‹ MANUEL DU constructeur de chemins de fer;Chapitre 16 sur 34 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Des conditions générales du tracé des chemins de fer, du prix de leur établissement et de leur entretien.

D'après les considérations exposées dans les chapitres précédens , 011 voit que , pour qu'un chemin de fer puisse opérer les transports de marchandises avec toute l'économie possible » il faut :

i°. Qu'il soit tracé sur des lignes droites ou des courbes très-développées, dont le moin* dre rayon doit être de 5oo mètres» Encore doitou se garder d'établir à la suite Tuue de l'autre plusieurs courbes de ce rayon. Il en résulterait une résistance sensible.

2 0 . Il faut qu'il soit établi sur les pentes les plus douces que pourra comporter le terrain ; car nous avons vu l'augmentation de résistance qui résulte de la moindre inclinaison dans la ligne parcourue. Si l'on peut ménager la pente générale dans le sens du plus grand transport , cette disposition sera d'un extrême avantage ,

en assimilant le chemin de fer à une rivière où les bateaux descendent sans moteur.

3°. Il faut que le service se fasse autant que possible par une seule espèce de moteur, sur toute l'étendue de la ligne : ou au moins il faut la diviser eu relais de quatre à cinq lieues , desservies par un seul moteur ; car à chaque changement de moteur, il y a stationnement de waggons; et de ce stationnement résultent un grand encombrement et une perte de temps très-importante avec un matériel limité comme celui des chemins de fer.

Pour confirmer par un seul exemple l'importance de ces trois conditions générales, supposons un chemin de fer établi sur le terrain d'une de nos routes royales , avec leur succession de pentes et de contre-pentes rapides. Sur un semblable chemin de fer il faudrait modifier, continuellement, soit la nature du moteur, soit la charge qu'il devrait traîner; de là il suit qu'il y aurait un embarras perpétuel dans le mouvement des transports, et ce chemin de fer serait même inférieur comme économie à la route royale , sur laquelle les transports s'exécuteraient d'une manière continue et sans encombrement.

Voici quelques détails sur le tracé des plus grands chemins de fer exécutés jusqu'ici.

Le chemin de Liverpool à Manchester est établi sur des courbes dont le rayon moyen varie de i ,000 à 2,000 mètres, et qui réunissent entre elles des lignes droites extrêmement étendues. A l'entrée de Manchester seulement il existe deux courbes assez raides, de 5oo pieds anglais soit i5o mètres de rayon; mais elles se trouvent presque dans le point de chargement, et les convois n'y sont plus lancés avec cette grande vitesse, si surprenante et si célébrée dans les journaux anglais.

Yoici le profil de ce chemin :

Manchester.

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