‹ Manuel des uvres de bronze et d'orfévrerie du moyen ageChapitre 108 sur 151 · CALici: i)i: saint-remi. — xir siècle · texte numérisé non relu

CALici: i)i: saint-remi. — xir siècle

ArjOURD nui A LA B 1 li L I 0 T 11 E (J U K IMPERIALE DE PARIS

En or pur, couvert d'émaux, de pierreries et de filigranes, ce calice est d'un grand prix. On craignait avec raison que les voleurs ne finissent par le soustraire, et, pour les cfl'rayer, on grava sur le pied cette inscription :

+ Ovicvmqve • livnc • calicem • iuv.idiaverit • ^ol • ah • liac • ecclcsia • remensi • aliqvo • modo • alienaverit • analliema • sit • fiai • amon •

L'anathème n'a servi à rien ; le calice a été enlevé à l'église Saint-Remi de Reims, et les conservateurs de la Bibliothèque impériale n'ont pas du tout l'envie de le rendre.

Après ce modèle d'une grande richesse, en voici un d'une grande simplicité : c'est celui de l'évêque de Troyes, Ilervée, mort en 1223.

^13. — CALlC.i: DE TROVICS. — l> H E M I E R QUART DU X 1 1 1*" SIECLE.

HAUTEUR, i6 CENTIMÈTRES. — OUVERTURE DE LA COUPE, 12 CENT.

Découvert en ISklx, ce calice a été, par nos soins, reproduit identiquement dans un grand nombre d'exemplaires. On a senti de suite qu'on avait là un vase sacré d'une élégance rare, et le succès qui l'accueillit fut tel qu'il dure encore. Aujourd'hui, à l'étalage de tous les orfèvres religieux de Paris, vous

le trouverez plus ou moins altéré , mais fort reconiiaissablc. On a même exéculé, d'après ce modèle, des chapelles entières en argent et en or, c'est-à-dire le calice accompagné des burettes et du plateau, du ciboire et de la sonnette, et ces chapelles, dont le bon marché égale la noble sévérité, se vendent journellement à Paris pour aller dans les divers points de la France et même à l'étranger, où elles finiront ])ar raviver le goût ancien.

Le moyen âge, nous l'avons vu, s'est ingénié à couvrir d'iconographie les chandeliers, les pieds de croix, les bénitiers, les encensoirs. Le calice, qu'on peut appeler le premier de tous les vases sacrés, devait aussi recevoir une iconographie appropriée à sa destination. C'est essentiellement le vase du sacrifice; celui qui renouvelle et perpétue la dernière cène que le Sauveur fit avec ses apôtres. Il n'est donc pas rare de voir, sur les flancs ou sur les bords de la coupe, les apôtres assis à la table du cénacle ou inscrits chacun dans une arcade.

Le calice suivant, qui est à Cologne, olfre cette dernière disposition. Les douze apôtres y sont gravés à mi-corps sur le bord de la coupe, et l'ofTiciant ne peut y tremper ses lèvres sans embrasser, pour ainsi dire, les premiers amis du Sauveur, ceux qui ont participé au premier sacrifice eucharistique.

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