CALICE DE COLOGNE. — X 1 1 1' SIECLE
HAUTEUR TOTALE, 20 CENT- — LAUGEUR DU l'IEU, 13 C." — UUVUnT. IlE I, \ COUI'K, Il C — HAUT. UË ].A DOUCE, 8 C.
La coupe a une forme particulière et qui dilfère un peu moins des coupes actuellement en usage que celle des calices du xii^ siècle ; elle serait très-acceptable aujourd'hui. La fausse coupe et le pied olTrent de ces côtes arrondies et convexes que Théophile compare, avec juste raison, à des cuillers, « cochlearia » : « par le repoussé, exécutez sur la coupe des côtes plates ou rondes qui se rangent autour comme des cuillers. Fi' un et l'autre de ces travaux ornent beaucoup un calice. Si vous voulez nieller les côtes, donnez plus d'épaisseur à l'argent et faites que ces côtes, toujours en nombre égal, soient alternativement dorées et niellées. Après les avoir battues, limez
et raclez-les également. Sur celles que vous voudrez nieller poussez, en les creusant à gros contour, des feuillages grecs, tandis qu'à l'intérieur de ces feuilles vous creuserez des cercles déliés et d'un travail délicat^ ».
On croirait que ce calice de Cologne a été godronné au repoussé avec un gros trait de contour extérieur et une ciselure fine au dedans pour dessiner ces rinceaux qui sont grecs, si l'on veut. C'est le texte de Théophile presque complètement réalisé.
Un autre calice de Cologne, d'une dimension un peu plus forte 2, est historié non-seulement à la coupe, mais encore au pied. Au pied, sur quatre médaillons circulaires, s'enlèvent, en bas-reliefs exécutés au repoussé, l'Annonciation, la Nativité, le Crucifiement, la Résurrection. Autour de la coupe, les douze apôtres à mi-corps sont gravés au trait et placés dans de petites arcades romanes comme ceux du calice n" ll/i. Ue nœud n'est orné que de filigranes.
Mais il y a des calices , surtout en Allemagne , qui sont chargés d'iconographie au pied, au nœud, à la coupe, et cette iconographie déborde même jusque sur la tige.
Le calice, nous le répétons, est l'instrument spécial du sacrifice ; par conséquent, tout doit y pai'Ier, par la voix de l'histoire ou celle de la symbolique, du sacrifice divin. D'un autre côlé, le moyen âge oppose perpétuellement l'Ancien Testament au Nouveau, pour les compléter l'un par l'autre, cl il projette sans cesse la lumière de la réalité ou de l'Évangile sur les ombres de la figure ou de la loi ancienne.
Les calices où se traduisent en émail ce parallélisme et cette concordance des deux Testaments sont assez rares; mais il en existe encore, et ils n'en sont que plus précieux. Le suivant n'en peut donner qu'une idée imparfaite, mais il servira à faire comprendre la disposition du plus important des calices de ce genre, qui n'a pas péri et dont je ferai une description un peu détaillée. Au pied, quatre médaillons de sujets de l'Ancien Testament, reliés par les quatre fleuves du Paradis terrestre. Au nœud, petits personnages imberbes
1. « Percute in ventre, si volueris, costas squales, sive rotundas, qnx stent in circuitu sicut coclilearia; quod opus ulrumque magnum ornalum dat calici. Ouas costas, si volueris, cum nigello para; lioc procura ut argentum spissius sit, et sic âge ut una cosia deauretur et altéra denigretur, quas semper oporlet pares esse. Quas cum percusseris, lima œquaiiter et rade, et in illis quas denigrare vis pertralie gra,'ca folia cl fode grosso tractu, camposque eorum fodies graciiibus circulis et subtili opère. » — « Schedula disersarum arlium», par TiiiiopiiiLE, liv. 11, cliap. xxvit.
2. Ilauleur totale, 20 centimètres; diamètre du pied, IC; largeur de la coupe, 14; profondeur de la ccupc, 7 cent.
ET D'ORFF]VRERIE DU MOYEN AGE. U9
qui semblent être la personnification des vertus. A la coupe, vie et mort du Sauveur reliées par les allribuls des Evangélistes. A la patène, l'Agneau triomphant entoure des grands sacrificateurs.