LEÇONS
RAFFINAGE Dit SUCRE.
Historique. — Description des ustensiles. — Filtres Taylor.
— Fonte et clarification (anciens et nouveaux procédés). —Première et deuxième filtration. — Cuite. —Grainage.
— Emplissage des formes. — Mouvage. — Egouttage. — Locfaage. — Tarage. — Glairçage. — Plamotage. — Etuvagt. — Soins à donner au sucre raffiné. — Emploi du sacre xtffinét — Sucre candi. - — De quelques cuites du sirop. (Cuite à la nappe;, au petit et au grand lissé; au petit et au grand perlé; au crochet; au soufflé; au petit et au grand boutf; au peut et au grand cassé.) — Sucre d'orge.
— Sucre de pomine. — Des sirops verts ou non couverts (lumps, bâtardes, vergeoises, mélasse). — Tableau des densités]'et proportions de sucre dans des solutions à 15° therm. centig.
L'art de raffiner le sucre prit naissance à Venise, "ville florissante par son commerce , et qui fut le berceau de diverses industries manufacturières. *
Les Vénitiens commencèrent à traiter par solution et cristallisation lente les sucres très impurs , colorés en brun par une mélasse visqueuse ; ils en obtinrent tin sucre en gros cristaux, appelé sucre candi, que Ton connaît eacore aujourd'hui sous
ce nom. Plus tard , dans les mêmes ateliers , on mit le sucre raffiné sous la forme de pains, et peu à peu ces opérations s'étendirent dans toute l'Europe.
En France , l'attrait de la consommation du sacre radine donna probablement lieu a l'anoblissement de la profession de raffineur, et des inscriptions séculaires témoignent encore , dans quelques anciennes raffineries , de la certitude acquise de ne point déroger en exerçant cette industrie privilégiée.
Cependant l'art resta stationnaire pendant xm très long laps de temps ; il semble qu'il dut être légué de père en fils, intact comme l'honneur de la famille : du moins voici à quelles opérations il se bornait jusqu'au commencement de notre siècle 9 époque a laquelle les anciens et tenaces préjugés des gentilshommes raffineurs furent, avec tant d'autres aussi absurdes , peu à peu forcés dans leurs retranchemens. De toutes parts des raffineurs plus instruits firent alors assaut d'innovations entre eux.
Le raffinage est l'opération par laquelle on débarrasse le sucre de diverses substances qui le salissent et lui donnent une saveur désagréable.
Le sucre soumis au raffinage est le sucre brut ou moscouade. Voici sa composition, qui ne varie que dans les proportions : i° sucre cristallisable; 3 ' Micre incristallisable ou mcJawe ; 5' acide pectique ; 4* acide acètM ^développés P60*
dant la' traversée » dans les sucres d'outre-mer (cette altération est la cause d'une différence marquée entre le rendement au raffinage du sucre de cannes et du sucre de betteraves ; ce dernier, à poids. égal , et de la même nuance, donne une plus grande quantité de sucre raffiné) ; 5* matière colorante; 6* plusieurs substances insolubles, tel* les que sels , oxides , etc.
Les diverses qualités de sucre n'ont rien de fixe, et varient non seulement dans la même contrée , mais aussi sur la même habitation ou exploitation. Nous ne pouvons rien dire a cet égard ; au reste , les ventes se font sur échantillons , et l'on doit observer avec soin leur aspect ; on acquiert bien vite l'expérience nécessaire pour ces sortes d'opérations commerciales. Les sucres les moins visqueux, les moins colorés , et ceux qui présentent le plus de cristaux formés , sont les meilleurs. On a indiqué divers moyens pour juger de la qualité des sucres bruts; mais nous croyons que rien à cet égard ne vaut le coup d'œil d'un homme exercé.
Avant de passer h la description des opérations du raffinage , nous allons dire en quelques mots quels sont les appareils et les instrumens nécessaires k ce travail.
Les chaudières dont on se servait autrefois pour le raffinage étaient en cuivre ; elles pouvaient contenir 5oo litres de sirop, et des hausses en cuivre les agrandissaient encore ; leur fond était plat et leur forme cylindrique ; elles avaient quatre pieds
et demi a cinq pieds de diamèlre , et autant de hauteur.
On reconnut enfin le désavantage de ces vases énormes ; et en i8o5, époque où il se fit une révolution dans le raffinage, on les remplaça paria chaudière à bascule de M. Guillon , dans laquelle l'opération se fait vite et bien. Nous en avons donne la description.
Tous les autres appareils décrits par nous dans le chapitre consacré au sucre de cannes et de bette* raves peuvent servir au raffinage , et il faut mène dire que presque tous ont été inventés dans ce bat, et n'ont été appliqués à la fabrication des sacres que par analogie. Nous renverrons donc à ces différentes descriptions , ainsi qu'aux dessins de ces appareils. Dans l'article qui concerne chacun d'eux, on trouvera quelle est sa manœuvre, et Ton verra, d'après ce que nous en avons dit, quel parti on peut en tirer dans le raffinage.
Nous avons dit aussi ce qu'étaient les filtres Dumont.
Filtres Taylor. — Nous allons donner la description des filtres Tajlor.
Ces filtres, dont les détails sont représentés dans lesjigures 61 à 64, offrent un moyen simple de multiplier les surfaces filtrantes dans une enveloppe resserrée, semblable, en cela, anx filtres plissés des laboratoires. Un sac B (%. 61) de tissu ptucheux de coton, d'environ \8 pouces de large sur 5 pieds de long, est introduit et contenu
*7| dMffVd,faiiiT$m A,ouTert des deux bouts, eu toile forte «t «laire. Ce dernier, bien plus étroit (6 pouce* de large), maintient, la premier tout irrégulièrenOut .plissé , comme il est indiqué en A', sans que, l'on prenne aucune peine pour obtenir cet «ffefc Le sec et l'enveloppe * ainsi l'un dent L'an* *r0» WW adaptés ou» ajutages coniques et à bourrelet C(fig. 6a), à l'aide d'une corde, ou, plus simplement aujourd'hui , en le passant entre les pernie extérieures des ajutages et un anneau de fer D» puis serrant fortement l'anneau en le taisant baieeev,
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