UTILITÉ DES LIBERTÉS DE L'ÉGLISE GALLICANE
un jeune orateur qui avait, eu l'imprudence de nier ces libertés! « Les libertés de l'Église gallicane, a-t-il dit, ce » sont les libertés du roi, du clergé national , et du peuple » catholique; ce sont les libertés qui garantissent la cou- » ronne du souverain, la mitre de Pévéque , l'étole du )) prêtre et la famille du laïque; ce sont elles qui nous » garantissent tous dans nos personnes , dans nos baptêmes , » nos mariages et nos sépultures; dans notre dignité, » notre propriété, nos droits et notre honneur, contre tout » envahissement, toute oppression, toute confiscation, » tentés par une partie de l'Église contre l'autre et par la )) Cour de Rome contre l'Église gallicane. »
On conçoit donc que ces libertés ont conservé, sous tous les rapports, la même importance que sous l 'ancien régime; car le régime de l'Église n'a pas cessé d'être ancien. C'est donc le cas, encore aujourd'hui, de répéter avec l'immortel auteur de la Déclaration de 4 683 : « Conservons ces » fortes maximes de nos pères, que l'Église gallicane a » trouvées dans la tradition de l'Église universelle. » (Bossuet. Discours de l'unité de F Eglise. )
OPINION DE M. DE CORMEMN SUR LE MEME SUJET. (Droit administratif, appendice, p. 18, édit. de 1840.)
(( Ce qu'on appelle Libertés de V Eglise gallicane n'est autre chose que le corps des Doctrines déclarées , enseignées et pratiquées sur la séparation des deux pouvoirs. Ces doctrines forment une partie du droit public du royaume. Elles établissent que, si les évêques relèvent de Rome dans l'ordre spirituel, ils relèvent du Gouvernement français dans l'ordre temporel ; que, s'ils doivent vénérer la mère universelle des fidèles, ils ne doivent pas oublier non plus qu'ils sont enfants, sujets et serviteurs de VEtal; que si l'autorité, d'accord avec l'Eglise, leur permet de publier des mandements et des lettres pastorales, c'est uniquement pour ranimer dans leurs ouailles les croyances de la foi, pour multiplier les œuvres de la charité , pour recommander l'observance des devoirs religieux ; qu'ils doivent se montrer les plus soumis parce qu'ils sont les plus élevés ; et que, s'il leur est permis de se mêler aux affaires publiques, ce n'est que pour dire aux peuples : « Rendez a César ce qui est à César ; aimez votre gouver- » nement; obéissez aux lois de votre pays. »