‹ Manuel du dessinateur lithographe, ou, Description des meilleurs moyens à employer pour faire des dessins sur pierre dans tous les genres connusChapitre 3 sur 6 · II · texte numérisé non relu

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» si tifs , parce que j’ai été témoin des * circonstances qui ont accompagné » son origine.

» Dès le tems où M. Engelmann » vous fit connaître l’établissement » qu’il avait formé à Paris , je l’avais » engagé à faire des recherches sur les » moyens de produire l’effet du lavis , » et il m’avait répondu qu’il y pensait » continuellement. Au mois de juin » 1819, j eus occasion de lui demander » s’il avait trouvé quelque résultat » satisfaisant ; il me répondit qu’il » avait découvert un procédé fort sim- » pie en principe , mais dont il n’avait » encore fait aucune application, parce » qu’il n’était pas assez familier avec » les opérations manuelles de la gra- » vure au lavis , telle qu elle est pra- » tiquée sur le cuivre. Il me décrivit » son procédé , qui me parut d’un » succès tellement infaillible , que je » l’engageai à s’en assurer sur-le- » champ , en se bornant a faire sur

» mie pierre une suite de teintes dé- » gradées.

» Le lendemain , M. Engelmann » m’apporta l’essai que j’avais de- » mandé , et je me félicite de Y avoir » conservé, puisque je puis le mettre » sous vos yeux. Il ne s’agissait plus >> que de trouver un artiste habile , » exercé à la manutention du procédé » du lavis : j’indiquai M. Baltard , et » peu de jours après un paysage aussi » bien exécuté qu’il eût pu le faire par » le procédé de Vagua tinta , fut le » résultat de son premier essai.

» Cet essai , mis ensuite sous les » yeux du Jury chargé d’examiner les » produits de notre industrie, attira » son attention. La découverte fut re~ » connue ; mais un exemple unique » de l’application de ce procédé ne » lui parut pas suffisant pour en cons~ » tâter le mérite. Il y a lieu de croire » que si M. Engelmann eût pu , à cette » époque , présenter les estampes du

» Voyage pittoresque de la France , » ou X Album composé par les artistes » attachés à la manufacture de Sèvres, » le Jury n’eût pas borné sa récom- » pense à une simple mention hono- » rable.

» L’application de l imitation du » lavis à la Lithographie nous paraît , » Messieurs , une découverte d une » haute importance ; elle perfectionne » le genre du crayon , en donnant « le moyen d’exécuter les parties les » plus délicates , telles que les ciels » dans le paysage , que l’on ne pou- » vait bien exécuter même avec une » adresse et une patience extrêmes.

» Dans beaucoup de circonstances , » telles que la représentation des ma- » chines ou de l’architecture , ce pro- » cédé est infiniment préférable à celui » du crayon. Quant à son exécution , » il offre , pour la promptitude et la » facilité , les mêmes avantages que » la Lithographie présente dans tous

» les genres de travail qui lui sont ap- * plicables.

» Dans le procédé du lavis sur cui- » vre , lorsqu’on applique de l’eau- » forte pour produire une teinte , on » ne peut juger de l’intensité de cette » teinte qu’en l’estimant par la durée » du tems que le métal reste soumis à » Faction de l’acide. Dans le lavis li- » thographique , on voit distincte- » ment l’effet de la teinte à mesure » qu’on la produit : aussi celui qui est » au fait du procédé de la gravure au » lavis sur cuivre , ne peut manquer » de réussir la première fois qu’il es- » sayera le lavis lithographique....

» Yous n’attendez pas , sans doute , » Messieurs , que nous énumérions » tout ce que les ateliers de M. Engel- » manu nous ont offert d’intéressant ; » nous ne pouvons cependant passer » sous silence un nouveau système de » presse qui économise le tems , au » point d’obtenir un produit double.

>5 On y a adapté un compteur , qui » n’embarrasse aucunement le mou- » vement et peut être fort utile. Cette » presse n’est appliquée quà des » pierres de petite dimension. Si , » comme nous avons lieu de le croire, » elle réussit également en grand , » elle devra être regardée comme un » perfectionnement important.

» En voyant le haut degré de per- » fection où la Lithographie est par- » venue , ne serait-on pas tenté de » croire que l’art n’a plus rien ou » presque rien à désirer ? Nous som- » mes loin de vouloir ainsi assigner » des bornes au génie ; mais nous nous » croyons fondés à penser que l art » peut se contenter des moyens qu’il » a maintenant à sa disposition , et » nous présumons que si la Lithogra- ’ Ph ie doit faire de nouveaux progrès, » on les devra principalement à l’ar~ » tiste ingénieux qui consacre tout son

> tems et toutes ses facultés à la per-

> fectionner.

» D’après ces motifs , nous croyons, » Messieurs , que M. Engelmann s’est

> acquis de nouveaux droits aux ré-> » compenses par lesquelles vous si- » gnalez les perfectionnemens utiles » aux arts. En conséquence nous » avons r honneur de vous proposer :

» i° De lui témoigner la vive^atis- » faction que vous fait éprouver le » succès de son établissement ;

» 20 De renvoyer le présent rapport » à la commission que vous chargerez » de vous désigner ceux qui ont le » plus de droit aux médailles d’encou- » ragement que vous accordez annuel- » lement aux auteurs des découvertes » les plus importantes. »

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