CHAPITRE I
Des occupations du Bibliographe.
Le progrès des lumières fesaiit éclore cliaqoe jour de nouvelles productions de l'esprit humain, le goût des reciierches s'est répandu de plus eu plus, de sorte que dans ce siècle la Bibliographie n'est pas cultivée en Europe avec moins de succès que les autres sciences positives.
Le mot bibliographie , formé de deos mots grecs ( 0ifiXcf, livre f et 7p<tf w , j'^cm), signjfîe description des livres. Or , pour faire cette description , il faut bien les connaître , et sous le i-apport de leur mérite extrinsèque, et sous le rapport intrinsèque. Le mérite extrinsèque d'un livre s*estime d'après la beauté de son impression , celle de . sa conservation et de sa r^ure , la bonté ou l'aqciennelé de ton édition , elc. Le mérite ioâiinséque consiste dans la bonté des cboses qu'il rmferme.
La Bibliogrcphie (>i) forme une science qui est, a l'égard de toutes, œ que les nonendatures spéciales sont à chacune en particulier. C'est eDe qui a créé les divisions et les subdivisions de toutes les productions da l'esprit et du génie. C'est le fil destine à nous guider à travers le labyrinthe des innombrables écrits , dont l'immensité s'accroit chaque jour , depuis qu'elle a rencontré dans la presse , un instrument d'une activité presque ^ale à celle de la pensée (2). Enfin c'est une langue universelle entre les libraires et les savants de toutes les parties du monde scientifique et littéraire.
(1) «La Bibliographie^ dit M. Peignot dans son dictionnaire àé Biblioiogie » diffère de la BibHologie , *en ce que la première ne comprend, à proprement parler, que la delîcription technique et la classification des livres, au lieu que la bibliologie ( qui est la théorie de la bibliographie ) présente Tanalyse des connaissances humaines , leurs rap-* ports , leur enchaînement et leur division ; approfondit tous les détails relatifs à Tart de la parole , de récriture et de rimprimerie, et déroule les annales du monde littéraire pour y suivre pas à pas les progrès de Tesprit humain » •
(2) Le passage suivant, extrait d*une feuille publique par M. Peignot ( v. manuel du Bibliophile t. 1. discours préliminaire , pag. L. ), peut trouver sa place ici : « Avonsnous à nous féliciter de Textréme abondance des livres? Est-elle favorable à la morale et même à Tinstruction ? Il est permis d*en douter quand on parcourt cette foule d'écrits » les uns frivoles et superficiels, les autres passionnés et déclamateurs , qui loin de rien apprendre, ne peuvent servir au contraire qu*à fausser Tesprit et à gâter le cœur» Les principes de Tordre et de la société , tout est aujoi^rd^hui
(3) . ' On donne spécialement le nom de BibUogtnphes à ceux qui , possédant cette connaissance , la mettent en pratique en publiant , soit des ouvrages sur cette matière, soit des catalogues de livres spéciaux y de bibliothèques particulières ou publiques.
La Bibliographie peut se diviser en bibliographie générale et bibliographie spéciale. La première se compose des ouvrages ou catalogues dont le but est de faire connaître les livres de tous les genres^ indistinctement , et qui sont classés soit par ordre alphabétique , soit par ordre de matières , ou arbi* trairement; la seconde est celle qui n^a rapport qu^à un seul genre d'ouvrages ; elle est pour cela d'un très grand intérêt et plus avantageuse même que la première, à ceux qui veulent connaître à fond les livres , et surtout aux auteurs qui ont besoin de se pénétrer des découvertes qu'ont faites leurs prédécesseurs dans la carrière qu'ils veulent parcourir (3).
insulté^ méconBU dans deç livres, àes pamphlets et des feuilles périodiques ; ces sartes d*0Bvrages sont étalés par-^ tout , et s'offrent de tous les côtés aux regards d*une igno-^ rance curieuse» Uem jeunesse confiante se trouve toute eR<vironnée de ces moyei:kS de séduction ; elle rencontre Terreur en cherchant la vérité, et les générations qui s'élè^ vent y puisant ainsi à des sources empoisonnées et se formant sur des guides trompeurs , accueillent àe& théories brillantes et des principes dangereux , et se préparent san& le savoir des jours aussi funestes, aià bonheur de Tindividu qu*à Tordre public ? »
(3) Les ouvrages appartenant à ces deux genres , se- kroii» ient indiqués dans la III* partie de notre man«eL
Cette science des livres j dit avec raison l'auteur de la France littéraire , est utile à toutes les personnes qui s'occupent de la littérature ou des scienceis (4)- Qu'un amateur ou. bibliophile (5), dirigé
(4) Car de Tamour des lettres a Tamoiir de0^^ livres , la transition est naturelle. Cicéron , au milieu de tant de travaux utiles à la patrie, à la philosophie et aux lettres « accordait bien encore quelques instants à soigner et à décorer sa bibliothèque. 11 revient très-souvent sur cet objet dans ses ouvrages , mais particulièrement dans sa correspondance avec son ami Pomponius , qui, demeurant à Athènes , s'était chargé de ses acquisitions en statues , tableaux et livres , dans cette ville encore célèbre à cette époque. « Tu veîim, dit-il ( lib. I. ad. Âtt. £p. 3. ) , ea quae nobis émisse et parasse scribis , des operam ut quam primum habeamus : et velim cogites id quod tnihi poUicitus es , quent' admodum bibliothecam nobis confiçere possis, Omnem spsm delectaiionis nostrae , quant , cu/m in otium venerimus , habere volutnusy in tua humanitaie positam habemus, etc.; » et ailleurs ( £p. 6 ) : « Bibliothecam tua^n cave cuiquem despondeas , quamvis acrent amatorem inveneris : nam ego omnes meas vindemialas eo reservo , ut illud subsidium senectuti parem , etc. » .Pline le jeune , dans la description intéressante de sa maison de Laurentium , n^oublie pas sa bibliothèque , peu étendue, il est vrai , mais où il avait rassemblé des livres, non legendoi, sed lectitandos (Epist. lib. II. ep. 17.).
Nous ne finirions point, si nous voulions, non pas rapporter , mais seulement indiquer toi^s les passages des ouvrages de Cicéron , qui attestent son goût pour les livres. Cette louable passion était bien partagée parles LucuUus, les Caton , les PoUion , les Varron , les Sénèque , cte.
(5) Ce titre convient particulièrement à celui qui ne cherche les livres ni par état ni par passion , mais simplement dans le but de s'instruire et pour former une collection inté^
par son goût pour les livres , veuille eu former ua cfaoix , pour son instruclion ou ses délassements ; ne lui importe-t-il pas de trouver des renseigne-
ressante par le nombre et la variété des ouvrages. Le Bibliographe , le bibliomane et le biblîotaphe peuvent aussi avoir droit à ce titre , mais avec moins de raison , puisque , assembler des amas de livres sans discernement n*est pas prouver qu'on les aime. Le Bibliophile , par sa collection des ouvrages les plus précieux pour la science , est très utile aux traivàilleurs et aux gens instruits , qui trouvent dans sa bibliothèque les sources les plus pures et les bons auteurs dont ils ont besoin. Le titre de bibliophile appartient donc avec plus de raison à la personne qui aime les livres capables d'entretenir et de servir à la science qu'à celle qui, par une aveugle passion , recherche des ouvrages dont la fantaisie fait centupler le prix. Les services que le bibliophile rend aux savants doivent aussi être préférés à ceux que Ton doit au bibliomane , et qui n'intéressent que le commerce des livres , auquel ils sont très utiles en conservant à des livres sans importance réelle une valeur arbitraire qui augmente les capitaux de ce commerce. Quelques renseignemcns , que nous a bien voulu communiquer M. le baron de Reiffenberg , sur la société des bibliophiles français et du club de Roxburghe de Londres , serviront d'exemple à ce que nous venons d'avancer.
La société des bibliophiles français fut instituée en 1820 par M. de Morel-Vindé , de Cbâteaugiron , Walckenaer , Malartic , Pexiricourt , Durand de Lançon , Bérard et Edouard de Chabrol, à l'instar du club de Roxburghe de Londres. Son nom seul indique le but qu'elle se propose. Elle se compose de 29 membres dont 5 étrangers qui soàt, le prince Alexandre Labanof àSt.-Petersbourg, lord Spencer et le Dr. Dibdin à Londres , M. le baron de Reiffenberg 4 Louvain et Tabbé Costanzo Gaszera à Turin. Ites mé^
ïùeùtÀ ; non sefulement sur les autears qui doivent entrer dans sa bibliothèque , mais encore sur les
langée de la àOùiété magnifiquement imprimés et tirés à 80 exemplaires dont un pour la bibliothèque du roi et les autres marqués à la presse du nom des membres auxquels ils sont respectivement destinés , forment maintenant six gros volu* mes in 8<^, et contiennent grand nombre de pièces inédites ^ d^anciens mystères et d'autres poésies gothiques , de lettres de personnages illustres etc. etc. Le président est actueU lement M. le chevalier Artaud, de TcK^adémie des inscriptions , traducteur du Dante et auteur d'un excellent tra* vail sur Machiavel. Le secrétaire perpétuel est M. le marquis de Cbâteaugiron , traducteur de l'histoire de la révolution des Pays-Bas par Schiller , et chez qui se réunissent ses confrères, rue ^Castiglione n^ 4.
Quand au club de Boxburghe il fut fondé en 1812 à Foccasion du prix excessif où fut porté le Boûcocb dé^ Valdarfer à la vente de John duc de Roxbnrghe. Le marquis de Blandford Tacheta £^1,980 francs ( 7 ans après il fut revendu à lord Spencer 21,129 francs )l Ce prix extraordinaire à causé une telle sensation parmi les bibliophiles de Londres , que ceux-ci ont résolu de perpétuer le souvenir de ce mémorable événement , en fondant sous le nom de Roa^burghe olub , une société dont les membres se réunissent annuellement à Thôlel Clarendon , pour célébrer par un banquet l'anniversaire de l'adjudication du Decameron de Valdarfer, Giaque membre est tenu de faire imprimer a son tour , et à ses frais , quelque opuscule devenu extrêmement rare. Le nombre des exemplaires ne doit pas excéder 31 ( nombre des membres du club ). A la fin du supplément au manuel de Brunet , on trouve la note de ces impressions. Sir Richard Heber, appelé AtHcuê par M. Dibdin ^ était un des sociétaires les plus zélés dé ce club.
(7) éditions de ces mêmes auteurs qu'il doit préférer y à
raison de leur exactitude , de leur correction , etc. ? (6).
(6) Ce choix n^exigeant guère plus que des yeux et un peu de goût , il est facile de dire en quoi consiste une belle édition. Dans ta netteté d*un beau caractère , et dana la proportion avec le format, dans une sévère correction qui conserve le texte et chaque mot en particulier , dans toute leur intégrité , et Torthographe dans toute sa pureté ; dans Télégante disposition du frontispice ) des titres du chapitre , des notes , etc. ; dans une justification ( voir la note 20 plus bas ) qui ne soit ni trop grande ni trop petite'; dans de belles marges ; dans Tuniformité du tirage , et surtout de la couleur de Tencro , qui , ni trop noire ni trop pâle , doit être de la môme nuance pour toutes les pages ; enfin , dans la beauté et la solidité du papier. 11 n^est pas difficile , au premier coup d^œil , de voir si ces diverses conditions sont remplies. Au reste , le nom de certains imprimeurs est une garantie à cet égard : les Aides , les Ëtiennes , les Ehévirs , les Cramoisy , les Wetstein y les Foulis, les Baskerville, les Ibarra , les Didot, lesBodoni, les Mussi, les Crapelet, les Plantins et beau-* coup d^anciens imprimeurs de plusieurs villes de TEurope se sont attiré Testime du monde savant , par la beauté et la bonté de leurs éditions ; on ne risque donc rien de ^Qpner la préférence à celles qu'ils ont publiées ; et parmi les éditeurs de collections curieuses et intéressantes, on distinguera ; V la collection d'auteurs latins , français et italiens imprimée de forniat petit in 12 par les Ehévirs ; 2* la collection des auteurs latins , avec des interpréta-» tions et des notes imprimées ( à Paris ) ad usum Delphini , 02. vol. in 4 ; B" la collection de Didot ad usum Delphini 14 vol. in 4. ( CQtte collection çst aussi imprimée in 8^ et in 18 ) ; 4» les auteurs grecs et latins cum notis vario* nwi ; 6^ les auteurs classiques cum notis diversorum ; 6» les
Ufdstorien qui sait que les moindres écrits ren^
ferment souvent des détails qui peuvent animer ou
éclaircir son récit , n'a-t-il pas besoin de connaître ce
qui existe sur chacune des branches qu'il cultive?
Uhomme de lettres et ïérudit qui préparent de nouvelles éditions courent risque de laisser beaucoup à désirer , s'ils négligent la bibUographie , qui leur indiquerait les éditions qu'ils doivent consulter, soit comme plus complètes ou plus correctes ; celles qui offrent les meilleures leçons, ou que les savants ont enrichies de leur remarques et de leurs commentaires.
En un mot , V écrivain , le lecteur ^ quels qu'ils soient, éprouvent la nécessité de connaître tout ce qui a été pensé , dit, et publié sur ce qui fait l'objet de leurs études , afin d'atteindre le but qu'ils se proposent.
Cependant malgré son utilité bien constatée , la bibliographie ne compte dans chaque pays qu'un très petit nombre de personnes qui s'en occupent avec distinction. D^oii vient que lorsqu'on cultive toutes les sciences avec ardeur , l'on est indifférent pour celle-ci? On pourrait assigner à cet éloignement deux causes
auteurs classiques des Plantins , des Badius Ascensius , des Oporinus , des Barbou ; la collection de Deux-Ponts , etc.
Jiota, On entend par classiques y les auteurs qui ont le mieux écrit dans chaque langue portée à son plus haut degré de perfection, et qui servent ordinairement de modèles a ceux qui s*appliquent à Tétude des belles lettres.
( 9 ) principiales : c'est que la récompense du bibliographe est toute entière dans la reconnaissance de quelques amateurs éclairés ; qu'on croit généralement , qu'iui peu de mémoire et l'habitude de manier les livres, constituent le mérite de celui qui veut s'y livrer ; qu'on pourrait à la rigueur se passer de savoir lire; qu'il suffirait de connaître les lettres majuscules pour savoir exactement le titre d'un ouvrdge , le nom de l'imprimeur , la date et le lieu de l'édition , et qu'enfin la bibliographie n'est qu'une routine, etc. (7).
(7) Pourquoi donc les bibliographes soDt-ils moins considérés qu ils ne devraient Têtre , et pourquoi , quand on fait leur éloge , oublie-t-on de parler de leur science bibliographique ? En réfléchissant sur l'indifférence du public a leur égard , nous en trouverons la cause dans l'habitude où il est de les confondre avec les bibliomanes. Cest , en effet , parce qu'on a connu et qu'on connaît des hommes qui, sans lumières, sans goût , sans discernement i et guidés uniquement par un instinct aveugle et une folle manie , achètent toutes sortes de livres bons et mauvais , par la raison que ces livres portent une date ou n'en portent point; .qu'ils ont été publiés par tel imprimeur , sur tel papier , ou qu'ils ont été reliés par tel on tel relieur , etc. En cela semblables a ces ridicules amateurs d'objets de curiosités, qui fréquentent les ventes publiques , les magaztns , et parcourent les quais , pour entasser dans leurs cabinets les tableaux , les dessins , les gravures , les bronzes , les médailles , les terres cuites , les émaux , les. ivoires , les laques, les poissons, les pa* pillons , les minéraux et tout ce qui leur paraît remarquable ou pour la matière ou pour la forme; ces bibliomanes dis-j« , qui ne lisent jamais , n% considèrent un livre que
( lo) Si la science de la biUiographie n'exige pas les dons brillants de l'imagination , elle demande plusieurs qualités secondaires dont l'assemblage n'est pas moins rare. Avec un certain degré d'univei'salité d'esprit, et des connaissances spéciales en histoire littéraire (8), le vrai bibliographe doit être doué d'un goût exercé , d'une exactitude scrupuleuse , d'une conscience délicate , d'un esprit d'ordre nécessaire dans la classifi-
comme un ornement , un meuble où ils n'aperçoivent d'autre défaut que celui qui attaque le matériel de Tonvrage , tel qu'une déchirure , une tache ou des traces d'eau , etc. etc.
(8) Pour bien connaître la valeur intrinsèque des livres , pour avoir une connaissance approfondie de leur mérite réel et même de leur valeur extrinsèque , c'est à l'étude de Vhiêtoire littéraire qu'on doit s'appliquer principalement , c'est là qu'on pourra recueillir une ample moisson d'instructions bibliographiques. Cette science comprend généralement : l'histoire des lettres et des langues , où il est traité de leur origine et de leurs progrès; l'histoire des académies , écoles » universités , collèges et sociétés des gens de lettres, avec les traités particuliers concernant leur origine , fondation , progrès , utilité , etc. etc.
Beaucoup d'auteurs se sont occupés de l'histoire littéraire , et nous ont laissé de bons ouvrages sur cette partie, entr' autres :
Eichhorn, geschichte der literatùr , Gdttingen 1804, 12
Ginguénéy histoire littéraire d'Italie , 2 édit. Paris 1824 , 9 vol. in-8».
Heinsius , geschichte der Sprach-Dicht-und- Redekunst der DeuUchen , Berlin 1838 , in-8*.
calion souvent arbitraire (9) des productions de riateUigjenoe humaine; enfin, et pardessus tout, d'une patience à toute épreuve (10).
Laharpe , J. F. , cours de littérature ancienne et mo« deme , nouv. édit. Paris 1838 , Ô gr. toI. in-8«.
Schœlly histoire de la littérature grecque profane jusqu'à la prise de Constantinople par les Turcs , 2 édtl. » Paris 1838, 8 toI. in-8^
Sohœll , liistoîre de la littérature romaine , Paris 1815, 4 vol. in-8*
Villemain , conrs de littérature française , etc.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur les ouvrages qaî traitent de la littérature en général, car toutes les bibliographies en parlent d'une manière plus ou moins étendue , ainsi qae les catalogues des bibliothèques publiques et particulières.
(9) Nous disons arbitraire ^ parce que jusqu'à ce moment »' on ne connaît encore aucun système bibliographique parfait, et peut-être est-il impossible d'atteindre à cette perfection désirée; car ce système consiste à diviser et sonsdiviser en diverses classes tout ce qui fait l'objet de nos connaissances, chacune dès classes primitives pouvant être considérée comme un tronc qui porte des branches , des rameaux et des feuilles ; et la difficulté à surmonter pour établir entre toutes ces parties l'ordre qui leur convient, est :
1® De fixer le rang que les classes primitivee doivent tenir enir elles ;.
2» De rapporter à chaotme if elles la quantité immense de branches , de rameaux et de feuilles qui lui appartiennent.
Or , sera-t-on jamais d'accord sur les divisions et sur les sons-divisions?
(10) V. Quérard , la France littéraire, t. 1. discours préliminaire.
La bibliographie étant la plus vaste et la plus UDiverselle de toutes les counaissances humaines , tout paraît devoir être du ressort du bibliographe $ les langues (ii), la critique (12), la philosophie et
. (Il) Celui qui veut s'élancer dans cette carrière, et la parcourir avec gloire , doit s'appliquer à Tëtude des principales langues anciennes et modernes. Car on trouve des livres à peu près dans toutes les langues connues \ et comment un bibliographe pourrait-il décrire ces livres , $'il ignore la langue dans laquelle ils sont écrits. Toutefois il n'est pas nécessaire qu'il sache parler toutes ces lan-* gués; ce serait eiiger une chose trop difficile, pour ne pas dire impossible; il suffit que le bibliographe fasse une étude approfondie des langues grecque et latine. Le bibliothé-! çaire doit posséder, en outre, les langues française, alle^ fnande , italienne et anglaise. Qui sait si d'ici en un demi siècle l'étude des langues espagnole et portugaise ne lui sera pas d'une grande utilité ? Quant aux autres langues occidentales , s'il n'est pas indispensable de les posséder , ii est du moins essentiel d'en savoir assez pour traduire les titves des ouvrages écrits en ces différentes langues. Quant aux langues orientales, une légère connaissance de Vhéhreu et de l'arai&^^lui sera souvent d'une grande utilité.
(12) Science qui juge du mérite littéraire des ouvrages, et qu'on pourrait appeler endigue aesthétique , pour ne pas la confondre avec une autre science qu'on appelle également critique et qui établ^it les principes d'après IçsquçU. on peut juger non-seulement de l'authenticité des ouvrages qui portent des noms célèbres dans l'antiquité , mais aussi de la pureté de certains passages et choisir dans les leçons qu'offrent les différens textes , celles qui portent les traces^ l^'upe origine pure,
( i3) la théologie (i3), Féloquence, les mathématiques, la géographie , la chronologie , l'histoire ( 1 4) ^t la diplomatique (i5) ne doivent point lui être étran-^
(13) La Traie philosophie guidée par le goût doit toujours déterminer le choix du bibliophile.
Le bibliographe doit avoir au moins des notions superficielles de théologie, des sciences morale et politique', etc., afin d'éviter la confusion dans le classement des livres qui traitent de ces diverses matières et pour avoir aussi une idée de la valeur intrinsèque de ces sortes de livres.
(14) Après Tétude des langues celle de la géographie et ({e l'histoire est indispensable a un bibliographe ; car celui qui n'aurait aucune connaissance géographique , ne pourrait pas fixer le rang que doit occuper Thistoire topographique des différens pays ; il ne pourrait pas faire un clasiement régulier de la multitude des voyages qui existent ; et s'il ne connaissait pas la chronologie et Vhisioire , il ne pourrait pas placer non plus les livres historiques dans leur ordre chronologique. Cet ordre chronologique s'entend non de l'époque de l'impression d'un livre, mais de l'ordre des événemens qui y sont relatés.
(1^ C'est-à-dire , la science et l'art de connaître les différentes écritures et la date des diplômes , ( Les diplômes sont des actes émanés ordinairement de l'autorité des rois, et quelquefois des personnes d'un grade inférieur , tels que des ducs , des comtes , etc. On donne encore aux diplômes le nom de titres et de chartes), et par conséquent de vérifier la vérité ou la fausseté de ceux qui pourraient avoir été altérés , contrefaits et imités pour les substituer quelquefois à des titres certains et à de véritables diplômes* ( V. Peignot , dict. de bibliologie , au mot diplomatique ). D'où vient que cette science qui conduit à tant d'heureuses découvertes , et qu'on pourrait appeler en quelque
gères y aîosique rhislpire de l'impriiuerie (i6) et des célèbres imprimeurs ( 1 7). Il en est de même de tout eequi coostitue Je matériel d uq livre , comme : papier y parchemin , vélin, etc. (18) ; caractères (19), justification (20) , encre (21), impression (23) , format (aS) ,
façon la def de la littérature , soit aus^i ojéigiigée qu^elle Test de dos jours ? Les difficultés qui ajccompaguent ordinairement les premiers pas qu'on fait dans une carrièi^e aussi épineuse , ont pu déconcerter ceux qui i^oulaient s*y livrer. Il est vrai , les abords de la diplomatique sont froids , secs et rebutants ; mais a-t-on su dévorer les premiers dé-* goûts y on est ensu.itç dédommagé de ses peines par les précieux avantages qu'on en retire. V. Il* partie chap. i. Nous renvoyons le lecteur à la III* partie de notre manuel pour la liste des ouvrages de diplomatique.
(16) V. IL part. chap. nu
(17) V. IL part. chap. iv-vu. i(18) V. IL part. chap. 11.
(19) V. IL part. chap. ix.
(30) On entend par jttsti/ioation en terme d'imprimerie »
* ' la hauteur des pages et la largueur des lignes , plus ou
moins grandes. Pour justifier les pages ,^il ne faut pas qu'il y ait plus de lignes à l'une qu'à l'autre. Les lignes se justifient dans un composteur ( c'est un morceau de fer ou de cuivre , plat , poli , de neuf à dix pouces de long ,
* sur cinq a six lignes de large , et portant un rebord de deux à trois lignes de haut dans toute sa longueur , il est terminé à son extrémité antérieure en forme d'équerre , etc. ) monté pour donner la longueur précise que l'on désire , pour qu'elles soient extrêmement justes, il ne faut pas que Tune excède l'autre , et la propreté de la composition exige que tous les mots soient espacés régulièrement.
(21) On entend pai: le mot encre toute matière appar
reiiape,elc. (24)' S'occuper sans cesse d^ ouvrages des ancieoâ (qS) et des modernes ; s'appliquer à connaître
renie de l'écriture. L* encre é^ imprimerie n'est autre chose qu'un mélange de noir de famée et dlinile de noii ott de lin , réduit» en rerois par la cuisson : Thaile de noix est surtout préférable. Lorsqu'on veut faire des encre» de couleur^ au lieu de noir de fumée , on met , pour le rouge , du vermillon en poudre bien sec , auquel on ajoute un peu de carmin ; pour le yerd, du verd de gris calciné et préparé; pour le bleu , du bleu de Prusse ; pour le jaune , de l'or-* pin ; pour le violet ^ de la laque fine calcinée; ainsi des autres couleurs , en y mêlant du blanc de céruse selon la .teinte qu'on y veut donner.
(22) Ce mot signifie l'action par laquelle on met en usage les procédés typographiques ; et dans ce sens on dit commencer fimpression éfun ouvrage ; ou il signifie le résultat de cette action , et alors on dit une belle impression , etc. y.. II. part. chap. x.
(23) V. II. part. chap. xv.
(24) il est essentiel de soigner pour la conservation des livres par une reliure solide et bien achevée. V. II. p. ch. xvii.
(25) « C'est en lisant les anciens que l'on juge et que l'on goûte mieux les bons modernes qui leur ressemblent ; c'est avec eux que le goût s'épure et que l'âme s'élève et se fortifie , que le sentiment de la vraie gloire et l'amour du vrai beau s'accroissent et s'affermissent. 'On ne les lit pas assez. Nous avons beaucoup d'écrivains et peu d'hommes de lettres. Quel homme de lettres d'une classe distinguée n'a pas souvent à se plaindre des injustices de ses contemporains ? He bien ! qu'il se réfugie alors dans le sein de l'antiquité ; c'est là son véritable asile. Si les progrès du mauvais goût , les préventions de l'ignorance , les noirceurs de l'envie , les outrages de la haine , jettent dans son âme ce découragement involontaire qui se fait; sentir
( «6) les livres utiles , rares et curieux (26) ; passer sa vie à les analyser , les classer , les décrire ; parcourir les bibliothèques et les cabinets pour augmenter la somme de ses connaissances ; étudier les auteurs qui ont traité de la science des livres (37) , relever leurs erreurs ; choisir dans les productions nouvelles celles qui sont marquées au coin du génie et qui doivent vivre dans la mémoire des hommes (^28);
quelquefois à ceux qui aiment le plus les beaux-arts , alors qu'il revienne vivre avec Horace , Virgile et Gicéron ; qu'il converse avec ses grandes âmes ; la sienne retrouvera tout son courage ; et c'est avec de pareils confrères qu'il oubliera
ses ennemis ^ . « Mais d'où nait ce charme qui attache
dans leurs ouvrages et nous y rappelle sans cesse ? Qu'estce qui soutient en eux ce ton d'élévation naturelle qui ne se dément presque jamais ? C'est que les lettres étaient pour eux un besoin de l'âme , et non pas un métier de convenance ; c'est qu'ils répanidaient sur le papier des idées et des sentiments qu'ils ne cherchaient pas ailleurs qu'en eux-mêmes, c'est qu'ils ont un caractère qui leur appartient et qui donne sa couleur à tout ce qu'ils composent. Aussi ne voyez-vous jamais chez eux ce mélange de toiïs que l'on remarque aujourd'hui dans une foule d'auteurs qui ne peuvent 4n avoir un qui leur soit propre , etc. etc. » y. Laharpe , Suet. , dise. prél.
(26) V. It. part. chap. xvi.
(27) Une liste des ouvrages qui traitent de la science des livres se trouve dans la III. partie de notre manuel.
(28) La littérature prise en général offre malheureusement un amalgame , dans lequel il faut nécessairement faire un choix ; nom sunt bona , sunt quaedam mediocriq, , sutU mala plura ( Martial. £p. 17 , lib. I ). L'on con-
( '7 ) fureter dans les journaux littéraires pour se tenir sans cesse au courant des découvertes de son siècle , et les comparer à celles des siècles passés (29) ; être avide de tous les ouvrages qui traitent des bibliothèques (3o), et surtout des catalogues lorsqu'ils sont bien faits , bien raisonnes et que les prisv ajoutent encore à leur valeur (3i). Telles sont les occupations du vrai bibliographe. Ce sont là toutes connaissances qu'il doit réunir.
Tiendra que Ton ne peut apporter trop d'attention à ne choisir que ce qui est vraiment bon , vraiment utile; et il est reconnu que les excellens livres , ceux que Fananimité des soufrages place au premier rang , sont les seuls dont la valeur intrinsèque soit constante et même aille toujours en croissant.
(29) L'allemagne , l'Angleterre, la France, l'Italie, la Hollande et la Belgique ont enrichi la république des lettres d'une multitude d'excellens journaux. C'est encore là et surtout en Allemagne où la critique a été élevée au plus haut degré de supériorité. C'est donc dans les écrits périodiques , que l'homme , qui veut s'instruire profondement dans l'histoire littéraire et dans la bibliographie , doit chercher ses lumières.
Pour rester au courant des nouvelles productions, nous engageons les bibliographes à parcourir avec attention les journaux littéraires que nous indiquons dans la III. partie de notre ouvrage.
. (30) Le lecteur trouvera dans la III. partie de notre ouvrage, une liste des livres qui traitent des bibliothèques en général.
(31) V. II. part. chap. xx.
( i8 ) 1) est certain qu'un seul homme , quelque longue que soit sa carrière , ne pourrait jamais parvenir à devenir un bibliographe parfait , parce qu'il fau^raft qu'il embrassât toutes les sciences , tous les arts , et qu^il connût tous les ouvrages qui en traitent , ou pour miéiix dire, qui existent.
Mais s'il est impossible qu'un seul individu acquièrre l'universalité des connaissances humaines relativement à la bibliographie , s'il est impossible de parvenir à mériter le titre de bibliognoste {^a) j îl en existe cependant qui ont parcouru cette cair- Vière avec le plus grand avantage possible , soit comme savans , soit comme bibliothécaires ou comme amateurs (33).
(32) Ce mot tiré an grec , signifie uùe personne versée dans la connaissance historique et littéraire âes livres , et dans celle de leurs parties intrinsèques. Une des fonction^ principales du bibliognxfste est le classement méthodique dé6 livres ; sous ce rapport il devient bibliotçiote.
Les allemands considèrent avec raison la bibliognosie comme la clef de toutes les sciences *, aussi , quand ils traitent iin sujet quelconque eh donnent-ils ordinairement la littérature : c'est ainsi qu'ils appellent Ténumération des ouvrages que Ton peut consulter sur la même matière.
(33) De ce nombre sont : Photius , Gesner , Lacroix du Maine , Du Verdier , Naudé , Lambecius , Placcius , Magliabecchi , Lelong , Orlandi , Fabricius , Slruvius , Vogt , Niceron , Maittaire , Marchand, Saxiûs, Dav. Clément , Goujet, Meerman, De Bure, Grevenna, Rive, Mercier, Laire, Panzer > Oberiinus « Jocher , Ënslin , Van Hulthem , etc.
( 19) CHAPITRE n.
Des conncàssances requises dans un Bibliothécaireet des devoirs qu'il a à remplir.
Ce que nous venons de dire du bibliographe ^ s'applique au Bibliothécaire , personne chargée de la classificatiou ^ du soin , de la conservation et du service d^une bibliothèque (i).
Les fonctions du bibliothécaire sont d'autant pliia important^^ que ses connaissances devraient être, pp^r ^insi dir^ , universelles (a). Il dqit être p^r-^ iaiitement au fait de l'histoire littéraire et du me-*
Qpî oo cojpo^it aujourd'hui M. Reuouard, rbistorieu de& h\^ , le laborieux et luodeiste M. Gabriel Peignot , le $ai;;anjL et infatigable M. Van Praet , et M. Nodier en France ^ l'Angleterre a son Bicbard-Heber , Uilluster Spepcer çt le bibliothécaire Dibdin ; la Belgique M. Lammens , le baroa de ReifFenbere ; la Hollande , M. le baron de Westi^eenea de Tiellandt et M. J. Koning ; rÂllemagne , les Griuira » les Ebert , les Ersch , les Heinsius , les Pertz , les Mone \ le Banemarck , les Abrahamson , etc.
(1) $ous les rois Garlovingiens , les bibliothécaires écri^' raient , dataient et expédiaient les actes de Tautorité royale.. Les mêmes fonctions leur étaient confiées par les papes y et leur charge tenait le premier rang à la cour pontificale. Il en était de même des bibliothécaires des arche-^ Têchés , etc.. , surtout en Italie.
(2) Les ouvrages qui traitent des fonctions du bibliothécaire se trouvent indiqués dans le IH. partie de notre WianueL
( 3o) canisme de l'art typograpliique (3); cette dernière partie surtout lui est essentielle pour décider du
(3) Quelques détails suffiront pour donner une idée sur le mécanisme de Tart typographique.
La typographie a surtout pour objet :
lo La gravure ou taille des poinçons^
2° La frappe des matrices ,
3*^ La fonte des caractères ,
4« L'impression.
Uart de fondre les caractères à Taîde de matrices frappées avec des poinçons à été découvert en Allemagne vers Fan 1440. L^utilité générale qu'on lui trouva en rendit les succès très rapides. Plusieurs personnes s^occupèrent ensuite de sa perfection. De sorte que Tart de graver et de fondre les caractères ,est parvenu de nos jours à un degré de perfection qui laisse difficilement concevoir qu^il puisse s^éléver plus haut.
Les procédés de l'art tynogi'aphique sont : 1^ La distribution , 2** La composition , S** ^imposition , et 4o L'impression*
La distribution des caractères , consiste à mettre chaque lettre et chaque signe de ponctuation , etc, dans le cassetin (petits compartimens des différentes grandeur) qui lui est destiné.
La composition est Tart d'assembler les lettres conformément au manuscrit que Ton appelle copie. Les ouvriers chargés de cette opération , se nomment compositeurs,
JJimposition consiste à placer les pages formées dans Tordre qui leur convient et à les entourer de différentes pièces de bois qui forment les marges de ces pages , étant plus basses que les caractères.
L'impression est Tart de fixer sur le papier d'une manière indélébile , avec lé secours de Tencre et d'une près-
( ai )
format , du caractère et de l'impression de certaines éditions du i5^ siècle et du commencement du i6® (4) ; il doit connaître aussi les arts dépendant de la typographie, tels que le dessin , la peinture (5)
sioD suffisante » l'empreinte des caractères combinés suivant la copie. Les ouvriers chargés de cette opération se nomment imprimeurs. Celui qui dirige , sous les ordres du mcdtre, les travaux d^une imprimerie , qui a la garde des matériaux nécessaires à leur exécution , Tinspection des ouvrages , qui est chargé de la lecture des épreuves, ou au moins de la vérification des dernières corrections , etc. , se nomme prote. Il est bouvent secondé, dans les grands établissements , par deux sous-protes , dont Tun est attaché à la composition et l'autre aux presses.
(4) Chaque imprimeur avait alors sa fonderie et ses poinçons , qu'il retouchait ou gravait de nouveau lorsqu'il n'en était pas content , et alors il supprimait son nom et souvent l'année dans les premières éditions dont il était. mécontent , etc.
(5) Comme il se trouve dans la plupart des grands établissements pour l'instruction publique des collections de tcd)leanx , nous croyons devoir conseiller aux bibliographes et aux bibliothécaires d'apprendre à connaître les différentes écoles d'où sont sortis les grands peintres , telles que Y école florentine , ï école romaine , Y école de Venise , Y école lombarde y Yécole française , Yécole allemande , Y école hol^ IcMdaise et Yécole anglaise ; d^apprendre la nomenclature des peintres , afin qu'à la vue d'un tableau , ou du nom de son auteur , ils puissent reconnaître à quelle école il appartient ; alors la classification des tableaux sera métho. dique , beaucoup plus simple et plus instructive ; enfin il doit connaître les différons genres de peinture , tel que ]a peinhire à Vhuile , au pastel , à fresque , à t encaustique ;
et la ^vare , tant sof bo\s que sur coivrp (6) ,
la pemture éludaeûptB; la jp^fittere an eaml, et enfin iapeMi- UMTe #t^ f «nie.
On peut consolter à cet effet :
Buriin , Fr. Xav. , traité des connaissances qni sont nécessaires i tout amateur de tableaux. &3ueUes 180S , % ▼ol. in-8^. aTec fig.
CansidértUioni , sur l'état de la peinture en kalie » dans les quatre siècles qui ont précédé celui de Raphaël ( par M. Artaud), 2. édit. Paris, Paris 1811, 1 toL in-8>.
GauH'de-Saint-Gertnainf guide des amateurs de peinture dans les collections générales et particulières , les magasins et les Tentes. Paris 1816 , 1 vol. ïn-S^, On a du même auteur : guide des amateure de tableaux pour les écoles alle^ mande , flamande et hollandaise , Paris 1818 , 2 vol. in-12.
Huber, notions générales 'des graveurs divisés par nations , et des peintres rangés par écoles , précédées de Thistoire de la gravure et de la peinture depuis Forigine de ces arts jusqu'à nos jours , et suivies d'un catalogue raisonné d'une collection choisie d'estampes , Dresden et Leipsick 1787, 1. vol. in-8*».
Laugier, manière de bien juger les ouvrages de peinture , Paris 1771 , 1 vol. in- 12.
Lens , André , du bon goût , ou de la beauté de la peinture considérée dans toutes ses parties , Bruxelles 1811 , 1 vol. in-8°.
(6) De tous les arts d'imitation il n'en est aucun qui soit d'une utilité plus générale que la gravure. Dès le commencement on s'en est servi pour étendre les diverses branches de nos connaissances. C'est à cet art que nous devons les plus sûrs moyens de communiquer la représentation des objets visibles ; c'est lui qui nous a dispensés d'avoir re* QOMrs à ces descriptions embarassantes , et presque toujours.
))Oùt- ^'ôùVôir Uen jtt^ér dû )kïérke ()és mihiàtu-
fautives dont on était obligé de se servir pour faire connaître ce que Von peut mettre aujourdliui sous les yeux, et Indiquer clairen^'ent , à Tàide d^une estampe accon]|]ragbée d'une simple explidàtion.
Ce que Timprimerie a fait po'ur les scielicès , la •gravure Ta fait pour les arts ; elle a rendu atil anciens peintres d'Italie , en conservant et en multipliant leurs ouvrages , le même service que Fimprimerie a rendu aux anciens auteurs.
Il existe peu de bibliothèques publiques où il ne se trouve quelque collection de gravures; il est donc intéressant de connaître quels sont les artistes qui se sont le plus distingués dans cette partie , tel que Gnay , Rivas , Clément Biragues ; Gillé ; Hugo de Carpi , Massa Finiguerro , Mantegna 9 Albert Durer, Fr. Parmigiano , J. Chr. Le Blond ; Stapart ; Bonnet ; Gilles des Marteaux ; Simon ; Bulliard ; Kedouté , Bervie , Duvivier , Desnoyers , Massard , Ponce» Laurent y Roger, Bolswert et les autres excellens graveurs auxquels nous devons la reproduction des chefs d*œuvres des Rubens , des Van Dyck , etc. ; et de connaître les différentes sortes de gravure , telle que la gravure en relief et en creux des pierres et des cristaux chez les anciens; la gravure sur diamant^ sur métaux ( la chalcographie ) ; sur bois , en clairobscur ou en camaïeu ^ en cuivre, à Veau forte, eh con^ leur à Timitation de la peinture , en manière noire ( connue sous le nom de Messo-tinto ) , au pinceau , au pastel, à Timitation du crayon» en lavis, sur acier, sur verrez gravure de fleurs , etc.
Nous finirons cette note par indiquer quelques auteurs qui ont écrit sûr Torigine de la gravure , sur les différent); genres, sur la vie des principaux graveurs , et éhfîn sur la manière d'arranger les porte-feuilles d'estampes.
Basan , dictionnaire des graveurs , Paris 1789 , 2 vol. in>8.
rcs (7) et des figures qui se rencontrent si souvent, soit dans les manuscrits , soit dans les livres imprimés. Il doit savoir donner une description exacte dW ouvrage
Heinecken , K. H. t. , idée générale d'une collection d'estampes , etc. Leipz. 1771 , 1 vol. in-8**.
Hubert et Rosû^ manuel des cnrienx et des amateurs de l'art ; Zurich 1797-1808 , 9 vol. in-S*».
Jansen , essai sur l'origine de la gravure en bois et en taille douce , et sur la connaissance des estampes des 15* et 16« siècles , etc. Paris 1808 , 2 vol. in-8.
Enfin comme beaucoup de célèbres peintres et graveurs , ont caché leur nom dans les tableaux ou gravures sous des monogrammes , chiffres , etc. , qui ne sont pas faciles à exprimer, nous indiquerons à ce sujet deux excellents ou-vrâges qui seront d'une grande ressource aux iconophiles ; c'est :
Bruillot^ dictionnaire des monogrammes, marques figurées , lettres initiales et noms abrégés , sous lesquels les peintres , graveurs , dessinateurs et sculpteurs ont designé les noms , Stouttgart 1832, 2 parties in-4. et
Chriest , J. Fr. , anzeige ùnd auslegung der Monogrammen einzelncn ùnd verzogcnen anfangsbùchstaben der Namen y aùch andrer ziigc ùnd zeichen , ùnter welchen berûhmte Ma- 1er , kupfcrslecher ù, a. d. kiinstler aùf ihren werken sich verborgen haben, Leipzich 1747, ùnd Paris 1762, 1 vol. in-8.
(7) On a d'abord donné le nom de miniature aux peintures qui accompagnaient les manuscrits , parce que dans l'origine c'étaient de simples traits marqués en marge ou aux initiales avec le minium. C'est peut être , à cause de ces petites proportions de figures , que l'on a donné le nom de miniature et ensuite mignature , à un genre de peinture en petit, dans lequel on emploie des couleurs délayées ù l'eau gommée.
quelconque , rare et curieux (8) '^ en rendre fidèlement le titre , la date (9) , le nom de la ville (10), de l'imprimeur et de Tauteur (11). Il doit s'appliquer aussi à connaître les écritures des différens siècles, pour apprendre à déchififrer les manuscrits qui lui sont confiés (12). L'étude des médailles (i 3),
On peut consulter à cet effet les ouvrages suivants :
Mayol , introd. à la mignature , Amsterdam 1771 , 1 vol. in 12".
Rive y (abbé) essai sur Tart de vérifier Tâge des miniatures peintes dans les Mss. , in fol. etc.
Trait , del disegno c délie pittura in miniatura. Yenedig. 1768 , in 80.
Violet , traité sur l'art de peindre en miniature , Paris 1788, 2 vol. in 18.
(8) Car , pour dresser un bon catalogue , il faut connaître chaque livre autrement que par l'étiquette du dos , ou par le titre ; souvent les titres sont trompeurs , et si on leur donnait trop de confiance , on courrait risque, de commettre des méprises quelquefois fort ridicules , comme , par exemple , de placer le traité des fluxions de Maclaurin , avec les livres de Pathologie.
(9) V. II. part. chap. xii.
(10) V. II. part. chap. viii.
(11) Pour la copie des titres voyez chap. xiy. et suiv.
(12) V. II. part. chap. i.
(13) On appelle médaille ( du mot latin metallum , métal ) toute pièce d'or , d'argent , de bronze, etc., et à deux faces^ qui porte une empreinte destinée à conserver la mémoire d'un grand homme y d'un souverain , ou d'un événement remarquable. 4
(a6) de riconc^raphie (i4) et celle des manuscrits se
Noos borner à indiquer ici les simples élémens de la science des médailles , augmenterait encore trop notre volume , nous nous contenterons d'en indiquer les grandes divisions :
l^. Division , quant à la matière , dont sont composées les médailles , médailles d*or , d'argent , de billon , de bronze « de cui?re , d'étain , de fer , de plomb , de potip ;
2^ Division , quant à la forme. On distribue les médailles en médaillons , médailles et quinaires , pour Tor et l'argent ; et pour le cuivre , en grand , moyen et petit bronze.
S®. Division , quant a/ux temps. On distingue les médailles en anciennes et modernes. Les médailles anciennes sont les médailles égyptiennes , grecques , consulaires , impériales , étrusques , gothiques ; on comprend parmi les médailles modernes , celles qui ont été frappées depuis environ 350 ans , c'est-à-dire , depuis la destruction de l'empire d'Orient.
On peut consulter sur cette partie, les ouvrages suivants :
Eokhel , J. , doctrina numerorum velerum. Vindeb. 1792 sq. 8 vol. in 4.*>
Jacob , Ger. , traité élémentaire de numismatique ancienne grecque et romaine , composé d'après celui d'ËckheL Paris , 1825 , 2 vol. in-8.
Millin , Â. L. , introduction à l'étude des médailles. Paris 1796, in 8.
Rasohe , J. Chr. , lexicon universae rei nummariae vêterum. Lips, 1785 , 7 tom. en 14 vol. in-8.
(14) C'est-à-dire la description des images ou statues antiques de marbre et de bronze , des bustes , des demi, bustes , des dieux pénates , des peintures à fresque , des mosaïques et des miniatures anciennes etc. Un des meilleurs ouvrages sur cette partie est :
( ^7 ) prêtent uu mutuel secours. Les trésors de la littérature ancienne doivent être son domaine , ainsi que ceux de la littérature moderne ; enfin après avoir acquis la connaissance des livres , il doit se faire une méthode facile et lumineuse pour leur classification. Cette classification doit être ^simple et claire, et il faut qu'au premier coup d'œil, elle offre un résultat qui ne fatigue point l'esprit et qui plaise à l'imagination (i5).
Visconti^ iconographie ancienne, on recueil des portraits authentiques des empereurs , rois et hommes illustres de Tanliquité. Paris 1811 et suîv. 3 vol. in 4». avec 1 vol. de pi. in fol. Ces quatre volumes comprennent Ticonographie gi*ecque. L'iconographie romaine , dont Visconti nous a laissé le 1*' volume , est continuée par M. Mongez , et formera 8 vol. in 4». avec planches , et un supplément a Ticonographie grecque.
(15) Certainement ce n'est pas un ouvrage aisé de ranger en bon ordre les livres d'une grande bibliolhè<|ue. La multitude s'imagine qu'avec des moyens fort ordinaires on peut très-bien réussir dans cette opération ; il est mémo des personnes qui , sans ètve de la classe ignorante de la société , ne se font pas une grande idée des fonctions du bibliothécaire. Parce quelles ont vu la plupart de nos Plutus confier le soin de l^urs riches bibliothèques à leurs valets , ou à des hommes sortis de la boutique de quelque libraire , elles croient qu'on peut-être un bon bibliothécaire sans un grand savoir.
Pour ranger les livres dans an ordre savant et méthodique , ce n'est pas assez d'avoir wne idée vague de la matière dont ils traitent , il est nécessaire encore de bien connaître toutes ces branches et même j^isqu'anx plus
( ^8") n faut que le bibliothécaire soit exempt de tonte espèce de préjugés religieux et politiques (16). Il se doit au public, et surtout aux vrais amateurs , qui trouveront en lui une bibliothèque parlante , qui tireront plus de secours de sa vaste et complaisante
petits rameaux , si Ton i^eut suivre leur enchainement y leur liaison et mettre chaque partie a la véritahle place qui lui convient. Il se présente souvent la question de savoir dans quelle classe on rangera de préférence des livres qui , sous différens rapports , peuvent appartenir , soit à une classe , soit à une autre, soit même à plusieurs classes en même temps. Ce ne serait pas résoudre la question , dHmaginer qu'on se procurera plusieurs exemplaires d*un môme ouvrage , pour en placer un dans chacune des classes avec lesquelles il a des rapports. Cette mesure ne ferait que constater l'incertitude du bibliothécaire. £t si Ton nieUait dans chacune des classes , des exemplaires de même édition , on surchargerait la bibliothèque d'un nombre de livres inutiles. Il faut dans les circonstances de ce genre se décider par la qualité qui rend Touvrage plus remarquable. Enfin celui qui a arrangé une bibliothèque d'après un système quelconque , doit être en état de dire pour quelle raison il a assigné à telle partie le rang qu'elle occupe dans la classification qu'il a adoptée.
(16) Il est parfois à la tête des biblîolhèques publiques des hommes dune conscience timorée et d'une rciii::on par trop méticuleuse , qui , dominés par leurs propres opinions, ne considèrent pas qu'un établissement pareil est destiné à l'usage des savans et des personnes studieuses de toutes les opinions. Loin donc de faire abnégation de leurs propt^s idées , ils écartent soigneusement du dépôt qui leur o<? contié . tout livre qui est en opposition avec leur manière de penser.
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( ^9) érudition , que de ses registres d'ordre , de ses tables alphabétiques, de ses séries numérotées. U se doit à une jeunesse curieuse et avide d'instruction , pour qui il sera un guide sûr et aflfable , qui la conduira aux sources les plus pures et les plus abordables. Il doit être pour les Professeurs des écoles publiques , un collègue utile y un ami éclairé , un conseil permanant , qui , de concert avec eux , travaillera au succès de l'instruction publique (17)*
Nous sentons qu'en exigeant d'un bibliothécaire tant de savoir , tant de lumières , nous nous faisons à nous-méme notre procès. Au reste , si une expérience de sept années passées au service d'une bibliothèque publique ne nous a pas rendu plus habile , au moins nous a-t-elle appris , en nous fesant connaître ce qui nous manque , quelles sont les connaissances requises du bibliothécaire et les devoirs qu'il
(17) Ce n*est donc pas sans raison que Ton compare le bibliothécaire ignorant à Feunuque chargé de la garde du sérail. C'est un bibliothécaire de cette espèce qui, trouvant une livre hébreu , le porta ainsi sur son catalogue : Item , un livre dont le commencement est à la fin, Uacadémicien et embassadeur Guill. Bautru , ayant visité la bibliothèque de TEscurial , dont le bibliothécaire était si ignorant qu'il ne connaissait pas même la plupart des livres de sa collection , dit au roi d'Espagne , qu'il devrait donner l'administration de ses finances à son bibliothécaire de l'Elscurial. Le roi en demanda la raison, u C'est , lui répondit Bautru , parce qu'il n'a jamais touché à ce que votre majesté lai a confié ».
a à remplir ; elle nous a mis en état par cela même d'en parler avec plus d'assurance (i8).