‹ Manuel du cours de chimie organiqueChapitre 31 sur 40 · SUCRE DE CANNES ET SUCRE DE BETTERAVES · texte numérisé non relu

SUCRE DE CANNES ET SUCRE DE BETTERAVES

GOHFA1ABON ENTEE L'ilIlUftTaiE COLONIALE ET INDICÉ».

Mstion des sucres sous le point de vue économique. — • Appareil de Brame-Chevallier. — Compte de fabrication des deux industries. — Résumé des différentes phases de la fabrication du sucre (indigène et colonial).

« La question de la production du sacre de betteivesen concurrence avec celle du sucre de cannes, urement scientifique et industrielle sous l'emtre, est devenue un problème d'économie polititie vers la fin de la restauration , et depuis dix ans Ile s'est élevée à la hauteur d'une question tout- Tait politique et ministérielle. Long-temps les >lons des quatre pays à sucre ( Martinique, Guaeloupe, Bourbon et Guyane ) , ne redoutant sur : marché français que les sucres de l'Inde , de uba , du Brésil , etc. , dressèrent leurs batteries dur faire enfler presque d'année en année les roits d'entrée sur les sucres étrangers ; et , à l'omre de ce tarif sagement protecteur, eu comparaim des droits qu'ils payaient, ils produisaient tant

bien que mal la petite provision de sucre consommée par la EVance«

« Pour bien comprendre cette position , il faut se rendre compte de l'état dans lequel vivent depuis 1814 tu* lies à sucre1, soumises 'an système dit colonial. Eik résumé , elles sont tenues d'acheter tout ce qui leur est nécessaire à la métropole , et, par réciprocité , la France s'est engagée à n'acheter qu'a elles le sucre dont elle a besoin 9 le sacre brut , entendons-nous bien ; car , par cette combinaison , quelques riches banquiers d'ailleurs , députés ou pairs , ont monté dos raffineries très productives. »

Or, voici les faits qui se sont passés.

«En i8i3, par suite du blocus continental, 45 millions d'habitans ne consommaient que 7 taillions de kilogrammes à 9 et 10 francs. Cotait l'époque des sucriers fermant a clef. Pour plaire a l'empereur, pour avoir la croix et des récompenses, on reprenait des expériences du dernier siècle sur l'analyse de la betterave ; on demandait , par aualogie, a la vigne et au figuier d'Inde des substances édulcorantes , et sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres , on réussissait et on était enfin parvenu à extraire de la betterave un sucre qui, raffiné, était parfaitement identique avec celai de la canne. C'était un magnifique résultat ; on le payait cher ; mais on avait la satisfaction d'avoir du sucre national (ce mot est magique en France)

« La restauration rouvrit les mers , la paix se

rafiftttail, e4 Jo systèroo colonie, qui est une plaie do notre époque 9 commença k fonctionner sans obftaçU» Pu jÇfô, la F^ace consommait déjà a4 ntUliOftS: de kilogrammes,; deux ans plus tard , la oonaflunbaliot) filait de 56 millions; enfin, eu i8ao, elle * élevait &43 millions. Lee colonies seules fai- «wrat Oit approvisionnement, puisque les sucres Jtaepgecs. pey aient 4 1 entrée 4° '& 45 francs de sur* Uxt^fiM oséme moment» «m rendait sous forme de drtwback, à la; sortie » ^m raffineries qui exportaient le sucra blanc, tous les droits qu'ils a voirai payé* pour l'introduction des sucres.

« Jusque-là, les fabriques de bette*** es Vêtaient guère considérées que comme des manifestations impuissantes de l'opposition bonapartiste. On avait beau dire aux colopies, qui dqpeàh datant Sans cesse la surtaxe des st^creà étrangers : Prêtiez ttafde, mieux vaudrait le de^çrçôient de v^^rodutts , car voilà un ennemi qmofavance, aveofaquaji vous aurez à compter. Les colons , sourds aux protestation* des émis de Wiutoaaité, ouk raisonuemens de* oco0Ofnktes, rataient daus ^ignorance la pldfe absolue des nouveaux procédés de culture et d(jQfabrication, hypothéquant leu» ptiopiiétés et courant dans l'abîme où ils sont empêtrés et d'où les

sortira qui pourra*

a En i8a8, on comptait déjà 58 fabriques de sucre de betteraves f produisant 4 millions de kilog» de sucre. La révolution de i83o arrive, une nouvelle impulsion est donnée aux esprits , et , en

45ft

1 855, les colons avaient à lutter contre 549 fcWques. L'an d'après, l'administration en comptait 466, dont io5 en construction; et, en i8$7,tty avait 54a fabriques, dont 59 en construction.* &%• lan était extrême ; l'ennemi faisait feu do toutes parts ; Paraour-propre des colons ne les empêcha plus de voir le danger, mais il était tr optard pour arrêter les ravages de la concurrence : lu betterave avait pour elle ses députés, ses ministres, ses pria* ces, ses économistes, l'agriculture entière et ce je ne sais quoi dans le public qui frit qu'il s'intéreK4 de préférence aux nouveau-venus faisant hardi-» ment leur chemin. Or, les betteraves avaient versé dans la consommation :

4,380,000 kikgr, 1828 \

43,330,000 1834-35} chiffres oficiek.

« Ces 44 nii liions de kilogrammes forment le JlSeis de la consommation annuelle de la France, ^pile que l'ont faite les besoins actuels , évaluée & 1 20 millions de Lilog.

« On comprend l'importance de la concurrence faite aux sucres des colonies , et la difficulté dans la vente , malgré une baisse continuelle dans les prix courans descendus au niveau, si ce n'est audessous des frais de production. On comprend aussi toute la marge qu'ont eue les fabricans de sucre

de betteraves, produisant h l'ombre d'un tarit' aussi élevé que celui établi par la loi du 26 avril i833. Rien ne peut être comparé non plus à la satisfaction des raffineries et des exporteurs, à qui on accordait tf es primes à là sortie, et a qui on rendait, en drawb&ck, les droits qu'ils n'avaient pas payés à l'entrée , le tout pour arriver a ce que les mines cl lefc Sujets du roi de Sardaigne pussent acheter a des fobricârit français pour 60 , So centimes et moins encore, les sucres que le peuple le plus ci* vilis avait le droit de se procurer à 1 et même 1,20. C'était le moment oîi quelques grands personnages faisaient faire sur la frontière une contrebande fantastique, sortant par un point des sucres raffinés qui savaient rentrer sur un autre, pour être* indéfiniment réexportés et réimportés. Voioi au surplus le tarif et les montons de la prime dont l'éloquence ne saurait être miBe en doute par personne :

Us feutrée sur le* sucres coloniaux bruts, autres que

blancs.

Bourbon 38 fr. 80 les 100 kilogr.

AntiflésetGayane . ... 45 » »

Droits d'entrée sur les sucres coloniaux bruis ^blancs-

Bourbon.* 53 fr. 50 les 100 kilogr.

Antilles et Guyane 60 • •

Droits d'entrée sur les sucres coloniaux terrés de toute

marne*

Bourbon 61 les 100 kilogr.

Antilles et Guyane 70 » »

« Yoilh pour les sucres des colonies; voici pour

les sucres étrangers :

Droiu d'entrée sur les sucres étrangers, mires que bttçsa.

Inde 80 fr. les 100 k., et 100 ne?, étr.

Ailleurs , hors d'Europe 85 » • »

Entrepôts 95 » » »

Droiu Centrée sur les sucres étrangers Mêmes on terrés $ sic

Inde OOlr.kslQOk., etlKnar.fe.

Ailleurs» hors d'Europe. 05 » » »

Entrepôts 105 • » »

« Les sucres raffinés , en pains ott en pondre , soûl p&OBisis par une loi de 1816, da pins an phs en vigueur.

« La prime demandée , à titra de protection provisoire, h la Chambre des dépMas, et qui m s'élevait, en 1820, qni 270 mille francs, avait déjà atteint, an iS3a, le chiffre de 1* miU^mt --4 mille francs. Depuis ♦ et par suite de modifications Ié«islati\ es , il s%est aunuellemeut balancé entre 5 et 5 millions. En 1840 il est de

3,669^4^ francs.

. Mais revenons au peint qui nous oocnpak tort

à l'heure, et reiatil à la concurrence faite ma sucre

de carnes par son confrère le sucre de betteraves.

A h vue dfs kits que nous venons de cher; les

eoïous >e s^ni emxïs; :ls ont appelé a eux les poils

de irer » i!:rccteœtnt luïéureses à ce commerce

pï::< q*\* * eïv.: %ïu suvrv tr^H^ce ; Us ont invoqué

K< . \ jlc..\£C> ;u< jx ut eu t^xr la naviguiez awr-

ohande, source de prospérité nationale, école de la tharine militaire; ils ont surtout excité le fisc et tome l'administration financière , qui a touché, en iB4o,plos de 5o millions sur le sucre des colonies j ic Telle était la question , ainsi se montrait le problème de la lotte des sucres , lorsque , sur la demande des colonies , le gouvernement dut intervenir par le remède suivant : k partir du ier juillet i858, le sucre de betteraves fut soumis , sur les lieux de production , à un droit de x i francs par quintal. L'an d'après ce droit fut porté à 1 5 francs ; mais, nonobstant le fisc, l'impulsion était donnée, et» en i83g, la production du sucre de betteraves fol encore de 4° millions , et des progrès récens annonçaient que la fabrique française ne s'en tiendrait pas h ce chiffre. Les betteraviers avaient groupé leurs établissemens , dans le département du Nord, sur de bonnes terres f à portée du combustible et des voies de transporté Les deux sucres étaient donc toujours en présence , et la question s'est trouvée posée de nouveau, eu i8^o, dans le conseil des ministres et au sein des deux Chambres, qui ont élevé le droit sur le sucre indigène à 37 fr. 5<t cent*, fixé à 49 fr. 5o cent, celui des An* tilles françaises , à 4a fr« 35 cent, celui de Bourbotïp et à 66 fr. celui de l'Inde venant pat* navire français, simplifiant au moins cette longue nomenclature de i853 , reproduite ci-dessus, et faisant disparaître cette singulière dénomination de sucres blancs et autres que blancs.

« On croyait avoir ainsi balancé les intérêts de tout le monde. La consommation française étant évaluée 120 millions, 80 million» devaient être tirés des colonies, et 4<> millions demandés ï h betterave , et le surplus, s'il y avait lien , an sucre étranger. A ce sujet, et pour favoriser l'entrée do sucre étranger, le mouvement des entrepôts , et nos intérêts maritimes, on décida qu'on rendrait les droits aux sucres étrangers réexportés , et on fixa le rendement à 71, c est-à-dire que 71 kilo* grammes de sucre raffiné seraient regardés comme provenant de 100 kilogrammes bruts.

« Cet arrangement n'a satisfait ni colons ni f*> bricans de sucre de betteraves. Plusieurs de ceuxci ont fermé leur usine, mais d'autres ont continué et encore produit, eu i84*> l4 millions de kilogrammes , sur lesquels le fisc a perçu 9 millions et demi. Mais tous ont réclamé sur l'exagération des droits et l'assassinat de leur industrie , naguère encouragée et protégée par la liberté intérieure et les droits de douane. Les colons , de leur côté , ont invoqué de nouveau l'égalité, comme cnfans d'une même pairie , ou bien encore l'anéantissement du système colonial , c'est-à-dire la liberté d'acheter et de vendre où bon leur semblerait, forcés en cela par les cvénemens d'oublier les maximes qu'ils soutinrent il n'y a pas encore quinze ans. On comprendra bien tout ce qu'il y a d'urgent dans leur position, ensachant que leur industrie est dans Feu lance, et que la question de l'affranchis-

sèment des esclaves est imminente; qu'ils redoutent les effets d'un rachat modéré et d'une émancipation prochaine , pouvant leur ôter les travailleurs, ou au moins pouvant changer assez facilement l'organisation actuelle. Ajoutez que le cours du sucre est tombé, au Havre , à io5 fr. les 100 kilogrammes , qui , diminués des droits d'entrée et des frais de production , se réduisent k 5o fr., ou 3o centimes par kilogramme. Notez encore qu'un nouveau brandon de discorde vient de surgir, c'est le sucre de fécule, également national et indigène , et qui s'est élevé à 5 millions de kilogrammes de fabrication, employés à certaines édulcorations spéciales, pour les sirops, les vins, etc., toujours au détriment des autres sucres.

ce Là question est vraiment insoluble , et nous comprenons maintenant bien, pour notre compte, toute la profondeur d'uue réponse faite k ce sujet par un des plus brillans publicisles que le parti radical ait eus (i) : Nous sommes bien heureux , disait-il , que la solution de cette questiop soit échue à nos ennemis politiques!».. Aussi ne sommesnous pas étonnés que la discussion récente (janvier 1 841) au sein des conseils généraux de l'agriculture, du commerce et des manufactures , assemblés extraordinairement , n'ait rien produit de net et de concluant, que le public et les publiasses eux-

(1) Armand Cariel.

mêmes perdront pour ainsi dire pied dans cette question ou tant d'intérêts sont engagés.

« Suivant les principes de l'économie politi* que de la liberté proclamés par Adam Smith et J.-B. Say, il y aurait pourtant une solution scient tifique que nous n'allons indiquer que pour mémoire ; car nous comprenons que, présentée oomma pratique , elle soulèverait des haros universels dans la foule des intéressés de toutes nuances, partisans de la canne ou de la betterave. Cette solution, U voici. Comme il est juste et de l'intérêt bien entendu d'un peuple de ne produire que ce qu'il sait faire k bon marché, et se procurer les autres produits par voie d'échange, la France aurait k abandonner la culture de la betterave, \ se débarrasser du système colonial et k demander les sucres dont elle a besoin à Cuba, à l'Inde, au Brésil, qui lui prendrait en retour des produits indigènes. Elle aurait ainsi, même en supposant un droit convenable comme impôt, du sucre à 60 ou 75 centimes le kilogramme, et la consommation qui est portée à iao millions ne tarderait sans doute pas d'atteindre un chiffre double ou triple , décuple même ; car le sucre est devenu un objet de première nécessité ? et Ton sait qu'un anglais en consomme moyennement 3 ki'og. par an, et un individu libre aux colonies de 5o a 5o kilog. Ainsi le lise, la navigation et les ports de mer retrouveraient peu à peu tous leurs avantages réciproques. ljC*colonicMprc$ cette douloureuse épreuvr,2ran-

diraient par la liberté , comme le prouvent plusieurs exemples ; quant au sucre de betteraves , nous le croirions mort pour toujours. Avant de se récrier sur un pareil système, qu'on réfléchisse ans résultats de la chimie. Eh bien ! on a trouvé par l'analyse environ 10 pour cent de sucre terme moyen dans la betterave , et Ton n'a pu » jus* qfe'à présent , extraire que 5 ou 6. Or, il y a dans la eanne 18 & 20 pour cent facile à extraire. Il est donc évident que la supériorité restera toujours k cette dernière , surtout avec les progrès incessans qui seront faits dans la manufacture et lés moyens de transport. À moins qu'on ne trouve plus de sucre dans la betterave , et alors ce que natta disons de la supériorité de la canne s'appli» quora au sucre indigène.

«Nul ne doute que ce système ne ftoit fort utile aux consommateurs , en les dégrevant d'un impôt énorme , dont une partie va au fisc et une autre dans la poche des colons et des fabricans de betterave*; mais les fabriques de betterave seraient anéanties; mais les colonies auraient un terrible quart d'heure à passer; mais il y aurait un moment d'incertitude pour le fisc , les ports ; mais la navigation serait obligée de se déplacer. Tout cela est évident; nous en concevons la gravité. La question e*t de savoir si on peut mieux faire: c'est difficile à croire, en voyant le gâchis universel dans lequel pu se débat depuis plusieurs années, et Fiucertitude dans laquelle on est pour l'avenir» Je

saia bien que le rachat des fabriques françaises ai au événement fâcheux , que l'enfant provisoirement asphyxié , pourra reparaître un jour de guerre continentale; mais que faire? laisser vivre les deux ? Je le veux bien ; mais k quelle* coediditions pour être juste. C'est là le nœud gordien (i). »

Aux appareils que nous avons décrits pour k cuite des sirops, nous ajouterons la description dp Y appareil de M. Brame-Chevalier.

Cet appareil qu'on voit représenté en coupe par le milieu dans la fig. 56, et par dessus dans la £g? $9> se compose f i° de deux chaudières contenant la clairce ou le suc ; 2° d'uu chauffoir où Pair prend la température utile f et 3° d'une machine soufflante qui lance dans le chauffoir, puis dans le double fond des chaudières , la quantité d'air nécessaire pour opérer la concentration en quelques minutes.

Le sirop contenu dans chaque chaudière est chauffé k la vapeur, au moyen d'une double grille composée de tubes en cuivre rouge; la vapeur entre par une des extrémités des grilles et sort par l'autre extrémité avec l'eau de condensation , qui est rameuée à la chaudière par un retour d'eau.

Le chauffoir a l'appareuce extérieur d'un grand cylindre , dont la base supérieure présente la

(1 * Nous devons ces considérations économiques à M- Jo» seph Garnier, directeur de l'Ecole du Commerce (pbce Ai Trène>.

rmc d'une calotte bombée ; ilans l'intérieur de cylindre, se trouvent, près des extrémités, -a

ases planes portant un grand nombre de trous orrespondaus , dans lesquels sont soudés des abcs ouverts par les detu bouts ; les espaces corn-

pris entre ces bases intérieures et les extrémités du cylindre sont donc en communication par le moyen des tubes ; c'est la le chemin que parcourt

la vapeur. Tandis que l'air est jeté par la machine soufflante dans le corps do même cylindre, entre

les tubes qui réchauffent par leur contact, au sortir du chauffoir, il arrive dans les trois colonnes qui s'élèvent verticalement au-dessus du fond supérieur de chaque chaudière , pour se répaudre ensuite dqns l'intervalle qui a été ménagé entre le fond supérieur et le fond inférieur; arrivé Ih avec l'augmentation de pression qu'il a reçue de la machine soufflante , l'air est forcé de s'échapper par une foule de trous très fins , dont est percée le fond de la chaudière sur lequel repose le sirop ; il se divise donc en bulles très petites pour traverser de bas en haut l'épaisseur du liquide , et se trouve ainsi daus des conditions favorables pour se saturer de Tapeur autant que le permet la nature de la dissolution.

La machine soufflante est mise en mouvement par une machine à vapeur oscillante » dont la disposition bien connue nous dispense d'en donner la description. lies cylindres à air DDD, de cette machine soufflante, sont à double effet; l'air est aspiré par des ouvertures , et refoulé par des ouvertures analogues situées de l'autre côté des cy~ lindres , et qui viennent aboutir k uu conduit; c'est dans ce dernier conduit que les tuyaux D prennent Fair pour le porter au chauiToir.

Le chauffbir est un grand faisceau de tubes e, ouverts par les deux bouts ; très près de leurs ex-. trémités, ees tubes traversent des espèces de pla-i ques ou platines E; dans lesquelles ils sont exactement soudés (6g. 56); à la partie supérieure du

faisceau, un peu au-dessous de la platine supérieure, se trouve encore mi diaphragme, percé d'un grand nombre de petits trous , et destiné seulement à défier le mouvement de l'air pour le mettre mieux en contact avec les lobes du faisceau qu'il enveloppe de toutes parts; uue enveloppe cylindrique F, exactement fixée sur le pourtour des deux platines E, vient clore hermétiquement l'espace qui reste libre entre les tubes à vapeur e, et c'est dans cet espace que les deux grands tubes à air D introduisent l'air poussé par la machine soufflante ; les espaces réservés aux deux extrémités du chauflfoir sont destinés, l'un a donner la vapeur aux tubes e, l'autre à recevoir l'eau de condensation de la vapeur qui a servi.

L'air convenablement chauffé dans cet appareil en sort, vers la partie supérieure, par les deux tubes horizontaux G (fig. 59) pour se rendre dans le tube G', qui n'en est que le prolongement, et ensuite dans G", aussi horizontal , mais perpendiculaire à G'. À chacune de ses extrémités le tube G* se recourbe de haut en bas , comme on le voit dans là figure 58 , et se termine par une boîte destinée & recevoir les deux tubes coudés H, qui doivent être mobiles dans celle boîte, de manière h y prendre au besoin un mouvement de rotation autour du boulon gg, qui les tient serrés ponr qu'il n'y ait pas de fuite d'air ; les tubes H sont pareillement coudés h leur partie inférieure ponr s adapter dans une deuxième boite h, semblable à

ht produire, et dans laquelle ils peuvent aussi tourner. L'écarté ment des tubes H est empêché parlât pince h' h'; la boite h porte un robinet H' (fig. 56) qui arrête l'air quand il est fermé, et qui lai pehrtet de passer dans le grand tube H; l'air desrend par les trois colonnes I pour se répandre dans Tespace compris entre les deux fonds L et L', d'où kl ne peut plus s'échapper que par la multi~ tâda fie. petits trous dont le fond supérieur se trouve percé*

Les deux chaudières étant tout-a-fait pareilles, lidu* décrirons seulement Tune d'entre elles; le plan (fig, 69) en fait voir la forme extérieure , et , pour .avéir une idée de son ajustement, il suffit de jeter les yeux sur la coupe (fig. 56). On voit qu'elle se «bnpese du fond inférieur L', du fond supérieur L > criblé d'une foule de trous très petits , et d'à* rebord d'environ i5 pouces de hauteur, qui porte une large bride d'assemblage à sa partie inférieure; on réunit solidement ces trois pièces après avoir séparé les deux fonds sur leur pourtour1 pur une épaisseur oonvenable. La figure 56 moutr* elaireatent aussi la disposition du robinet de vidange J , qui se manoeuvre au moyen de la cltf/V •

• La chaudière étant à bascule, il importe d'indiquer comment elle peut se mouvoir. À cet effet elle est entourée par un bâti h quatre pieds M , liés entre eux par des traverses diagonales dans le sens de la longueur de la chaudière, et par des

sa

traverses horizontales dans lei sent d^ ta largetal Les deux pieds qui sont opposa* au robinet de *i» dange se bifurquent vers le haut, et donne** nais* sance à des appendices sur lesquels nspofeàt Je$ deux extrémités arrondies «Tan axe m9, solidement boulonné sur le bord de la chaudièrew Gel axe seul porte le bout dont il s'agit; l'antpe bout r celai da robinet de vidange» est porté par uçeu trfcvtns semblable rt, par deux tiges verticales* etipatf k double levier N , mobile autour de l'axf n H'. ebacune des tiges est articulée à Tu&e dea axlrémités de la traverse n ei & l'extrémité de l'un d* leviers N ; les axes n' de rotation dm lexiâti se&t fixés sur les pieds corresponds»* du bâti*. Le pokk de la chaudière et du sirop tend h Aire descendit le petit bras du Jetif r N et à relevé* le graad bras du même levier ; mais une traverse , qui sVi juste dans la rainure m des pieds du bâti , arrête le mou* versent , et permet , par la même raison , de nive* 1er exactement le fond h de la chaudière <

Quand la cuite est finie , on soulève cette traverse; le double levier N la suit» pt Ja chaudière s'incline du côté durobiriet de vidange » que Toa ouvre en même temps pour donner ia^neju» \* quide. Ce mouvement de bascule fait comprej^rfe les motifs d'ajustement des tuyaux H dans les boîtes g" et h, car il est évident que les colonne I* boulonnées sur le fond L , se déplacent *vcc lui» et entraînent par conséquent le tube H "V qui tyfc peut suivre qu'en déplaçant le* tuyaux H ethnies

i aidant tourner d'abord dans la boité A, et ensuite dans In boite g".

Comme les grilles & vapeur ne pourraient participer au mouvement do bascule de la chaudière sans une grande complication d'ajustement, ou a préféré les laisser immobiles ; elles sont soutenues h 2 pouces de fond L par des tiges t (jig. 56), qui sont elles-mêmes attachées aux deux grandes et fortes traverses TT (Jig. 56 et 59). Les extrémités de ces traverses reposent sur les sommets des pieds Il dft bâti ; on peut donc, sans faire éprouver h la grille le moindre dérangement , manœuvrer la chaudière au moyen du levier N, et la faire tourner autour de son axe m* jusqu'à ce que le fond L Tienne rencontrer le fond des boites S. ' On peut remarquer que , pour laisser voir plus complètement le fond L et la disposition des Irons, on a enlevé sur Tune des chaudières de la jîg. 5g9 t* système des grilles et des tuyaux qui conduisent la Vapeur.

Pour le jeu de V appareil, la chaudière étant remplie, le sirop , même peu concentré et très fluide, ne peut pas couler par les trous du fond L ; ces trous, qui sont assez, grands pour laisser passer l'air, sont trop petits pour laisser passer le sirop , à moins qu'il n'y ait une aspiration entre les deux fonds, ce qui n'arrive pas; le liquide est donc a peu près comme s'il était sur tmc toile imperméable. On donne à la fois la chaleur et Vair pour concentrer; la vapeur, en se con-

densant , communique au travers des parois des grilles tabulaires sa chaleur constituante , qui , échangée ainsi en faveur de l'eau du sirop, transforme celle-ci en vapeur, et l'air, arrivant au travers des trous , et se formant en bulles qui se renouvellent sans cesse , ouvre dans la masse sirupeuse des espaces où la vapeur se répand et s'exhale librement. Le sirop lui-même, recevant par les grilles intérieurement chauffées à i5o°, autant de chaleur qu'il en perd par l'évaporatioo, reste à la température de 75 à 8o°. On conçoit que, physiquement , il serait facile de l'évaporer à 5o ou 6o° ; mais en pratique il n'y a pas d'avantage à le faire.

Voici à peu près la disposition de la plupart des fabriques de sucre indigène aujourd'hui en activité

(4) En 1831, la Société d'Encouragement accordait, après concours, une médaille à M. Ardant Majambott, fabricant à Limoges , pour avoir obtenu les résultats suiyans , que nous extrayons du Bulletin de la Société. Comme on le voit d'après ce compte rendu , la fabrique marchait à l'aide des bœufs.

Betteraves , 500000 kilogrammes , à 46 fr. (c'est le prix auquel elles reviennent , y compris un bénéfice de 75 à 100 fr. l'hectare) 8000 fr.

Dans cette usine , on travaille 5500 à 6000 kilogrammes par jour.

Il faut 91 jours pour terminer toute l'opération.

A reporter 8000 fr-

Au rez-de-chaussée A , on voit le laveur mécanique employé pour le nettoyage des betteraves ; en A' un ouvrier charge les godets d'une chaîne

D autre part. . . . 8000 (r.

Main-d'œuvre. On emploie 18 hommes à 1 fr., 5 femmes à 30 c, 4 enfans à 25 c, ensemble , 22 fr., et environ 6 fr. de veillées pour une partie des ouvriers ; en tout 28 fr. par jour, ou pour 91 jours 2548

Combustible. Il s'agit de concentrer 39 hectolitres de jus jusqu'au point de cuite, c'est-à-dire de 5 degrés Baume à 40 degrés environ. On peut compter sur la consommation de 100 kilogrammes de bois sec pour 3 hectolitres de jus , soit 1300 kilogrammes de bois par jour ; le mètre cube pèse 487 kilogrammes environ, et vaut , rendu à la fabrique , 6 fr 50 c; il en faudrait donc 2 mètres deux tiers par jour; mais comme il n'est pas toujours très sec , on porte la dépense â 4 met. par jour, en y comprenant les recuits, ce qui fait 26 fr. par jour, et pour 91 jours 2366

Charbon animal , environ 100 kilogrammes par

jour,à38fr 3368

Bœufs , 18 , dont la nourriture est évaluée à 9 fr. par jour, coûtent, pour le temps qu'on les emploie au manège 819

Menus frais : Chaux , sang , entretien des bacs et claies, éclairage, etc 700

Intérêts des capitaux et entretien. Pour 20000 fr. en mouvement dans la fabrique pendant 6 mois , à 5 pour 100 500

Entretien et intérêts du mobilier à 10 pour 100. 3600

Directeur. Le chef remplissant seul cet emploi

A reporter 21901 fr.

sans fin A'B, mue aussi par la machine ; eu C, un enfant dirige vers les coulisses delà râpe les betteraves qui tombent sur le plan incliné ; un ou-

D'autre part. . . . 21901 fr.

(sauf ceux de contre-maîtres exercés par des ouvriers qui ont une haute-paie comprise dans

les journées ci-dessus) »

Cet article est ici porté pour mémoire. Il convient d'ajouter pour encouragemens , extraction des silos , transports à la fabrique. « . MO Pour loyer des bâtimens , cours , etc. . . : 600

23401 fr.

Produits.

M. Ardant dit «voir toujours obtenu environ 5 kilogrammes et demi de sucre pour 100 du poids des racines i mais comme généralement on n'obtient encore que 5y nous n'admettons à ce taux que 25000 kilogrammes pour 500000 kilogrammes de betteraves, dont 18000 kilogrammes à 1 fr. 50 c, à cause de sa belle qualité... 27000

Et 7000 kilogrammes à 1 fr. de second jet 7000

125000 kilogrammes de pulpe consommée dans la propriété , évaluée à 16 fr. les 1000 kilogrammes... ., f ,.".,... t. . 2000

Vente des mélasses 1600

Le noir, ayant servi , peut être revivifié ou ëmployé comme engrais ; on doit l'évaluer au moins à. . . . , , # # , 9 . . . , . , , , # , , 300

37900 A déduire le montant des frais , . 23401

On voit qu'il reste en bénéfice , 14409 fr.

Lors même que l'on pe compterait le prix de tout le sucre

Trier D est sad6 cesse occupé à pousser alternative* ment de chaque main les deux rabots qui pressent dans la coulisse les betteraves contre le cylindre dévora teur.

Un aide prend à la pelle la pulpe sous la râpe et

qu'à 1 fr . , le bénéfice terait encore de 6000 fr. ; et, en y ajou* tant celui d'exploitations accessoires, telles que la distillation des mélasses , la fabrication du cidre et l'extraction de la fécule de pommes de terre , comme ra Sut M. Majambost , il ne serait pas difficile d'en obtenir un surcroît de bénéfices montant k 3500 fr* Ce serait donc en tout un revenu de 8(00 fr- dans des circonstances assez peu favorables.

Mais les plus grands avantages que l'on doit recueillir, et sur lesquels on pourra compter à tout événement, en annexant la fabrication du sucre des betteraves à une grande exploitation agricole , sont :

1§ De nettoyer, d'ameublir une étendue de terrain quatre ou cinq fois plus considérable que celle nécessaire à la production annuelle des betteraves, et cela en réglant les assolamens de manière à bonifier ainsi périodiquement chacune des parties du domaine.

$• IV augmenter la proportion des engrais par les résidus des défécations et clarifications , mêlés à leur volume de terre sèche, et seméssur le soi, ce qui constitue une deuxième cause de fertilité des terres* M. Ardant a même très bien utilisé, sous ce rapport, les vinasses , résidus de la distillation des mélasses , en les faisant servir à l'irrigation ou arrosage , et à l'engrais des terres emblavées.

y De créer des industries, productions et consommations nouvelles dans les contrées qui en étaient privées.

4* Enfin, de multiplier les bestiaux en rendant à la fois profitables leur engraissement et leur travail , ce qui augmente les engrais dans la même proportion , et par suite la fertilité des terres. Tous ces avantages concourent en même temps à accroître de beaucoup la valeur des propriétés , et à ttfpéudre l'aisance ches les travailleurs.

la verse dans le sac posé sur une daie reposant elle-même sur des tasseau' qui laissent écouler Je jus sur la table creuse doublée en cuivre; une femme E aplatit et égalise au rouleau l'épaisseur des sacs (réglée a ia où i5 ligues).

Chaque claie ainsi garnie est portée à Tune des presses hydrauliques F, que Ton charge ainsi, tan* dis que les trois autres fonctionnent.

La pulpe pressée est livrée directement aux nourrisseurs à un prix qui permet de négliger d'en extraire une nouvelle quantité de jus; par ta moyens qui ont été indiqués, on obtient ainsi 70 à j2 de jus pour 100 de betteraves.

Le jus coule directement dans celle des 4 du* dières à défécation qui se trouve vide ; un ouvrier surveille attentivement chaque opération avec les soins précités ; il soutire le jus déféqué à l'aide du robinet GG' ; les premières portions trou* blés coulent par une gouttière H dans uu filtre a

poche ou Taylor (voyez raffinage). Dès que le liquide coule clair, on le dirige dans la conduite H*, d'où il se rend dans le réservoir I ; celui-ci alimente une rangée de filtres Dumont K, k l'aide des robinets à flotteur.

Ces filtres alimentent le réservoir L , qui dessert le serpentin évaporatcur M de l'appareil Degraud ; la hotte N enlève les vapeurs et en débarrasse l'atelier; le jus marquant a froid j° et seulement 4° ,5 après la défécation et la première

filtration , arrive au bas de ce serpentin, marquant

de g à 10 ; .il coule dans le réservoir 0# d'où l'ouvrier, surveillant de la chaudière P, le fait aspirer ii voloDté pour le concentrer jusqu'à a5#."

Nous avons indiqué le jeu des diverses pièces de cette chaudière opérant dans le vide ; mais il nous reste à décrire un petit ajutage propre à faciliter la vérification du degré de concentration du liquide ; on voit par la fig. 60 qu'il se compose d'un tube dos en cuivre, dont la partie supérieure communique a volonté, lorsqu'on en ouvre uu robinet, avec la calotte supérieure de la chaudière.. Si, alors, on ouvre un second robinet, le liquide de la chaudière coulera dans le tube ; en fermant v les deux robinets , le dernier mettra de plus le tube en communication avec l'air extérieur; il ne reste donc qua ouvrir un robinet inférieqr pour faire écouler et recevoir dans une éprouvette le liquide tiré de la chaudière, puis en ob-? serrer le degré en y plongeant un aréomètre.

Ge liquide étant à a5% on le tire de la chaudière par les moyens indiqués; puis on le fait couler dans le réservoir Q des deuxièmes filtres Dumont; au sortir de ceux-ci, il coule dans le réservoir S f d'où on le reprend h la fin de la journée pour terminer la cuite dans la chaudière P; les cuites tirées dans le réservoir sont portées dans le rafraîchissoir U , puis mises clans les formes V.

La chaudière à vapeur Y met en jeu la machine X, qui communique le mouvement au laveur, chaîne sans fin, râpes, presses, et une deuxième

chaudière Y* fournit toute la Tapeur utile au service des chaudières et évaporations.

Voici l'appréciation du prix de revient du sucre de betteraves , appréciation donnée par M. Dumas dans l'interrogatoire qu'il a subi au sein de la commission de la loi des sucres. Nous laisserons parler le snvant professeur : Je suppose qu'il s'agit d'une usine, marchant de la manière la plus simple, râpe et laveur mus par un manège , défécation et concentration a feu nu, cuite à la vapeur, la houille coûtant i fr. 5o c. Thectol. , la main-d'œuvre i fr. a5 c. par jour, les betteraves 16 fr. par i,ooo kilog.

Ces élémens donnés, voici la décomposition des frais de production en 100,000 kilog. de sucre provenant de 2,000,000 kilog. de betteraves.

2,000,000 kilog. de betteraves 32000 fr.

Main-d'œuvre (7200 journées) 9000

Houille (6000 hectolitres) 7500

Noir ammal et agens chimiques .,. 0600

Intérêt d'un capital mort de 100000 fr., à 10

pour 100 10000

Intérêt d'un fond de roulement de 60000 fr. , à

6 pour 100 3000

Frais généraux » éclairage , impôts , assurances ,

réparations , etc.. . , 7500

Total.,.. 75500 fr.

A déduire : pour 50000 kilogr. de mélasse, à 3 fr. les 100 kilogr 1500.

Pour 400000 kilogr. de pulpe , à 10 fr. ( **°° fr* les 100 kilogr 4000

Reste.» •. 70000 fr.

Ce qui fait ressortir le kilog. à 70 centimes.

Ce prix de revient peut êiro modifié par la dit* érence du coût de la houille, des betteraves ou de a main-d'œuvre, suivant les localités; le reste raric peu , et les variations sont pour ainsi dire >ans influence.

1* Le prix de la betterave varie de 16 à 18, 20 et 23 fr. les 100 kilog.

À 18 fr., il en résulte, pour 100,000 kilog. de mère, une augmentation de 4* 000 fr;, atténuée de 800 fr. par la plus-value des pulpes ; reste 5#aoo fr.

A 20 fr., il en résulte une augmentation de 8000 fr., atténuée de 1600 fr. par la plus-value des pulpes ; reste 6400 fr. »

A aa fr., il en résulte une augmentation de 12000 fr., atténuée de 24°° fr* Par 'a plus-value des pulpes ; reste 9600 fr.

Le prix net se trouve donc à 16 fr. les 1000 kil. de betteraves, 70000 fr.

A i8f id. id.j 73200 fr,

A 20, id. id., 76^00 fr. .

A 22, id. id., 79600 fr.

Les autres élemens restant les mêmes, ta variation du prix de la betterave fait donc osciller le prix de revient du sucre brut de 70 h j5) 76 ou 80 cent, le kilog.

20 Le prix de la houille peut doubler dans certaines localités, circonstances fâcheuses et sans compensation. La consommation du combustible.

augmente d'an tiers dans les usines qui travaillent il la vapeur; mais dans ce cas, la main-d'œuvre éprouve une diminution qui rétablit à peu près l'équilibre. Je ne reconnais pourtant pas à l'emploi de la vapeur les avantages d'économie qu'on loi a trop facilement attribués k mon avis.

Le prix de la houille étant doublé , le coût de 100000 kilog. s'élèverait (les autres élémens restant les mêmes que dans le premier détail) à 775oo fr., et le prix d'un kilog. a près de 78 cent

3° Le prix de la main-d'œuvre peut s'élever à 1 fr. 5o cent.; toutes choses égales d'ailleurs , les frais de production de 1 00000 kilog. s'élèveraient à 71800 fr., et le prix de revient du kilog. à près de 72 cent.

D'après cela , on aurait une idée assez exacte du prix maximum , en admettant les bases suivantes pour le compte de revient :

Mïl.l l.l

de betteraTes à 20 fr. 40000

Maia-d'œurre 1 0500

Houille 15000

Noir et agens chimiques . 5500

Intérêts du capital mort 10000

Intérêts du fonds de roulement... 9000

Frais généraux 7500

Total 92500

A déduire pour pulpes et mélasses. 7100

Reste net. . . SMOO

Le prix maximum du Litcç- serait donc un pea au-dessas de 85 cent*

Je n'ai tenu compte jusqu'ici que de la variation iu prix de la betterave , de la houille et de la main-d'œuvre ; la variation du rendement a aussi une grande influence sur le prix de revient. J'ai supposé, dans les calculs précédens , un rendement uniforme de 5 pour 100, mais ce rendement varie de 4 à 6 ij2, selon les usines ; ainsi , en reprenant les deux chiffres déjà posés de 70000 fr. et de 854oo pour traiter 2000000 de kilog* de betteraves , le prix de revient pourra être , suivant le rendement , modifié de la manière suivante :

i° 70000 fr. pour traiter 2000000 de kilog. de betteraves*

Prix dm kitofruMM.

à 4 pour cent , 80000 kil. de sucre 0 fr. 875

20 854oo fr. pour traiter 2000000 de kilog. de betteraves.

Prix dm kilogramme* à 4 pour cent , 80000 kil. de sucre 1 fr . 067

Ce résumé explique, en définitive, comment Certaines fabriques avortent, comment cfautres Succombent > dès que la concurrence élève le prix de leurs betteraves , et comment enfin l'habileté du fabricant rachète souvent les vices de la position.

Four une localité donnée , la betterave devrait donc diminuer quand la houille augmente , et

cîproquement, quand la houille diminue , la betterave peut augmenter, À mon avis , il y aura toujours de l'inconvénient pour une usine, quand ces deux chances réunies formeront plus de 45 &*•# en prenant le prix de 2000 kilog. de betteraves et celui de 5oo kilog* de houille (au grand maximum)» ce qui doit donner 100 kilog. de sucre.

Clément Détonnes a répondu , dans la même enquête 9 que la moyenne du prix de revient dis 100 kilog. de sucre brut de betteraves était , à son avis , de 65 fr. les ioo kilog.

* Voici le tableau des escomptes , tares et usages pour les marchandises , sur la place de- Paris, rédigé par les courtiers de commerce , approuvé par la chambre de commerce et le tribunal de commerce, publié le i#r juin 1857.

Sucre brut de taule espèce. Escompte : 5 pour 100. — Tires ; 30 pour 100 en futailles de rôde Bordeaux mu barres ; 7 pour 100 eu sac de simple toile.

— De la Martinique, Guadeloupe , Saint-Domingue ,

Jamaïque « Sainte-Croix, des antres Antilles, Ht- Yane, Bourbon, île Maurice. Exampte : 5 pour 100. — rare* ; 17 pour 100 en barriques, 18 pour 100 cm ùerçons et quart*.

— De Grenue. Escompte ; 5 pour 100. — Tores ; 1"

pour 100. Le vendeur garantit 5 pour 100 de boa de «are sur cette sorte de sucre, et m'accorde da*s ce eus aucune bouiurariou sur les fonds, tdsqA

Ohsfrwtiion. — Les futaille* de 4°° ^Hof. * undessus sont quuKtiè» Kirriques. Elles ne peuvent avoir plus de 16 cereles i IVataur de la fb-

Jtaa»

taille et deux à chaque bout pour soutenir le fond* l'un k l'intérieur et l'autre k l'extérieur de la barrique.

Les futailles de i5i à 399 kilog. sont réputées tieifoos.

Les futailles de 3o k i5o kilog. sont réputées quarts.

Elles sont k douze cercles autour, plus deux cercles h chaque fond. Toutes les barres , surcharges , plâtre star toutes espèces de futailles , soulèvent avant la pesée ou s'arbitrent , et se déduisent du poids brut.

Les fonds autres que ceux en sapin et ceux qui sont taillés à la serpe sont réputés gros fond*, sont réfractionnét fc . t kilog. p. ./* pour chaque fond. Il n'est point dû de réfraction pour la vidange dérf

sucres bruts, si cette tidarige n'excède pas ::

M centimètres dans les barriques.

11 » dans les tierçons.

8 » . dans les quarts, , *, . .

A prendre du bawl de la futaille.

La tare d'usage sera bonifiée k Facbeteur en n'estimant que 27 millimètres de vidange , au-dessous des mesures indiquées ci-dessus, ce qui représente :

ao kilog. poids brut, dans le* barriques de wacté Jamaïque on de fiarpw* semblable* :

16 kîâog.JcL, dans, les barri qMs<d* roc m Martinique et Guadeloupe, ou de formes sefllMfebles.

18 lûkMUBammcs dans leîltîérasss.

„. tf* «J***

.j/orice. Escompte : 5 pour 10O- .^i . xtr balle de 50 à 95 kilogr. en oipie emballage sans lien ; 6 kil.

w*«ogr. et au-dessus, ,îd.; 3 kilogr.

i V> kilog. en coufle de jonc, simple ...ugr. par balle de 76 kilogr. et au- . -oc en balle se pèse par pesée de 5 à m kilogr. de trait.

—mu : 4 pour 100. — Tares : 18 pour -^ . «ans autre surcharge que trois liens

*. compte : 4 pour 100. — Tares : 13 ^ es barriques , et 14 pour 100 sur les .» .. .ujrts.

« .<? 400 kilog. et au-dessus sont

.uts; elles peuvent être rebattues

. .us un cercle de support pour cha-

- .- 5o a i5o kilog. sont qualifiées .*.-.ii 11 douze cercles de support pour

v:mpte : 4 pour 100. — Tares : 26 kilogr. lu-dessous de 200 kilogr.; 13 pour 100 iu poids de 200 kilogr. et au-dessus; 14 ^ a% *u demi-caisse.

%iBj5^k ^ demi-caisses seront sans autre sur- :v^ liens de cuir.

^-si. Escompte : 4 pour 100. — Tare : 17 kilog. t. sans autre surcharge que trois liens d'o-

* i ora-Croz. Escompte : 4 pour 100. — Tare :

s Kll. Bar balle, sans autre surcharge que la corde

'ortf*** *** î°nc *nt^r*eur et une toile de pitre à

• , l'extérieur. —4 convenir, en caisses d'environ 200 •I - kil., avec une légère toile intérieure et deux liens j ; de 1er extérieurs»

e de PInde*Bénarès. Escompte : 4 pour 100, — Tare : L) . .6 kilog. en balles de 75 k 100 kUog.,.e*4ouU*

toile extérieure, plus, une légère tpile de coton

extérieure , sans surcharge. — 5 kilog. en balles de

60 à 75 kil., intérieure et sans surcharge; se pèse

Ni). parpeséede500à600kilog.,etaukilqg. detrail*

Berboom. JEscompte : 4 pour 100* — Tare f 6 kilogr.

par balle de 75 à 80 kiL, en joncs intéripara et **

gunny.

. -Cochinchine. Escompte : 4 pour 10p. — - SVf.* §kili

en balles de 46 à 60 kilog. , en simple jonc ; 4 kilog. 1 en balles de 61 à 80 kilogr id.; 1 kilog.

par balle de plus , en cas de double jonc.

• Batavia. Escompte : 4 pour 100. — Tare : 13 kil. en

canastres de tout poids et en panier, exempt de surcharge.

• Manille. Escompte : 4 pour 100. — Tare : 3 kilog. par

balle , en balles de 40 à 50 kilog., en double emballage de jonc , avec un lien de jonc ; se pèse par pesée de 5 à 600 kilogr. et au kilogr.

- indigène de toute espèce. Escompte : 5 pour 100. —

Tare nette. On accorde 5 pour 100 de bonification de tare ; — se pèse par fut ou par pesée de 5 à 600 kilog. lorsqu'ils sont en sacs , et au kilog. de trait.

- en pains des raffineries de Paris. Escompte : 3 pour

Page 1