‹ Manuel des uvres de bronze et d'orfévrerie du moyen ageChapitre 18 sur 151 · RKLIQU.VIRE EN BRAS. — FIN DU XII" SIÈCLIÎ · texte numérisé non relu

RKLIQU.VIRE EN BRAS. — FIN DU XII" SIÈCLIÎ

A S.ilNT-r.EREON DE COLOGNE. — CHANDEUR DE KATURK.

Ce bras, l'un des plus riches que nous connaissions, est historié de figures à la manche, figures relatives à l'histoire du saiut dont c'est la relique. A mibras, une ouverture carrée, fermée par une petite porte en quatre feuilles, assujettie par une goupille, permet aux fidèles les plus dévots, au jour de la fête du saint, de voir, de toucher, de baiser ce bras en chair et en os. In autre bras de métal, également dans Saint-Géréon, porte à riiitéricur de l'index une petite ouverture par laquelle on aperçoit constamment la relique. Il est probable qu'au lieu du bras entier, c'est la main seulement et peut-être même l'index qui est renfermé dans le bras. J'appelle l'attention sur la petite porte en quatre feuilles qui ferme le trou percé dans le bras dont nous donnons la gravure. On trouve fort souvent, chez les marchands d'antiquités ou

autour et plus bn?, une petite lame d'argent où est écrit : sancti stepiiani confessoris; le bras et la main de la hauteur d'un pied et demi. »

Un peu plus loin, colonne 846, sont inventoriés et décrits do même le bras de saint Félicien et le bras de saint .\pollii;aire, tous deux cvèques et martyrs. Dans chacun de ces bras est pratiquée une ouverture défendue par une petite porte grillée ou de verre, à travers laquelle on voit Tos des saints martyrs. ' *"

1 . Le docteur Kratz, dans « Der Dom zu Ilildesheim », en a ])ublié deux, planche x, qui appartiennent à Ilildeslieim. Les deux grands bras de Charlcmagne sont célèbres à Aix-la-Chapelle. A Munster, en Westphalie, sur l'un des trois bras du mu'' siècle, qui enrichissent le trésor du maître-autel, on lit en argent niellé : BRA(:niv.M feijcitatis matris septem fratuvm. A Saint- Maurice en Valais, on conserve précieusement le bras de saint Bernard de Menlhon.

2. M. l'abbé Bock l'a décrit et dessiné dans sa « Cologne sainte » (Das heilige Koëln »), livi aison U'', planche 2.

dans les collections particulières , des plaques ainsi faites et entièrement isolées. Dernièrement, les «. Annales Archéologiques ^ » en ont publié une de ce genre. On y a vu une espèce de reliquaire, ou bien un pectoral, une agrafe de chape; c'est peut-être tout simplement le volet qui fermait le trou percé dans un reliquaire ayant la forme d'un bras ou une forme quelconque.

Une côte, en voici une et des plus illustres : elle vient de saint Pierre, comme le déclarent l'authentique et une inscription gravée, et elle appartient au couvent des Bénédictines françaises établies à Namur.

COTE DE SAINT PIERRE, DANS UX RELIQUAIRE DU XllT' SIECLE.

PROVIENT DE L ABBAYE D OICKIES. — AUJOtIRD Hl'l DANS LE COUVENT DES DAMES BENEDICTINES DE NAMIIK.

Je ne suis pas bien sûr que les petites bêles qui portent le pied, ni le cylindre flanqué de tourelles qui s'élève du milieu de la côte, datent de l'époque du pied et de cette côte ; je les regarderais comme une addition désagréable faite à un reliquaire plein de goût. Mais, quant au pied, à la tige, au nœud, au.x rinceaux qui portent la côte, quant à la côte même, c'est de la plus rare délicatesse. Nous possédons un estampage des arabesques en filigranes et en bosse dont la côte est historiée, et rien n"est plus habilement ouvragé ; je défie bien un orfèvre d'aujourd'hui, n'importe lequel et de n'importe quel pays, d'en faire autant-. Cette côte de saint Pierre a donc été singulièrement glorifiée par l'art; mais, il faut le dire, celle de l'empereur Henri II d'Allemagne (saint Henri) l'a été davantage encore. Le reliquaire qu'on lui a consacré n'est pas aussi beau, mais il est plus important que celui de la côte de saint

1 . Volume xYiii'', p. 344. Celle plaque appartient à M. le C" Ch. de l'Escalopier.

2. Dans les « .Mélanges d'archéologie » des PP. Martin et Cahier, vol. i, -pages I'l8-'I23, planclie xxiii, est décrit et gravé ce reliquaire. Les chasses au cerf et au lièvre, exécutées en gravure et en relief sur le pied et le croissant de la cote, ont reçu du P. Martin une explication symbolique ingénieuse, mais cependant plausible.

Pierre. Du reste, outre la côte, il contient des parcelles de la poussière et des fragments des vêtements du saint empereur. Cette. pièce de fonte, d'orfèvrerie, de ciselure, d'émail et de joaillerie, si curieuse, si facile à reproduire et d'un si agréable effet, appartient aujourd'hui, grâce aux indications et aux démarches de notre ami M. Darcel, au Musée impérial du Louvre.

24. — COTE KT AUTRES RELIQUES DE l' E M 1> E R E U R SAINT HENRI. — XII' SIÈCLE.

AU lUUSÉE llIPÉRIAL D l, LOUVllE- —HAUTEUR TOTALE, H C E .N T.

Cette forme du quatre-feuilles , où est enfermée la côte de saint Henri l'empereur, était aimée du moyen ùge; la voici, plus nettement accusée encore et dépouillée de tout ornement à la circonférence, dans ce reliquaire qui provient de l'abbaye de Grandmont et qui est conservé aujourd'hui dans l'église de Balledent (Haute-Vienne).

Au centre est un ivoire sculpté d'une tète de femme que les inventaires anciens de Grandmont appellent la Véronique. Ce doit être effectivement

RELIQUAIRE DE SAINTE VERONIQUE. — XIlT SIECLE.

iiANS l'Église te balledent (iiaute-vie.n.ne). — provient de l'abbaye de gran dmont.

la représentation de cette femme courageuse qu'on croit être sainte Madeleine, et qui essuya le visage couvert de sang, de sueur et de poussière de

ET D'ORFEVREPxIE DU MOYEN y\GE. 33

Jésus portant sa croix. Cette tête, inscrite clans un cadre de filigranes et de pierreries, sert de volet à une ouverture où est place du bois de la vraie Croix. La sainte est donc appliquée sur cet instrument de supplice et de gloire que portait le Rédempteur au moment où elle lui essuya la figure. Un bronzier de Paris a reproduit ce reliquaire assez exactement, et cette imitation sérieuse a obtenu un certain succès. Que sera-ce donc quand on copiera strictement des reliquaires d'une forme plus parfaite encore!

Une rose à six feuilles, bien plus remarquable de pied, de nœud, de tige et d'épanouissement que le quatre-feuilles de Grandmont, appartient au trésor de la cathédrale de Reims. La partie inférieure de la tige et le gros nœud qui la surmonte sont d'une vigueur et d'une beauté qui n'ont été surpassées ni même , à notre connaissance , égalées par aucune pièce d'orfèvrerie du xiii" siècle, époque de celle-ci. Il n'est pas possible d'olTrir aux oi'févres et bronziers un plus noble modèle. Au centre de la rose, une charnière rend mobile une plaque qui sert de volet et qui, levée, laisse voir la relique ^.

26. — RELIQUAIRE EN ROSE A SIX FEUILLE?. — COMMENCEMENT DU XllT SIECLE.

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