‹ Manuel du citoyen catholique [microforme]Chapitre 21 sur 34 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

nir à sa fin. Elle en a besoin 10 pour subsister, parceque les hommesqui:la gouvernent ne sont point de purs esprits, mais des hommes soumis comrne tous les autres aux nécessités de la vie, 20 Pour se développer, parceque l’évangélisation du monde à laquelle elle doit travailler, serait évidemment impossible si l'Eglise ne possédait des ressources matérielles. 30 Pour atteindre sa fin spéciale, parceque si elle n’avait des biens temporels, l'Eglise ne pourrait former de dignes ministres de ses autels, procurer la solennité de son culte, et enfin, faire prospérer les institutions religieuses et charitables qu’il est de son devoir de fonder et de soutenir dans l'intérêt du salut des âmes.

30 L' Eglise lient-elle de J.-C. lui méme son droit de posséder des biens lempor els ?

Oui, l'Eglise tient de JC. lui-même son droit de posséder des biens temporels. Dès lors, en effet, que la raison et l'expérience font voir que son existence et son développement seraient impossibles, sans le secours de ces sortes de biens, il faut en conclure nécessairement que J.-C. lui a donné le droit dont nous parlons. ‘Aussi voyonsnous que,;:derfait, d'Eglise a possédé, dès son

berceau, des bieus temporels. (Act. IV. 34) ét'que ses possessions se sontprovidentiellemeut étendues

LE

et affermies, à mesure qu’elle a grandi, au milieu des peuples conquis par! son zèle. TELL

4o Ce droit natures et divin qu'a l'Eglise de posséder des biens temporels, entraine-t-il celui de les administrer à son gré ?

Oui, le droit naturel et divin qu’a l'Eglise de posséder des biens temporels entraine celui de les administrer à son gré. Ce sont là, en effet, deux choses liées d’une manière si étroite qu’elles ne sauraient être séparées; car ce serait manifestement une dérision que d'attribuer à l'Eglise la possession de biens temporels dont elle n’aurait le pouvoir de faire usage que sous la dépendance et au gré du pouvoir civil.

5o L'Etat a-t.il le devoir de reconnaitre à l'Eglise le droit de propriité qu'elle revendique et de lui laisser la libre administration de ses biens ?

Oui, l'Etat a le devoir de reconnaître à l'Eglise

le droit de propriété qu’elle révendique et de lui ° laisser la libre administration de ses biens. C'est une conséquence nécessaire du légitime domaine que l'Eglise possède sur eux, indépendamment de toute concession du pouvoir civil. D'ailleurs, en manquant à :un.tel devoir, : leschefs : d'un: Etat -chrétien agiraient d’une, manière! contraire -aux

eu

SSé-

‘intérêts religieux de leurs sujets, c'est-à-dire à

leurs intérêts imcomparablement les plus précieux.

60 N'est-il pas de l’intérét de l'Elat lui-méme aussi bien que de son aevoir de laisser ainsi à l'Eglise la libre possession ct la libre administration de ses biens ?

Oui, il est de l'intérêt aussi bien que du devoir de l'Etat de laisser à l'Eglise la libre possession et la libre administration de ses biens, car l'Eglise en règle et en a toujours règlé l'emploi avec une sagesse et un désintéressement admirables. Les regardant d’abord comme les biens de Dieu, les biens du Seigneur, le patrimoine de Jésus Christ, etc., (ainsi Les appellent les Saints Pères) elle les fait servir avant tout à la gloire de Dieu et aux intérêts de la religion. Mais, comme ils sont encore à ses yeux le patrimoine des pauvres, elle en fait usage pour secourir les malheureux dans leurs besoins, soulager leurs misères, recueillir et soigner avec une maternelle charité dans ses asiles et ses hôpitaux les infirmes et les orphelins.

70 Pourquoi regarde:t-on comme nécessaire que de souverain Pontife possède un domaine temporel Sarre SAushaifee P: soit Souverain ou Roi Hemparel 1 |

sOnwébarde avec! raison comme uécéssaire que ds Souverain) Pontiferpossède un domainetèmpo-

rel indépendant, (*) c’est-à-dire qu'il soit Souverain ou Roi temporel, parce que, obligé comme Pape d'exercer son autorité apostolique sur tous les princes chrétiens et sur toutes les nations de ja terre, il faut pour qu'il puisse remplir cette charge sublime avec une parfaite indépendance, qu’il ne soit le sujet d'aucun prince de ce monde, mais qu'il soit lui même, au rontraire, Souverain ou Roi temporel. C'est ce qu'avait compris jusqu’à nos jours ie monde chrétien et ce que l'Eglise a proclamé naguère, en protestant hautement par la voie du Souverain Pontife et des Evêques contre les sacrilègcs envahisseurs des Etats de l'Eglise.

Sn Que faut-il penser de l’objection contre la souverainelé temporelle du Pape, tirée de ces paroles de J.-C. à Pilate : “ Mon royaume n’est pas de ce monde.” (Jean XVIII 36.) ?

L’objection tirée contre ia souveraineté temporelle du Pap2 de ces paroles de J.C. à Pilate:

(‘} Voici, sur ce sujet, deux propositions condamnées dans le Syllabus :

Prop LXXV—Les fils de l'Eglise Chrélienne el Catholique disputent entr'eux sur la compalivililé de la royauté temporelle avec le pouvoir spiriluel.

Prop. LXXVI—L'abrogalion de la souverainelé civile dont le Saint Siége est en possession. servirail mére beaucoup &la liverlé et au bonheur de l'Eglise.

“Mon royaume n’est pas de ce monde ” ne saurait prouver que l'ignorance ou la mauvaise foi de ceux qui se servent ainsi des paroles du Saint Evangile, en les détournant de leur véritable sens. I suffit, en effet, de lire ie récit évangélique et de se rappeler les circonstances dans lesqueiles J.-C. a dit à Pilate : ‘ Mon royaume n’est pas de ce monée” pour comprendre aisément que ces paroles signifient : ‘“ Mon royaume—Aoyaume spirituel — n'est pas d'ici: il n’est de ce mond2 pr’ par son origine, m1 par sa fin ; mais il vient du Ciei.” II ne s’agit donc aucunement ici de royauté temporelle ; et dès lors, les paroles de J..C. que nous avons rapportées ne peuvent rien prouver ni pour ni contre la souveraineté lemporelle du Pape; mais surtout, elles ne sauraient prouver que la garantie d'indépendance donnée au Pape par la chrétienté, qui l'avait établi Roi temporel pour que sa liberté d'action füt parfaitement assurée, ait jamais pu être en opposition avec les vues de Dieu; car ‘ Dieu n'aime rien tant que la liberté de son Eglise.” (Bossuet)

à mms

D ue memes er me -

Page 1