‹ Manuel du cours de chimie organiqueChapitre 30 sur 40 · EXTRACTION DU SUCRE DE BETTERAVES · texte numérisé non relu

EXTRACTION DU SUCRE DE BETTERAVES

Culture des betteraves. --(Variétés, influence du toi, k engrais, des stimulons; semis, repiquages binage, sth clage, arrachage.) — Conservation. (Caves, celliers, tUm, dessiccation.) — Composition physiologique et chimique. — Lavage. — • Râpage. — Pressurage de la pulpe. — Lévigation (lévigateur Pellelan). — Macération (procédé il M. Mathieu de Dombasle). — Défécation (Chaudière à 0e quer). — Filtration (filtres Dumont).

Les betteraves cultivées ne sont que des sousvariétés de la betterave {beta ravid), qui est une variété de la betterave commune {beta vulgarisa laquelle est elle-même une espèce de bette (beta), genre de la famille des chénopodées. Juss.

Dire que la betterave est une chénopodée ou atriplicée, c'est déjà avertir que cette plante est avide des sels que renferme le sol, et que, si pour bien se développer elle exige des terrains salés, il faut néanmoins les éviter lorqu'on la destine a la fabrication du sucre. Nous reviendrons plus loin sur ces considérations (i).

(1) C'est en effet à la famille des chénopodées qu'appar-

Le choix de la variété de betteraves ;i cultiver, lorsque la pulpe doit servir h l'extraction du sucre, est très important; car M. Payen a reconnu que ce principe est contenu , selon les différentes variétés, dans les proportions qui varient entre o,o5 et 0,09 , et par cela seul qu'on aura adopté une variété de préférence a une autre , on pourra, lors delà fabrication d'une quantité égale de betterave?, obtenir plus de jus; d une quantité égale de jus, plus de sirop ; d'une quantité égale de sirop , plus dé sacre ; enfin, d'une quantité égale de sucre, un plus grand prix.

i° La betterave longue rose ou au palatinat , dite racine de disette, racine d'abondance, botterave champêtre, turlips dans quelques département de l'Est (beta silvestris); en anglais, fieldbtet; en allemand, mangold-wurzel ; en italien f Ueiiola , est la variété la plus connue , avec les

tient le genre soude (soda), à espèces précieuses, qui, brûlées, Jsuraissent la soude. Presque tous les végétaux de cette &* nulle se plaisent dans les terrains salés»

Lesracines des plantes se comportent envers les substances solubles déposées dans la terre , comme une éponge qui *f inm bibe de tous les liquides qu'elle rencontre. Les matières qui tout ainsi introduites dans l'organisme végétal 7 demeurent & quantité plus ou moins grande * et sont rejetéesau dehers j raivant qu'elles Sont ou non susceptibles d'être assimilées ; laaa les chénopodéçs, les matières salines entraînées par t'eau que pompent les racines, ne son t pas rejétéfes au dehors $ dles contribuent au contraire à leur accroissement.

Des takrlcans ont appris , à. leurs dépens , sur les côtes dé la Toscane , que la betterave est mUcape; «u trois ans cette

betteraves panachées et rouges, qui parviennent an plus fort volume , mais sont aussi celles qui renferment le moins de sucre (1).

a° La betterave blanche ^ de Silésie (beta alba), est l'espèce qui fournit le plus de jus et le plus de sucre. Dans nos contrées, elle dégénère un peu, sa chair passe au rose ou est formée de zones blanches et roses ; c'est celle qui résiste le mieux aux gelées et aux sécheresses ; son tissu plus serré la rend, lors de la récolte, moins susceptible aux chocs qui , désagrégeant les cellules dont ces racines sont fournies , y déterminent un commencement de fermentation. Cest l'espèce qui se déchausse le moins , c'est-à-dire qui sort le moins du sol ; c'est là une considération qui n'est pas sans importance ; car la partie de la racine qui se trouve ainsi exposéeLa l'action de la lumière et des intempéries de l'atmosphère , renferme beaucoup moins de sucre que celle qui s'enfonce dans le sol, et

plante successivement cultivée dans le même toi très salé, le dessale complètement La récolte ne peut servir à la fabrication du sucre, elle est très convenable pour la nourritare des bestiaux.

(1) Ces espèces donnent beaucoup de produit en feuille* etcn racines, c'est ce qui les fait destiner aux bestiaux; mais

c'est une erreur de croire qu'elles sont préférables à la betterave blanche de Silésie pour cet usage ; les betteraves tt" crées se conservent mieux , sont plus nutritives, d'une enhnre plus facile. A Grignon , nous avons vu que cette dernière leur était préférée , et nous avons reconnu que 5 partiale la betterave disette ne contiennent pas plus de substance ■«• tritive pour les animaux que 3 de la Manche. .

contient beaucoup do principes salés; sa composition chimique et physique se rapproche beaucoup de celle des pétioles et dés feuilles.

3° La betterave de Casietnaudarjr ou betterave jaune (beta lutea major) est fusiforme et demande un sol assez profond; cette variété convient mieux aux contrées méridionales de la France, c'est, après la betterave de Silésie , celle qui contient le plus de sucre.

- 4° La betterave jaune-blanche (à peau jaune et k chair blanche) a été trouvée , par M. de Dombasle y la plus riche en sucre après la blanche, mais elle est très peu répandue et donne peu de jus.

Presque tous les terrains conviennent k la culture des betteraves , mais avec plus ou moins d'avantages ; elles préfèrent les sols légers, meubles, profonds , riches en humus , tels que les terrains d'alluvion ; dans les sols sablonneux , elles n'arrivent pas aux dimensions considérables de loh^o livres, qu'elles atteignent dans les terrains très nutritifs , mais les racines de i aa livres y contiennent plus de matière saccharine (i).

(1) Chantai , qui a tant contribué à la propagation de cette industrie par ses ouvrages et ses exemples , a toujours préféré les racines d'une à deux livres, plus abondantes en sucre, et qui permettent de l'extraire à moins de frais, quoique l'hectare n'en fournisse alors que 20 à 30 milliers de kilos , plutôt que ces énormes racines qui contiennent beaucoup d'eau, et qui peuvent produire une masse de lOOtnilBers de kilos de betteraves par hectare.

Les sols les moins favorables à la culture do cette plante sont les terres Argileuses et tetiaces* dans lesquelles les variétés, dont les racines sortent de terre , sont préférables , ainsi que dans les sols peu profonds , parce que leur croissance y est moins gênée et l'arrachage moins difficile. Les terrains très calcaires ne conviennent pas non pins. On peut dire , en général , que la plupart des terres h froment qui ne sont pas trop argileuses , et la plupart des terres à seigle qui ne sont pas trop crayeuses ni trop, maigres , peuvent avanta-» g e use ment être cultivées en betteraves.

La culture des betteraves Subit des modifications suivant les climats ; les irrigations ne sont pas convenables partout. Dans quelques localités elles sont indispensables ; dans tous les cas elles ne doivent pas cire submergées. En Lombardie, où l'on a recours aux irrigations, il est quelquefois arrive de voir des champs de betteraves submergés seulement pendant un jour, être détruits en presque totalité; afin d'éviter ces graves accidens, on fera , dans les terres qui nécessitent des irrigations (comme dans les terres naturellement humides), h l'aide d'un battoir, des sillons espacés de om,70 environ , et c'est sur la crête de ces sillons qu'on place les graines ou qu'on wpique les jennes plantes (i).

(1) M. Aug. de Gaspario a reconnu , par une longue et* périence , que la betterave est la seule racine à laquelle en

La betterave demande un sol abondant en principes nutritifs ; il convient donc de fumer à Tau* tourne ou du moins avant janvier. Tous les engrais ne conviennent pas à sa culture , on doit éviter ceux qui contiennent des sels, pour la raison que nous avons indiquée plus haut; à ce titre, on devra éviter l'emploi des gadoues ou boues des villes ; lorsqu'on a employé beaucoup de fumiers de bœufs ou de chevaux, le jus des betteraves renferme de la potasse et de l'ammoniaque combinées qui deviennent libres et jouent dans la fa-* b ri cation un rôle nuisible. Les engrais les moins énergiques, le noir animalisék petites doses, les marcs et résidus de la fabrication (noir de raffine" rie, par le procédé Bouchet, voy. a4# leçon (1)).

puisse , en Provence , s'adresser avec confiance pour rempla» «er les prairies artificielles , dont l'insuffisance et la casualité sont trop certaines sous ce climat ardent. Le sol est toujours défoncé à deux traits de charrue , bien ameublé et préparé à recevoir la semence par un grand rouleau cannelé qu'on promène sur le sol fraîchement labouré , et qui y dessine des ados , sur le sommet desquels on place la graine ; cette graine est mise en place à la cheville , et pour obvier à l'inconvénient qui résulte des pluies battantes et des vents violens qui durcissent le sol au point de rendre presque impossible la sortie des graines hors de terre , on les recouvre avec de la silice pure ; les plantes ne sont espacées que de 0m,30, ce qui en donne environ 90,000 à l'hectare, et peut porter le'produit, avec une moyenne de deux livres par racine, à 1800 quintaux. (C. Bailly de Merlieux.)

(1) Dans cette fabrique, où l'on obtient du sucre de betteraves de premier jet, livrable à la consommation, on clarifie le jus avec du noir animal fin et du sang de bœuf qui la toa-

Les récoltes enfouies en vert , sont donc particulièrement convenables. Dans le pays d'Altem-

gule ; ce mélange, recueilli dans les filtres Taylor (voyex raffinerie), est tout-à-fait analogue au noir de raffinerie. Cfat on engrais qui doit entrer en ligne de compte dans les irais et produits de cet établissement perfectionné.

Frets de culture d'un hectare de beuerawes, semées en place,

d'après M. de Dombasle.

Loyer de la terre 60 i

Frais généraux de la ferme , comprenant intérêt du

capital d'exploitation , entretien des instrumens ,

dépenses de ménage, etc., évaluées par hect. à*. 60 »

Deux labours à 15 fr 30 »

Deux hersages à 3 fr 6 »

Fumier : vingt-cinq voitures de 6a 700 kilos, & 5 fr.

font 1x5 fr. , dont moitié à la charge de la récolte

de betteraves 62 50

Semence , 5 kilos à 2 francs • . 10 »

Rayonnage et semaille au semoir 3 •

Premier sarclage à la main : 30 journées de femme

à 75 centimes 22 50

Deuxième sarclage et éclaircissement de plants, 20

journées de femme 15 >

Arrachage, décolletage et nettoyage des racines, \

savoir : une journée de 3 trois chevaux, à 2 fr,

P«tète 6 fcy jus

Deux hommes pour la charrue à arracher. 4 »

Trente-cinq journées de femme pour le

nettoyage 24 25

Transport des racines à la ferme, 3 Toitures à 1 chey*1, employées pendant une journée, pour la conduite de 20,000 kilos 9 »

Chargement, déchargement et emmagasinage des

racines , S journées d'homme à 1 fr 8 •

34 25 Produits : Dnns un sol on le froment donne en moyenne

bonrg (Saxe), d'après M. Moll, tes cultivateurs ne craignent pas, en sus de la fumure ordinaire, d'arroser plusieurs fois avec du purin leurs betteraves f depuis Tinstant du repiquage jusqu'à celui de la récolte; on le répand après la pluie et par divers moyens appropriés. Au surplus, lorsqu'on adopte le mode de culture par repiquage, il est essentiel que le sol de la pépinière soit fumé plus fortement, afin qu'il produise du plant assez. gros pour assurer la reprise*

On doit réserver pour porte-graine (la betterave est bisannuelle), les betteraves à chair blanche, d'une. moyenne grosseur et bien vivaces, afin d'éviter autant que possible la dégénérescence. Chaque pied de betterave peut fournir depuis 5 jus-' qu'à 10 onces de semence ; la graine conserve sa faculté germinative pendant ^k5 années. L'époque la plus convenable pour le semis de la betterave, est celle où la terre, déjà échauffée par le soleil ,< et. parfaitement meuble, renferme encore assez d'humidité pour, favoriser la germination et hâter le développement de la plante , et où les gelées printanières seront peu à craindre quand les premières feuilles sortiront de terre.

15 hectolitres par hectare, on doit obtenir un produit moyen de 20,000 kilos de betterayes, ce qui en établit le prix à

16 fr. 21 c. les 100 kilos. Dans les terrains assex fertiles pour rendre en moyenne 22 hectolitres de froment, on obtiendra, arec peu de frais supplémentaires , un produit de 50,000 kilos.

La graine de betterave étant assez long-temps h germer, pour en hâter la levée , certains cultivateurs la mettent tremper pendant plusieurs jours dans de l'eau ou du purin ; on obtient ainsi «ne avance importante , mais on risque quelque* fois, si. la saison est défavorable, de perdre la semaille. Le semis a lieu à la volée (10 h 12 kilog. de graine par hectare) ; en rayons ou en lignes, ce qui exige 5 à 6 kilog. de graine. Dans la petite culture , où tous les binages devront avoir lieu à la main , 18 pouces eutre les lignes , et même de 13 h i5 dans les terres maigres, suffisent, et on peut mettre les 3 ou 4 graines par touffe, h chaque longueur de 9 à i5 pouces , ce qui offre l'avantage de garnir le champ d'une manière plus égale. On sème en pépinières, pour repiquer lorsque le plant est parvenu h une certaine grosseur, manière qui est avantageuse lorsqu'on veut hâter le développement des betteraves, ou lorsqu'on doit les placer dans un sol humide , froid , ou dans des terres très sales, mais qui impose une transplantation longue, dispendieuse , et qui , en faisant presque toujours perdre aux racines leur pivot, les empoche de s'allonger, et leur fait produire une multitude de radicules nuisibles à leur valeur ; il arrive aussi très souvent que , par le repiquage, les racines se bifurquent et emprisonnent des cailloux qu'elles rencontrent dans le sol ; il en résulte un inconvénient qui peut avoir des suites très graves, si l'on n'a pas le soin de séparer, lors de la fabrication, ces

bifurcations. Des râpes ont clé brisées par des cailloux qu'on n'avait pas eu la précaution d'extraire , ou qui avaient échappé au triage.

Le repiquage a lieu du i5 mai au i5 juin , lors* que le plant a environ la grosseur du petit doigt. On profite autant que possible d'un temps pluvieux. Lorsqu'on le peut , l'arrosage avec de Peau eu avec du purin est très avantageux. Il est encore bon de mettre dans chaque trou ; destiné à être rempli par une betterave, une pincée de noir animalité; cela produit les meilleurs effets (i). Le re+ piquage V exécute au plantoir et à la charrue.

La méthode du semis en pépinière avec repiquage est peu usitée en France et dans les grandes cultures de la Flandre; elle est, au contraire , adoptée dans presque toutes les contrées de l'Allemagne , où la betterave est cultivée en grand ; et M. de IDombasle la recommande hautement. « Ses partisans et ses détracteurs appuient leur sentiment par de très bonnes raisons , qu'il faut abandonner au jugement souverain de la pratique. » (Bailly de Merlieux.)

Les binages et sarclages fréquens sont la garantie de la prospérité des racines, comme de

(1) Cet engrais , qui convient parfaitement i la culture des betteraves , et qui a été employé pour la premier» Ibis par M. Payen , dans ses propriétés et dans celle d'une sucrerie qu'il dirigeait , a toujours fourni les résultats tes plus heureux. Le noir ammalisê prend sa place , dans la fabrication du sucre de betteraves, à côté du noir animal, de far

l'heureux résultat des cultures sarclées par le nettoiement et la préparation du sol. Ils sont de première nécessité pour la betterave, et c'est particulièrement sous ce rapport qu'il y a un avantage immense a les cultiver en rayons, l'économie dans les frais de main-d'œuvre s'élevant à plus de moitié (i).

Le premier sarclage a toujours lieu k. la main; on se sert de la serfouette ; pour le second, qui se donne quinze jours ou trois semaines plus tard, on peut encore employer le sarcloir ou la houe à cheval, mais on est toujours obligé de biner à la main dans les lignes. On doit avoir soin, de ne commencer les binages qu'après que ta terre est suffisamment ressuyée , sans cependant être devenue sèche ou durcie.

Véclaircissage des plants s'exécute lors du' premier ou du deuxième arrachage. Cet arrachage est une opération indispensable, assez délicate quand plusieurs plantes se touchent, et qui demande à être faite avec attention , en appuyant au pied de celles qu'on veut conserver, et tirant les autres sur le côté en les inclinant. Il doit

chaux, etc. Nous sommes en mesure de donner sur la préparation et l'emploi de cet engrais tous les renseignement désirables , ainsi que sur la revivificalion du noir animal, ion dosage, e te», etc.

(1) « Aucune plante , dit M. de Dombasle , ne souffre auuut que la betterave du retard ou de la négligence apporuv dans ce premier sarclage ou dans ceux qui doivent le suivre. »

arssé* les planis dans les lignes a 8 ou 10 ponces, it même à 5 on 6, si Ton veut obtenir des racines Doyennes. On ne saurait trop répéter que la belle «me des racines , qui est assurée par de nombreux Mnfltiéftiens de la terre , démontre qu'il n'y pfes Àt plus fausse économie que celle qui porte ar les travaux d'entretien et de propreté qui iennent de nous occuper.

Plusieurs considérations tendent a faire retarder epliis possible la récolté ou V arrachage des betêràves, comme plusieurs aussi tendent i Tavaner. Quelques agronomes pensent que la betterave agne constamment en terre jusque dans la saion la plus avancée | aussi bien en grosseur que le is en densité ; mais il faut se livrer le plus* tôt ô&ible à la fabrication , si Ton ne veut éprouver es pertes réelles dans le rendement (i), dé sorte ùe ron commence l'arrachage de la mi-septembre là fin d'octobre, afin de commencer le travail eu iptembre. L'arrachage des betteraves est exécuté ir des hommes et souvent par des femmes a l'aide a louchet et du trident pour celles qui ne sortent îirit de terre et dans les terres fortes ; il sufi souvent dans les terres légères , et presque

(1) On obtient toujours une quantité de sucrç sensibleent plus grande dans les premiers mois de la campagne que » la fin.' La fermentation dans les silos, l'influencé de saison , sont des causes trop évidentes pour que nous ayons ssoin d'y insister davantage.

toujours pour les racines qui croissent bon de terre, de les tirer par le bas des feuilles, ce qui est préférable , car il faut éviter tout ce qui peut entamer et contusionner les racines ; autant que pénible, l'arrachage doit se faire par un temps sac, afin que la terre qui adhère aux racines , s'en détache facilement Le décolletage suit immédiatement l'arrachage ; il consiste à couper le collet de h racine , soit d'un seul coup de louche t frappé avec netteté , et après avoir couché les racines sur la terre, soit en prenant la betterave h la main et par des coupures successives avec un couteau ou une serpe. Daus celte opération , on enlève aussi l'extrémité des racines cl f excès de terre adhérente; il faut veiller à ce que les ouvriers ne les frappent pas pour cela Tune contre l'autre 9 comme on le fait habituellement, et, en général, ne les heurtent pas rudement, parce qu'il en résulte des contusions qui déterminent la pourriture des racines daus les tas.

Les betteraves arrachées et décolletées sont mises sur le champ en petits monts, qui permettent aux voitures de chargement de le parcourir ji sans écraser les racines; on les charge alor$ pour p les conduire aux lieux de conservation ou directe- £ ment à la fabrique. Lorsqu'on laisse sur le sol les \ feuilles et les collets , ces matières peuvent éqot- t

valoir à un quart de fumure , pourvp qu'on Jf* enterre immédiatement.

Il faut mettre la betterave arrachée h l'abri de*

influences qui peuvent trop activer sa^eiminalion, la gelw, Y échauffer, etc., eic. (i).

Nous laisserons parler M. de Dombasle sur les diveiB.jnodtS: de conservation : « On transporte l*s W£Î119MUbs un cellier ou dans une cave sèche, ou dans des silos que Ton construit à cet effet. On fera bien de ne loger dans les caves ou cei* li$r| que la quantité qui doit être consommée jusque It^Rfk des fortes gelées, car les rajaines se conservant beaucoup mieux en silos. Ces derniers se fpnt en creusant y dans un sol h l'abri de l'humidité, an fossé d'un pied de profondeur environ 9 0{id# quelques pouces seulement, si le local n'est pj$ JbwLen s£a Ces fosses peuvent être rondes , en \pyfx donnant quatre, pieds ou quatre pieds et defpide diamètre. Oin pe^^u^i faire Iça fossés cp carré long, en leur donnant pour largeur les dimensions que je viens d'indiquer pour le diamètre des fosses rondes.

« On emplit les fosses de racines, on les amon-

(1) Suivant MM. Baudrimont et Grarr , la betterave étant une plante bisannuelle , doit continuer de végéter dans les fastes, etl'on ne doit pas s'inquiéter des jeunes feuilles qu'elle produit quelquefois y quoiqu'il y passe une petite partie de sucre , parce que si elle ne poussait pas du tout , ce serait un signe évident de la mort du végétal, et il s'ensuivrait promptement une altération dans les principes immédiats , ou une espèce de fermentation d'abord acide , puis visqueuse, puis enfin putride, d'où il résulterait, avec plus ou moins de célérité , selon les causes agissantes , la décomposition et la pourriture.

celle nu-dessus de la surface du terrain , en formant un cône élevé pour les fosses rondes, et en imitant une toiture k deux pans pour les fosses longues ; il faut néanmoins que la terre- Août on doit les couvrir puisse se soutenir swnsglkaer \t long des côtés et sans être entraînée par d« pluie».

« Lorsque les tas ou monceaux sodt Virtsi fôN mes , en rangeant avec soin les racines , oirtctf vers le sommet , on répand sur le tout trbé légère couche de paille bien sèche , et l'on jette à la pelle sur cette paille la terre que Ton a 'tirée de la fosse , ainsi que la nouvelle tetre que Fon obtient en creusant utie fosse & un ou deux pieds dé distance de la fosse. Il est toujours utile de creuser ce fossé , quand même on n'aurait pas besoin1 de la terre pour couvrir les silos , et on doit lai donner un peu plus de profondeur qu'à la fosse elle-même, parce qu'on est assuré, de cette manière, qu'il ne pourra jamais séjourner d'eau dans le fond du silo. Un pied d'épaisseur de terre suffira.

« Si les racines étaient bien ressuyées, au moment où elles étaient entassées, on pourra fermer immédiatement le silo ; mais , pour peu qu'elles fussent encore humides, on devra ménager, au sommet de chaque silo rond, ou de toise en toise sur la longueur des autres, des soupiraux, que Von forme en dressant immédiatement sur les racines deux tuiles creuses, réunies par les bords, et

qui figurent une cheminée ronde par où l'humidité peut s'évaporer. Aussitôt que les gelées devien* uent un peu plus fortes, on bouche les cheminées eu les remplissant de paille fortement tassée. Lorsque le silo est couvert d'une épaisseur de terre suffisante , on bat fortement la surface de cette terre avec le dos d'une pelle de bois , afin que l'eau des pluies coule sur les plans inclinés saus qu'il ne $]eu infiltre aucune partie dans le silo. Les racipes; ainsi placées , se conserveront bien jusque fort ^vant dans le printemps.

a Avant les fortes gelées , on doit visiter les silos dans lesquels on a logé les racines. On creuse, sur différons points du silo , des ouvertures dans la terre qui recouvre les racines , afin de reconnaître si .celles-ci sont sèches et exemptes de pourriture* S'il n'en était pas ainsi , il serait urgent de démonter le silo , de trier exactement les . racines saines, et d'en faire un nouveau silo, ou de les logep de toute autre manière. Lorsqu'on s'est assuré qu elles sont saines , on rebouche soigneur sèment les ouvertures , et l'on tasse la terre avec une pelle. Si l'on reconnaissait, à l'extérieur, de l'affaissement dans la terre qui recouvre ui* silo, on pourrait être assuré qu'il y a putréfaction a cette place dans les racines, et il ne faudrait pas perdre de temps pour en arrêter la propagation. »

La betterave a peu d'ennemis , et a' est exposée qu'à un petit nombre de maladies. Le.yer. bl#»c est un des plus dangereux. On en doit, par la

même raison, écraser avec grand soin toutes ks larves que les labours ou les façons d'entretien font découvrir. Nous conseillons de mêler aux ei£ grais destinés h la culture des betteraves , une petite quantité d'huile animale des distillations d'os, ou d'huile vive de bitume , pour éloigner ou détruire les vers blancs. Un autre insecte très petit cause de nombreux dommages dans les champs de betteraves , en attaquant celle-ci lorsqu'elle n't encore développé que cinq à si± feuilles. Noos pensons que Pemploi des ftgens indiqués pour la destruction des hannetons réussirait encore bien.

Lorsque les betteraves sortent de terre, elles sout souvent entamées par les lapins, ta ltivrés, et même les mulots. Dans quelques localités les dégâts causés par ces animaux sont assez considérables; à Grignon, notamment , nous avons été témoins de ce fait.

La maladie la plus commune de la betterave est celle connue sous le nom de pied chaud. Rien n'indique cette maladie au dehors que la cessation absolue de la croissance. Les feuilles ne souffrent point ; mais, si l'on arrache la racine , on la trouve en partie brunâtre et desséchée.

La maladie est souvent mortelle , et on ne lui connaît pas de remède. Quand la plante se guérit, ce qui arrive quelquefois , on le doit ordinairement à quelques jours de chaleur ou de plaie douce. Une autre maladie atteint aussi quelquefois les betteraves, elle consiste en une espèce dNilcère

placé/près du .collet , et assez profond. La plante no pitit pat, mais sa racine donna a la fabrication do maltais produits # obtenus difficilement.

Il abrite quelquefois qu'au milieu d'un champ de hetteftves, quelques nuea montent tout-&*coup an graines. 5 bien qu'elles n'aient pas pins que les tutree Tâge roula pour monter en graines , puisque nous savons la betterave bisannuelle; il font attribuer cette anomalie 4 quelques vieilles grainest pg à des circonstances dues h certaines parties de lerrain qui en favorisent plus particulièrement la végétation.

La conformation physique de la betterave pré-» lente ; à l'examen , les circonstances suivantes : le centre est formé d'un cordon de fibres dures , Ion* gitadinales, formant un double faisceau devais-» seaux séveux, contournés en hélice , auquel viennent se rattacher les fibres pu vaisseaux de toutes les radicules. Le faisceau reçoit des fibres ou canaux divergens; il est enveloppé d'une rotirhe épaisse fustforme, dune substance charnue 0? tissu cellulaire , composé d'une multitude dVtn* cules arrondies , remplies de suc coagulé par, l'acide pectique ; à cette couche succèdent alternativement une enveloppe de vaisseaux fibreux et une couche excentrique charnue, au nombre de quatre des premiers, dont deux contourftes en hélice, et trois des secondes; viennent ensuite trois cuver lopp.es fibreuses de plus en plus colorées , et enfin la dernière très mince , de couleur griiitre ; sur

toutes le* betteraves , et qui forme leur épktenae. Les betteraves offrent, près de leur sommité, «ne sorte d'aWdolé demi-transparente , qui diffère de texture , avec le reste de. la racine , par l'absence totale de vaisseaux fibreux et de grosses fibres, et dont la composition chimique est différente; surtout pv Je manque total de sucre r et par une plus forte proportion de nitrate et d'hjrdrochloiate- de potasse , d'ammoniaque et de substance aromttique; elle se rapproche, par cette composki**, des pétioles des feuilles à leur origine , qui , cependant, présentent une portion d'albumine bêtacoup plus considérable , une plus grande quantité de sek à base de potasse , et une moindre quantité de substance aromatique. Voilà le tableau de h composition chimique de la betterave blanche à sucre :

Bsu(l) {g| W

Sacmcriaftrilimbk..j1*{ 10/)

GtUufese %fi

Albumine et matière arotêe 1,5

l>ctine , acide manque , matières colorante, aromatiqn% grasses, huilée tsenûeile aère, chlorophylle, atpuramide £) , coalate de chaux, phosphates de

Vl) Ce noaubraS* indique la pins grande quantité dma torouTee e t &à la moindre, ce qui donne 84,0 pour la moyenne , S le moins de sucre , 15 le plus, moyenne 10,0.

{£) L'asparamkle est une substance régétale particulière, dont U devouTerte est due à MM. Yanqueiin et Botsauet

Report. • . • 97,5 chaux et de magnésie, malate et phosphate d'ammoniaque, sulfate, azotate et oxalate de potasse , chlorure de potassium et de sodium , soufre , silice, oxidedefcr... ;; . 2,5

Dans ce tableau on voit que la betterave renferme, très peu de matière solide ; elle est presque entièrement formée d'eau pour ainsi dire solidifiée par les cellules qui la retiennent. Bien que l'analyse ait indiqué que la betterave contient io à 13. 070 de sucre cristallisable , les fabricans ne peuvent cependant compter sur ce rendement; car on n'arrache pas les racines à la meilleure époque , on ne les traite pas de suite , et surtout on manque de procèdes assez perfectionnés pour ne rien perdre. Existe-t-il du sucre iucristallisaMe dans la betterave? Non, mais il s'en forme toujours pendant l'extraction , de sorte qu'il faut que l'industriel compte toujours sur sa présence aux dépens du sucre crislallisable. Bien que Ton ne trouve dans la betterave que 2 0/0 de matière

Cette substance est solide , incolore , inodore , d'une saveur très faible. Trouvée d'abord dans l'asperge , elle a été rencontrée depuis dans les racines de guimauve , de réglisse , de grande consolide , dans la pomme de terre , et, dans ces derniers temps, par M. J. Rossignon, dans la betterave. Elle s'y trouve dans la proportion de 2 à 3 millièmes seulement dans la blanche, et jusqu'à cinq millièmes dans la ditclte.

La composition de l'asparamide peut être représentée par la formule C Aif H1 05X H* O.

* uoi procédés d'extraction sont encore trop imparfaits pour n'obtenir qu'un résidu tuai fftfbfe. On obtient moyennement 66 parties dé ju$ et 54 de pulpe ; or, ces 34 parties de pulpe représentent 3o,5 parties de jus et 3,5 de tissu , tandis que, pour extraire tout, on devrait avoir 96,5 de suc trouble et 3,5 de tissu et matière indissoute.

Les silos doivent se trouver le plus près possible de l'exploitation. La première opération que l'on fait subir aux racines est le lavage.

Laçage. — Le lavage des betteraves ae fait dam un laveur, dont les figures 59 et 40 offrent l'élévation de face et de profil, la figure 4< 1* conpo longitudinale , et la figure 4* 'a coupe transversale.

Ce laveur se compose d'un grand cylindre creux en bois A, dont les douves sont écartées de t* à i5 lignes à l'extérieur, et de 5 à 6 vers l'intérieur. Ce cylindre tourne sur son axe en fer, en plongeant, à sa partie inférieure, dans une caisse en bois B, remplie d'eau. Cette caisse doit être ei* bois de chêne , et présenter une grande solidité 5 elle repose sur des cales qui , par la différen^^ entre leur hauteur, règlent la pente que l'on vet»* donner k l'appareil. Elle doit avoir une prôfo deur telle, que la terre détachée des racines put s'y ramasser sans venir toucher le cylindre* Darra* la partie inférieure de cette caisse , et du côté c3^ la pente, doit se trouver un trou d'homme <f~*" permette dy entrer pour faire évacuer chu£«*

joflr tonte la vase qui s'y est accumulée. CC, petites empoïses en fonte, boulonnées sur les traverses,

qui forment le Mti de la caisse ; elles sont garnies de coussinets en cuivre , dans lesquels tourne l'arbre en fer D, qui traverse le cylindre A.

E, cercle en foule , soutenu par 4 rayons plate, partant d'un moyeu alésé, calé sur l'arbre D. F, disque ou plateau en bois , formant entièrement l'extrémité inférieure du cylindre, sauf l'ouverture K, ci après indiquée; il est armé à son centre d'une large rondelle ou douille, qui e$t aussi calée sur l'arbre comme le moyeu du cercle E. G, deuxième fond , qui ne remplit que la moitié de la surface % du cercle F, et dont l'ouverture J est toujours accessible à la betterave qui roule dans le cylindre, tandis qu'orié claire-voie a (fig. 4o) la ramène contre le plateau ou disque extérieur, qui est percé en ce point du trou K, par où la betterave s'échappe et tombe sur le plan incliné L. Les cercles M M , que l'on aperçoit autour de l'axe du cylindre dans la figure 4* 9 sont > comme on le voit dans la figure 4*> la projection d'une espèce de tambour ou noyau, qui n'a d'autre objet que de porter la betterave à la circouiérence du cylindre creux A. Celui-ci se compose de douvettes ou de liteaux en bois refendu; la section de ceux-ci présente des prismes , dont le côté le plus large est appliqué sur le cercle en fonte E , et sur le disque ou plateau extérieur F, où ils sont visses d'abord, et consolidés par deux larges cercles en fer H H (fig. 5g, 41') t fortement serrés et bien ajustes. I/ou vert nrc longitudinale que ces liteaux laissent entre eux, n'est que de quatre lignes a l'intérieur du cylindre, taudis quelle doit eue d'un pouce à l'extérieur.

Le mouvement est ordinairement donné , h ce laveur, par une courroie qui enveloppe la poulie N ; celle-ci doit être en fonte, afin de ne point se1 gauchir. Cette poulie tourne , à frottenïenl dbux , sur l'arbre du cylindre, etue Peu traîné , dans $oiï mouvement de rotation, que quand dû la' fait avancer vers un embrayage qui est fîté suï ledit arbre jpîai»deux clefs. P est la trémie qui reÇbît l'es bettetalvês. On voit qu'elle est construite de; manière 5 ne pas lés arrêter sur son fond ; disposition utile que n'offrent pas cens des laveurs dont la manœuvre est souvent arrêtée par l'engorgeaient de la trémie.

Lorsque le cylindre fait 12 à 1 5 tours par niinute , il peut alimenter la râpe la mieux servie. Bien construit, il nécessite peu de puissance mécanique et consomme peu d'eau (1). '• K ' '

Les betteraves , telles qu'elles arHvént dès champs , sont jetées dans la trémie P, a l'un des bonis du cylindre laveur; elles s'avancent, en

frottant les unes sur les autres, au milieu de l'eau,

(1 ) Il convientgénéralement, dans une fabrique de sucre de betteraves, de se servir de bœufs on de vaches pour imprimer la puissance mécanique au laveur , aux râpes, aux 'prose*, aux pompes, aux tire-sacs, etc. ;.car ces animaux, nourris en grande partie avec le marc pressé de la. pulpe, rendent , soit en accroissement de ebair musculaire, soft fen produit de lait, une valeur qui représente celle de ces rendus et les utilise ainsi. Un manège attelé de dix animaux* ce qui en, snp* pose 24 à l'écurie pour se relayer, suffit pour une usinée traitant 5,000,000 kilog. de betteraves. ; n« ! ■■>

puis sortent, débarrassées de la lerre et des pierrailles , à l'autre bout du cylindre , sur le plan incliné L» On change Peau seulement lorsqu'elle est devenue très bourbeuse, et même ou peut n'enlever que le dépôt et remplir d'eau.

La sommité de lu tête, où sont insérées les feuilles (pétioles), qui est plus dure et u^oius sucrée que le reste de la betterave , doit être réserve pour les bestiaux. Il est assez important d'y joindre la pointe du cône formant le bout de la tête, et que l'on tranche également au couteau, parce qu'il renferme une sorte de dépôt d'un suc salé analogue à celui des pétioles.

{I reste toujours , soit dans les éplucbures h la main , spit dans le vase du laveur, de petites racines qu'on doit en extraire , par un lavage sur un crible , pour les donner aux animaux ; car, n'offrant que trop peu de prise, les râpes no les réduiraient pas en pulpe.

Râpage. — Les betteraves , nettoyées comme nous venons de le voir, sont déchirées h la râpe. Plusieurs ustensiles, connus sous le nom de râpes, sont destinés k déchirer les utriçulçs pu Jp tissu cellulaire qui 9 dans las betteraves , contiennent le suc liquide. Les différons systèmes de râpes f désignées sous les noms des constructeurs, sont ceux de de Pichon , Caillou , de Burette , d'Odobel et de Thierry.

La râpe de Thierry, perfectionnée dans spn exécution par M. MouUarine, et qi*o» vçit eu

coupe verticale par devaut dans la figure ifi, et de c&e deo» l« figure 44 • esl •« Plos «eoéndemenj

employée «ojourd'kai. Bile M oompeee d'une «*■ nie '«•, poiem sur le bâti en foette B, M moyen de là leeulle a , qui y W BMiiitejmie per. deol

iiO

boulons ; celle trémie est divisée en deux parties par une cloison b (fig. 45) fondue avec elle*. C, tambour ou cylindre creux, dont le corps ne fait qu'une seule pièce avec les rayous et le mamelon c , ajusté sur l'arbre D, qu'il ne touèhe que vers ses extrémités. A chacun des rebord* d de ce cylindre, on a pratiqué une rainure circulaire , dans laquelle entrent à coulisses les lames dentées e (fig. 46 et 47) elles traverses en 1er in%i en bois l, destinées a maintenir leur écarlemeijt: Pour fixer ces lames et pouvoir au besoin en changer quelques unes sans être obligé de les démonter toutes, après avoir garni le 1/8 de la circonférence du tambour, on place dans l'encoche g Une des clefs h, puis on garnit la denxièîne partie, que Ton assujétit également par une nouvelle clef.

D, axe du cylindre. Ses deux extrémités sont disposées pour recevoir alternativement le pignon

E, qui engrène la roue F, dont les dents sont en bois et qui est montée sur l'arbre G. H , poulie en bois , fixée par des chevilles sur des erpisi lions en fonte , et destinée h transmettre le mouvement qu'elle reçoit du moteur I, support de -l'arbre G. J {Jig. 44 et 45), deux rabots ou poussoirs en bois, dont se sert l'ouvrier pour presser les racines courtes contre la surface du tambour. Ces rabots sont munis d'un arrêt k, qui vient buter contre le plein i > pour qu'ils ne touchent pas l'armure deutée du cvliijdre. K , caisse en bois dout l' inférieur est garni d'une feuille de m4tal, plomb pu cuivre,

K>ur recevoir la pulpe extraite de la racine. L , nveloppé circulaire aussi garnie intérieurement en métal , et recouvrant la partie supérieure du tambour.

Comme le râpa g e exige une grande célérité , le noteur de cette machine doit communiquer au ambour une vitesse de 6 h 900 tours par minute. Un homme est employé à faire marcher, avec les ieux mains, les rabots J, pour presser contre l'armure du cylindre les betteraves jetées une à une par deux enfans placés h ses côtés.

Quelques cailloux échappés au nettoyage viennent de temps à autre ébrécher ou casser des dents : il est donc indispensable d'avoir pour chaque râpe des lames de rechange et un ouvrier habitué h les substituer.

Pressurage de la pulpe. La pulpe , au fur et à mesure qu'elle est obtenue , était autrefois portée sur la toile sans fin d'une presse à cylindres , si mieux encore la pulpe ne tombait directement sur cette toile ; la presse a cylindres offrait l'avantage de donner directement 5o parties de jus pour 100 environ de pulpe; et comme , dans toutes les opérations des fabriques de sucre , la célérité est une des conditions les plus essentielles pour le succès, la presse h cylindres a dû être considérée d'abord . comme une des machines nécessaires. Mais lorsqu'on eut reconnu que son service n'était pas indispensable, et qu'en soumettant directement la pulpe à l'action d'une presse 2i vis en fer,

ou îi levier, on -'■ chue, ou mieux encore d'une pivsse hydraulique, ou pouvait simplifier l'opération sntis rien perdre dans la célérité; les presses à cylindres furent supprimées.

Voici comment on opère à l'aide des presses. Sur le plateau inférieur B de la presse (Jîg. 4S), ou

Fig. «.

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■HMH

pose une claie d'environ 70 centimètres sur 60 centimètres, en osier à claire-voie, ou mieu» en laites espacées de i5 millimètres, réunies par des torsades en fil de laiton. La pulpe est enfermée, sortant de ta râpe , dans des sacs en canevas fort AA> dont on reborde de 16 centimètres l'onvertore. On aplatit à l'aide d'un rouleau sur utle table la-

téralé, doublée de plomb ou de cuivre ctamé, lais* sant écouler le jus dans ufte des chaudières a déftqtier ) les sacs ainsi disposés , et contenant la pulpe pressée * doivent avoir 5o centimètres de large âuf Ôo de long, et 96 millimètres d'épaisseur. 0b place deux de ces sortes de galettes sur la claie, (m pose une deuxième claie dessus* puis ou continue d'empiler successivement deux sacs aplatis , puis une claie, jusqu'à ce qu'on ait formé une hauteur de près de 1 mètre ; quatre montans, entre lequels se meut le plateau inférieur , servent de guides pour empiler les sacs et claies. On serre très graduellement la presse, et Ton obtient directement ainsi 70 à y 5 parties de jus pour 100 de pulpe fraîche. Pendant qu'une presse agit , une autre est chargée de mâttief en sorte que la pulpe

soit toujours rapidement exprimée ; une presse donne 6000 kilogrammes de jus en is heures.

Tôlîs les récipiens , lès réservoirs , lés plateaux des presses et leâ conduits du jus doivent être doublés en cuivre, en laiton ou en plomb; il convient d'éviter le plus possible de mettre le jus en contact avec des ustensiles en bois, qui absorbent un peu do ce liquide , le laissent fermenter» et entretiennent ainsi une sorte de levain susceptible d'altérer le suc qui passe ultérieurement sur ces Surfaces. La même observation s'applique à tous les usten- . siles employés dans la fabrication et le radinage

du sucre.

Les procédés usuels que nous venons d'indiquer

pour l'extraction du jus des betteraves, laissent an marc pesant environ a5 à 3o pour ioo do poids de tbeUeraves,etcomme celles-ci ne contiennent que 3 centièmes environ de substance ligneuse non réductible en jus, le marc de 100 kilogrammes de betteraves recèle encore 22 ou a3 pour 100 de jus, et il importe d'autant plus d'obtenir cette portion, que ce marc a déjà supporté tous les frais de nettoyage , de râpage , etc. Un grand nombre d'essais à cet égard, fondés sur un broyage mécanique plus parfait , n'ont pas encore donné de résultais plus utiles (1).

(1) L'heureuse idée émise par M. Demesmay, de soumet* tre les sacs à Faction de la vapeur après une première expression , amena un changement très important , qui rat m» en pratique chez MM. Langlard, Blanquet, Harpignieset Hamoir, et qui , dans ces derniers temps , s'est propagé dam la plupart des usines ; il a donné 15 à 16 OjO de plus qu'on n'obtenait communément.

Les sacs de pulpe pressés une fois, et tels qu'ils sortent de dessous les deux presses hydrauliques, sont posés dans lei châssis ; chaque châssis soutient les sacs à plat , et maintient entre eux 43 millimètres d'écartement , lorsqu'on pose lei châssis les uns sur les autres. Au fur et a mesure que l'an des châssis est chargé , on le pose horizontalement dans le coffre en bois qui est d'une dimension suffisante pour contenir 80 châssis , en laissant entre eux et les paras un espace libre d'environ 27 millimètres. Afin que cet espace soit sa** aucune attention réservé , les parois intérieurs du coffre portent verticalement des liteaux sur lesquels les châssis viennent buter. Aussitôt que les 30 châssis chargés sont ainsi empilés les uns sur les autres , on ferme les ventaux , et alors , à l'aide d'un tube situé au bas du coffre , on injectede la vapeur en ouvrant un robinet pendant 10 minutes.

L'eau de condensation , rassemblée dans la rigole des deux

On a cherché à remplacer le pressurage de la pulpe par divers moyens; l'un des plus ingénieux, sans coutredil , est la lévigation proposée par M. Pellctan , dont nous décrivons l'appareil plus

plans inclinés au fond du coffre , s'écoule au dehors ; quelques fissures à la jonction de la porte permettent l'évacuation de l'air et de l'excès de vapeur. Les 10 minutes écoulées, on cesse l'introduction de la vapeur, on ouvre le coffre, on en tire les châssis , dont on enlève les sacs gonflés ; on replace ceux-ci sous une presse hydraulique qui reçoit en outre 30 antres sacs soumis dans un deuxième coffre à la vapeur, pendant que Ton finissait l'injection dans le premier, et que Ton en tirait les châssis.

Voici le résultat de l'emploi de cet appareil et des presses à vis en fer.

400 kilog. de betteraves lavées ont donné :

Jus des deux premières expressions à froid. . 258 kil. Jus obtenu d'une troisième expression , après

l'injection de vapeur 112

Résidu en pulpe 47

Total 417

Le jus obtenu à chaud est d'une densité égale à celle du jus à froid ; il parait que l'eau condensée pendant les 12 à 15 minutes que dure l'injection est compensée par l'extraction , durant la deuxième expression à froid , d'un suc plus faible, provenant sans doute d'une sorte de sève faible contenu dans le tissu vasculaire.

11 faut que l'injection soit abondante et rapide , afin sans doute de briser les cellules par une dilatation brusque , et d'éviter une sorte de cuisson du jus qui l'altérerait.

Le jus obtenu par l'action de la vapeur, traité à part , exige une proportion moindre de chaux ; il donne d'abondantes écumes, mais formées de flocons grumeleux plus gros. Ces phénomènes s'expliquent par la coagulation d'une partie de l'albumine dans la pulpe chauffée, autour de laquelle viennent s'agglomérer les produits d'une coagulation ultérieure dans les chaudières à déféquer. Du reste, la fit-

bas* La lévigatiou consiste à extraire le jus contenu dans les cellules déchirées par de l'eau ; le déplacement qui se fait est dû à la différence de densité du jus sucré et de l'eau, et & la force d'endosmose, qui veut que le tissu retienne toujours une grande proportion de ce liquide. Ce procédé a l'inconvénient d'introduire dans la jus 5o pour 100 d'eau environ qu'il faut évaporer; il épuise assez complètement la pulpe qui n'est plus bonne alors k donner au x bestiaux (i). Les lévigalcurs

nation sur le noir en grains et le rapprochement ontliia comme avec te jus extrait à froid , et les cristaux danf les formes ne semblent pas moins abondans. Enfin , le jus de deuxième expression, mélangé et traité avec le jus à fajii, n'apporte aucun changement dans les opérations, si ce n'est une légère diminution dans les proportions de chaux pour déféquer.

(1) La pulpe ou le résidu ligneux de la betteraveaprèsson râpage et l'expression du jus , convient aussi parfaitement pour nourrir et engraisser les boeufs, les vaches , les moutons , les porcs et même les chevaux. Cette nourriture augmente l'embonpoint de ces animaux, et les maintient constamment en bon état.

On a trouvé deux moyens de conserver la pulpe pour en prolonger l'emploi ; le premier consiste à la dessécher sur une touraille semblable à celle des brasseurs , et le second) à la renfermer dans des silos. Par cette dernière méthode » 1* pulpe fermente , produit de l'alcool qui, étant très divisé, ie convertit au contact de l'air en acide acétique, état où s'arrête l'altération. Les bestiaux ne s'arrangent pas mal de cette nourriture ; mais par exemple les bœufs , quand on ne la sale pas pour en rendre la digestion plus facile , ont la diarrhée et maigrissent.

On peut avec les radicules et les extrémités des racines de betteraves fabriquer une succédanée du café , et on la regarde même comjne préférable au café de chicorée ; on se sert aussi

ont l'inconvénient d ctrq trop compliqués et de demander pou vent des réparations.

Le lévigateur (fig. 49) est uno sorte de vis d'Àrchknède eriblée de trous DDD, qui plonge en partie dans un vase rectangulaire. Cette vis est inclinée et reçoit de la pulpe par la partie inférieure versB; cette pulpe s'élève jusqu'à sa partie supérieure, dont elle sort pour tomber dans des récipiens. Ou fait couler un filet d'eau par la partie supérieure de l'appareil ; cette eau , descendant par son propre poids; marche eu sens inverse de la pulpe, de telle manière que l'eau chargée de sucre est en contact avec l'eau pure , condition qui permet un épuisement suffisant. Afin de faciliter l'ascension de la pulpe , il existe des couteaux GGG , qui 1? ramassent pendant que la vis tourne. Ces couteaux, fixés sur une même tige FFF, et coulant sur le filet de celte vis , s'élèvent et seraient bientôt portés à son extrémité supérieure et au-delà, s'ils ne trouvaient a chaque révolution de l'hélice une échaucrqre qui leur permet de descendre.

Far la macération, on obtient un résultat à peu près analogue à celui que produit la lévigation , seulement c'est une opération beaucoup plus simple. Nous dirons quelques mots des anciens procédés de macération proposés par M. Mathieu de Pombasle, modifiés par M. de Beaujeu, et en der*

pour cette fabrication des betteraves trop petites pour être utilement employées à la sucrerie. Plusieurs étabiissemens confectionnent cette poudre.

nier lieu perfectionnés par Af . de Dombasle. Ce procédé, en usage dans quelques fabriques depuis quelque temps, n'a pas encore répondu d'une manière assez satisfaisante a ce qu'on en attendait, pour que nous entrions dans de longs détails à ce sujet.

M. de Dombasle admet qu'un principe vital s'oppose à la séparation de tout le jus contenu dans la betterave, et qu'eu chauffant jusqu'à l'ébullition , on détruit la vitalité dans la racine de betteraves.

Quelle que soit au reste la cause , M. de Dombasle a reconnu qu'après une coction à ioo°, les betteraves, facilement coupées en tranches, peuvent être lessivées par bandes , comme les matériaux salpêtres , sur sept filtres, en forme de tonneaux remplis de ces tranches ; l'eau passée successivement se charge de plus en plus de jus , tandis que , par des additions successives de solutions de plus en plus faibles, chaque filtre épuise à son tour les tranches de betteraves qu'il contient. On soutient la température par des tubes chauffés a l'aide de la vapeur et plongés dans chaque filtre.

En résumé, le procédé de M. de Dombasle permet d'obtenir, en baissant seulement d'un degré environ (sur 7 ou 8) , les 90 centièmes du jus que contiennent les betteraves, au lieu de 65 à 75 que Ton obtient communément. Le râpage et \e pressurage se trouvent supprimes et. remplacés par

U &;&'isioi « mccef. t, &. roc.''-. t*ks sorn*

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* - rxitir- l.:;i* su- in t nuirai Tr-ïatfcrr ! I*ai:> itr :.t"Uii.- m. -. ?'Z" E^rr-* «nu su:*?i:ï?;rT:^:> Tapp. wjl:m ut - rut^u- '•"-*r*5:i':f il\ premier* siiCiEifc ut ""iiirrtinuciîui. usé t-Ln:i» de hetto- «*** :-cît3 rJiA -j~u* :unr"ï ^:a . eue à M. ilr. fc*î si i-OTiiiTîîui ii»!T5 ia*i i:^cl:oration dvi-

r:«i7 ,. iaL.l.t iîx ^r*i:* . .<* tonneaux miirr rir.** *-*!.:* if il.^iii*-^ en rerele ou rnn»r«. *nr --t . :i* Li-^r ":-i$ .** cas . leurs rrlmrcU rfuir m Wîn*^»-: i~L n-ra* civesu.

U -***;:*: :n 5* fait aujourd'hui iivit #1» r**# a?cl- <f-"-3 T«r« dans le premier tonneuu, m 'f>, eQ:iii«-t 5^::cs5:Tement dmiii lr< ion»»**' =•■., Y*ns, epnife suffisamment len hi.t»'U< #1a »,#..•. ^ves, sans qu'il soit néawtnip-. #U h *«c#i,«*.,f fer, maigre son abaissemetil }('«'I'»*J '!* **.,/,, *nre.

MM. Martin et Champoimoi* tirrf^i^rAfvV „,f Core la manœuvre tir.» fipp.ir*iU r„»*«c<- *r*fft« $>t* assurant la continuitf: <!'•. r^|. .if.f, I. *fi|#wfr»l qu'ils inventèrent pour i #•» ol»/» #l'rfrff« '•'* b",,* résultats dans plusieurs f,flfii'|ii''«<

la division en tranches et la coctiou bien moins coûteuse. M. de Dombasle est parvenu k traiter le jus cuit en opérant la défécation h 700, et laissant déposer l'écume au lieu de la faire monter.

M. de Beaujeu modifia cet appareil en le rendant continu, et en disposant d'un tonneau h l'autre des tubes qui ramènent h la partie supérieure le liquide filtré sur un tonneau précédent. Dans les détails qui vout suivre, nous supposerons l'application de la chaleur restreinte aux premiers momens de l'introduction des tranches de betteraves , parce que celle innovation , due h M. de Seaujeu , constituait alors une amélioration évidente.

Pour la facilité du service , les tonneaux macéraleurs étaient disposés en cercle ou rangés sur une ligne ; dans tous les cas , leurs rebords étaient exactement au même niveau.

La macération se fait aujourd'hui avec de l'eau à 900, qu'on verse dans le premier tonneau, et qui, en passant successivement dans les tonneaux suivans , épuise suffisamment les tranches de bette* raves, sans qu'il soit nécessaire de la réchauffer, malgré son abaissement graduel de température. ^

MM. Martin et Champonnois simplifièrent encore la manœuvre des appareils tuacérateurs en assurant la continuité de l'opération. L'appareil qu'ils inventèrent pour cet objet donna de bons résultats dans plusieurs fabriques.

M. Durons indiqua un procédé qui serait en-? core préférable, si l'on parvenait à extraire du jus la même proportion de sucre ; il consiste à £un chauffer jusqu'à 5o ou 6o° les tranches de betteraves dans de l'eau acidulée avec l'acide sulfurique ; elles laissent alors g5 k 96 pour 100 de leur jus k la presse hydraulique.

On a reproché long-temps a tous les procédés de macération , de faire éprouver une altération plus ou moins grave au suc, et de le rendre difficile 1 traiter. M. de Beau jeu aurait évité cet inconvénient! eu achevant d'épuiser a l'eau froide lçs tranches de betteraves portées d'abord un instant k la température qui doit rendre le jus libre. On conçoit facilement qu'une température beaucoup moins long-temps élevée doit produire bien moins d'altération nuisible ; enfin, d'après les résultats de l'appareil Martin et Champonnois , le procédé des macéraleurs, si économique de première mise de fonds et de main-d'œuvre , semblait devoir être adopté généralement.

Mous avons été à même d'observer dans la sa* chérie de Vigncux, chez MM. Verdot et compagnie, les avantages et les inconvéniens du procédé perfectionné de M. de Dombasle ; mais nous avouerons qu'il nous est bien difficile encore aujourd'hui d'établir rieu de positif à cet égard.

On a généralement remarqué que dans les premiers temps de la fabrication à l'aide de ce procédé , on obtient beaucoup plus de produits que

deux ou trois mois après; cela lient aux causes nombreuses de fermentation que déterminent remploi des filets de chanvre et les cordes des tiresacs; les betteraves tranchées par morceaux comme plus haut, sont mises dans des filets que Ton plonge successivement dans 4 grands cuviers en cuivre ou en bois doublés de cuivre, où se fait la macération graduée.

Nous ne reviendrons point sur la défécation, nous l'avons traitée d'une manière assez complète à propos de l'extraction du sucre de cannes- Nous donnerons seulement une idée de la construction des chaudières a déféquer, et de leur mode de chauffage.

Le système général de chauffage dans les diverses opérations de la fabrication du sucre de betteraves, est comme pour le sucre de cannes, à la vapeur.

Les chaudières ainsi chauffées sont disposées de plusieurs manières» suivant leur destination ; celles k déféquer et clarifier (procédé Bouchot, al\% leçon) ont uue profondeur égale à leur diamètre* La chaudière dont la construction est due a M. Halette, d'Arrns (fig. 56), est une de celles qui remplissent le mieux les conditions si utiles d'un chauffage rapide et d'un neitoyage très facile ; elle se compose, comme on le voit, de deux enveloppes concentriques ou d'une chaudière à doubles parois. A, chaudière enveloppante qui reçoit la vapeur par uu tube B , laisse expulser l'air par uu

petit robinet C , et évacuer l'eau de condensation par le table de retour D. E , chaudière h déféquer le jus et chauffée par la vapeur qui arme entre son fond et la double enveloppe A. G, robinet de décharge pour le jus déféqué ou les rinçages. Dans cette chaudière , la température utile à la défécation est obtenue en n5 minutes , et l'opération ne dure guère que 3o minutes.

Kg. 50.

Kg. 51.

^ft

Une disposition très simple pour les chaudières & déféquer et k clarifier est indiquée(fig. 5o et 5i). On voit que leur fond est bombé en dedans ; no robinet À permet de les vider complètement; un double fond B reçoit h volonté, par un tuyau et un robinet C , la vapeur, tandis qu'un petit robinet </ laisse échapper l'air, et qu'un tuyau E , se prolongeant jusque près du fond de la chaudière génératrice de vapeur, y ramène l'eau condensée.

Mêmes dispositions pour les chaudières à évaporer, i celle exception près, que leur profondeur ne doit être que de quelques pouces (6 i 8), el que le fond seulement est chauffe par une double

enveloppe, comme l'indiquent les coupes f fig«5a. L'étendue de ces chaudières devant être considérable , sans exiger une grande épaisseur de cuivre, elles sont longues et étroites (de 12 à 18 p. sur a p.).

Fig. 5&

Filtration. La défécation étant faite , après 5 ou 6 minutes de repos, on soutire au clair le suc déféqué sur un filtre à hoir en grains (voyez les fig. 53, 54) 55). Ce soutirage exige quelques précautions ; ou ouvre a demi le robinet de la chaudière 9 afin que l'écoulement puisse être continu , les interruptions pouvant agiter et troubler toute la masse ; les premières parties écoulées troubles sont d'ailleurs reçues dans uii seau à part. Dès que le liquide coule clair, on le dirige sur le filtre garni d'une toile ou sorte de charrier» Ce filtre est chargé avec le noir animal en grains qui a servi k la dernière filtration du sirop clarifié , plus un dixième environ de noir en grains neuf. 11 résulte de cette manière d'opérer, que le noir est dépouillé parle jus faible de la plus grande partie de sirop interposé dans le grain* Un volume d'eau ordinaire versé sur celui-ci, déplace, en s'y sub*

stituant, lo jus engagé h son tour. On épuise aissi d'ailleurs l'action du noir sur la chaux et sur quelques principes immédiats étrangers su sucre.

Dès que tout le suc clair de la chaudière a défi* quer est passé , on verse sur le filtre le liquide trouble mis 1 part au commencement de la décantation, puis on y fait couler le suc de la presse ii écume.

Cette presse à levier ou a poids successifs reçoit, dans une caisse en toile métallique , ou dans un sac h ouverture large et fendue, les écumes que l'on enlève du fond de la chaudière , à l'aide d'une large écumoîrc en forme d'écope.

Fig. 53.

Filtres Dumont. Les fig. 53 et 54 présentent les détails d'un de ces filtres, l'une en coupe verticale et l'autre en coupe horizontale. A, caisse en bots doublée de cuivre mince étamé. B, cannelle en cuivre jaune soudée à la doublure. G , l'eutfond percé de trous comme une écumoire et sontenu sur trois tasseaux cylindriques en tôle de

cuivre- D, deuxième taux-fond mobile, peretï dé irons comme le premier , ci représenté vn pardessus dans la fig. 55- Deux cartes de toile claire, de la grandeur des tfenx faut-fonds, doivent gartrir l'un le dessus du premier faur-fond, l'autre le dessous du ftiux-fotid supérieur. E , cannelle engagée dans le filtre et sondée h sa doublure; la clef F est mue par un levier, a l'extrémité duquel agit une boule en cuivre G, pleine d'air, et flottant. sur le sirop. Ce mode simple de régler ^écoulement maintient le sirop a 37 millimètres Constamment au-dessona des bords! du filtre, sani qu'on s'occupe d'aucun antre soin , une fois h filtratioti en traîn , que d'alimenter le réservoir général des filtres H et d'ouvrir le robinet qui ctimmttniqué avec le tube commun I des filtres Dumônt.

Fig. M.

F*. Bfi.

J, tube communiquant avec l'espace sous le premier fond, et servant a dégager l'air enfermé sous

ce faux- fond, el celui qui est refoulé dans les interstices du noir par l'infiltration du sirop. K., couvercle en bois revêtu h l'intérieur d'une feuille de cuivre étamé; il s'ouvre en deux parties, en sorte que Ton peut examiner ce qui se passe dans le filtre en soulevant seulement la portion antérieure, comme l'indique la fig. 53, par une coupe verticale. L , tuyau muni d'entonnoirs pour recueillir le produit de la fihration de tous les filtres. L9, gouttière en avant du tuyau ci-dessus, dans laquelle on fait couler la clairce, lorsqu'elle passe trouble, à l'aide d'un bout de gouttière à becl, afin de la conduire dans un petit récipient particulier. Ou enlève le bout de gouttière I, dès que 1s clairce coule limpide; alors elle est dirigée parles entonnoirs dans le tube 1, qui conduit au réservoir h clairce. M , massif eu maçonnerie ou bâtis en charpente, sur lequel sont posés tous les filtres.

L'évaporatiou du jus et la cuite du sirop peuvent se faire dans les chaudières que nous avons indiquées dans l'extraction du sucre de cannes. Dans la a3° leçon, nous donnerons la description de l'appareil de M. Brame-Chevallier.

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