MANUEL DU constructeur de chemins de fer;
Depuis quelques années , plusieurs chemins de fer , établis en France , ont constaté Futilité de ce nouveau genre de communication , et aujourd'hui , d'après les résultats de ce premier essai , on propose de réunir par des chemins de fer très-étendus les principales villes de France. Pour étudier ces grands projets, des fonds spéciaux ont été alloués par les Chambres, et déjà les journaux ont discuté l'influence future de ces lignes immenses sur la circulation générale des individus et des matières vendables, entre les divers centres de l'industrie française.
Ces discussions, généralement basées sur des renseignemens inexacts, forment à peu près les seuls documens que le public ait pu consulter pour s'éclairer sur le fond de la question et sur Futilité absolue de ces grands travaux ; car il n'existe en
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France aucun ouvrage pratique sur les chemins de fer , aucun ouvrage qui montre , d'après les exemples actuels , les avantages et les inconvéniens de ce nouveau mode de transport, et qui indiqué en même temps les principaux perfectionnemens que lui promet l'avenir.
Le traité de M. Tredgold , publié en 1824 et traduit en français quelques années après sa publication en Angleterre, est aujourd'hui beaucoup trop en arrière des perfectionnemens introduits dans Fart de construire les chemins de fer. D'ailleurs M. Tredgold, n'ayant jamais surveillé l'exécution d'aucune entre prise de ce genre, s'est presque borné à des considérations générales.
En 1825, un traité sur les chemins de fer a été publié par M. Wood , inspecteur de la mine de Killingworth , qui est située aux environs de Newcastle. M. Wood y a présenté les résultats d'une série d'expériences curieuses, entreprises par lui sur les chemins de fer des exploitations dont il se trouvait rapproché , et il a déterminé ainsi la valeur de la résistance opposée à la trac-
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tion des chariots, la résistance produite par le frottement des grands câbles des plans inclinés , etc. Mais les progrès rapides de l'art de construire les chemins de fer devancèrent bientôt l'ouvrage de M. Wood , et à la deuxième édition, qui suivit l'ouverture du chemin de Liverpool à Manchester, l'auteur dut faire de considérables additions, qu'il augmenta encore à la troisième édition ; de sorte que cet ouvrage , devenu très-volumineux , peut être considéré aujourd'hui comme l'histoire détaillée des chemins de fer et de tous les essais plus on moins heureux tentés depuis leur origine. Mais d'après son prix , qui s'élève à a 5 francs en Angleterre , une traduction de cet ouvrage n'aurait probablement en France qu'un petit nombre de lecteurs.
Tracer en peu de mots l'histoire des essais tentés dans les divers détails qu'embrasse l'exécution complète d'un chemin de fer; fixer les principes généraux qui doivent guider dans une entreprise de cette nature ; décrire l'état actuel de cet art nouveau, en indiquant les procédés qui
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ont déjà été consacrés par l'expérience , et les points spéciaux vers lesquels doivent se diriger les perfectionnemens , tel est le but que je me suis proposé dans ce petit ouvrage. L'étude pratique que j'ai faite dans ces dernières années , du sujet que j'ai traité , me permet d'espérer que mon travail pourra être utile à deux classes de personnes : d'une part , aux capitalistes qui voudront placer leurs fonds dans des entreprises de ce genre , et qui trouveront ici l'exposition des avantages et des inconvéniens attachés à ce système de communication ; et, de l'autre, aux ingénieurs et conducteurs de travaux qui voudront se former une idée exacte de l'état actuel de l'art de construire les chemins de fer.
Il existe deux points de vue difiérens sous lesquels on peut envisager l'utilité , des chemins de fer. Gomme grandes lignes de communication, ils peuvent diminuer extrêmement les frais du transport des matières entre le lieu de production et le lieu de consommation : ils peuvent faciliter la circulation des individus d'une ville
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vaux employés avec ou sans des écuries mobiles ; les plans automoteurs , les machines stationnaires , enfin , les machines locomotives. Je me suis étendu d'une manière spéciale sur ce dernier système de machines , dont l'emploi est indispensable pour tout chemin de fer destiné à un service actif et important.
La troisième section présente des considérations générales sur les dépenses de construction et d'entretien et sur les avantages principaux des chemins de fer- J'ai cherché d'abord à y fixer les principes généraux qui doivent guider dans la construction de ce système de routes ; je compare ensuite l'économie qu'il est susceptible de procurer , avec les frais ordinaires de transport sur les canaux.
Dans un chapitre particulier j'examine le service des voyageurs sur les chemins de fer , et j'évalue l'avantage des machines locomotives sur les chevaux pour ce genre de travail. Enfin, et comme résumé, je présente de courtes réflexions sur les grandes lignes de chemins de fer projetées en France , et je finis par quel-
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ques mots sur les essais tentés jusqu'ici avec des machines locomotives sur les routes ordinaires .
Je me suis contenté de joindre au texte un nombre de figures suffisant pour représenter d'une manière exacte les bandes, les coussinets et les pièces de croisement, ainsi que les chariots destinés au transport et les , machines locomotives. J'ai donné trois modèles de ces machines ; l'un est l'ancien modèle des machines de Darlington ; les autres sont conformes aux machinesdu chemin de Manchester àLiverpool. J'ai exposé dans le texte les divers détails qui composent l'ensemble d'une machine locomotive; mais j'ai jugé inutile de joindre une figure particulière à chacun de ces détails qui peuvent parfaitement se comprendre, d'après l'explication que j'en ai donnée. Le cadre de cet ouvrage ne me permettait pas de présenter des dessins assez grands , et une figure en petit ne peut jamais être aussi exacte qu'un exposé précis delà forme et des dimensions des diverses pièces qui composent une machine.