‹ Manuel du droit public ecclésiastique françaisChapitre 67 sur 117 · POUVOIR DE L'ÉTAT SUR L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

POUVOIR DE L'ÉTAT SUR L'ENSEIGNEMENT

Nous verrons alors! mais, drs à présent, qu'attend de vous la France, qui s'est émue de toute celle levée de boucliers? La France veut être rassurée contre ces démonst rations. Nous devons lui donner l'assurance que nous saurons concilier les principes de la liberté avec les conditions d'un bon gouvernement.

Nous défendons l'université comme institution : si le clergé était attaqué , nous défendrions aussi le clergé , parce que chacun dans s;* sphère est également respectable et doit être protégé. Nous ne permettrions pas à l'université d'attaquer le clergé ; nous ne devons ni permettre , ni approuver qu'au nom du clergé on attaque l'université. Il y a dans nos lois de la discipline pour toutes les professions; il y a la discipline militaire pour l'armée, la discipline judiciaire pour les magistrats; il y a enfin la discipline ecclésiastique , dont une bonne partie a toujours été dans les mains du pouvoir politique ; ne l'oublions pas.

Messieurs , le paragraphe de votre adresse est sage , car il exprime à la fois la ligne gouvernementale et la ligne parlementaire aussi bien que la liberté de renseignement. Je vote pour le paragraphe. (Aux voix, aux voix ! — Mouvement d'approbation prolongé.)

Le paragraphe, tel que je l'ai rapporté, fut adopté sans amendement.

Et le 2 février, M. Villemain, ministre de l'instruction publique, a présenté à la chambre des pairs un projet de loi sur V instruction secondaire, précédé d'un brillant exposé de motifs...

La commission chargée de l'examiner se compose de MM. Rouillé de Fontaine, Passy, Bérenger de la Drôme, comte Portalis, comte Molé, vicomte de Caux, duc de Broglie.

Le même projet rapporté à la chambre des députés a été examiné par une commission composée de MM. Salvandy, Odilon Barrot, Dupin, de Carné, de Rémusat, Saint-Marc Girardin, Quinelte, de Tocqueville et Thiers; ce dernier, nommé rapporteur, a déposé à la fin de la session un rapport très-remarquable, et digne de l'historien du concordat. Ce rapport et le nouveau projet amendé doivent servir de base à la discussion.

Mais, que ce projet soit voté ou retiré, la religion n'en restera pas moins une des bases fondamentales de l'ensei-

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