LATE
D. Qu’entend-on par ce mot indulgence ?
R. On entend la rémission de le peine temporelle due au péché, après qu’il a été pardonné dans le sacrement de pénitence, quand a la peine éternelle.
D. Le sacrement de pénitence, en remettant 'e péché entièrement, ne remet-il pas aussi toutes les pein: ; qui lui sont dues ?
R. Le sacrement de péuitence, en remettant entièrement le péché, remet, à la vérité, la peine éternelle que le péché mortel mérite; mais il laisse l'obligation de subir des peines temporelles pour l’expiation des péché qu’il remet. Lisez le 14e. ch. du livre des Nombres vous v verrez que Dieu, en pardonnant à un peuple ingrat et rebelle, le condamne, cependant, à ne point entrer dans la terre promise. Lisez encore le 12e. ch. du 2d. livre des Rois, v. 10, 13 et 14, vous y verrez que Dieu pardonne à David deux crimes énormes dont ils’était rendu coupable, en considérration de la douleur profonde qu’il en avait conçue ; néanmoins il lui prédit les châtiments temporels qui doivent en étre la satisfaction.
D. Où le chrétien expie-t-il les péchés dont il reçoit la rémission dans le sacrement de pénitence !
R. Il les expie, en cette vie, par des satisfactions volontaires, ou en l’autre, dans le purgatoire.
D. L'Eglise a-t-elle le pouvoir d'imposer ces peines temporelles ?
R. Oui; c’est une conséquence du pouvoir que Jésus- Christ lui a laissé de remettre les péch's. Quorum remiseritis peccata remiltuntur eis—$. Jean,ch. 20, v. 25. Elle doit, comme Jésus-Christ, dont elle tient la place, er remettant la peine due au péché, exiger et imposer des satisfactions temporelles dues à ce même péché ; et c’est aussi ce qu’elle fait toujours dans le sacrement de pénitence.
D. La discipline de l’Eglise a-t-elle toujours été la même dans l’imposition de ces peines ?
R. Non ; l'Eglise a jugé à propos, pendant plusieurs siècles, d'imposer pour certains péchés, des pénitences publiques qui duraient souvent plusieurs années, et qu’elle n’a plus coutume d'imposer aujourd’hui.
D. Depuis que l'Eglise n’impose point ordinairement ces sortes de pénitences, le pénitent n'est-il obligé qu’au pénitences que le confesseur lui impose ?
R. Comme ses pénitences, enjointes à présent par les confesseurs, très-souvent ne sont pas entièrement proportionnées à l’énormité et au nombre des péchés, le pénitent doit, pour l'ordinaire, joindre à ces pénitences d’autres satisfactions ou œuvres de pénitence que le confesseur ne lui impose pas. .
D. Comment feriez-vous voir que celui qui a accompli la pénitence enjointe par le confesseur, est souvent encore obligé à d’autres satisfactions volontaires ?
R. Celaest facile. Le péché méritant maintenant une peine aussi grande qu’il méritait dans les premiers siècles de l'Eglise, et les peines que les confesseurs enjoignent de nos jours aux pénitents, ayant pour l'ordinaire peu de proportion avec la rigueur de la pénitence que l'Eglise imposait alors, sans qu’elle crût excéder ce que demandaient la grandeur du péché et la justice de Dieu, il est ordinairement nécessaire que le pénitent joigne quelques satisfactions à celles qui lui sont imposées dans le tribunal de la pénitence.
D. Comment les peines temporelles dues au péché se remettent-elles par les indulgences ?
R. Le voici: l’indulgence nous fait l'application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des saints, pour compenser ce que nous devons à sa justice. Il est certain que Jésus-Christ, dont toutes les actions ont été d’un prix infini, a satisfait à Dieu surabondamment pour toutes les peines dont les hommes peuvent être redevables à la justice divine. On ne saurait douter que, parmi les saints, il n’y en ait eu un très-grand nombre dont les satisfactions ont été surabondantes. Osera-t-on le nier de la plus pure des vierges, qui, quoiqu’exempte de tout péché, a tant souffert que son âme a été transpercée d’un glaive de douleurs! Et tuam ipsius animam pertansibit gladius.—Luc, 2, v.35. Le niera-t-on du saint précur-
seur, qui, livré dès son enfance aux plus rigoureuses austérité, redoubla chaque jour ses mérites, et y mit le comble par un glorieux martyre ? Enfin, pourrait-on le nier
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de tant d’illustres confesseurs, qui, purifiés du péché et de ses peines par les caux de la régénération, ont peu de temps après, et quelquefois le même jour, triomphe des Néron et des Domitien? Mais, s’il en est ainsi, n’estil pas Constant qu'il y a eu des saints dont les peines, comme celles de Job, ont surpassé, de toute la pesanteur du sable de la mer, les péchés qu’ils avaient commis ? Utindm appenderentur peccata mea, quibus iram merui : et calamitas, quam patior, in staterû. Quasi arena maris hace gravior appareret—Job, ch. 6, v. 1, 2. Ces satisfactions de Jésus-Christ et des saints forment un trésor inépuisable, dont Jésus-Christ a confié la dispensation à son Bglise; c’est pourquoi les souverains pontifes déclarent, dans les bulles des Jubilés, qu'ilouvrent les trésors de l'Eglise.
D. L'Eglise a-t-elle le pouvoir d'appliquer ainsi, à son choix, les mérites de Jésus-Christ ?
R. Ce pouvoir est une suite nécessaire de ces paroles de Jésus-Christ : “Tout ce que vous délierez sur la terre, “ sera délié dans le ciel.”—Matt. ch. 16, v. 19, et ch. 18, v. 18; car on ne peut délier qu’en appliquant les mérites de Jésus-Christ. Cette parole du divin Maître ne souffre aucune restriction ; il ne donne pas seulement à l'Eglise le pouvoir de remettre la peine éternelle due au péché, soit eternelle, soit temporelle : c’est pourquoi le Pape Clément VI, dans la bulle du Jubilé de l’an 1350, insérée dans le Droit Canon, dit expressément que “ l’E- “ glise a recu le pouvoir d'accorder la rémission totale de ‘“ la peine temporelle due au péché,” en appliquant aux pécheurs les satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des saints.
D. Les satisfactions de Jésus-Christ ne sont-elles pas suffisantes toutes-seules ?
R. Elles sont infiniment plus que suffisantes, et tout le mérite des souffrances des saints n’est qu’un écoulement etune application du mérite infini des souffrances de Jésus-Christ, loin que ce soit un supplément anx satisfactions du Sauveur, comme si elles étaient insuffisantes et imparfaites, et qu'on y pût ajouter quelque chose ; erreur impie qu’on nous impose faussement, et dont nous avons la plus grande horreur.
D. Pourquoi donc joignez vous les satisfactions des saints à celles de Jésus-Christ ?
R. Parce que, 1°. Les satisfactions des saints ne sont pas séparés de celles de Jésus-Christ, dont elles tirent toute leur valeur ; 2%. En joignant les saints à Jésus-
Jhrist, nous joignons les membres au chef; 3° En cela nous suivons l'esprit ancien de l’église; car elle accordait autrefois les indulgences en vue des prières et des satisfactions des saints martyrs, qui, avant leur mort, avaient demandé cette grâce pour les pécheurs pénitents, comme on le voit par les lettres 9, 10 ct 13 de St. Cyprien.
D. L'Eglise peut-elle ainsi appliquer, à sa volonté, les satisfactions des saints qui sont dans le ciel ?
R. Cette application est une suite de la communion des saints et de l’union que tous les membres de l'Eglise ont avec Jésus-Christ. Elle l’a toujours enscigné ainsi : 'ertul. Liv. aux mart, ch. 1. Liv. de la chasteté, ch. dernier. St. Cyprien ci-dessus cité.
D. L’intention de l'Eglise est-elle de nous décharger entièrement, par l’indulgence plénière, de l’obligation de satisfaire à Dieu ?
R. Quoique l'Eglise veuille suppléer, par l’indulgence plénière, à notre faiblesse et à la disproportion de nos pénitences, néanmoins son intention n’est pas de nous décharger de l'obligation de satisfaire à Dieu, soit par les pénitences que le confesseur nous prescrit, soit par celles que nous nous imposons nous-mêmes, soit enfin, par notre patience dans les maux que la providence de Dieu nous envoie.
D. Les confesseurs doivent done imposer, dans le temps du Jubilé, des pénitences convenables ?
R. Oui; le Pape dans sa bulle, à l'exemple de ses prédécesseurs, recommande expressément des pénitences salutaires.
D. Qui sont ceux qui gagnent l’indulgence plénière du Jubilé ?
R. Ce sont ceux qui sont vraiment pénitents, et qui accomplissent les conditions prescrites par la bulle du Junilé.
Fr. Quelles sont les conditions du présent Jubilé ?
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R. Ces conditions sont prescrites dans le mandement de Monseigneur inséré plus haut. Voir Art. IV,
D. Y a-t-il quelque ordre à garder dans l’accomplissoniuut de ces œuvres saintes?
R.Il est plus à propos et plus sûr de les commencer par une bonne confession, afin de pouvoir faire, en état de grâce, les autres bonnes œuvres prescrites par Ja bulle du Jubilé ; car, quoique les bonnes œuvres, qui se font par celui qui n’est point encore en état de grâce, ne laissent pas d’être utiles, il est hors de doute, cependant, qu'elles servent bien davantage et qu’elles sont beaucoup plus agréables à Dieu, quand celui qui les fait est en etut de grâce. Il faut même, pour gagner l’indulgence, être en état de grâce, non seulemant en communiant, mais aussi en s’acquittant de la dernière œuvre, lors même que l’on ne termine pas par la sainte communion.
D. Quel est le moyen de faire une bonne confession ?
R. 11 faut, quelque jour avant, demander à Dieu avec ferveur l'esprit de pénitence, la connaissance de ses péchés et la grâce de le détester; examiner bien sa conscience, se réconcilier avec ses ennemis, restituer le bien ou l’honneur enlevés au prochain, s'éloigner des occasions prochaines de retomber dans le péché, et faire une ferme résolution de ne plus offenser Dieu.
D. Est-il nécessaire, pour gagner le Jubilé, de faire une confession générale ?
R. Non; il n’est pas précisément nécessaire, : l’occasion du Jubilé, de faire une confession générale : une confession ordinaire, faite avec les dispositions requises, est suffisante. Si le pénitent croit avoir des raisons de faire une confession générale, il doit les exposer avec simplicité de cœur à son confesseur, et s’en rapporter à son jugement.
D. Suffit.il d'accomplir à l'extérieur les œuvres prescrites par la bulle du Jubilé ?
R. Non; il faut qu’elles soient faites avec les dispositions intérieures dont Dieu et l'Eglise veulent que ces œuvres s@ient accompagnées.
D. Dans quel état et dans quel esprit faut-il faire la visite des églises !
R. Il faut la faire avec modestie et recueillement, ayant l'esprit occupé de quelque bonne pensée, le cœur élevé à Dieu, faisant quelque prière, et se regardant comme des criminels qui, voulant obtenir grâce, vont de porte en porte solliciter les amis de leur souverain juge d’intercéder pour eux; et l’essentiel est de prier avec attention, humilité, confiance et au nom de Notreparc Jésus-Christ.
D. Quels sont les motifs qui doivent nous CHBAgl à faire tout notre possible pour gagner le Jubilé ?
R. Les voici: 1o Le désir de l’ Eglise qui nous exhorte et qui nous en presse ; 20 Le besoin que nons avons de satisfaire à Dieu pour les péchés sans nombre que nous avons commis; 30 La facilité et les moyens que le Jubilé nous donne de nous acquitter envers la justice divine; 40 Le concours des prières et des bonnes œuvres des autres fidèles, capables d'obtenir plus facilement notre conversion; 50 L’incertitude de pouvoir jamais retrouver l’occasion de gagner le Jubilé, si nous la perdons ; 60 Enfin, l'obligation que nous avons de ne pas mépriser le prix des mérites infinis de Jésus-Christ, des souffrances des martyrs, et de la pénitence de tant de
saints dont la communication nous est offerte avec pléni- sai tude dans la grâce du Jubilé, 80!
: re Quelles intentions doit- on avoir pour gagner le Ju- de Jilé
R. On doit se proposer ; 19 De satisfaire à Dieu entièrement et promptement; 2° De détruire en soi tous 80 les restes du péché; 30 De s’unir plus intimement et # plus parfaitement à Jésus-Christ; en un mot, il faut P' avoir toutes les intentions exprimées dans la bulle. P D. Est-on obligé de jeûner ou de faire l’aumône pour n gagner le Jubilé ?
R. Les Lettres Apostoliques de N. S. P. le Pape Pie £ IX, du ler août 1854, en vertu desquelles Mgr. l’Ar- f chevêque accorde l’ indulgence en forme de Jubilé dans c , ce diocèse, enjoignent de jeüner le-mercradioulomsen ] une fois dedi-duneminémesemeine pendant le Jubilé. 11 y est ]
aussi recommandé d’ajouter une aumône au jeûne et aux prières marquées, afin de les rendres plus agréables à
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Dieu. Voyez ci-dessus l'article VIT du mandement de Mgr. lArchevéque.
D. Quelles pratiques conseilleriez-vous pour gagner le Jubilé ?
R. Il serait très-convenable de joindre la prière, l’aumôûne et quelque mortification ou pénitence, chacun des jours consacrés aux exercices du Jubilé; mais on ne saurait trop recommander de les passer tous dans l’esprit de prière et de pénitence, et de faire chaque jour, quelque prière particulière au Seigneur, pour qu’il accorde à N.S. P. le Pape les grâces dont il a besoin pour procurer la gloire de Dieu, l'utilité de la sainte Eglise et l’édification spirituelle de tous les fidèles ; qu’il extirpe les hérésies et les divisions sur la religion; qu’il protège et qu’il éfende la foi catholique ; enfin, qu’il procure le salut et conserve la tranquillité de tout le peuple chrétien. Il convient encore de prier pour Mgr. l’archevêque et pour tous les pasteurs de l’église, pour tous les besoins de ce diocèse et pour les nôtres en particulier.
D. Quelles dispositions intérieures doit avoir celui qui désire gagner le Jubilé ? |
R. On peut réduire les dispositions intérieures, nécessaires pour gagner le Jubilé, à quatre principales, qui sont la foi, la pénitence, une intention droite et l’amour de l'Eglise.
D. En quoi consiste la fo ?
R. Elle consiste à croire tout ce que Dieu a révélé à son Eglise, tout ce que croit et enseigne la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, et en particulier, le pouvoir de lier et de délier, de retenir et de remettre les péchés, qu’elle a reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ : mais cette foi doit être vive et soutenue par une confiance raisonnable, qui nous faisant beaucoup espérer l’indulgence, si nous nous y préparons par la pénitence, nous fera souvenir que l’indulgence qui nous est accordée, deviendra, par notre faute, une paix fausse, inutile et préjudiciable à notre salut, si nous la séparons de la pénitence.
D. En quoi consiste la pénitence ?
R. Les SS. Pères nous aporennent qu’il n’y a point de
pénitence véritable et assurée, sans la haine du péché et l'amour de Dieu,
D. Que produit la haine du péché dans une âme vraiment pénitente ?
R. La haine du péché porte un vrai pénitent; 10 A repasser dans l’amertume de son cœur ses péchés passés ; 20 A s’en humilier, à en gémir devant Dieu par une vive contrition et un regret sincère de les avoir commis ; 30 À s’en accuser avec une entière sincérité et le plus grand repentir ; 4o A les expier par des œnvres pénibles et par l'humble acceptation des maux que Dieu envoie; enfin, à se précautionner pour l'avenir contre le péché, le fuyant comme le serpent, et évitant avec soin toutes les occasions qui peuvent mettre en danger d'y retomber.
D. En quoi l'amour de Dieu sert-il pour rendre la pénitence véritable et assurée ?
R. 11 sert, 10 À convertir et à changer le cœur du pécheur, qui demeure toujours tourné vers la créature, tant qu'il ne se tourne pas vers le Créateur en l’aimant ; 20 A Ôter l'affection du péché, qui règne dans le cœur du pécheur jusqu'à ce qu'il commence à aimer Dieu comme source de toute justice; 30 À le porter à une plus grande détestation du péché; 40 A Iui faire mener une vie nonvelle qui change ses pensées, ses actions, ses paroles, et les rende agréables à Dieu; enfin, à l’affermir et le fortifier contre le péchéet les attaques du démon, contre qui on est trop faible, quand on n’aime pas Dieu.
D. En quoi consiste cette #tention droite que vous dites être la 3e disposition pour gagner le Jubilé ?
R. L’intention droite qui doit porter le fidèle qui aime Dieu à gagner l’indulgence du Jubilé est: 10 De ne négliger aucuns des moyens qui peuvent servir à achever do satisfaire à Dieu; 20 D'’être délivré de tout ce qui engage Dieu à le punir encore, et qui retarderait, après sa mort, la jouissance de Dieu : 30 De trouver dans l’indulgence de quoi suppléer à ce que sa faiblesse et la courte durée de cette vie pourraient faire manquer à sa satisfaction et à sa pénitence, quoiqu'il ait un grand désir de le continuer toute la vie.
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