CHAPITRE I
Chevaux.
Ce genre de moteur est celui dont l'achat primitif est le moins coûteux; mais cet avantage peut être contre-balancé par les frais qu'exige son entretien journalier, et par la limitation de l'utilité de son service en certaines circonstances.
On a sensiblement varié dans l'appréciation delà quantité de travail journalier qui répond à la force ordinaire d'un cheval. En estimant la puissance des machines à vapeur par force de cheval r on dit généralement que cette force est représentée par 76 kilogrammes élevés à 1 mètre par seconde. La journée de travail d'un cheval étant dé 8 heures environ , il pourrait ainsi élever par jour 2,160,000 kil. à un mètre. Mais cette appréciation est trop élevée pour un cheval ordinaire : car la résistance de 7Ô kil. est trop forte pour ne pas fatiguer promptement un cheval soumis à un travail régulier.
En pratique , cette résistance est réduite à 65 , et même 60 kil. Quant à la vitesse d'un mètre par seconde , elle convient assez pour le développement de la force de l'animal , et peut être même regardée comme donnant le maximum de son travail utile , lequel s'évalue par le produit de la résistance à surmonter, multipliée par l'espace parcouru. Si le cheval marche plus vite ou plus lentement qu'un mètre par seconde, ce produit diminue, parce qu'alors ses mouvemens musculaires ne sont pas libres dans leur action. De plus, un cheval ne peut guères rester sous le collier plus de 8 heures par jour, et il faut généralement qu'il puisse se reposer un jour par semaine.
Ainsi nous admettrons que, pour la conduite
DE CHEMINS DE FER. lo3
des marchandises , un cheval doit aller au pas d'un mètre par seconde ou de 3, 600 mètres à l'heure , ayant à surmonter une résistance de 60 kiL, et travaillant pendant 8 heures; il produira ainsi un effet = 60 X 8 X 3, 600 = 1,728,000 kiL élevés à un mètre»
Nous avons vu que , sur un chemin de fer horizontal et en ligne droite, la résistance moyenne à la traction avec des waggons bien graissés est égale à ~ ou k 7— du poids qui se trouve transporté. Ainsi, chaque 1,000 kiL ou chaque tonne, ce qui est un terme équivalent, produira dans cette circonstance une résistance de 5 kil. , qui agira en sens contraire du cheval , et qu'il devra transporter à 3, 600 mètres en une heure. En divisant donc par 5 le nombre 60 qui exprime la résistance qu'on doit donner a surmonter à l'animal , le quotient exprimera le nombre de tonnes qu'il pourra conduire 5 ce quotient est 12, Ainsi, sur un chemin de fer horizontal et en ligne droite, un cheval pourra couduire 12 mille kil. , ce qui revient à trois waggons chargés chacun de 3, 000 kiL de marchandises, la caisse et les roues de cha* que waggon pesant environ 1,000 kil.
Ce résultat peut être regardé comme un maximum pratique , par deux raisons : l'une, c'est qu'aucun chemin de fer n'est parfaitement horizontal; il se manifeste toujours des
petits tassemens qui produisent des petites I pentes où le cheval se trouve fatigué avec une charge de trois wacgons; l'autre, c'est qu'aucun chemin de fer n'est constamment en ligne I droite, et , pour peu que le rayon des courbes soit au-dessous de i ,000 mètres de rayon , il se ! crée une résistance additionnelle très-sensible dans le tirage. !
Lorsque le chemin de fer parcourus présente j une pente , la résistance comme nous l'avons vu , se trouve augmenter très-rapidement. Sur une pente de 5 mill. par mètre, elle est double de ce qu'elle est en plaine , et Ton ne peut donner au cheval une charge de plus de 6 mille kil. : car ~ = 6 , et en outre il y aura une portion de la force du cheval employée à monter son propre poids. On ne pourra lui donner que 4>ooo kil. sur une pente de 1 cent, par mètre, et ainsi de suite. A 2 centimètres ~ par mètre, l'effort du cheval est réduit à 2,000 kil;, et s'il n'est pas possible d'éviter des pentes semblables, il faut alors chercher pour elles d'autres moteurs moins coûteux; car, dans ce cas, l'effet utile produit par le cheval se trouve trop rapproché de l'effet qu'il produit sur une route ordinaire.
Lorsque presque toute la matière à transporter suit la pente du chemin de fer , et que les chariots remontent vides , un cheval peut
conduire un grand nombre de waggons à la descente ; car alors la partie du poids décomposée suivant la pente agit en sens contraire de la résistance ordinaire due au frottement : mais comme le même cheval doit remonter à vide les chariots qu'il a descendus, il faudra faire entrer cette considération en ligne de compte.
Ainsi , sur une pente de 4mill., la résistance d'un chariot plein à la descente serait égale à
4 00 ° X rizô — 4 kil. : d'où il suit qu'un cheval pourrait mener en descendant un nom* bre de chariots égal à—- ou i5 chariots pleins; mais, à la remonte, la résistance d'un chariot vide étant égale à 4 lui* de poids décomposé, suivant la pente, plus 5 kil. de frottement, ou à 9 kil., un cheval ne pourra remonter que — ou 7 chariots au plus. C'est donc à ce même nombre que devra être fixée sa charge de descente. L'inverse aurait lieu pour une pente de
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