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dite, car il réunit sous l'autorité d'an ou de plusieurs chefs une multitude de familles poursuivant par des efforts communs une fin qui leur est commune : Za félicité temporelle.
30 Chacune de ces deux sociétés rossède-t-elle un pouvoir qui lui est propre, et ce pouvoir estil un pouvoir véritablement souverain ?
Oui, chacune de ces deux Sociétés possède un pouvoir qui lui est propre, et ce pouvoir est un pouvoir véritablement souverain. C'est là une conséquence de l’ordre établi par Dieu pour le: gouvernement du monde ; car, ayant voulu qu’il existât, pour procurer aux hommes le salut éternel et la félicité temporelle, deux sociétés distinctes, il s'ensuit que chäcune d'elles doit être indépendante de l’autre en ce quitient à la pour- ‘uite de sa fin spéciale, qu’elle doit posséder des moyens d'action qui lui soient propres, et enfin, «v’elle doit avoir le droit de se mouvoir dans sa sphère d'action propre avec une souveraine liberté.
40 Bien que l'Eglise et l'Etat soient deux sociétés distincles, jouissant l'une et l'autre d'un pouvoir souverain, l'Eglise ne possède-t-elle pas sur l'Etat une vraie prééminence ?
Oui, bien que l'Eglise et l'Etat soient deux sociétés distinctes, jouissant l’une et l’autre d’un:
pouvoir souverain, l'Eglise possède sur l'Etat une
vraie prééminence, car Dieu, ‘ qui assigne aux
puissances qu’il a établies, le rang qui convient,” (*}
(Rom. XIII, 1) Dieu a élevé l'Eglise au-dessus
de l'Etat en la faisant supérieure à lui par son
origine, sa fin, la nature même de son pouvoir, et l'excellence de ses moyens d'action.
50 Comment l'Eglise at-elle prééminence sur l'Etat par son origine ?
L'Eglise a prééminence sur l'Etat par son origine, parcequ’elle a été instituée par N. S. J. C. lui-même d’une manière immédiate et tient de lui sa constitution et ses prérogatives. Bien que les sociétés civiles aient Dieu pour auteur, parceque Dieu a mis dans le cœur des hommes linclination qui les porte invinciblement à se réunir pour vivre en société, ces sociétés ne doivent pas, cependant, leur existence à son intervention immédiate, car il a laissé aux hommes le soin de les établir et de choisir, à leur gré, la forme de leur gouvernement.
Go Comment l'Eglise est-elle supérieure à l'Etat par sa fin ?
L'Eglise est supérieure à l'Etat par sa fin, parceque cette fin est manifestement plus élevée et
(‘) Quæ sunt à Leo, ordinatæ sunt. (Rom. XIII. 1.)
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plus noble que celle de l'Etat. En effet, elle consiste à prozurer l’union des hommes avec Dieu par la grâce ici-bas, pour assurer ainsi leur éternelle union avec lui dans la gloire du Ciel.
L'Etat, au contraire, n’a pour fin spéciale que la félicité temporelle de ses membres, et dès lors l'Eglise l'emporte sur lui par sa fin autant que les biens éternels de la vie future l’emportent sur les biens périssables de la vie présente.
10 Pourquoi dites-vous que l'Eglise a prééminence sur l'Etat par la nature de sa puissance ?
L'Eglise a prééminence sur l'Etat par la nature de sa puissance, parceque cette puissance est une puissance essentiellement spirituelle, puisqu'elle se rapporte d’une manière immédiate à la sanctification des âmes. La puissance de l'Etat, au contraire, ne peut être par sa nature qu'une puissance temporelle, puisqu'elle n’a pour but que d'assurer l'ordre extérieur de la société et d'en procurer la paix et la prospérité tèmporelles.
80 Comment l'excellence des moyens. d'action de l'Eglise lui assure-t-elle une vraie prééminence sur l'Elat ?
L’excellence des moyens d'action de l'Eglise lui assure une vraie prééminence sur l'Etat, parceque ces moyens sont surtout, comme la fin à laquelle
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ils se rapportent, des moyens de l’ordre surnaturel ou de l'ordre de la grâce; par exemple: la prédication de la parole de Dieu, {es sacrements, etc, autrement ils ne seraient pas des moyens proportionnés à cette fin. Les moyens d'action propres à l'Etat ne sauraient être, par la mème raison, que des moyens de l’ordre naturel, par exemple : l'emploi de la force publique, la prison, les ameudes, etc.
90 La prééminence que l'Eglise possède sur l'Etat est-elle seulement une prééminence de dignité et d'honneur ?
Non, la prééminence que l'Eglise possède sur l'Etat n’est pas seulement une prééminence de dignité et d'honneur. Eile est aussi une prééminence de juridiction véritable, directe dans les choses spirituelles, et indirecte dans les choses temporelles ; car s'il faut reconnaître d’abord, comme l'enseigne le Pape Boniface VIII que ‘“ la puissance spirituelle surpasse en dignité et en noblesse la puissance temporelle, autant que les choses célestes surpassent les choses humaines et terresires,” 1l faut encore professer avec le mème Pape que le glaive temporel (symbole de l'autorité civile) doit être soumis au glaive sprirituel (symbole de l'autorité de l'Eglise), selon cette parole de l’Apôtre : IL n'y
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a pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu, et tout pouvoir qui vient de Dieu est bien ordonné par lui.” (Rom. XIII, 1.) Or, les deux puissances ne seraient pas bien ordonnées si le glaive temporel n'était soumis au glaive spirituel, comme l'inférieur au supérieur” (Bulle Unam Sanctam.) Les leçons suivantes vont faire comprendre en quoi consiste cette prééminence.