CHAPITRE V
5o. EXCEPTÉ COMME REMDE.
Circonstances où il faut surtout éviter de prendre des |
boissons fortes.
ON nous dira peut-être : “ Nous sommes convaineus “ que les boissons fortes ont fait plus de mal que de
‘“ bien, et que si on en détruisait l’usage, bien peu de}
“ personnes auraient à souffrir; mais est-ce qu’il n°y ‘“ a pas de circonstances où elles puissent être bonnes ‘“ et salutaires ?”
savans Médecins d’Angleterre, des Etats-Unis et du Canada, s’accordent à dire qu’elles sont dangereuses
et dommageables à l’homme dans presque toutes les} circonstances où l’on est dans l’usage d’en prendre. |!
Ils disent que, dans les cas rares o' elles sont bonnes, elles peuvent toujours alors être suppléées par quelque chose de meilleur...
Elles sont très auisibles à jeûn ae: les personnes
qui en prennent avant leur déjeûher ou tout autre re-
Pas, sont-elles peu de tems sans s’apercevoir de leursh
pernicieux effets. En peu d’années, et souvent en peu de mois, elles perdent complètement l’apnétit ; elles ne sentent. plus le besoin de manger, parce que l’organe de l'estomac, que Dieu a chargé de nous avertir lorsque le corps a besoin de nourriture, est parclysé, brûlé par la boisson. De là vient que les personnes qui ont eu la mauvaise habitude d’en prendre à jeûn ne sont plus capables de d'‘jeûner, éprouvent même une sorte de répugnance à prendre aucune nourriture.
À cela nous répondons: Les écritsh des hommes les plus experts en cette matière, les plusk
4 faut alo:
:sonre «
nous Ôs d’appéti
Hoetsià.
5 comme
mille dé fait essu table qu ennemi pour ain nous ai moyens, à modé:
celui de
menter brûlant
C’est alors que l’on prend des ewcitants, en buvant ce:
qu’on appelle le petit coup d’appétit.. Mais l’estomac de nombre de personnes s’habitue bien vite à ce petit coup, et exige quelque chose de plus: alors on augmente la dose. et souvent cette dose, ainsi augmentée, finit encore par être insuffisante. Il
] faut alors l’augmenter encore jusqu’à ce qu’enfin...... Mais nous nous arrêtons pour demander à toute per- Asonre sensée, si: n’est pas inconvenable, ridicule, nous ôsons dire honteux, de prendre ainsi ce coup prendre des 1 d’appétit, quoique l’usage en soit devenu si commun got si à la mode! Nous devriuns regarder la table H comme un champ de bataille, funeste pour nous par convaincus M mille défaites que le démon de la gourmandise nous a mal que dell fait essuyer. Nous ne devrions nous approcher de la bien peu def table qu’armés pour combattre notre plus formidable e qu’il n’y ennemi ; et, au lieu de cela, nous nous livrons à lui, être bonnes pour ainsi dire, pieds et poings liés, avant même qu’il : Les écrits nous ait attaqués, en excitant, par toutes sortes de re, les plushi moyens, un appétit que nous devrions plutôt chercher Unis et du à modérer, dans l’intérêt de nos corps autant que dans angereuses} celui de nos âmes. | e toutes les La table. est dressée, l’heure du repas arrive; un en prendie. D homme s’avance pour y prendre place. c’est un chrésont bonnes, tien. Il forme sur son front le signe de la croix, de par quelque cette croix sur laquelle son Sauveur Jésus a été abreuvé de fiel amer et de vinaigre... Alors une :s personnes pensée l’occupe..….. Il est inquiet... Savez-vous out autre re-M pourquoi? Il a peur de ns pas manger assez... [1 roir. de leurshi craint de n’avoir pas assez d’appétit..… Et pour augmenter cet appétit, il jette dans sa poitrine un liquide brûlant qui ve si bien en agiter toutes les fibres qu’il ne pourra savoir quand il aura assez mangé. Voilà qui sembierait incroyable si on ne le voyait tous les jours. Lorsqu’on se met à table, notre seule inquiétude doit consister dans la crainte de trop manger, et une crainte différente est plus que puérile ; elle est inconcevable et honteuse.….. Nous n’avons pas besoin de ces choses pour oxciter l’appétit ; il y a assez du démon n buvant ce pour nous exagérer les bonnes qualités des mets, et ais l’estomac nous crier, depuis le commenceme it jusqu’à la fin du vite à ce pe-l repas: ‘ Mange, mange, tu en as besoin.?? us: alors on. Mais si les boissons fortes sont inutiles avant le redose, ainsi pas, elles le sont éncore plus pendant que l’on mange. fisante. I1E-- D’après le témoignage des hommes les plus instruite
vent en peu pétit ; elles ce que l’ornous avertir st parciysé, es personnes ndre à jeûn nvent même ) nourriture.
sur ces matières, le plus puissant dissblvant que nous] ayons pour notre nourriture est l’eau, et l’eau pure telle que Dieu nous la donne. Les boissons fortes
Join d’aider à la digestion, comme quelques uns le pré
tendent, l’arrêtent au contraire; et ceux qui s’en ser7ent
pendant leurs repas sont infiniment plus sujets à avoir}
des vents, des rapports d’estomac, des indigestions que ceux qui boivent de l’eau. La raison en est bier
claire. Veut-on conserver longtems de la chair, où! toute autre substance sujette à la corruption pour qu’elle devienne dure et coriace ? on la fait trempe
dans des boissons fortes, on l’en imbibe. De même, si les vivres que vous mettez dans votre estomac sont imbibées des liqueurs spirittieuses que vous buvez, Join d’être plus tendres et plus faciles à être digérées comme vous le pensiez, elles deviennent nécessairement plus dures; et il faut alors que votre pauvre estomac travaille trois fois plus pour les broyer que si
vous n’eussiez pris que de l’euu. Aussi, si on vent être]
de bonne foi, on avouera. qu’après un repas où on a tant soit peu pris de boissons fortes, on se sent fatigué, appesanti, on épronve une forte fièvre, on ressent des maux de tête, on a un mauvais sommeil : ce sont là des misères et des infirmités auxquelles on ne sera jamais exposé si on ne bait que de l’eau pendant les repas.
Si les boissons fortes ne font que du mal à l’homme
avant et pendant son repas, au moins, dira-t-on, elles Jui sont infiniment utiles lorsqu'il travaille fort ? Point du tout: Plus un homme travaille fort, et moins il a besoin de boissun. Le pauvre journalier a bien assez de.ses durs travaux pour se fatiguer et s’épuiser sans boire encore d’une liqueur dévoraute qui le fa tigue et l’épuise plus que son travail, en tenant sonstamment son sang à l’état de fièvre.
Dieu a condamné l’homme au travail, à la peine, à la fatigue, et c’est en vain qu’il cherci:e à se soustraire à cette nécessité... N’allez pas croire qjue des bois sos fortes que vous prenez font cesser votre épuise-
ment et * sensatior ravaux des boiss
sur le mc
lui quin ontinue d’aband:
otre sar abrègez.
Explic qui trav:
omme !
de la na gué, il st ger d’un porter, il il attend aide. À fortes, o1 omme Donnez sent plu qu’il est vait rier rnit,ilc léger, il donnez rien à S0 et ceper vous vo Le fa son cor de ce q sens, lo avait C comme il trava pou éc
nt que nousment et votre fatigue ; non : elles ne vous ôtent que la l’eau purellsensation, et par-là vous exposent à prolonger vos ssons fortes travaux bien au-delà de vos forces. Si vous prenez es uns le pré-Mes boissons fortes, nous avouons très volontiers que, s’en serentisur le moment, vous sentirez moins la fatigue que ceujets à avoirMlui qui ne boit que de l’eau ; peut-être qu’à l’instant gestions quellcontinuerez-vous un travail que vous étiez sur le point en est bienid’abandonner ; oui, mais tout cela est aux dépens de la chair, oufvotre santé que vous épuisez, de votre vie que vous ruption pourfabrègez. | fait trempe Expliquons plus clairement notre pensée. L’homme De mêmellqui travaille sans prendre de boissons fortes, travaille estomac sonticomme un homme raisonnable ; il se soumet à la loi vous buvez.lde la nature, qui est celle de Dieu: lorsqu'il est fatiêtre digéréesigué, il se repose ; il n’a pas l’imprudence de se chart nécessaire-Mger d’un fardeau qui excède ses forces...…, s’il faut le e pauvre es-Mporter, il refuse sagement de le faire tant qu’il est seul, royer que silfil attend que ses amis, ses compagnons viennent à son on veut êtreMlaide. Mais, dès qu’un homme prend des boissons epas où on a fortes, on peut dire qu’il s’expose à travailler non pas sent fatigué comme un homme, mais comme une bête sans raison. n ressent des@Donnez-lui un verre de boisson, il vous dit qu’il ne 1: ce sont lalsent plus la fatigue ; donnez-lui en deux, il vous dira es on ne seraqu’il est presqu’aussi frais, aussi reposé que s’il n’a- | pendant lesvait rien fait encore. Donnez-lui en un troisième, il rit, il chante sous le fardeau qui l’écrase ; il. le trouve al à l’hommellléger, il ne s’aperçoit pas qu’il le porte ; si vous lui en ra-t-on, ellesMdonnez un quatrième, il se sent si fort, qu’il ne voit raille fort 2—Mrien à son épreuve; il ne peut plus se porter lui-même, fort, et moinelet cependant il se croirait capable de porter la terre si nalier a bierMvous vouliez la lui mettre sur les épaules. ret s’épuiser Le fait est que la boisson n’a pas donné de forces à te qui le fa-Æson corps, mais qu’elle lui a oté l’esprit en proportion tenant sons-Mde ce qu’il en a bu. Elle avait un peu altéré son bon sens, lorsqu'il n’en n’avait bu qu’un verre, elle le lui à la peine, à avait complètement ôté au quatrième. Aussi, voyez | se soustraireMeomme il s’ugite, comme il force outre mesure, comme que des bois il travaille sans prudence lorsqu'il a la tête tant soit votre épuise-RPCu échauffée. Mais souvent, dès le lendemain, il est
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au lit, malade d’une pleurésie, d’un effort, dont il ne sera guéri qu’après des mois entiers de souffrances. Il lui faudra pendant ce tems payer le Médecin, perdre un tems considérable alors que ce tems lui est le plus précieux pour gagner sa vie; le peu d’avance qu’on avait est bientôt dissipé ; en peu de jours on est réduit à la mendicité ; il faut que les voisins viennent au secours. Et nous doutons fort que le bourgeois
qui vous aura ainsi fait boire pour vous porter à tra-|
vailler au-delà de vos forces, et qui sera la première cause de votre malheur, soit bien empressé. à apporter du pain, des habits à votre femme infortmnée, à vos pauvres enfants qui languissent autour de votre lit de douleur.
Nous avons interrogé sur ce sujet une foule d’ouvriers respectables, à Québec et ailleurs; tons nous ont déclaré que lorsqu'ils prenaient de la boisson, même en petite quantité, s’ils oublaient pour un moment la fatigue, ils payaient à l’instant bien cher ce léger soulagement.., car, quelques momens plus tard, ils se sentaient tellement épuisés, rendus, que, pour oublier ce nouvel épuisement et continuer la besogne, il fallait boire de nouveau des liqueurs fortes presque pour la valeur de leur journée, à la fin de laquelle pourtant ils n’avaient jamais autant fait de travail qu’ils en font depuis qu’ils se sont mis de la Société de Tempérance. Il est tellement faux que la boisson augmente les forces de l’homme et le rende plus capable de supporter la fatigue, que tous les maîtres de chantiers, tous les grands entrepreneurs de Québec et d’ailleurs, préfèrent la journée des hommes qui soni de la Tempérance parfaite à celle des autres. Plusieurs même ne veulent pas avoir d’autres ouvriers que ceux qui sont de la Tempérance.
Cette vérité a été mille fois prouvée : mais/le Père Matthew l’a démontrée d’une manière anssi frappante que nouvelle et ingénieuse, Plusieurs personnes respectables lui avaient dit qu’elles tronvaient dur de conseiller aux pauvres ouvriers de s’abstenir des boissons
fortes et si propre Le véné vaincre donner c blir, ima Il fait blables :
rures, n d’elles F pour les tant que sont d’ay forces à | dont dou et d’autr de ne m chacun d un coup et on le passer la membres pris de montre à moins u Des mil Les trois égaleme faitemer bras tend Tous les Enfin le lancent « d'elles n bientôt buveurs dévance
qui les s [Les disc
viennent e bourgeois
porter à tra-|
la première é.à apporter unée, à vos de votre lit
foule d’ous tous nous la boisson, pour Un MOen cher ce ns plus tard,
s, que, pour Pass
: Ja besogne,
rtes presqueRP
de laquelle t de travail > Ja Société 1e la boisson nde plus cas maîtres de le Québee et mes qui soni es. Plusieurs ersque ceux
mais le Père ssi frappante :rsonnes rest dur de con-
des boissons
PS
fortes et des grosses bières qui étaient, suivant elles, si propres à les soutenir dans leurs pénibles travaux. Le vénérrble Apôtre de la Tempérance, voulant convaincre ces Messieurs que les liqueurs fortes, loin de donner des forces à l’homme, ne servent qu’à l’affaiblir, imagina le moyen suivant:
Il fait faire trois fortes chaloupes parfaitement semblables: mêmes Cimensions, même bois, mêmes ferrures, même pesanteur, même vitesse ;.… chacune d'elles pouvait recevoir douze rameurs... On choisit pour les monter 36 hommes des plus rabustes et, autant que possible, d’égale force. Les Messieurs, qui sont d’avis que les boissons spiritueuses donnent des forces à l’homme, choisissent eux-mêmes 24 hommes, dont douze sont accoutumés à boire du rum, du wiskey et d’autres boissons fortes, et 12 qui sont dans l’usage de ne prendre que de la grossé bière. Ils montent chacun dans la chalope qu’ils préfèrent, on leur donne un coup de la boisson qu’ils aiment pour les fortifiers, et on leur promet une forte récompense s'ils peuvent er la troisième chaloupe, qui est montée par douze membres de la Société de Tempérance, qui n’ont pas ris de boisson spiritueuse depuis longtems. On montre à tous l’espace qu’il faut parcourir. Il faut au moins une heure de marche et de travail de leur part. Des milliers de témoins sont accourus de tous côtés. Les trois chaloupes sont rangées de front ; elles sont également belles, également légères; la mer est parfaitement calme. Les rameurs sont à leurs postes: les bras tendus sur leurs rames, ils attendent le signal... Tous les cœurs palpitent d’espérance et de crainte. Enfin le signal est donné. Les trois chaloupes s’élancent ensemble avec une égale rapidité... Aucune d’elles ne semble d’abord dévancer les autres; mais bientôt un cri de joie part de celle que montent les buveurs de boissons fortes. On s’aperçoit en effet qu’ils dévancent leurs adversaires de quelques pieds. Ceux
qui les suivent de plus près sont les buveurs de bière. ILes disciples du Père Matthew sont dans la dernière
sonfusion : la chaloupe montée par les membres de la Société de Tempérance reste la dernière. Chacun, du rivage, excite, du geste et de la voix, le courage de ceux à qui il donne ses sympathies... Les buveurs de boissons fortes triomphent, et expriment le plaisir qu’ils éprouvent par des cris répétés, que le vent porte jusqu’à leurs amis, et qui semblent redoubler leurs forces...
Mais, déjà, près de la moitié de l’espace est franchie, et l’on distingue à peine les embarcations ; l’on voit cependant que, sans être à une grande distance les unes des autres, elles ne vont pas de front. Celle qui dévance les autres semble n’être pas la même qu’au commencement de la course. Le silence le plus absolu règne parmi cette multitude de personnes, si bruyantes il-n°y a qu’un instant. Chacun regarde, avec une in-
quiétude impossible à décrire, dans l’espérance qu’il va reconnaître, en avant des autres, la chaloupe pour qui sont ses vœux.
Mais les esprits ne sont pas longtems en suspens. La chaloupe qui est la première semble voler sur les eaux... Le PÈRE MATTHEW resonnaît bientôt qu’elle est montée, comme il l’avait prévu, par ses chers et bien-aimés disciples. Les buveurs de bière arrivent ensuite à une certaine distance et paraissent beaucoup plus épuisés. Les buveurs de boissons fortes étaient les derniers. Ils semblaient plus forts et plus vigoureux que les autres au moment du
départ mais ils n’étaient pas au milieu de leur course
que déjà ils commençaient à mollir et à perdre leur premier avantage. Ils paraissaient tellement épuisés, ils étaient tellement inondés de sueurs à côté de leurs vainqueurs, qui semblaient frais et capables de recommencer, que chacun resta convaincu que les liqneurs fortes, loin de donner des forces à l’homme, ne sont propres qu’à l’épuiser et l’affaiblir.
Le grand O’Connell a aussi prouvé par son exemple que l’homme actif et laborieux ne doit pas attribuer aux boissons qu’il prend, sa force et son énergie, et que l’on gagne toujours à en abandonner l’usage.
Ce glo désirait « avéc le 1 Fempéra ses Méd datigetet qu’étant plein air cessitait ( qüe sa s6 poser par sairé ; qi comme i déux ver après, O?
lé consei pôtre de mi ses d de l’Trlar gtiiesS à e terms, et même qu deux cé son disc n’avaien voix n’a lèuré qui
Mais t plus fort de la Te # bien “ prise 2 “ bDôonné # nous “ usage “ prise, “ nous’ “ désirié ‘que c
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ss. Les buine distance buveurs de blaient plus moment du leur course perdre leur ent épuisés, ôté de leurs ables de rex que les li- ’homme, ne
on exemple
as attribuer énergie, et l'usage.
SOCIÉTÉ DE TÉMPÉRANCE. 113
App. usis. © Ju qe 1i ÿ) i Diast/4d Ln : 200 id 17 à /14; : désirièz, il faut bien que vous nous concédiez quelque”chosé à votre tour. Vous ne pouvez nous refuser
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“. de prendre un verre ou deux de boisson chaude, “ lorsque nous voyagerons l’hiver par ces tems rigou- “ reux où voussavez que le froid saisit, pénètre et nous “ gèle si on ne prend pas quelques précautions ex- # traordinaires pour s’en garantir.”
De tous les faux préjugés accrédités parmi nous, nous n’en connaissons guère de plus funestes que celui de croire que les boissons fortes ont quelque vertu pour garantir de l’impression du froid... Ah ! que de Canadiens périssent, tous les hivers, tristes victimes de ce préjugé !
La boisson n’est pas plus capable de nous réchauffer en hiver que de nous rafraichir en été... Il n’y a encore une fois, que notre éternel ennemi, le démon, qui ait pu nous faire croire à leur efficacité contre les rigueurs de l’une ou l’autre saison. , Pourvu qu’il nous fasse aimer la boisson, et qu’il nous accoutume à en prendre souvent, il est content, son but est atteint... Par là il excite toutes nos passions mauvaises, il affai. blit notre volonté pour le bien, diminue en nous les lumières de la raison et de la foi, éteint par degrés le respect que nous nous devons à nous-mêmes. Il affaiblit et brise bientôt les liens qui nous attachent à ce qui doit nous être le plus cher au monde... Et lorsaue, par des actes réitérés, et dont les premiers nous paraissaient sans conséquence, il nous a fait contracter l’habitude de boire, son œuvre est accomplie, il nous voit avec une joie infernale, nous débattre sous les chaînes les plus pesantes et les plus honteuses, jusqu’à ce que, de lassitude et d’épuisement, nous nous laissions tomber dans la Loue et de là dans l’enfer !
A aucune époque de l’année la boisson n’est plus dommageable que pendant l’hiver, et il n’y a pus de
saison par conséquent, où vous devriez être plus scru:|
puleux à n’en jamais goûter...
La boisson pour vous garantir du froid! Mais vous n’y pensez pas! La boisson et le froid !.. Est-ce que vous ne savez donc pus que ce sont là deux de vos plus grands ennemis, et que lorsqu’ils peuvent se ren-
contrer cl vous ôter
membre Le froi.
ine boit qi imembres
L’hom délicat, se puissante et il la d ne voit je hommes :
Jes pieds dent avec ennemi.
qu’il ait courent r
Tout le modérém ler au frc
Que di combat, &
volonté, armes in brise et
contrer chez vous, ilsse donnent toujours la main pour vous ôter la vie, ou du moins vous faire perdre quelque
membre et vous faire horriblement souffrir.
es que celui > vertu pour 1e de Cana-
u qu’il nous putume à en est atteint...
ises, il affaien nous les ar degrés le >s. Il affaiblit ent à ce qui lorsaue, par nous paraisitracter l’hail nous voit s les chaînes qu’à ce que, sions tomber
on n’est plus n’y a pus de re plus scru-
d'.… Mais id !… Est-ce deux de vos vent se ren-
Le froid ne peut presque rien contre l’homme qui
Mine boit que de l’eau. Car s’il veut attaquer un de ses membres, il est aussitôt combattu et bientôt repoussé.
L'homme qui ne boit que de l’eau a le tact fin et délicat, sa raison est toujours saine et juste, sa volonté puissante, sa vie lui est chère, il en connait la valeur, et il la défeud jusqu’à la dernière extrémité... On ne voit jamais, ou bien rarement, de ces généreux hommes de la Tempérance se laisser geler les doigts, les pieds ou le visage. ïls se débattent, ils se défendent avec courage et constance contre leur terrible ennemi. Ils le frappent à grands coups, jusqu’à ce qu’il ait lâché prise ; ils marchent à pas redoublés, ils courent même pour mieux échapper à ses atteintes.
Tout le contraire arrive à l’homme qui prend même modérément de la boisson, surtout chaude, avant d’aller au froid !
Que diriez-vous d’un guerrier qui, partant pour le combat, se ferait lier les mains, ou briserait son épée ou sou fusil ?
Eh bien ! voilà absolument ce que fait l’homme qui se met de la boisson dans le corps pour mieux supporter les rigueurs de l’hiver.
Pour se garantir du froid, il faut de l’énergie, de la volonté, des fortes et de l’attention. Ce sont là les armes indispensables pour lui résister, Or, la boisson brise et détruit toutes ces armes si nécessaires ; car elle diminue considérablement, si elle n’ôte pas tout-à-fait l'énergie, la volonté et les forces de l’homme, suivant la quantité plus ou moins gfande qu’il en a bu...
Voulez-vous savoir quel bien la boisson fait quand
Don en prend en voyage, pendant les rigueurs de l’hi-
ver —Lisez la désolante histoire qui suit ; elle vous en apprendra plus que tous les discours et tous les livres.
‘“ Trois Canadiens de la plus haute respects!:l'tà
sont obligés, il n’y a pas un an, de traverser nne plaine pendant une nuit d'hiver. Les chemins n’étant pas assez battus pour leur permettre d’aller en cariole, ils se décidèrent à faire le voyage à pied... Malheureusement ils partageaient avec nombre de Canadiens la funeste opinion que les boissons fortes sont utiles en voyage contre la fatigue et le froid. Ils en prennent donc une bouteille.—Avant de se mettre en route, il faut, suivant l’usage, boire un coup.—A une certaine distance, ils se sentent fatigués, ils ont donc encore recours au remède ordinaire : ils boivent un second coup. Ce fut leur coup de mort et le dernier. Le lendemain matin, des voyageurs, passant À jp là, apperçoivent trois cadavres, à nne certaine distance les uns des autres, étendus sur la neige! Deux étaient raides morts, le troisième ne fut rappelé à la vie qu’avec beaucoup de peines !
Tous les ans il arrive en ce ‘pays de pareils malheurs par la même cause. l’usage prétendu modéré de la boisson !
Lorsque vous avez bu un coup de boisson, surtout chaude, vous sentez aussitôt votre tête plus pesante, et vous avez une forte inclination pour le sommeil... vous voyez donc tont de suite qu’elle vous a ôté une partie de votre énergie, de vos forces et de votre connaissance même... Vous voyez donc qu’elle ne peut pas être un remède contre les attaques du froid qui demande par-dessus tout de l’énergie, des forces et de l'attention. Mettez au froid un homme endormi, il mourra en quelques minutes. Donc, encore une fois, puisqu’un des premiers et plus directs effets de ju boisson est de porter au sommeil, celui qui en prend pour se garantir du froid fait un acte condamné par le sens commun, un acte insensé,
Tout le monde sait que l’énergie et la force que Ia ‘boisson procure ne durent qu’un instants La secousse violente que: le sang a éprouvée, et qui lui à donné d’abord un surcroit d’activité, est immédiatement suivie d’une réaction, d’un collapse, d’un affiblissement de toute la machine humaine.
à peu pré l’autre),
sur tous 1 pores de 1 parties, ei extérieur, c’est alors lez les pic que si voi
En out boisson es moins cel cette raisc prudence au froid...
si le froic
avoir cett serviteur:
rune plaine n'étant pas cariole, ils Malheureuanadiens la nt utiles en n prennent en route, il ne certaine cencorereecond coup.
Jendemain pen es -uns des ent raides vie qu’avec
areils maldu modéré
son, surtout us pesante, sommeil...
s a Ôté une > votre conle ne peut u froid qui forces et de endormi, il reune fois, effets de ju ù en prend damné: par
orce que la La: secousse lui a donné tement suiiblissement
Que deux hommes par exemple, (nous les stIPposoNs à peu près d’égale force et aussi bien vêtus l’un que l'autre), voyagent par un tems froid, l’hiver, et qu’un deux prenne un ou deux verres de boisson forte en partant ; il n’est jamais capable de résister au froid comme son compagnon. [1 trembleru bien avant lui; il faudra qu’il s’arrête, pour se réchauffer, à la première auberge ; qu’il s’arrête plus loin pour se réchaufler encore. Et, souvent, le soir, il n’aura pas fait ja moitié du chemin, et il aura cependant dépensé deux fois plus, beaucoup plus souffert du froid que son compagnon de voyage, qui aura toujours marché. Voilà ce qui se voit tous les jours en hiver.
D'ailleurs, la raison de tout ceci est bien évidente : si vous prenez de la boisson forte, surtout si elle est chaude, votre sang, comme nous le disions il n’y a qu’un instant, est poussé avec une activité, une violence qui ne lui sont pas naturelles; il fatigue donc nécessairement. Îl en résulte une sueur, une moiteur sur tous vos membres. L’eau qui sort par tous les pores de la peau, se trouvant bientôt, dans certaines parties, en contact plus ou moins immédiat avec l’air extérieur, se refioidit et se glace subitement sur vous; c’est alors que, sans vous en apercevoir, vous vous gelez les pieds, les mains et le visage beaucoup plus vite que si vous n’eussiez bu que de l’eau.
En outre, chacun sait qu’une des propriétés de la boisson est d’engourdir, de rendre insensibles plus ou moins ceux qui en font un usage journalier. Pour cette raison, que vous ne devez jamais commettre l’imprudence d’en faire usage lorsque vous vous exposez au froid... Celui qui ne boit que de l’eau s’aperçgoit si le froid attaque quelques parties de son corps, il y porte aussitôt la main, id se cache mieux pour se protéger, il se donne quelques mouvemens; enfin :l marche ou il s'arrête suivant qu’il est à propos. Mais l’homme qui fait usage de boisson forte ne pourra avoir cette sagesse, ar les nerfs, qui, comme de fidèles serviteurs, avaient reçu ordre de Dieu d’avertir leut
Un
maître lorsque quelque accident extérieur arriverait àl trente lie
son corps, sont paralysés, brûlés par la boisson, ils sont comme morts,: ils n’avertissent plus; alors les pieds R tomne dé les mains, la figure sont horribler ent gelés et on ne froid éta s’en aperçoit que lorsqu'il n’est plis tems d’arrêter 1e] et une mal. Et mille fois, le plaisir de boire un on deuxk Mais Pas verres de buisson a été payé par la perte d’un bras ou vvuluren d’une jambe que la scie du Docteur a dû séparer du avaient ! corps, pour arrêter de plus grands malheurs. Sur vingt} terre. personnes que nous savons avoir perdu un membre suites du par le froid, dix-sept étaient en boisson lorsque ce mal-k Page n € heur leur est arrivé. D’où on peut conclure que si, comme nous l’espérons, tout le monde embrasse les 3.—Le règles salutaires de la Tempérance, on ne verra plush ques an personne périr ni perdre un membre par le froid} dans la comme par le passé. Chambl; Nous avons recueilli un grand nombre de faits à
l'appui de ce que nous disonsici. Mais nous n’en ci- a ait terons que quelques-uns pour n’être pas trop long. ri ds 4 1.—Monsieur A..…., Notaire, aimait la boisson.k froide
Un jour d'hiver que lé froid était très vifetqu’il avaith avec V10 un voyage à faire, il en prit quelques coups pourk n€ POUVE moins souflrir de la rigueur de la saison... Mais] de marc après avoir parcourt un certain espace, se sentant} UR Verre épuisé, il s’arrète eur une rivière qu'il lui fallait tra-Q froid et | verser... Nous étions du nombre de ceux qui l’y trou- fois ente vèrent gelé à mort le lendemain. Sa tête était al d’un vo moitié cachée dans la glace, que la chaleur de la bou-ÿ une seul che avait fondue ; sa figure qui s’y était enfoncée., y nce d avait laissé son empreinte comme dans un moule ah Verre. plâtre! Le souvenir en est affreux ! Evaré 2.—Beaucoup de navires, aujonrd’hui, ne composent “8ar leurs équipages que d’hommes de la Tempérance. accident Nousavons interrogé plusieurs Capitaines de vaisseaux ® 2 laissa à ce sujet, et tous nous ont dit que les matelots qui ne FCO, prenaient aucune boisson forte, soutenaient bien mieuxk les fatigues de la mer et du froid que les autres, et " qu’ils étaient sujets à bien moins de maladiés. (Le Mais voici un trait bien frappant qui confirme cette vérité.
arriveraitiB Un maguifique. bâtiment fit naufrage à environ }: 1 sson, ils sontf trente lieues de Québec, dans une tempête, dans l’an- DR rs les pieds, Rtomne de 1842 (1). C'était à la fin de Novembre, et le 116 lés et on nel froid était extrême... Pour moins souffrir, le Capitaine ji s d’arrêter IR et une partie de l’équipage prennent de la boisson, , in ou deux mais pas assez pour produire l'ivresse. Les autres n’en d’un bras ouh voulurent pas goûter. Eh bien ! deux des matelots qui à séparer du avaient bu étaient gelés à mort avant d’être arrivés à s. Sur vingt} terre. Le Capitaine mourut quinze jours après des un membrell suites du froid qu’il avait souffert ; le reste de l’équique ce mal-W page n’éprouva aucun accident.
lure que si, jee : RER L >mbrasse lesf 3-—Le fait suivant, quoiqu’arrivé il y a déjà quel-
e verra plush ques années, est encore, nous en sommes persuadé, ar le froid, dans la mémoire de tous les habitans de la Rivière
hambly.
e de faits à ; ; À ous n’en ci-R Deux jeunes gens étaient obligés de se rendre de JA op long. St. Jean à l’Isle aux Noix, pendant une journée très DE
la boisson. froide d’hiver, et, par malheur, le vent qui soufflait t qu'il avait} avec violence avait tellement gâté les chemins, qu’ils coups pour] ne pouvaient se servir de voiture. Force leur fut done n.…… Mais, de marcher.—A vant de partir on leur offrit de prendre se sentanth un verre de boisson forte pour se fortifier contre le i fallait tra-W froid et la fatigue... mais le plus jeune avait plusieurs qui l'y trou-Q fois entendu dire que rien n’amollit tant les jarubes tête était al d’un voyageur que la boisson, et il refusa d’en boire ir de la bou-D une seule goutte ; l’autre avait malheureusement conenfoncée. À fiance dans leur prétendue efficacité, et il en prit un
un moule aB Yerre.
> composent} Egarés tous deux sur la route, le premier arriva sans empérance.R accident ; l’autre, vaincu par la fatigue et le sommeil, le vaisseauxE se laissa tomber de lassitude... Et lorsqu’on vint à son elots qui ne secours, il était mort |.
bien mieux s autres, et iés.
firme cette
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(1) Le navire ‘ Bellcna.”?
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