‹ Manuel des Sociétés de tempérance dédié à la jeunesse du CanadaChapitre 10 sur 17 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

5o. Excepté comme remède.

Ctrconstcaices où il faut surtout éviter de prendre desboissons fortes.

On nous dira peut-être : " Nous sommes eonvelincus ^ que les boissons fortes ont fait plus de mal que de ^' bien, et que si on en détruisait l'usage, bien peu dd ^ personnes auraient à souffrir ; mais est-ce qu^il n'y ^* a pas de circonstances où elles paissent être boimes ** et salutaires 1" A cela nous répondons : Les écrite des hommes les plus experts en cette matière, les pâuà savans Médecins d'Angleterre, des Etats-Unis- et du Canada, s'accordent à dire qu'elles sont dangerenses et dommageables à l'homme dans presque toutes les circonstances où l'on est dans l'usage d'en prendre* Ils disent que, dans les cas rares où elles sont bonnes elles peuvent toujours alors être suppléées par quelqwe chose de meilleur.-...

Elles sont très nuisibles à jeun ; aussi les personiies qui en prennent avant leur déjeûner on tout autre ick^ pas, sont-elles peu de tems sans s'apercevoir de lems pernicieux effets. En pea d'anuées, et souvent en peu de mois, elles perdent complètement l'appétit f e>ie$ ne sentent plus le besoin de manger, parce que PoTt gane de l'estomac, que Dieu a chargé de nous avertir lorsque le corps a besoin de nourriture, est paralysé, brûlé par la boisson. De là vient que les pefsoonet qui ont eu la mauvaise habitude d'en prendre à jeùa ne sont plus capables de déjeûner, éprouvent nôéma une sorte de répugnance à prendre aucune nourfitme; C'est alors que l'on prend des ewcitaîUSfetk bavantes qu'on appelle le petit coup d'appétit. Mais.l'estomtt0 de nombre de personnes s'habitue bien vite à ce petit coup^ et exige quelque chose de plus : alors on

augmente la. dose et souvent ^^XX.^ ^^»^, ^^»»L

auffwentée, finit encore pat èlte *\iïSQfiQa!WsX<&, "^^

MANUEL DE LA SOCIÉTÉ DE TEMPÉRANCE. lOT

fimt alors l^ugmenter encore jusqu'à ce qu'enfin

Mais nous nous arrêtons pour demander à tonte personne sensée, s'il n'est pas inconvenable, ridicule, nous Ô9on& dite honteux, de prendre ainsi ce coup d'appétit, quoique l'usage en soit devenu si commun et si à la mode ! Nous devrions regarder la table comme un champ de bataille, fîineste pour nous par mille défaites que le démon de la gourmandise nous a &it essuyer.. Nous ne devrions nous approcher de la table qu'armés pour combattre notre plus formidable ennemi ; et, au lieu de cela, nous nous livrons à lui, pour ainsi dire, pieds et poings liés, avant même qu'il nous ait attaqués, en excitant, par toutes sortes de moyens, an appétit que nous devrions plutôt chercher à modérer, dans l'intérêt de nos corps autant que dans celui de nos âmes.

La table est dressée, l'heure du repas arrive ; un homme s'avance pour y prendre place... c'est un chrétien. Il forme sur son front le signe de la croix, de cette croix sur laquelle son Sauveur Jésus a été

abreuvé de fiel amer et de vinaigre Alors une

pensée l'occupe Il est inquiet Savez-vous

poitrqnoi ? Il a peur de ne pas manger assez Il

craint de n'avoir pas assez d'appétit Et pour augmenter cet appétit, il jette dans sa poitrine un liquide brûlant qui va si bien en agiter toutes les fibres qu'il ne pourra savoir quand il aura assez mangé. Voilà qui semblerait incroyable si on ne le voyait tons les jours» Lorsqu'on se met à table, notre seule inquiétude doit eonsister dans la crainte de trop manger, et une crainte diffibrente est plus que puérile ^ elle est inconcevable et honteose..*... Nous n'avons pas besoin de ces choses pour* exciter l'appétit ; il y a assez du démon pour nous exagérer les bonnes qualités des mets, et nous crier, depuis le commencement jusqu'à la fin du repas: ^' Mange, mange, tu en as besoin."

Mais si les lK>issons fortes sont inutiles avant le repaa^ elles le sont encore p\uaçeikà8iik\.c^\x^VQ>Y^ xc^xv^^ J>^aprèsïe témoignage des Yiommet^\e%^\^'*^'^'^ûa>x>^^

110 MAmJSL 0B LA

an Ut, malade d'une pleurésie, d'un effort, dont il ne aejrarguéri qu'après des mois entiers dé souffrances. Il lui faudra pendant ce tems payer le Médecin, perdre un tems considérable alors que ce tems lui est le plus piécieux pour gagner sa vie ; le peu d'avance qu'on avait est bientôt dissipé-; en peu de jours on est réduit à la mendicité ; il faut que les voisins viennent au secours... Et nous doutons fort que le boui^eois qui vous aura ainsi fait boire pour vous porter à travailler au-delà de vos forces, et qui sera la première eause de votre malheur, soit bien empressé à apporter du pain, des habits à votre femme infortunée, à vos pauvres enfants qui languissent autour de votre Ut de douleur.

Nous avons interrogé sur ce sujet une foule d'ouvriers respectables, à Québec et ailleurs 5 tous nous ont déclaré que lorsqu'ils prenaient de la boisson, même en petite quantité, s'ils oublaient pour un moment la fatigue, ils payaient à l'instant bien cher ce léger soulagement..., car, quelques momens plus tard, ils se sentaient tellement épuisés, rendus, que, pour oublier ce nouvel épuisement et continuer la besogne^ il fallait boire de nouveau des liqueurs fortes presque pour la valeur de leur journée, à la fin de laquelle pourtant ils n'avaient jamais autant fait de travail qu'ils eu font depuis qu'ils se sont mis de la Société de Tempérance. Il est tellement faux que la boisson augmente les forces de l'homme et le rende plus car pable de supporter la fatigue, que tous les maîtres de ehantiers, tous les grands entrepreneurs de Québec et d'ailleurs, préfèrent la journée des hommes qui sont de la Tempérance parfaite à celle des autres. Plusieurs m^me ne veulent pas avoir d'autres ouvriers que ceux qui sont de la Tempérance.

Cette vérité a été mille fois prouvée : mais le Père

Matthewl'a démontrée d'une manière aussi. frappante

que nouveUe et ingénieuse. Plusieurs personnes resr

pectahîes lai avaient dit qu'elles trouvaient dur de coor

«eWçr,»iix fnuvces ouvriers de s*a.\ieXôxâi ^^\KÀsaMU3à

fortes cft des grosses bières qui étaient, suivant elles, ■ propres â les soatenir dans leurs pénibles travaux. Le vénéiable Apôtre de la Tempérance, voulant convaincre ces Messieurs que les liqueurs fortes, loin de denner des forces à l'homme, ne servent qu'à l'afiaiblii, imagina le moyen suivant:

Iliait.&ire trois fortes chaloupes parfaitement scm- Uables: mêmes dimensions, même bois, mêmes ferrarèSy xnême pesanteur, même vitesse ;... chacune d'elles pouvait recevoir douze rameurs... On choisit pour les monter 36 hommes des plus robustes et, au' tsst qne possible, d'égale force. Les Messieurs, qui sont d'avis que les boissons spiri tueuses donnent des forces i l'homme, choisissent eux-mêmes 24 hommes, dont douze sont accoutumés à boire du rum, du wiskey et d'autres boissons fortes, et 12 qui sont dans l'usage de ne prendre que de la grosse bière. Ils montent chacun dans la chalope qu'ils préfèrent, on leur donne un coup de la boisson qu'ils aiment pour les fortifiers, et on leur promet une forte récompense s'ils peu vent passer la troisième chalouiie, qui est montée par douze membres de la Société de Tempémucc, qui n'ont pas pris de boisson spiritueuse depuis longtems. On montre à tous l'espace qu'il faut parcourir. Il faut au moins une heure de marche et de travail de leur part. Des milliers de témoins sont accourus de tous côtés... Les trois chaloupes sont rangées de front ; elles sont également belles, également légères ; la mer est par- ^tement calme. Les rameurs sont à leurs postes: les

bras tendus sur leurs rames, ils attendent le signal

Tous les cœurs palpitent d'espérance et de crainte... Enfin le signal est donné. Les trois chaloupes s'élancent ensemble avec une égale rapidité Aucune

d'elles ne semble d'abord devancer les autres ; mais bientôt un cri de joie part de celle que montent les buveurs de boissons fortes. On s'aperçoit en eâet qu'ils devancent leurs adversaires de quelques pieds. Ceux qui les suivent de plus près sont les buveurs de bière. XÂf disciples du Fête Matthew aoivl à^\»\^ ^^\\L\^\^

eonfusion : la chaloupe montée par les membres de la Société de Tempérance reste la dernière. Chacun^ du rivage, excite, du geste et de la voix, le courage de ceux à qui il donne ses sympathies... Les buveuis de boissons fortes triomphent, et expriment le plaisir qu'ils éprouvent par des cris répétés, que le vent porte jusqu'à leurs amis, et qui semblent redoubler leurs forces...

Mais, déjà, près de la moitié de l'espace est franehie, et l'on distingue à peine les embarcations ; l'on voit ce^ndant que, sans être à une grande distance les unes des autres, elles ne vont pas de front. Celle qui devance les autres semble n'être pas la même qu'au commencement de la course. Le silence le plus absolu règne parmi cette multitude de personnes, si bruyantes il n'y a qu'un instant. Chacun regarde, avec une inquiétude impossible à décrire, dans l'espérance qu'il va reconnaître, en avant des autres, la chaloupe pour qui sont ses vœux. Mais les esprits ne sont pas longtems en suspens. La chaloupe qui est la première semble voler sur les eaux... Le Père Matthew re- •onnaît bientôt qu'elle est montée, comme il l'avait prévu, par ses chers et bien-aimés disciples. Les buveurs de bière arrivent ensuite aune certaine distance et paraissent beaucoup phis épuisés. Les buveurs de boissons fortes étaient les derniers. Ils semblaient plus forts et plus vigoureux que les autres au moment du départ mais ils n'étaient pas au milieu de leur course que déjà ils commençaient à mollir et à perdre leur premier avantage. Ils paraissaient tellement épuisés, ils étaient tellement inondés de sueurs à côté de leurs vainqueurs, qui semblaient frais et capables de recommencer, que chacun resta convaincu que les liqueurs fortes, loin de donner des forces à l'homme, ne sont propres qu'à l'épuiser et l'affaiblir.

Le grand O'Connell a aussi prouvé par son exemple que l'homme actif et laborieux ne doit pas attribuer aux boissons qu'il prend, sa force et son énergie, et çite l'on gagne toujours à en alaaïiâLoiiiiei Vwsei^'è»

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06 ^offieiûr àêfeuÈettt â«i sft religion el dé Sft patrie désifait 86 fkîre disoiple du Pore MattheW, et deVetkif, «▼66 le féste de éeë frôfes, membre de la Société de TtfmpéFtâACe ; diàis il n'dsa pas le faire sans constiher ses Médecins. Cenx-ei lui répondirent qu'il était dmgefevx à son ftge de changer de régime de fie ; qu'èttttit obligé, presque tons les jonrs, de parler en plein ftir des heures entières, ce violent exercice né« eewitait quelque chose de plus soutenant que de l'eâu ; fne SGI BHiité étsit trop précieuse à son pays pour l'eXposer par une démarche qui n'était nullemeiit nécesmiié} qît'il ferait mieux de continuer de prendre, •tMSimé il en avait coutume, son verre de vin et ses deux irerres de bière tuds les joui^. Quelque temt vftéBs O'Comiell rencontre le Père Matthew: il oublie le eotiseil de ses Médecins, se jette aux pieds de TAp6tre de la Tempérance, et le prie de le recevoir parmi tes disciples. Depuis cette époque le libérateur de l'Irlande à plue parlé en public, a eu plus de fati-^ gaes à essuyer, de i^eurs à verser qu'en aucim àittro

lems^ et jamais il ne s'est si bien porté C'est lui-

lùémé qui racontait ces détails au milieu de plus dé denl cent mille hommes qui l'écoutaient. Il finissait IDA diseonrs par leur dire que jamais ses pou nions Et'atnaletit eu tant de force, que jamais sa poitrine et sa ynAtL ti'avaient été aussi puissantes, ni sa santé meiilettré que depuis qu'il ne buvait que de l'eau.

Itf ais tout n'est pas fait i de nouvelles objectioiMf, plas fbrieer que lés premières^ attendent ici les Apôtres dé la Tempérance. On leur dit: '' Vous nous avez " bien prouvé quel a boissanne petit faire aucun bi eu, " prisid avâiit et pendant le repas, et qu'elle n'est " l^ilife é rien lorsqu'on travaille. En conséquence, *' il6tté néùs promettons bien de n'en jamais faijM '^ usage dans ces circonstances. Notre résolution est " pfise/ et rien ne pourra l'ébfànler. Mais, puisque " âous vous avons accordé jusqu'ici tout ce que voiié " ûteméÈi, il faut bien que vofuanow^ co^e^^^v^T^ ojc^^sr- '' çHè cho6é à yoXte four... Vov\stieT{)0\xNçaTVQî«8»^^^''!^!^'^

^< de prendre un verre ou deux de boisson chaude ^ *< lorsque nous voyagerons l'hiver par ces temsrigou- ^< reux où vous savez que le froid saisit, pénètre et nous << gèle si on ne prend pas quelques précautions exf* traordinaires pour s'en garantir."

De tous les faux préjugés accrédités parmi nous, nous n'en connaissons guère de plus funestes que celui de croire que les boissons fortes ont quelque vertu pour garantir de l'impression du froid.- Ah ! que de Canadiens périssent, tous les hivers, tristes victimes de ce préjugé !

La boisson n'est pas plus capable de nous réchauffer

len hiver que de nous rafraichir en été Il n'y a,

encore une fois, que notre éternel ennemi, le démon, qui ait pu nous faire croire à leur efficacité contre les rigueurs de l'une ou l'autre saison. Pourvu qu'il nous fasse aimer la boisson, et qu'il nous accoutume à en prendre souvent, il est coûtent, son but est atteint.. Par là il excite toutes nos passions mauvaises, il afifaiblit notre volonté pour le bien, diminue en nous les lumières de la raison et de la foi, éteint par degrés le respect que nous nous devons à nous-mêmes. Il afiaiblit et brise bientôt les liens qui nous attachent à ce qui doit nous être le plus cher au monde... Et lorsque, par des actes réitérés, et dont les premiers nous parais* saient sans conséquence, il nous a fait contracter l'habitude de boire, son œuvre est accomplie, il nous voit ;Bivec une joie infernale^ nous débattre sous les chaînes les plus pesantes et les plus honteuses, jusqu'à ce que, de lassitude et d'épuisement, nous nous laissions tomber dans la boue et de là dans l'enfer !

A aucune époque de l'année la boisson n'est plus dommageable que pendant l'hiver, et il n'y a pas de saison par conséquent, où vous devriez être plus scrupuleux à n'en jamais goûter

La boisson pour vous garantir du froid!... Mais vous n'y pensez pas ! La boisson et le froid !... Est-ce gue vous ne savez donc pas que ce sont là deux de vos pJus grands ennemis, et que loisqvOvVs ^ew-^^T^ ^ \^\w-

contrer chez vousy ils se donnent toujou/s la main pour vous ôter la vie^ ou du moins vous faire perdre quelque membre et vous faire horriblement soufirir.

Le froid ne peut presque rien contre l'homme qui ne boit que de l'eau. Car s'il veut attaquer un de ses membres^ il est aussitôt combattu et bientôt repoussé.

L'homme qui ne boit que de l'eau a le tact fin et délicati sa raison est toujours saine et juste, sa volonté paissante, sa vie lui est chère, il en connait la valeur,

et il la défend jusqu'à la dernière extrémité On

ne voit jamais, ou bien rarement, de ces généreux hommes de la Tempémnce se laisser geler les doigts, les pieds ou le visage. Ils se débattent, ils se défendent avec courage et constance contre leur terrible ennemi. Ils le frappent à grands coups, jusqu'à ce qu'il ait Iftché prise ; ils marchent à pas redoublés, ils courent même pour mieux échapper à ses atteintes.

Tout le contraire arrive à l'homme qui prend même modérément de la boisson, surtout chaude, avant d'aller au froid !

Que diriez- vous d'un guerrier qui, partant pour le combat, se ferait lier les mains, ou briserait son épée ou son fusil ?

Eh bien ! voilà absolument ce que fait l'homme qui •e met de la boisson dans le corps pour mieux supporter les rigueurs de l'hiver.

Pour se garantir du froid, il faut de l'énergie, de la volonté, des forces et de l'attention. Ce sont là les armes indispensables pour lui résister. Or, la lK)isson brise et détruit toutes ces armes si nécessaires ; car elle diminue considérablement, si elle n'ôte pas tout-à-fait l'énergie, la volonté et les forces de l'homme, suivaut la quantité plus ou moins grande qu'il en a bu...

Voulez-vous savoir quel bien la boisson fait quand on en prend en voyage, pendant les rigueurs de l'hiver î — Lisez la désolante histoire qui suit ; elle vous en apprendra plus que tous les discours et tous les livres.

'' Troi9 Canadiens de la p\ua \va.\3Xii xç&^fc^Vbià^vV^

116 ItAKtfEïi DÀ LA

sont obligés, il fi'y a ps un an, dé traverser tittéi pilàiïie ' peudant une nuit d'hivet* Les dhemins il'étàût jpôô assez battus pour leur permettre d'aller tin catiole, il6 se décidèrent à faire le Voyage à pied... Malhetirieusèment ils partageaient avee nombte de Canadiens lA funeste opinion que les boissons fortes sont tilileÉr en voyage contre la fatigue et le ftoià. Ib en^ preAnent donc une bouteille. — Avant de se mettre^ en rè^te, il faut, suivant Pusage, boire tin coup^ — A tine certaine distance, ils se sentent âitigués, ils ont donc encore riecours au remède ordinaire : ils boivent Un seconid oocrp. Ce fut leur coup de mort et le dernier... Le lendeâiahl matin, des voyageurs, passant par là, apperçdivéût trois cadavres^ à une certaine distancèi les tinsf des autres, étendus sur la neige !... Deux étaient rttides morts, le troisième ne fut rappelé à la vie ^u^aVee beaucoup de peines l

Tous les ans il arrive en ce pays de pareils malheurs par la même cause... l'usage prétendu zûedéré de la boisson !

Lorsque Votts avez bu un donp de boisson, ^rt6at chaude, vous sentez aussitôt votre tête plus pesante, et vous avez une forte inclination pour le sommeiL.. vous voyei donc toitt de suite qu'elle vous a Ôté une partie de votre énergie, de vos forces et de votre donnaissance même... Vous Voyez dond qu'elle ûe petit pas être un remède contre les attaques du iVôid qui demande par-dessus tout de l'énergie, des forces et de l'attention. Mettez au froid tin homme endormi, il mourra en quelques minutes. ' Donc, encore une foi», jmisqu'un des premiers et plus directs eiFeti^ dé 2a boisson est do porter au sommeil, celui* qui eiï pi^eYtd pour se garantir du froid fait un acte condamné pftr le sens commun, un acte insensé.

Tout le monde sait qtM3 l'énergie et la force <}ue lA

boisson procure ne dtirent qu'un instant. La seeoi*Ȏ

violente qne le sang a éprouvée, et qiti Un a donné

d'ubord un snrcroit d'activité, esX \mTîvfeà\^\^\xv^TL\«\\«-

vïe d'une téêiotioti, d'an ooV\at*fee,à'*UTiaS«:\N2^:\aafcTâ^^^

do toute la machine humain**-

SOCIÉTÉ DS T^MPÉHANCE. 1 17

Qlie dpox hommes par exemple, (nous les supposonn i p9U près d'égale force et aussi bien vêtus l'un que Vmiffi), v0jf9igent paruntenjs froid, l'hiver, et qu'un dapff prenne un ou deux verres de boisson forte en pftxteAt { il a'iest jamais capable de résister au froid Q0msi9 sou compagnon. Il tremblera bien avant lui ; il fiLUdrit qu'U s'i^rrète, pour se réchaufièr, à la première V9b9fg^ f qn*il s'arrête plus loin pour se réchauffer ^mw^ JStf souvent, le soir, il n'aura pas fait la moitié <[« Qb&wiiij iBt il aura cependant dépensé deux foi« fim, beaucoup plu« souôert du froid que son compagHW de voyage, qui aura toujours marché. VoiU ce qilî m voit tous les jours eu hiver.

P'^Uleoriy la raison de tout ceci est bien évidente : 9Î YOiin prpiiez de la boisson forte, surtout si elle est chaude, votre sang, comme nous le disions il n'y 9^ qu'an instant, est poussé avec une activité, une violenoe qiiii ne lui sont pas naturelles ; il fatigue doue lïéceesiaixem^nt. Il en résulte uue sueur, une moiteur VnrtPUS vos membres. L'eau qui sort par tous les por^ de la peaii, ^ trouvant bientôt, dans certaines paitiesi eu contact plus ou moiifS immédiat avec l'air Wtélieur^ se refroidit et se glace subitement sur vous ; s'^ alors que, sans vou^ en apercevoir, vous vous gehm Iss pieds» les maints et le visage beaucoup plus vite qil# ^i vous n'eussiez bu que de Teaii.

Kn outro» phacga fifait qu'une des propriétés de Iq, hniison ost d'engourdir, de rendre iusensibles plue pu qaQiQe Qe\if. qiù ea font im ueage journalier* Pour §&Ui9 IS4301I9 <iue voue ne dievez jamais commettre l'imprudence d'en faire usage lorsque vpus vous eKpeee;2|f

W ffoià Celili qui ne boit que de l'eau e'aperfoit

m le froid attaque quelques partiee de so^ corps, U y ]K^ lUiesit^t la main» il ee cache mieux pour se prptégef • il se douw quelques mouvemens ; enfla il mêïQae ou il e'»rr4te suivant qu'il est ^ propos. Mais PbQmPiA q^i Shit usage de boisson forte ue pourra ayoJfi- cett0 /sagesse» par les peirfc, ^v\\, v^omtc^ ^«î^^^'^

mattre lorsque quelque accident extérieur arriverait à 3on corps, sont paralysés, brûlés par la boisson, ils sont comme morts, ils n'avertissent plus ; alors les pieds, les mains, la figure sont horriblement gelés et on ne ^'en aperçoit que lorsqu'il n'est plus tems d'arrêter le înal. Et mille fois, le plaisir de boire un ou deux vôrres de boisson a été payé par la perte d'un bras ou d'une jambe que la scie du Docteur a dû séparer du odrps, pour arrêter de plus grands malheurs. Sur vingt personnes que nous savons avoir perdu un membre par le froid, dix-sept étaient en boisson lorsque ce malheur leur est arrivé. D'où on peut conclure que si, comme nous l'espérons, tout le monde embrasse les règles salutaires de la Tempérance, on ne verra plus personne périr ni perdre un membre par le froid, comme par le passé.

Nous avons recueilli un grand nombre de faits à l'appui de ce que nous disons ici. Mais nous n'en citerons que quelques-uns pour n'être pas trop long.

l. — Monsieur A , Notaire, aimait la boisson.

Un jour d'hiver que le froid était très vif etqu'il avait un voyage à faire, il en prit quelques coups pour

moins souffrir de la rigueur de la saison Mais,

après avoir parcouru un certain espace, se sentant épuisé, il s'arrête sur une rivière qu'il lui fallait traverser... Nous étions du nombre de ceux qui l'y trouvèrent gelé à mort le lendemain. Sa tête était à moitié cachée dans la glace, que la chaleur de la bou«* che avait fondue ; sa figure qui s'y était enfoncée, y avait laissé son empreinte comme dans un moule à plâtre !... Le souvenir en est affreux !

2. — ^Beaucoup de navires, aujourd'hui, ne composent leurs équipages que d'hommes de la Tempérance. Nous avons interrogé plusieurs Capitaines de vaisseau^ à ce sujet, et tous nous ont dit que les matelots qui ne>' prenaient aucune boisson forte, soutenaient bien mieux Je» fati^ies de la mer et du froid que les autres, et çu *Ua étaient sujets à bien moins de Txi^\fiidies&. Maïs voici un trait bien frapuanX cmiciois&txûa ^^NX»^ rérieé.

SOOltTt DE TIMPÉRANCS. 119

Un magnifique b&timent fit caufrage à environ trente lieues de Québec, dans une tempôte, dans l'automne de 1842 (1). C'était à la fin de Novembre, et le froid était extrèma^ Pour moins soufinr, le Capitaine et une partie de l'équipage prennent de la lx)isson, mais pas assez pour produire l'ivresse. Les autres n'en Toalurent pas goûter. Eh bien ! deux des matelots qui avaient ba étaient gelés à mort avant d'être arrivés â terre. Le Capitaine mourut quinze jours après des suites du froid qu'il avait souôert ; le reste de l'équipage n'éprouva aucun accident.

I 3«— Le fait suivant, quoiqu'arrivé il y a déjà quel- I ques années, est encore, nous en sommes persuadé, j dans la mémoire de tous les habitans de la Rivièr» Chambly.

Deux jeunes gens étaient obligés de se rendre de St Jean à l'Isle aux Noix, pendant une journée très froide d'hiver, et, par malheur, le vent qui soufflait avec violence avait tellement gâté les chemins, qu'ils ne pouvaient se servir de voiture... Force leur fut donc de marcher. — Avant de partir on leur oôrit de prendre an verre de boisson forte pour se fortifier contre le froid et la fatigue... mais le plus jeune avait plusieurs fois entendu dire que rien n'amollit tant les jambes d'un voyageur que la boisson, et il refusa d'en boire nne seule goutte ; l'autre avait malheureusement confiance dans leur prétendue efficacité, et il en prit un verre*

I tous deux sur la route, le premier arriva sans lent; l'autre, vaincu par la fatigue et lesommeili se laissa tomber de lassitude... Et lorsqu'on vint à son seeooxs, il était mort !■«.•

O) Leoênre " Beilosa."

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