‹ Manuel du dessinateur, ou, Traite complet du dessinChapitre 20 sur 42 · IV. DESSIN A LA PLUME , ECRITURES , ECHELLES ET ENCADREMENT · texte numérisé non relu

IV. DESSIN A LA PLUME , ECRITURES , ECHELLES ET ENCADREMENT

Dessin à la plume. — On peut finir entièrement un dessin topograpbique avec une plume et de l'encre de la Chine; tous les accidens du terrain peuvent être rendus par ce procédé; mais il est plus difficile d'exprimer les différentes cultures par ce moyen que par celui des teintes.

La topographie dessinée à la plume peut devenir trèsutile, si les dessinateurs ont acquis une grande habitude et beaucoup d'habileté pour i'exéculcr. C'est surtout pour les ini];énieurs militaires, les officiers d'étatmajor, et tous ceux qui peuvent se trouver dans le cas de dessiner des plans, sans avoir ni ie temps, ni tous les instrnmens , ni toutes les commodités nécessaires que demande un dessin fini avec les couleurs naturelles, que le procédé expédilif du dessin à la plume est important.

Pour parvenir à dessiner purement à la plume, il faut beaucoup d'exercice et de hardiesse, et surtout pour exécuter un plan sur une grande échelle.

Nous procéderons ici comme nous venons de le faire pour la toposjraphie représentée par des teintes naturelles, nous placerons dans le même ordre toutes les parties qui peuvent couvrir la surface d'un plan, en détaillant, autant que possible, la manière de les re-, présenter.

Il faut s'habituer à dessiner avec des plumes ordinaires, qui, pourvu qu'elles soient de bonne qualité, peuvent être taillées aussi fines qu'on peut le désirer.

Le plan étant dans l'état où nous l'avons laissé à la fin de l'article qui traite du trait, et ce trait ayant été entièrement exécuté avec de l'encre, on commencera à exprimer les détails.

Montagnes. — Elles seront traitées par des hachures à la plume, comme nous l'avons expliqué.

Rochers. — 7'oules les ombres occasionées par les, brisures des rochers seront exprimées par des hachures plus ou moins serrées , plus ou moins fortes , afin de \arier les tons; de faire sentir les cavités plus ou moins profondes et les oppositions variées de la lumière, qui seule donne le relief convenable à ces masses de pierres,: L'étude apprendra à donner à ces hachures des directions différentes, et les rendra propres à exprimer le$ effets les plus naturels.

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Terres labourées. — Les sillons des terres labourées seront représentés par des lignes de points alongés ; il fant bien éviter de leur donner une régularité trop grande, une lincsse trop uniforme, ce qui occasionerait la séclieressc !a plus désagréable; on donnera une double touche sur les côtés opposés à la lumière, afin de faire sentir le relief de cbaqua pièce, ou , pour mieux dire, le sillon plus profond qui les sépare les unes des autres.

Friches. — Poinlillé très-lin ( points allongés et verticaux) représentant les herbages, et jeté par masses inégales plus ou moins grandes el serrées, parsemées d'arbres eî d'arbustes, dessinées comme il est dit j)ius basa l'article arbres isolés (les points représentant les herbages doivent cire peu élevés; on ne leur donne une figure un peu allongée que pour les distinguer des points ronds destinés à exprimer les sables).

Bruyères. — Toutes les surfaces couvertes de bruyères seront poinîillées d'abord également ; puis oa reviendra sur différentes petites parties que l'on couvrira davantage, et qui se délaeheiont un peu sur le fond.

Prairies. — Sei out traitées de la môme manière que les bruyères, mais en pointillé plus uni.

Landes. — Les parties de verdure seront faites comme les prairies, en forçant les dessous pour leur donner le relief convenable; les parties de sable seront couvertes par des points ronds très-fins et Irésserrés, surtout le long des berbages qui portent ombre dessus.

Forets et bois. — Les bois ayant été massés comme nous l'avons dit plus haut, on reviendra sur chacune de ces masses , en détaillant les touffes de manières à faire sentir les parties ombrées, et à délaeher celles qui sont exposées au rayon lumineux. C'est donc un feuille plus ou moins serré qui doit faire sentir le relief; les fonds seront couverts par un pointillé seniblable à celui des

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pi-aîrics, et k;s ombres portées seront indiquées par des haciuîrcs fines, serrées plocées dans le môme esprit que les tonclies d'encre do la Chi:ie des bois faits au lavis.

Le travail de îa phune peu» , ( Oînme eeiui du pineeau, exprimer des bois plus ou moins îoufl'us, des lai'lis, des J)rous5aiI!es , de {euîu\s piciiUations, ete.

Arbres isolés. — ■ Ou efnploiera le niénie moyeu cjue pour les bois, aiin de onsbrer, de les délaclier des fonds et de leur dnnncr le relief convenable. Les ombres portées qui doiveut représenter leurs formes seront hachées [Vdv de lU'iiies tailles très-fines et trèsserrées.

Les peupliers et les saiiins sont les simules espèces qu'il soit possible de disliiiî^uer dans un plan topographique. Il faut avoir soin de donner à l'ombre la direction de 5o degrés que nous avons déjà recommandée, et sur les plans à petite échelle, de placer et;lie omhre à une petite dislance de Vv.vhva. {Foy(::z les fie;. K,L,S,T, pl. Yli.)

Vergers. — - Le fond dts vergers sera fait comme celui des prairies; les arbres q"ii les forment seront traités Tomme nous venons de le dire,

Vîgnes et houblons. — Il faut les exprimer avec la plume, comme nous av(»ns prescrit de le faire avec le pinceau.

Jardins. — Les planches et les plates-bandes seront hachées par des points alongés, comme ceux des terres labourées, mais plus fins et plus serrés.

Haies. — Ce que nous avons dit pour les bois et les arbres isolés, indique suffisamment la manière d'exprimer les haies.

Terrains 'vagues, terres arides. — Si le plan est sur line grande échelle, on représentera les terres arides et incultes par de petites pierres jetées çà et là, de petites touffes d'arbres rares et inégales, des masses détachées de verdure (prés), des parties poinlillées comme le3

DESSIX DE LA TOPOGRAPPÎE.

sables, le lout eiilrenièlé iiTégulièreinenî et avi^c goût; placer de préférence la verdure dans les endroits les plus bas, et par conséquent los plus liumides, et les parlic-i pierreuses et snblonneuses sur les points les plus élevés.

Eaux. — Ou eaipb)iei'a pour les laes , les fleuves , les rivières et les mers le li!é ou traits parallèles, dont nous avons parlé à Tarticlt^ du lavis de ces accideiis naturels.

Etangs. — La surface des eaux di'S étangs sera représentée ])ar des bachures liorizontales fines et parallèles qui, du côté des ombres , sont renforcées par des enlre-'iiillvs ; on jeîera aussi çà et là d'.uilres entre-tailles pour rompre runiforniiié et onduler pins naturellement les eaux : il faut éviter de donner à ces taiiies une coolinuilé trop régulière.

Marais. — Les {jarties de verdure seront d'abord couvertes du pointillé destiné aux prairies; on les relèvera d'une nianièi'c un peu ferme par des traits et de peiites tailles verticales qui les enlèvent au-dcs.sus des eaux.

Les eaux seront baebées de la même manière que les étangs; on y jetera quelques touffes d'herbages.

Terres humides. — Elles seront représentées par des bacbures horizontales très-fines et de peu de longueur, entrecoupées par des parties de verdure légères, fines, et de peu d'étendue ; il faut ne pas les décacber fortement eonnne on Fa fait pour les marais, mais, au contraire, qu'elles soient fondues insensiblement avec les parties converles d'eau ; ces derrdères doivent être parsemées de brins de verdure.

Inondations. — Les détails du terrain inonde ayant été traités eonnne ci-dessus, mais avec plus de finesse que ceux des terrains découverts , on couvrira toute la partie inondée par un filé à la plume fait comme il a été dit à l'article des eaux.

Marais sa/ans. — Les parties de terre seront poiii-

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lillées comme les prairies et les eaux hacliées comme les étangs; de petites hachures courtes, fines et serrées , indiqueront le relief des chaussées qui les traversent.

Tourbières. — Le fond sera couvert par un pointillé de pré, les bassins seront remplis par des hachures horizonlaies avec des coups de force qui fassent sentir leur profondeur.

Sables. — Les bancs de sable, ou les pai ties sablonneuses d'un terrain, seront couverts par un pointillé (de points ronds ) fin et plus serré sur les bords, et surtout sur les côtés qui portent om!)re, que dans le centre des bancs.

Bmères. — Les canaux ou fossés seront filés comme les rivières; les parties de culture seront traitées comme les prés, mais avec des points un peu plus forts.

Plan d'une ville. — Toutes les parties que nous avons annoncées devoir être couvertes par une teinte de carmin à l'article Lavis seront remplies par des hachures fines parallèles, serrées et tracées dans une même direction.

Les îiïonumeas ou élablissemens que Ton voudra distinguer seront couverts par des hachures plus fortes , plus serrées, ou mômes croisées.

Fortifications. — Les ouibres seront senties par des hachures de différentes directions et de différentes forces, disposées de manière à donner au pian le relief le plus convenable.

Armées. — Les troupes seront distinguées par une division difiérente des quadrilatères qui les représentent, et par une disposition dificrenle des hachures qui les teintent.

Plans des hdtimens. — Le dessin des bâlimens qui appartient plus à rarchiteclure qu'à la topographie trouve cependant souvent son application dans les plans \ grande échelle, ou dans les détails qui doivent leur servir de développement; nous ne donnerons ici que les notions indispensables à un topographe.

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Le plan d'un bâtiment ayant élé construit et tracé au crayon avec, le plus de précision et de pureté possible, et indiquant ton les les ouvertures et tous les détails de Tarchi lecture, on le mettra au trait entièrement avec de l'encre de la Chine , ou bien toutes les lignes cpii indiquent les ouvrages de maçonnerie avec du carmin, et toutes celles qui indiquent des ouvrages en bois avec de l'encre.

Il faut observer qu'il est d'usage d'établir le plan d'un bâtiment sur une coupe horizontale prise au-dessus de l'appui des croisées.

Tous les bois seront lavés avec une teinte composée de carmin , de gomnie-gutle et d'un peu d'encre.

Tout ce qui est eau, comme bassins, auges, puits, réservoirs, sera traité comme nous avons indiqué plus haut de le faire pour les étangs.

Les limons d'escalier en pierre, les fourneaux, poêles, bords de ])as3lns, elc, etc., et tous les ouvrages de maçonnerie qui ne seront pas coupés, mais seulement vus en plan, seront très-légèrement teintés de la même couleur que des murs.

On peut couvrir les cours d'une teinte légère d'encre de la chine.

Quand le plan est entièrement lavé, on mettra les coups de force, c'esî-«vdire qu'avec Une plume ou un tire-ligne, on repassera avec une ouverture beaucoup plus forte sur toutes les lignes opposées à celles qui reçoivent le jour; ces lignes sont celles qui porteraient des ombres si on en faisait porter aux murs et aux autres objets de distribution.

Dans ces plans, les teintes de couleurs peuvent être remplacées par des hachures faites à la plume. (Pl. VI,

Les portes se distinguent des croisées en ce que l'on ne tire aucune ligne dans l'ouverture des baies qui sont tracées par deux lignes perpendiculaires à la face du mur

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paisseur d'un mur, par des lignes qui représentent le tableau et Tembrasure B. (Pl. VI, fig. i3. )

Les cheminées G, se font ordinairement par un renfoncement dans répaisseur d'un mur et par rindication des jambages.

Tous les autres détails, poêles, fourneaux, puils , latrines, salles de bain, alcove, etc., etc., se représentent le plus exactement possible el avec leurs Ixinnes naturelles.

Toutes les lignes du plan doivent être tracées trèsfines.

Toutes les épaisseurs de mur se lavent d'une seule teinte, savoir : entièrement noire pour Tarchitecture civile, ou bien entièrement rouge, avec une teinte composée de vermillon et de carmin.

Le génie militaire a adopté le rouge (carmin pur) pour les ouvrages exislans, le jaune pour les ouvrages projetés, et le noir pour ceux à démolir.

Dans un plan topographique d'une grande échelle, ou dans un plan de ville , on représente le plan du rez-de-chaussée des bâtimens; les autres étages ne sont ordinairement dessinés que lorsqu'il s'agit du plan spécial d'un édifice; dans ce cas, les étages supérieurs sont traités de la même manière que le rez-dechaussée.

On peut faire trois sortes de plans de bàtimen.'î.

1. Plan détaillé, indiquant toutes les distributions intérieures el tous les accessoires du bâtiment.

2. Plan de masse , indiquant seulement le périmètre du bâtiment, et lavé d'une teinte plate.

3. Plan en comble, indiquant le détail des toits avec les lucarnes et les cheminées : dans ce dernier cas, les ombres des pentes, celles des cheminées, etc., seront lavées à l'encre de la Chine; une teinte plate indiquera si ces toits sont couverts en ardoises ou en tuiles.

écritures des plans et cartes. — L*écrilure la plus

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convenable pour les plans et caries est celle dite moulée; il est très-important de s'y exercer beaucoup et d'acquérir rhabilude de la faire bien et vite.

Une mauvaise écriture suffit pour déparer le plan le mieux dessiné , et toutes les écritures ne sont pas applicables à la topoi(rapbie; celle que nous indiquons ici est une sorte de dessin ; on parviendra avec de l'exercice à la faire avec pureté et élégance, mais pour cela il ne faut pas s'atlacher à chercber des ])ropoi lioas données et des mesures géométriques; en copiant des l)eaux caractères sortis des fonderies de M. DidoL, on écrira mieux qu'en suivant tous les principes que quelques auteurs ont cru devoir traiter longuement.

On doit commencer par dessiner beaucoup de lettres au crayon, puis on les repassera avec une plume fine et de l'encre de la Cbine très-noire

Les difféi'ens caractères sont (pl. VU, fig. U) ;

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