modérer l'usage. N 4 Celui-ci seul pourra dire: “Seigneur, ce n’est point l |épat sf par contrainte, ni par force que je fais ce sacrifice ; | (ses D je n’y étais nullement obligé. Je ne l’ei fait que | 1 “ “ par amour pour vous. ”? let pe Qui osera dire que ce sacrifice n’entre pas dans l’es- NW prit le plus pur de la foi, comme dans les plus hautes À ses s dictées d’une saine raison ! A ‘ Si quelqu'un est endetté envers rois quelle obliga- | 4 la m tion puis-je lui avoir, quand il n’a fait que me payer # sans sa dette? Mais, si cet homme ne me doit rien, et À mais que, cependant, il cherche tous les moyens possibles de À nous | m’obliger et de me faire plaisir, quelle obligation il me # pouv QUE fait contracter à son égard! quelle reconnaissance ne } que € |} doit pas être la mienne ! Il en est ainsi du maître que À naiss ({l nous servons ; dans son infinie bonté, il veut bien à divin {lil récompenser tout ce que nous fesons pour sa gloire, À mou même les choses qui sont d’obligation. Mais, ce qu’il # comr qE ul récompense surtout magnifiquement, ce sont les sacri- # plein [An fices qui, uon strictement commandés par le devoir, | tend: | sont conseillés par l’amour. Et que ne pourrait-on } âmes pas dire, pour développer cette pensée, si les bornes | beso: de ce livret le permettaient ? à épou Toutefois, si l’on persistait à nous rénéter: “ suis- -je | Dieu obligé de renoncer à l’usage des boissons fortes ?” nous | jours ne répondrions que lorsqu’ on aurait répondu aux À tion
mener
‘ Le fils de Dieu était-il vôligé, au jardin des Orives, | vien {ll de prendre vos péchés sur lui, et d’en ressentir une | LA telle douleur qu’il tomba dans une affreuse agonie, arrosa la terre de ses sueurs et de son sang ?
| questions suivantes : } mon | ‘ Jésus-Christ était-il ob/igé de descendre sur la | SISSO ll terre et de n’aître dans une étable ? | agré il | RL
y es sacr pron
de faire à Dieuf “ Le fils de Dieu était-il obligé de servir d’objet de 1e faible, qui aMrisée et des plus besses insultes, à une populace et à s ahandonnera, dune soldatesque aveugles et acharnées ? comme il a fait } ‘“ Le fils de Dieu était-il obligé de se laisser lier à la n qu’il soit, ne colonne des criminels, et d’y endurer le cruel supplice , que celui de Îdes verges ?
dérer l'usage. N “ Le “ils de Dieu était-il oi gé de porter, sur ses ce n’est point | {épaules meurtries, la lourde et ignominieuse croix que is ce sacrifice ; À {ses bourreaux lui avaient préparée ? ? e l’zi fait que! “ Le fils de Dieu était-il obligé de laisser déchirer let percer ses mains et ses pieds par les clous ? e pas dans l’es- { “ Le fils de Dieu était-il obigé de terminer toutes les plus hautes À ses souffrances dans le fiel amer qu’on lui présenta ? À “ Enfin, Jésus-Christ était-il obligé de mourir, de , quelle obliga- | Î la mort la plus infâme, entre deux scélérats..?®” Non, que me payer f sans doute, il n’était pas obligé à toutes ces choses ; e doit rien, et À mais il a voulu les souffrir, parce qu il vous aimait. Et, ns possibles de Ë nous qui avons tant intérêt à aimer Dieu, qui ne bligation il me # pouvons rien sans lui, qui devrions n’être occupés nnaïssance ne jaue du soin de lui témoi gner une continuelle recondu maître que À naissance, nous ne ferions rien pour sa gloire, pour son il veut bien } divin plaisir, à à moins d’y être strictement obligés ? [/a- Jour sa gloire, À mour commande l’amour ; c’est une loi de la religion Mais, ce qu’il À comme de notre nature ; et, malgré cette loi douce, sont les sacri- À pleine de raison et des plus pressans motifs, nous n’atpar le devoir, À tendrions que la peine des esclaves, ou la crainte des e pourrait-on N âmes faibles, pour agir? Quoi ! sera-t-il donc toujours si les bornes À besoin des prescriptions menaçantes du devoir, et des f épouvantemens de l’enfer, pour nous forcer à aimer ter : “ suis-je À Dieu, tandis que mille objets frivoles attirent, tous les fortes ?” nous jours, nos amours de complaisance et de douce inclinaépondu aux À tion! Hélas ! quel renversement !...... Ah ! plutôt, ai- 4 mons enfin ce Dieu d'amour comme il le mérite. Saiendre sui la À sissons l’occasion de faire quelque chose qui lui sera 4 agréable, et faisons-le sans hésiter; qu’il ne nous n des Olives, À vienne seulement pas à la pensée de demander si l’on ressentir une y est obligé. Moins il y aura d’obligation à faire un euse agonie, sacrifice, plus nous devrons mettre de joie et de 1g ? promptitude à le faire. Du moins, est-ce ainsi que
- 1 au
ee