‹ Manuel du citoyen catholiqueChapitre 19 sur 20 · LEÇON XIV · texte numérisé non relu

LEÇON XIV

DU POUVOIR DE L'EGLISE RELATIVEMENT A l'eDITCA- TION DES ENFANTS.

lo J.-O. qui a sanctifié, par V institution du sacrement de mariage, V union des époux chrétiens, n yaz-il pas aussi confié à son Église le soin de veiller à ce que les enfants qui en sont le fruit, reçoivent une éducation chrétienne ?

Oui, J.-C, qui a sanctifié par l'institution du sacrement de mariage l'union des époux chrétiens, a aussi confié à son Eglise le soin de veiller à ce que les enfants qui en sont le fruit, reçoivent une éducation chrétienne. Il résulte, en effet, de ce que l'Eglise a reçu la mission sacrée d'enseigner aux hommes les vérités de la religion, qu'elle a le devoir et par conséquent le droit de veiller avec une sollicitude spéciale à l'éducation chrétienne des enfants qui lui appartiennent par le baptême. Etant leur mère dans l'ordre de la grâce, elle est obligée de leur procurer, autant qu'il dépend d'elle, le double bienfait de son divin enseignement et de sa protection maternelle. La gravité de ce devoir se prouve par l'influence qu'exerce sur toute la vie l'éducation reçue dans l'enfance et la jeunesse.

2o L Église a-t-elle le droit (V intervenir directement et avec autorité dans V éducation donnée à sei enfants, soit dans leurs familles, soit dans les écolen

publiques ?

Oui. l'Eglise a le droit d'intervenir directement et avec autorité dans l'éducation donnée à ses enfants, soit dans leurs familles, soit dans les écoles publiques. C'est là encore une conséquence de la mission qu'elle seule a reçue de prêcher à tous les hommes, dans tous les temps et dans tous les lieux, la doctrine du salut; car il suit de là qu'elle possède le droit strict: lo de voir à ce que dans les universités, les collèges, les séminaires, les écoles tant publiques que privées, on n'enseigne à ses enfants rien de contraire à la foi et à la morale; 2o de diriger par elle-même, à l'exclusion de toute autre autorité, ou du moins de contrôler par ses évêques et ses pasteurs tout enseignement religieux.

3o Jj'jËglise a-t-elle le droit incontestable Savoir elle-même ses établissements publics d'éducation, *es séminaires, ses collèges, etc. ?

Oui, l'Eglise a le droit incontestable d'avoir elle-même ses établissements publics d'éducation, ses séminaires et ses collèges. Ce droit, elle ne le tient pas de l'Etat, mais de J.-C. qui l'a faite société vraie et parfaite, et conséquemment lui a donné le pouvoir de créer tous les établissements qu'elle juge nécessaires pour atteindre sa fin spéciale. Si, d'ailleurs, l'Etat pouvait légitimement empêcher l'Egliee d'avoir ses séminaires, ses écoles et ses collèges, non seulement il la blesserait ainsi gravement dans sa dignité et son indépendance, mais il pourrait lui rendre impossible le recrutement de ses ministres et mettre ainsi son existence dans le plus grand péril.

4o L'État n'a-t-il pas cependant, lui aussi, des droits sur Véducation des enfant* ?

Oui, l'Etat a, lui aussi, des droits sur l'éduca-

tion des enfants; car, il est de l'intérêt de la société civile comme de la société religieuse, d'avoir des hommes instruits et capables de diriger les affaires publiques. L'instruction civile, d'ailleurs, est regardée avec raison comme un des premiers moyens à prendre, dans l'intérêt delà civilisation d'un peuple. Ainsi, il est du devoir de l'Etat de la favoriser et de la propager#

5o L'État est-il obligé, pour remplir sa mission à cet égard, de créer des écol 'es publiques et des collèges?

Non, l'Etat n'est pas obligé, pour remplir sa mission à cet égard, de créer des écoles publiques et des collèges, car sa mission consiste non pas à se substituer aux parents à qui il appartient avant tout de donner à leurs enfants l'éducation qui leur est nécessaire, mais à leur fournir les moyens de remplir leur devoir sur ce point. Il doit donc laisser le plus d'initiative possible à la liberté individuelle, et subventionner les établissements libres ou privés plutôt que d'en fonder lni-même. Mais, ce qui lui est interdit surtout, et ce qu'il ne pourrait faire sans se rendre coupable d'une vraie tyrannie, ce serait de méconnaître les droits des parents, et de prétendre imposer aux familles ses écoles, ses maîtres, sa méthode et ses livres d'enseignement.

60 Certains libéraux politiques ne prétendentils pas que Von ne devrait donner dans les écoles publiques aucun enseignement religieux ?

Oui, certains libéraux politiques prétendent que l'on ne devrait donner dans les écoles publiques aucun enseignement religieux. C'est là encore une application de leur faux principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Et c'est pourquoi on a, de nos jours, établi ou essayé d'établir, dans divers pays;

des écoles publiques d'où est banni absolument tout enseignement des vérités de la religion.

7o Ce système cT écoles appelées avec raison : " Écotes sans ÎJieu "est-il condamnable ?

Oui, ce système d'écoles appelées avec raison " Ecoles sans Dieu," est condamnable; parce qu'il méconnaît entièrement les droits de l'Eglise relativement à l'éducation des enfants baptisés, en ne lui laissant exercer sur cette éducation aucun contrôle sérieux et efficace. Il est cependant certain, comme l'écrivait Pie IX en 1864, que si c'est un système très pernicieux que de vouloir séparer l'enseignement des sciences et des lettres de l'enseignement religieux, il serait plus funeste encore de bannir l'enseignement de ces écoles élémentaires où les plus jeunes enfants doivent par-dessus tout s'instruire des premières vérités de la foi, apprendre les préceptes de la morale chrétienne et être formés à la piété et à la vertu. " ( 1 ) ( Lettre à l'archevêque de Fribourg, 14 juillet 1804. )

8o Est-il permis à des parents catholiques (Renvoyer leurs enfants à des "Écoles sans Dieu" ou à

écoles protestantes ?

( 1 ) Q'on fasse attention spécialemet aux deux propositions suivantes condamnées dans le Syi.larts:

Prop. XI/VII — I,a bonne constitution de la société civile demande que les écoles populaires qui sont ouvertes à tous les enfants de chaque classe du peuple et, en général, que les institutions publiques destinées aux lettres, à une instruction supérieure et à une éducation plus élevée de la jeunesse, soient affranchies de toute autorité de l'Église, de toute influence modératrice et de toute ingérance de sa part; et qu'elles soient pleinement soumises à la volonté de l'autorité civile et politique, suivant le désir des gouvernements et le courant des opinions générales de l'époque.

Prop. XlyVIII — Des catholiques peuvent approuver un système d'éducation en dehors delà foi catholique et de l'autorité de l'Église, et qui n'ait pour but, ou du moins pour but principal, que la connaissance des choses purement naturelles et la vie sociale sur cette terre.

Non, il n'est pas permis à des parents catholiques d'envoyer leurs enfants à des écoles sans Dieu ou 4 des écoles protestantes; par<3e que la foi de ces enfants s'y trouverait forcément exposée à des dangers à peu près inévitables. Dans ces sortes d'écoles, en effet, l'attrait d'erreurs séduisantes, le prestige des maîtres et l'influence du milieu où les enfants se trouvent, exerceraient nécessairement une action très dangereuse sur leurs jaunes intelligences et sur leurs jeunes cœurs. Si des oirconstances exceptionnelles paraissent rendre nécessaire une exception à cette règle, l'évêque seul peut la permettre, après s'être assuré qu'il n'y a aucun danger do perversion.

9o Les catholiques ne doivent-ils pas contribuer 9 selon leurs moyens, à la fondation et à V entretien des séminaires et des écoles catholiques, en cas de nécessité ?

Oui, les catholiques doivent contribuer, selon leurs moyens, à la fondation et à l'entretien des séminaires et des écoles catholiques, en cas de nécessité. Ce devoir résulte clairement de l'obligation oi\ ils sont de donner à leurs enfants une éducation en rapport avec la foi qu'ils professent; car, ils feraient preuve d'une coupable indifférence, s'ils refusaient leur concours à des œuvres qui intéressent d'un^ manière si considérable l'avenir des familles chrétien* ne et de l'Eglise dans leur pays.

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