‹ Manuel du bibliothécaire, accompagné de notes critiques, historiques et littérairesChapitre 41 sur 118 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des pîus célèbres imprimeurs du 1 6* siècle.

Nou3 avons mentionné dans le tableau précédent la plupart des imprimem-s qui , à l'aurore de l'im-

àl'kbolUioD da gothique en France. Mais il fut tonjours chéri en Allemagne , en Hollande et en Belgique.

(6) Le premier ouvrage sorti do la presse en cette langue est une bible à l'usage des juifs de Bologne. GilUt Gourmont est le premier imprimeur de Paris qui ait employa des caractères hébreui.

primerie, portèrent ce bel art dan» la plupart des contrées de l'Europe. Ces hommes estimables eurent de dignes successeurs dans le 1 6* siècle. Aide Pius Manuce se vit revivre honorablement dans Paul Manuce , son fils , et Aide Manuce , son petit fils , qui soutinrent dignement à Venise la haute réputation de leur père et aïeul , et qui , comme lui , ne furent pas moins illustres par leur savoir que par leur habilité dans l'art typographique. Les éditions sorties de leurs presses sont très recherchées des amateurs (i).

Les Juntes , famille également illustre dans l'imprimerie, parurent avec éclat, dans le i6* siècle , à Rome , à Venise et à Florence (2) , d'où ils passèrent à Lyon.

En France , Josse Badius (3) après avoir exercé

(1) M. Renouard, libraire, connu par son goût pour la typographie et par les belles édiiioqs qu'il a publiées , a également mis au jour une histoire des éditions aldines en 2 Yol. in-S*' ; le premier contient la nomenclature de toutes ces éditions , chacune accompagnée de notes critiques et littéraires ; le second Tolume contient une courte préface , une yie succincte des trois Aides j la notice de toutes Kes éditions faites de 1480 à 1502, par André d'Asola; celle tles contrefacteurs de Lyon ; des tables très-amples , etc. Nous y renvoyons nos lecteurs , qui y trouveront une ample matière d'instruction bibliographique.

(2) Ceux de Florence surtout se firent remarquer par

la beauté et la correction de leurs éditions d'ouvrages grecs et latins.

(3) Le surnom âî'Ascencius \m vient d^Assche , bourg sitné à 2 1. ^ de Bruxelles , où il est né.

son art à Lyon , Tint s'établir à Paris. Il y publia un grand nombre d'éditions très estimées par leur correction et par les préfaces savantes dont il les enrichit. Son fils Conrad Badius se distingua à Genève comme imprimeur et comme auteur. Il a publié quelques ouvrages avec Robert Etienne , son beau frère, qui le suivit dans cette ville. Conrad est mort vers i566.

Parmi les imprimeurs qui fleurirent à Paris sur la fin du i5® siècle , et au commencement du 16®^ on doit distinguer uintoine Vérard. Il a publié plus de cent volumes , principalement des romans , sur yélin et ornés de très-belles miniatures. *

La noinbreuse famille des Etiennes est une des plus illustres dans les annales typographiques du 16® siècle. On en compte quinze de ce nom. Mais Robert Etienne (4) et Henri II (5) , soq fils, se sont principalement immortalisés par leurs vastes connaissances autant que par la perfection qu'ils ont donnée à leur art. Etienne mourut en iSSg.

Simon de Colines j qui avait épousé la veuve de Robert Etienne , introduisit en France l'usage du caractère italique, avec lequel il imprima des ouvrages entiers. Les éditions des livres grecs, données par

(4) Des auteurs l'ont regardé comme le premier imprimeur du monde entier.

(5) Il était très versé dans la langue grecque, et publia le Thésaurus linguae graecae , en 1572 , en 4 vol. in-fol.

de Colines, sont d'une beauté et d'une correction admirables. U mourut vers i55o.

Michel Vascosan s'est distingué , dans le 1 6** siècle , par ses éditions , recommandables surtout par le cboix et la beauté des caractères, par la bonté du papier, la largeur des marges , la sévérité de la correction et le cboix des- bons ouvrages. Il mourut vers 1676 (6).

Mamert Pâtisson s'est acquis dans son art une réputation égale à celle des Etiennes. Tout est admirable dans ses éditions ; beaux caractères , bon papier , belles marges , correction et netteté ; voilà ce qui fait le mérite de ses productions typographiques. U joignait aux talens d'un habile typographe les connaissances littéraires sans lesquelles un imprimeur ne peut jamais se faire un grand nom (7).

Les deux TP^echel , Chrétien et André son fils , se distinguèrent dans la carrière typographique. Plusieurs bonnes éditions sortirent des presses que André Wechel avait établies dans la ville de Francfort. André mourut en i58i.

Enfin Sébastien Nivelle y les Morel y Dolet d* Orléans j Millanges de Bordeaux y les Cryphius de lyyon , etc. , répandirent sur l'imprimerie , dans le 16* siècle, le plus grand éclat (8).

(6) Si son nom se trouve à la tête de quelques livres , postérieurement à cette année y ce n'est pas lui , mais son fils qui les a imprimés,

(7) Il ne prenait que les manuscrits des auteurs d'une réputation faite,

(8) V. Peicjnotf dicl. rais, de bibliologie, aux noms cités»

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