‹ Manuel du bibliothécaire, accompagné de notes critiques, historiques et littérairesChapitre 45 sur 118 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Des caractères employés pour P impression.

L'art de Jondre les caractères (i) à l'aide de matrices frappées avec des poinçons a été découvert en Allemagne, comme nous l'avons remarqué au Ghap. m de la seconde partie. Son utilité en rendit

(12) Ou Wimberg pn Bohème.

(13) 0pp. nohih in regno Valentino ^ dît Panzer.

(1) On entend par caractères un assortiment complet de tous les signes qui seryent à représenter un discours par l'impression ; tel que , grandes et petites capitales , lettres dvL bas de case , chiffres , ponctuation , etc.

les succès pkts rapides. Plusieurs personnel s'oecu-* pèrent en même temps de sa perfecti(xi ; les uns s'unissant d'intérêt avec l'inventeur , d'autres volant , à ce qu'on prétend , une partie du ^secret pour faire société à part , et enrichir l'art naissant de leur propre expérience. Quoiqu'il en soit ^ l'art de graver et de fondre les caractères est parvenu de nos \oùrê à un degré de perfection qui laisse diiBcileiBeiit concevoir qu'il puisse s'élever plus haut.

On avait donné aux différens corps de caractères des noms purement conventionnels pour les désigner et les distinguer les uns des autres. Mais un artiste de nos jours a cru devoir substituer à ces dénominations équivoques une méthode plus judicieuse ; c'est de désigner les caractères par le nombre dépeints que comportent leurs corps. Pour cela il a eu recours à une mesure commune , appelée point typo^ graphique ^ lequel consiste dans la sixième partie d'une ligne. Cependant tous les fondeurs n'ayant point encore adopté cette règle , il en résulte une grande diversité dans les caractères , tant sous la rapport de l'œil que sous celui de là force de corps (a) elle-même.

Dans l'imprimerie on a distingué pendant long-

(2) On appela foreû de oûrps la limuieur da caractère qui comprend Foeil, comiuie daas les lettres «, e, «v», qvi o^ont pas de queues; 'plus les -queites supérieures, comote dons la lettre d ; plus encore les queues inférieures , comme dasos la lettre g.

( «69) tems deux seules espèces de caractères ; le caractère romain et le caractère italique (3). Après on y a introduit trois autres espèces. Ces nouveaux caractères imitent différents genres d'écritures à la plume. La première peut être nommée écTiiure financière ; elle se divise en bâtarde , coulée y et anglaise. La seconde est la ronde ; la troisième est la gothique {J^.

(3) Le caraclère romain est dû à Nie. Jenson , imprinreur à Venise au 16« siècle. Il fut nommé romain , à cause des capitales romaines qui servaient de majuscules. Le caractère italique tire son origine de Técriture de la chancellerie romaine , désignée par les mots cursivetos seu cancellarios. De la vient qu*on a appelé celte sorte d'écriture cursive. Il a été aussi connu sous le nom de lettres vénitiennes ^ parce que les premiers poinçons ont été faits à Venise ; ou sons celui de lettres aldines^ parce que Aldus Manu-' tius is*en est servi le premier; enfin le nom à^italique lui a été donné parce qu'il nous vient d'Ilâlie , et ce nom a prévalu. On s*en sert pour distinguer les citations, certains passages, etc. V. Peignot^ dict. rais, de bibliologie, t. I. pag. 138.

(4) La bâtarde ancienne , en usage en France dans les 14« et 15^ siècles , dérive des lettres de forme , dont on a retranché les angles et quelques traits. Notre ronde finan^ cièrcj dont on ne s'est point encore défait, en conserve quelques traces. On les remarque plnis particulièrement dans les livres de la civilité que l'on donne aux personnes ( et même aux enfans ) pour les préparer à la lecture des vieilles écritures. Les caractères gothiques employés dans les éditions du 15' siècle n'ont rien de commun avec ceux que les Goths apportèrent en Italie et en Espagne , lors de leurs incursions. Celui dont Ulphilas , évéque Arien , Goth de nation , est réputé l'auteur, se nomme gothique ancienf

Autrefois on distinguait jusqu'à 27 sortes de caractères diflférens , depuis l'œil le plus fin jusqu'à l'œil le plus gros , et dont la plupart ne sont plus en usage aujourd'hui.

Dans l'impossibilité où nous nous trouvons de. pouvoir donner ici un tableau avec modèles de tous ces diflferens caractères, nous devons nous contenter d'en donner une simple dénomination que nous avons extraite d^un manuscrit fort curieux qui se trouve entre les mains de MM. Vanlinthout et Vandenzande , imprimeurs libraires à Louvain (5). Ces caractères sont :

A, Doubles Capitales :

composé du grec et du latin. Le gothique moderne est la consommation delà décadence de récriture dans les 13%14^et 15* siècles. Les caractères gothiques anciens dans Timprimerie , sont connues sous le nom de lettres de forme , à cause des traits angulaires , pointus^ qui rendent la forme de ces lettres plus composée. Us étaient d'abord destinés en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en Flandre, pour les inscriptions publiques , pour les livres d'église , etc. La plupart des imprimeurs du 15* siècle, ont employé dans leurs éditions les lettres de somme , moins chargées d'angles et de pointes que les lettreis de forme. Les Anglais les désignent sous celui de hlaek-letter , les Flamands sous celui de lettres St.'Pierre ; et la plupart des autres peuples sous celui de caractères Flamands ou Allemands,

(5) Cet ouvrage a pour litre : Klynen formaet-hoek van de edele konste der boeck-druckerye door Franciscus Masson , tôt Brussel , by Franciscus Masson , letter-zetter van »yfien stieL 1708 , 1 vol. gr. inA2^ Msc,

I. Capitales ornées en bois; a. Capit en bois; 3. Autres Capit. en bois ; 4- Capit. parisiennes ; 5. Capit. double-parangon; 6. Capit. double texte ;

7. Capit. double Augustin ; 8. Capit. double médian ; 9. Capit. double descendian ; 10. Capit. double garmond.

B. Caractères Flamands ou Allemands :

1. Diamant allemand ; 2. Robin ; 3. Perle; 4* Co-^ lonel; 5. Bréviaire; 6. Bourgeois; 7. Garmond ;

8. Descendian allemand sur Garmond ; 9. Descendian allemand; 10. Médian allemand; 1 1. Augustin; 12. Texte; i3. Parangon; iJ\. Canon; i5. Médian écriture; 16. Texte écriture; — 17. Descendian notes; 18. Médian noies ; 19. Grand Augustin notes ; 20. Double Augustin notes.

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