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CHAPITRE PREMIER

CHOIX d'un chien.

Quelle est la meilleure race de Chiens ? telle est la question que j'entends formuler à chaque instant.

Il n'y a pas de race absolument meilleure que d'autres ; chacune a des qualités qui lui sont propres. C'est au chasseur intelligent à faire un choix raisonné.

Lorsque vous voulez vous procurer un jeune chien, faites choix d'abord du mâle et de la femelle dans la même race, mais non dans la même lignée, dont les produits dégénèrent.

Observez le caractère de vos reproducteurs; car les défauts, comme les qualités, se transmettent héréditairement.

Quant aux formes, elles doivent se rapprocher autant que possible du type convenu :

La têce sèche et anguleuse ; le front haut et large ; le museau carré , l'œil grand et mobile ; le regard expressif et intelligent; l'oreille fine, bas et en arrière, plus ou moins longue ; le cou court et fort, l'épaule charnue; la poitrine large, ouverte et profonde; la côte ronde; les reins carrés et droits , courts chez le mâle, longs chez la femelle; le ventre à peine levrette; la cuisse longue; la culotte bien musclée ; la queue fine, flexible et bien attachée ; la patte sèche et allongée ; la peau fine; le poil doux et soyeux chez l'épagneul; la partie antérieure du corps plus élevée que la partie postérieure, ou au moins égale. Les ergots sont une preuve de dégénérescence; si vos jeunes chiens les apportent en naissant, coupez-les au plus tôt avec des ciseaux convexes.

L'engouement que l'on a eu pour les chiens anglais, pendant quelques années, se perd tous les jours.

A ces superbes animaux, séduisants par leurs belles formes, la finesse de leur odorat, leur arrêt sûr et majestueux, il faut de l'espace, et toujours de l'espace, en raison de leur sang bouillant et de leurs grandes allures.

Battre et rebattre le terrain n'étant point leur affaire, nous ne pouvons ni les suivre, ni les tenir à courte distance.

Ils se prêtent beaucoup mieux à la manière de

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nos voisins d'outre-Manche qui, même au chien d'arrêc, chassent presque toujours à cheval. Leur noble compagnon (pointer ou setter) est assisté d'un valet (retriever), dont les uniques et modestes fonctions consistent à rapporter au maître commun le gibier abattu.

La chasse, en Angleterre, n'étant accessible qu'aux classes riches, la reproduction des bonnes races s'y fait avec plus de soins qu'en France, où beaucoup d'amateurs peuvent satisfaire leur goût tout en étant limités dans leurs dépenses.

Les reproducteurs, en Angleterre, sont choisis aussi purs que possible de sang et de formes ; avec la lice et une nourrice au besoin, on élève toute la portée jusqu'à l'âge de huit ou dix mois.

On juge alors des formes et de l'aptitude de chacun des produits; on conserve les sujets qui promettent d'être bons et beaux; les autres sont impitoyablement détruits. On ne leur permet ni de vivre ni de propager leurs imperfections.

Les lices portières en Angleterre ne sont pas employées à la chasse ; elles restent en liberté à la maison.

Deux reproducteurs irréprochables ne donnent pas toujours une lignée sans défauts, un mauvais accouplement antérieur influant parfois sur plusieurs portées consécutives.

Au point de vue de la conservation des bonnes

lo MANUEL DU CHASSEUR.

races, en raison aussi des accidents et des dommages que peuvent occasionner des bandes de chiens errants en proie à une excitation violente, il est incompréhensible que des propriétaires de chiennes les laissent courir en liberté à certaines époques, et que les autorités locales tolèrent un spectacle aussi inconvenant.

Le plus souvent, en France, on choisit un jeune chien au^ moment où il vient de naître, sans que rien puisse justifier la préférence qu'on lui accorde ; c est donc le hasard seul qui décide du chien bon ou mauvais, beau ou laid, que l'on aura quelquefois pendant huit ou dix ans.

On a créé, depuis quelques années, une belle race, dite braque de Saint-Germain (fig. i), issue du pointer anglais et du braque français ; elle a pour nous les qualités et les défauts de sa double origine. Souvent il en sort de beaux sujets; une instruction bien entendue, donnée par une main habile, peut en faire d'admirables animaux.

Les races indigènes, braque, épagneul ou griffon, conviennent au mode de chasse usité en France; elles sont sages, souples, dociles, s'écartent peu, fouillent bien le terrain.

Presque toujours le chien français quête au pas et le chien anglais au galop.

Les principales races françaises d'arrêt sont les suivantes •

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1° Le braque gris ou marron de Bourgogne; le braque picard à robe brune ou lie de vin; le braque sans queue du Bourbonnais ; le braque

Fig. I, — Braque français de Saint-Germain.

d'Anjou, dit Dupuis; le braque bleu, originaire d'Italie;

2° L'épagneul (fig. 2) de Pont-Audemer ; l'épagneul à double nez ;

3° Le griffon (fig. 3) des dunes de Boulogne

à poil soyeux; le griffon de Bresse à poil dur. Le braque, de France (fig. 4), d'Espagne ou d'Italie, convient dans un pays chaud, sec et peu couvert ; l'épagneul, le griffon, doivent être préférés dans les localités dont le sol est boisé, humide et présente des fourrés épais. On rencontre quelque-

Epagneul frança.c.

fois des chiens croisés qui sont bons ; on s'en sert lorsqu'on les a, mais on se garde d'en tirer race. Il ne faut cependant pas condamner l'origine d'un chien sur l'apparence : tel, que vous jugez bien mâtiné, peut sortir de bonne souche, mais a subi les conséquences d'un mauvais accouplement antérieur. Pour en juger, mettez-le en plaine;

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d'après sa quête, un connaisseur ne se méprendra pas plus sur son origine qu'un écuyer ne se trompe sur les moyens d^un cheval, après l'avoir fait passer par toutes les allures.

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