‹ Manuel du bibliothécaire, accompagné de notes critiques, historiques et littéraires (volume 2)Chapitre 34 sur 71 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la matière des manuscrits.

S'il est intéressant de connaître les caractères ancieifô et modernes ^ et la manière dont on s'est servi pour les imprimer , il ne l'est pas moins d'en connaître les matières subjectives , dans le nomibre desquelles les différents papiers tiennent , sans contredit , une place distinguée.

Les peuples dès l'origine de la civilisation se plu-* rent à consigner le souvenir des événements mémorables dont ils avaient été les témoins^ ainsi que leurs opinions ^ les préceptes de leur morale , et le code de leurs lois. Leur écriture paraît avoir été d'abord en peinture. Ensuite vint l'écriture hiéroglyphique , laquelle , en conservant des figures pour exprimer les sons de la parole , offrait une méthode plus courte, qui subit différentes variations chez les peuples, où elle fut mise en usage (i).

Cette écriture hiéroglyphique fut en usage dans l'antique Egypte , ainsi que l'écriture symbolique , qui paraît avoir été employée d'abord par les astronomes.

(1) Cette méthode était sûrement très vicieuse. Car si Ton voulait exprimer une bataille , par exemple , les hiéroglyphes d*Horapollon nous indiquent que Ton peignait deux mains , dont une tenait un bouclier et Tautre un arc. Mais ces signes n'indiquaient pas si la bataille était donnée

L^écrilure ayant été inventée (2), l'usage de la langue hiéroglyphique se perdit. Les nouveaux signes de la pensée se gravèrent d'abord sur des corps solides , sur la pierre , sur les métaux , sur l'écorce des arbres. Mais , les arts venant à se perfectionner, et les objets pour l'écriture à se multiplier , on sentit qu'il fallait une matière plus légère , plus portative , ' où les empreintes fussent plus faciles , et on l'inventa.

La plus ancienne matière sur laquelle on écrivait , après avoir cessé de graver sur la pierre ou le bois , est sans contredit le papier égyptien. L'invention venait de Memphis. Ce papier était composé d'un roseau du Nil [ papyrus Nilotica ou Bibles ] (3).

Les dilBerentes espèces de papyrus étaient : le royal ou auguste y cette espèce , avant d'être lavée , se nommait hiératique ou sacrée , parce qu'elle était réservée pour les livres qui traitaient de la religion ; le livien > qui tire son nom de Livie , femme d'Auguste ; le fannien ou farmiaque y qui tire son nom

par un grand ou un petit nombre de combattans, en quel endroit elle avait eu lieu , etc.

(2) Soit par les Egyptiens , soit par les Phéniciens.

(3) Cette plante s^élève à la hauteur de deux coudées; elle est composée de plusieurs tuniques semblables à de la peau. On les séparait à Taide d'une aiguille , au rapport de Pline , et après qu'elles étaient séchées , elles avaient acquis plus de solidité. On apprit ensuite à coller cette espèce de papier , afin de lui donner plus de consistance. Il était mis sous une presse , poli avec Tivoire , frotté sou-

' vent d^huile de cèdre pour le rendre plus incorruptible.

d'un fabricant nommé Fanrdus ; Vàmphithéatrique , ainsi appelé du lieu où on le faisait ; le sdiilque sui-<- Yait ; puis le teniotique y et enfin Xemporétique y ou celai de marchands.

n faut remarquer qu'en France et en Allemagne pendant le 5^ et le 6^ siècle , on ne se servait point d'autre matière pour écrire; que pendant le 7® et le 8® siècle, les changemens surrenus en Orient, par les ravages des Arabes , obligèrent les peuples du Nord de l'Europe à employer le parchemin. Les copies des ouvrages classiques devinrent plus rares et le peu que. le fer ou le feu des barbares du Nord et du Midi avait épargné , dut céder sa place à d'autres écrits plus importans alors. On grattait un discours de Démosthène ou un livre de Tite-Lwe y pour employer le parchemin précieux à une légende, à un bréviaire , ou une donation à un couvent , etc. (4).

Quand au 8® siècle le papier égyptien eut disparu de l'Europe , parut le papier de coton (5) , qui fut inventé à Constantinople vers le 9^ ou 10® siècle, mais qui à cause de sa cherté, ne fut jamais d'un usage général , de même que le papier fait Siécorce

(4) Un pareil manuscrit est appelé en grec ^tpt^ifiù^froçy de wipi^'rtfl' j frotter , nettoyer , gratter. Ce funeste usage , de racler le parchemin pour en effacer l'écriture et le faire servir de nouveau , dura jusqu'aux 14* et 15« siècles , et a détruit une foule d'écrits utiles , qui nous auraient éclaifés sur rhistoire et les mœurs des siècles obscurs.

(0) Charta bombycina ou papier bomhycien.

de différens arbres , prind])alement du tilleo] , qui était trop épais et trop sujet à se casser.

Une autre sorte de papier est le papier de Gme, fait de bambou ou d'une autre écorce d'arbre. Chaque province de ce vaste empire en a d'une sorte particulière. Le soi-disant papier de soie , dont nous nbos servons pour couvrir les estampes , n'est point fait de soie , mais de ooton. Les Chinois en fabri-' qaient aussi de cocons de vers à soie , d'écorce de bambou, de mûrier , de chanvre, de paille, et surtout de l'arbre appelé kuischu ; le papier Japonais y fait de l'écorce du même arbre , ne le cède en rien au papier, de Chine, quant au lissé et au lustre ; et le surpasse pour la beauté des couleurs et la force, en ce que l'on peut en faire des étojSes et des cordes. Le papier de Perse est fait de chiffons de coton et lissé au moyen d'une coquille.

Le papier d^Asbeste ou SAmyante se fait avec les brins les plus fins de chacune de ces deux sub^ stances ; ce papier peut supporter le feu sans en être endommagé ; mais il ne sera jamais qu'un objet de pure curiosité , à cause de la dépense que la fabrication en occasionnerait (6).

Enfin s'établirent vers le milieu du 1 3® siècle des

(0) Uasbeste a la même propriété que Pamyante , qui est de ne point se consumer au feu ; mais ses fibres sont roides et dures , au lieu que celles de Tamiante sont douces et flexibles. Aussi appelle-t-on Tasbeste amyanius fibrit rigidis.

( "7 ) manufactures de papier de chiffons tel qu'on l'emploie aujourd'hui. L'invention de ce papier a remplacé les matériaux qui servaient à écrire y et , grâce à cette invention , on ne peut plus aujourd'hui se plaindre de la rareté des livres,

n est évident que l'on peut rendre une infinité de matières propres à faire du papier ; on en a fait même avec du tan (7) ; mais toutes ces découvertes sont plutôt un objet de curiosité que d'utilité ; l'essentiel serait d'en faire qui coûtât moins que le papier de linge ; et c'est ce qui sera probablement trèsdifficile à découvrir (8).

(7) En 1800 , le marquis de Salisbnry a présenté an roi d^Angle terre un IWre imprimé sur papier fabriqué avec de la paille. Ce livre traite de la manière dont les anciens employaient dififérentes matières pour perpétuer le souvenir des événemens célèbres avant Tinvention du papier. A cet échantillon étaient jointes des feuilles séparées de papier de paille, blanc, transparent , fin et aussi bien collé que pourrait Téire le meilleur papier de linge. Toutefois cette découverte n*appartient pas au marquis de Salisbury \ Anisson Duperron avait fait anciennement du papier de tapisserie avec de la paille. V. Peignot , dict. rais, de Bibliologie, t. Il, p. 30 et suiv.

(8) On peut consulter sur cette matière : Peignoi , dict. rais, de Bibliologie 1. 1 > p. 20 et suiv. , et TEncyclopédie de Diderot et à'jilemberi au mot papier.

( ii8) CHAPITRE m.

De V origine de ^imprimerie.

L'histoire de l'imprimerie devant être considérée comme une des branches les plus essentielles de la bibliographie , il devient absolument indispensable pour tous ceux qui désirent faire des progrès dans la connaissance des livres, et bien spécialement pour les personnes chargées de la garde et conservation des bibliothèques,d'avoir quelques notions particulières de son origine et de ses progrès , et de connaître en même temps , les artistes célèbres qui , par leurs talens , ont contribué le plus à la perfection de cet art , dont l'invention est généralement regardée , comme la plus utile découverte qui ait été produite par le génie humain (i).

Semblables aux sept villes de la Grèce , qui jadis se disputèrent l'honneur d'avoir donné le jour à Homère , trois villes de l'Europe prétendent à la gloire d'avoir donné naissance à l'imprimerie. Les uns attribuent l'honneur de cette découverte à Haar^ lem ^ les autres à Mayence et d'autres enfin à Strasbourg,

Il parait très-certain que l'imprimerie doit sa naissance à l'art de la gravure en bois. Les car tiers

(1) « Ars illa ingeniosa , quâ non alia unquam extitit caeteris artibus promoyendis et quibuscumque rébus peragendis utilior i» . iCfai^^aîre , Annal.' typogr. tom. III ^ pag. 3.

OU fabricans de cartes à jouer , dont l'origine est rapportée au i4® siècle, commencèrent les premiers à graver en bois des images de saints; à ces images ils ajoutèrent ensuite quelques versets ou sentences analogues au sujet. L^art faisant des progrès, on ne se borna plus à mettre en vente des images séparées et particulières ; mais on grava une suite de planches avec leurs explications , et on en forma des livres xylographiques (2) , c'est-à-dire , en planches de bois 9 et images , dont plusieurs ont précédé dans l'imprimerie les livres qui ojSrent une date certaine. Ces livres d'images sont connus sous le nom de Biblia pauperum ^ Spéculum humanae solvationis y Ars moriendi , etc. Il est donc très-vraisemblable que ces impressions ou ces livres d'images , qu'on regarde comme les premiers essais de l'imprimerie , ont indiqué le moyen de parvenir à la découverte de cet art important , puisqu'il ne s'agissait plus que de couper les lettres gravées en relief dans ces planches , ou bien de les sculpter séparément , afin de les rendre mobiles, pour pouvoir imprimer à volonté tel mot , sentence ou discours , qu'on jugerait à propos.

C'est ce qui fut exécuté, vers l'an i438, par Jean Gifttenberg , de Mayence , artiste très ingénieux , comme il est constaté par les pièces authen-

(2) On dit ouvrages , pages , caractères , et planches xylographiques , pour désigner que ces objets ont été gradés ou sculptés sur bois.

tiques d'un procès , imprimées pour la prraoière fois par Schoepfliiij dans ses Vindiciae typographicae (3). Il résulte en outre de documens incont^tables, de preuTes authentiques, qui sont les yrais titres de l'histoire , que Jean Gaensjleisch , dit Sorgerlooh , dit Guttenberg du nom de sa demeure àMayenoe(4)f le premier qui se soit occupé de l'art de Imprimerie | après plusieurs tentatives suggérées par aoD génie | était déjà parvenu en Tan 1439» ^ établir dans h ville de Strasbourg une presse , des formes et divenei autres pièces servant à l'impression. Mais malgré les efforts que le dit Guttenberg et ses associés ont fiiits dans ce genre de travail , ils ont eu le malhoir de ne pas réussir parfaitement dans leur entreprise ^ soit à cause de l'imperfection des outils nouvellement inventés et mis en usage , soit par d'autres moUft qui nous sont absolument inconnus. Guttenberg , épuisé de travail, se rendit vers i44^ ^^^ sa patrie^ s'associa avec un orfèvre appelé ^ust ou Faust , un des notables de Mayence , qui l'aida de ses cou*

(8) Guttenberg exerçait en outre Tari de polir des pierrel précieuses et des glaces de miroir.

(4) Wimpheling dans le Gâtai. Episcop. Argent. 1508 , n<> 77 9 l'appelle la maison boni monfis. Dans les anciens documens le nom de l'inventeur est écrit Gutenberg ou Gudenberg, Trithême le nomme tantôt Gutenberg , tantôt Gtrftenberg ; voyez Meerman^ tom. II , p. 102 , et 128 La dernière orthographe a été adoptée par plusieurs auteurs modernes.

seils et de ses moyens (5) , pour se livrer à de nou-* vdiles tentatives. On admit dans la société , un homme ingénieux et réfléchi , nommé Pierre Schoeffer , nadf de Gernsheim , ville du Rhin. Il imagina une méthode plus facile de composer des caractères et de leur donner une- mesure., une forme plus régulière et mieux proportionnée ; il trouva la taille des poin« çdns^, il fil* de nouvelles matrices et d'autres instru^ ments. Cette invention qui ne laissait plus rien à dénrer que le perfectionnement, eût lieu vers iJ^Stl. Gda ned(»t pas nous empêcher de dire que la ville de Strasbourg est le vrai berceau de l'art typographique) c'est à Str^isbourg que l'imprimerie proprement dite a èié^ pour ainsi dire , ébauchée par J. Gut-^ tenberg (6) , achevée et perfectionnée ensuite , dans la- -ville > dC' Mayence , patrie de ce dernier, f ' La typographie fut à peuprès entièrement concentrée et f mystérieusement exercée à Mayence jus*

(5) Faust s^ obligea d*ayancer à Guttenberg une somme de 800 il. à 6 % d'intérêt, pour Tachai et la préparation des instruments nécessaires à l'impression. V. £fc4- Unbsrqefy hist. de finy. de Timpr. p. 5.

(6) Ce que Pierre Schoeffer n'osait dire ouvertement du vivant de Jean Guttenberg, et de Jean Faust , par égard pour eux , il l'a dit après leur mort dans les vers qu'il imprima à la suite des InstituUones lustiniani , où il assure q«l'en effejt Jean Guttenb^g et Faust avaient été les premiers imprimeurs (protocaragmatici) , mais que lui, Pierre Schoeffer, les avait surpassés dans l'art de fondre les caractères, etc. Voyez Lichtenberger , hist. de l'inv. de l'imprimerie, p. 10.

qu'en 1 462 , qu'Adolphe , comte de Nassau , soutenu par le pape Pie II , ayant surpris cette ville ^ la priva de ses libertés et de ses privilèges. Alors tQ^s , cem qui s'occupaient d'imprimerie s'enfuirent ^ et -portèrent leur industrie dans différens pays. G'çfit .f^în/si que cet art passa de l'Allemagne en France , et successivement en Angleterre , en Italie , en Russie et jusqu'en Orient. Les imprimeurs les plus renommés de ces temps furent : en Allemagne , Ammerbach , Gom* melin, lesGymnicus et les Wechel; en Suisse, les Frobeii et Oporin ; en France , les Badins , les Etienne , les G)Iines, les Vascosan , les Pâtisson, les Gripbel , les Morel , les Vitré , les Nivelle , les Gramoisy , etc. ; en Angleterre', Gaxton et Gorsellis ; en Hollande , les Ëlzévir , Janson , et Van der Aa ; Blaeu , les Moretus , et les Plantinà Anvers; en Italie, les Manuce et les Bomberg.

Dès ce moment la typc^rapbie marcha à grands pas vers sa perfection , et jamais devise n'a mieux convenu à l'impritnerie que celle de crescit eundo. On peu dire que peu d'arts mécaniques ont fait plus de progrès qu'elle dans les temps modernes, et les Anglais citent avec un juste orgueil Gaslon, Baskerville , Benseley ; les Italiens , Bodoni de Parme ; et les Espagnols , Ibarra, dont on admire une superbe édition de salluste , publiée en Espagnol par l'infant don Gabriel *, en France à l'exemple de leurs illus-* très devanciers , l'estimable famille des Didot , cultivant avec le même succès les lettres et leur bel art, ont enrichi celui-ci de plusieurs découvertes utiles , en même temps qu'ils ont publié diverses.

éditions in-folio d'un luxe dont les presses françaises n'avaient point encore offert de modèle. A ces noms honorables nous ajouterons ceux de MM. Crapelet , Piiiàrâ, Rignoiiîx'; Lefèvre et les Panckoucke dont lék^ ' 'belles éditions attestent aussi la part qu'ils ont aux ^rd^è's *que fe - typographie a faits de n.os

jôûi-s'(7);; ^- '

Noii^^t'èï'minAïis cet article par faire mention d'un procédé <|iiî , ^àns contredit , a contribué essentiellement à pétfectioBner Fart typegrapbiqute t ce •procéàé^j' c^éétUstéréoty pie j ou fart d'assujétir et ' de 'rendre fixés des éaratetères primitivement mobiles (8).

Constater quel est te pays et l'individu auxque^ revient l'honneur de la découverte primitive ; ou ]>!tttôt [puîsqu^il est possible que par l'elBet du hazard ime même chose soit inventée presqu'en même tems en deux endroits, et qu'un artiste se croie l'inventeur d'un procédé qui existe déjà ailleurs (9)], en quel lieu cette

(7) Les ouvrages a consnlf:»r sur à*4»istoire de l!iinpFtmarie se trouvent indiqués dans la III* partie de notre manuel.

(8) Ce qu'indique claireraenè le nom. même > emprunté du substantif grec rioFûç ( lettre , Ci$ractère)^ et de Tadfeeiifrrift^ ( solide y^ fixe ). Et il ne peut pas être question ici de tailler en bois ou de couler sponteusément en métal des planches d'impression. solide&, qui se rapprochent d'avantage de l'art de la gravure que de» l'art typographique » sans le concours duquel elles sont exécutées.

(9) C'est entr 'autre ce qui a eu lieu par rapport à Tim-

manière d'imprimer a été pratiquée^ en pretniev li0li , n'entre pas dans notre plan. Les biUiogr^pheft n'étant pas d'accord sur ces questions , nous renyoyoïis le lecteur aux ouvrages de MM. Camus , Westreenen de Tiellandt y et Lamhmet ^ indiqués dans I4 Wlf partie de notre ouvrage. Nous nous contenterons d'en faire ici ressortir quelques avantages.

D'abord , au moyen de formes -bien composées , corrigées avec soin et puis rendues solides , ce procédé prévient , pour toujours , les fautes qui y dans la manière d'imprimer ordinaire , résultent facilement du déplacement ou de la chute des lettres \ et ensuite parce que ces formes n'étant pas rompues ^ mais conservées dans leur entier , les frais du papier et du tirage se bornent aux exemplaires dont on a besoin^ et qu'on évite par là des avances considérables et souvent inutiles^ tandis qu^en cas de demande uï* térieure , les formes ou planches conservées servant de rechef , sans de nouveaux frais de composition , il en résulte que le prix des impressions exécutées de cette manière , ne revient pas à la moitié du prix des impressions ordinaires (10).

pression xylographique , aTt moyen de planches en bois , qui , an commencement du \^^ siècle, fnt introduite comme une nouveauté dans Toccident , tandis quelle était prati^ quée en Chine depuis plusieurs siècles.

(10) Car , d'après les calculs des typographes , la vetite de 2^0 exemplaires est nécessaire pour couvrir les frais d'une édition ordinaire , tandis que pour couvrir ceux d'une édition stéréotype il suffit d'en vendre 80 ou 100,

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Malgré que , par ces mêmes motifs , cette manière d'imprimer ne puisse pas être généralement introduite y attendu que pour la plupart des ouvrages , quelque fois même pour les meilleurs et les plus estimés , il suffit d'un seul tirage , qui souvent encore ne s'épuise pas en entier ; et qu'il y en a bien peu qui jouissent des honneurs de la réimpression j le nombre des livres , sur le débit permanent et durable desquels on peut compter , tels que les Sibles à l'usage des églises , des Sociétés Bibliques et des Missions , les livres de prières et les liturgies des différentes communions religieuses , les livres d'école , les dictionnaires , quelques auteurs classiques , les ta-* bleaux et sommiers , destinés à être remplis à la main, etc., est néanmoins encore assez grand, pour que l'on puisse sous plus d'un rapport se servir de cette invention avec fruit ; et c'est en effet ce qui a lieu , depuis nombre d'années en France , en Angle* terre , en Allemagne , et en Hollande , depuis que les Didot y les Herhan y les Enschedé , etc. , chacun par des procédés divers , ont porté à une grande perfection l'art de la stéréotypie (ii).

(11) Pierre Didot TaiDé, Firmin Didot, et Louis-Etienne Herhan , après une infinité de tentatives relatives au perfectionnement da stéréotypage , obtinrent des brevets d'invention. Peu après avoir obtenu ces brevets, ils publièrent un prospectus d'éditions stéréotypes, dans lequel ils firent ressortir les avantages de ces éditions , dont nous avons fait nientipn ci-dessus.

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