‹ Manuel du jubilé, en forme de cathéchisme [sic] [microforme]Chapitre 2 sur 21 · PIE IX PP · texte numérisé non relu

PIE IX PP

Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique.—En arrêtant Nos regards avec la sollicitude et les sentiments de Notre charité apostolique sur le monde catholique tout entier, Nous pouvons à peine exprimer, Vénérables Frères, de quel profond chagrin Nous sommes pénétrés, lorsque Nous voyons la société chrétienne et civile troublée de tous côté d’une manière lamentable, tourmentée et comme opprimée par les calamités les plus tristes. Vous ne l’ignorez pas, les nations chrétiennes sont en ce moment affisées et houleversées par des guerres très cruel'es, par des dissensions intestines, par des maladies pestilentielles, par d’effroyables tremblements et d’autres malheurs accablants. Ce qui est le plus à déplorer, c'est que, parmi tant de maux et de catastrophes trop dignes de larmes, les enfants des ténèbres, qui, dans leur génération, sont plus prudents que les enfants de la lumière, s'efforcent de plus en plus, par

toute espèce d'artifices diaboliques, de machinations et de complots, de poursuivre une guerre acharnée contre l'Eglise catholique et sa doctrine salutaire, de renverser et de ruiner l’authorité de toute puissance légitime, de pervertir et de corrompre partout les esprits et les cœurs, de propager en tous lieux le poison mortel de l’indifférentisme et de l’incréduhté, de confondre tous les droits divins et humains, de susciter et d'alimenter les querelles, les discordes, les révoltes et les soulèvements impies, ne répugnant à aucun crime, à aucun forfait, et ne reculant devant aucune tentative pour anéantir, s’il est possible, Notre sainte religion, et même pour détruire de fond en comble toute société humaine.

C’est pourquoi, au milieu de conjectures si critiques, Nous souvenant que par la miséricorde particulière de Dieu Nous possédons la ressource de la prière pour obtenir tous les biens dont Nous avons besoin et pour conjurer les malheurs que nous redoutons, Nous n'avons pas cessé d'élever Nos yeux vers la haute et sainte montagne d’où Nous esperons que tous secours nous arrivera. Et Nous ne Nous sommes point lassé, dans l'humilité de de Notre cœur, d’invoquer et de supplier le Dieu riche en miséricorde par des prières instantes et pleines de ferveur, afin qu'il daigne faire disparaître la guerre d’un bout de la terre à l'autre, qu'après avoir apaisé les dissentiments entre les princes chrétiens, il

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dévoué pour la défense et la propagation de

la foi et de la doctrine catholique, sources

principales du bonheur des Etats; qu'il délivre

enfin et les souverains et les nations de tous

les fléaux qui les affligent et qu'il les réjouisse

en les comblant de tous les vraies Es | qu'il donne à ceux qui sont égarés le don de sa grâce céleste pour les ramener de la voie de perdition au sentier de la vérité et de la justice et les convertir sincèrement à leur Dieu.

Déjà dans Notre ville bien-aimée Nous avons prescrit des prières pour implorer la divine miséricorde ; cependant, à l'exemple de nos illustres prédécesseurs, Nous avons résolu de recourir à vos prières et à celle de l'Eglise.

C’est à cette fin, Vénérables Frères, que Nous vous adressons ces lettres, par lesquelles Nous demandons avec les plus vives instances à votre piété éminente et éprouvée que vous mettiez tout le zèle et tout le soin possible à exhorter les fidèles confiés à votre sollicitude, par les motifs exprimés plus haut, à déposer, par une sincère pénitence, le fardeau de leurs péchés et à s’efforcer par des supplications, des jeûnes, des aumônes et d’autres œuvres de piété, d’apaiser la colère de Dieu qu'ont provoquée les crimes des hommes.

Exposez aux fidèles, comme vous l’inspire-

ront votre fervente piété et votre sagesse com-

bien sont abondantes les miséricordes de Dieu pour tous ceux qui l'invoquent; quelle force a la prière, si nousfermons tout accès à l’ennemi de notre salut, pour nous approcher du Seigneur, La prière, pour emprunter le langage de saint dec Cirosodone “c'est la source, c’est la racine, c’est la mère de biens innombrables ; la puissance de la prière éteint les flammes, met un frein \ la fureur des lions, suspent les guerres, apaise les combats, calme les tempêtes, met les démons en fuite, ouvre les portes du ciel, brise les liens de la mort, chasse les maladies, éloigne les malheurs, affermit les villes ébranlées ; fléaux du Ciel, tentatives des hommes ; il n’est point de maux que ne dissipe la prière.”

Nous souhaitons ardemment, Vénérables Frères, que pendant qu'on adressera des prières ferventes au Père des miséricordes pour les causes énoncées plus haut, vous ne cessiez paÿ selon le vœu de Nos lettres encycliques du 2 février 1849, en date de Gaëte, d’implorer, de concert avec tous les fidèles, par des supplications et des vœux plus ardents que jamais, la bonté de ce même Ptre, afin qu'il daigne éclairer Notre âme de la lumière de son Esprit-Saint, et que nous puissions ainsi porter au plutôt sur la Conception de la très sainte Mère de Dieu, l'immaculée Vierge Marie, un décret qui soit à la plus grande gloire de Dieu, et de cette même Vierge, Notre Mère bien aimée.

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Pour que les fidèles qui vous sont confiés apportent à ces prières une ferveur plus ardente et en retirent des fruits plus abondants, Nous avons voulu ouvrir les trésors célestes, dont le T.-Haut Nous a confié la dispensation, et leur en faire largesse. C’est pourquoi, appuyé sur la miséricorde du Dieu Tout-Puisant, et sur l'autorité de ses Apôtres Pierre et Paul, en vertu de cette puissance de lier et de délier que le Seigneur Nous a donnée malgré Notre indignité, Nous accordons, par ces présentes à tous et chacun des fidéles de vos diocèses de l’un et de l’autre sexe, qui dans un espace de trois mois, que chacun de vous devra fixer d'avance, et à partir du jour que chacun de vous aura déterininé, auront examiné leurs péchés avec humilité, les auront confessés avec une détestation sincère, et purifiés par l’absolution sacrementelle, auront reçu avec respect le sacrement de l'Eucharistie, et visité dévotement trois églises par vous désignées, ou l’une d'elles à trois reprises diflérentes, en y priant dévotement pendant quelque temps, selon Notre intention, pour l'exaltation et la prospérité de notre sainte mère l''glise et du Siége Apostolique, pour l'extirpation des hérésies, pour la paix et la concorde des princes chrétiens, pour la paix et l'unité de tout le peuple chrétien, et qui de plus, dans le même intervalle, auront jeûné une fois, et fait quelque aumône aux pauvres, selon leur piété, Nous leur accordons une

indulgence en forme de jubilé, qu'ils pourront appliquer par manière de suffrage aux âmes du purgatoire.

Voulant faciliter le gain de cette indulgence aux religieuses et aux autres personnes qui vivent dans une clôture perpétuelle, ainsi qu’à tous ceux qui sont détenus en prison, ou à qui une infirmité corporelle, ou quelque autre empêchement ne permet pas de remplir toutes les œuvres ci-dessus rapportées, Nous accordons aux confesseurs la faculté de commuer ces œuvres en d’autres œuvres de piété ou de proroger en leur faveur le jubilé pour un temps qui ne sera pas éloigné ; Nous leur accordons de même la faculté de dispenser de la communion les enfants qui n’ont pas encore été admis à la première communion.

En conséquence, Nous vous donnons le pouvoir, à cette occasion seulement, et durant l'espace de trois mois ci-dessus désignés, d’accorder aux confesseurs de vos diocèses tous les pouvoirs par Nous concédés dans le jubilé publié par nos lettres encycliques du 21 novembre 1851, lettres à vous adressées, imprimées, et commençant par ces mots: “ En vertu de Nos autres ;” Nous entendons cependant toujours faire les mêmes exceptions que nous avons faites dans ces lettres, en outre, Nous vous donnons la permission d'accorder aux fidèles Je vos diocèses, tant laïques qu’ecclésiastiques, séculiers et réguliers et de quelque institut que ce soit, même de ceux

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confesseur le prêtre qu’ils voudront, soit séculier, soit régulier, parmi les prêtres approuvés, et d'accorder la même facuité aux religieuses, même celles qui sont exemptes de la jurisdiction de l'Ordinaire, et aux autres femmes qui demeurent dans les cloîtres.

A l'œuvre donc, vénérables Frères, vous qui êtes appelés à partager notre sollicitude et qui avez été constitués les gardiens des murs de Jérusalem. Ne cessez point de prier avec nous, et le jour et la nuit, de mêler à vos continuelles actions de grâces, avec humilité et instance, vos cris et vos supplications vers le Seigneur notre Dieu, d'implorer sa divine miséricorde, afin que sa main propice détourne les fléaux que nous ont attirés nos péchés, et qu’elle répande, en toute clémence, sur tous, les richesses de sa bonté. Nous ne doutons pas que vous ne vous empressiez de répondre de la manière la plus parfaite aux désirs et aux demandes que Nous venons de vous exprimer; Nous sommes pleinement persuadé aussi que surtout les ecclésiastiques, les religieux et les femmes consacrées à Dieu, ainsi que tous les laïques fidèles qui, en menant une vie pieuse, marchent dignement dans la voie de leur vocation, adresseront à Dieu, sans interruption, et avec le zèle le plus ardent, leur suppliantes prières. Et, pour que nos prières trouvent un accès plus facile au-

près de Dieu, n'oublions pas, Vénérables Frères, d'invoquer les suffrages de ceux qui déjà ont conquis la couronne et la palme de la victoire et surtout que nos vœux s'adressent avec persévérance à Marie, Mère de Dieu et Vierge Immaculée, elle, dont l'intercession est la plus favorable et la plus puissante auprès de Dieu, elle qui est la Mère de grâce et de miséricorde ; demandons aussi la protection des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les saints qui règnent avec Jésus-Christ dans les Cieux.

D'un autre côté, n'ayez rien de plus à cœur et ne considérez rien de plus important que d'employer tous les efforts de votre zèle à exhorter continuellement les fidèles commis à vos soins, de leur donner vos avertissements et vos encouragements pour qu'ils s’établissent chaque jour avec plus de fermeté et de solidité dans la profession de la religion catholique ; qu'ils fuient avec le soin le plus empressé les embûches, les ruses et les fraudes des hommes qui cherchent à l:âr nuire, et qu'ils s'efforcent de marcher âvec une joie croissante dans le sentier des commandements de Dieu, s'abstenant avec tout le zèle possible des péchés, qui sont la source de tous les maux qui affligent l'humanité. (C’est pourquoi, ne népgligez rien pour stimuler autant qu’il faut le zèle des curés en particulier, afin que, s’acquittant soigneusement et religieusement du devoir de leur charge, ils ne cessent

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point d’inculquer aux chrétiens qui leur sont confiés, aus parfaitement qu’ils en sont capables, les ::;ons saintes et prescriptions de notre foi divine, de les y perfectionner, de les nourrir avec soin par l'administration des sacrements, et d’exhorter tout le monde dans la sainte doctrine.

Enfin pour gage de tous les dons célestes, et comme témoignage de la très-ardente charité que Nous avons pour vous, recevez la bénédiction apostolique que Nous vous donnons du fond de Notre cœur et avec amour, à vous, Vénérables Frères, à tous les clercs et fidèles laïques confiés à votre garde.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 1er août, l'an 1854, de Notre Pontificat, le neu-

vième.

PIE IX, Pape.

En obéissance à cet appel du chef de l'Eglise, nous avons réglé et ordonné, règlons et ordonnons ce qui suit :

1° Le temps du Jubilé durera trois mois, dans le diocèse, savoir; depuis le 1er novembre prochain, jour de la T'oussaint, jusqu’au 28 janvier suivant, IVe dimanche après l’'Epiphanie ;

Ile Tous les dimanches et fêtes dans l'intervalle ci-dessus mentionné, l’on récitera les litanies de la Ste. Vierge à l'issue de la mess* principale ou conventuelle, dans toutes les églises du diocèse, et chaque prêtre ajouter:

aux oraisons de la messe de chaque jour l'oraison Deus refugium, en se conformant pour cela aux rubriques du Missel ;

IIIe MM. les curés, desservants et missionnaires choisiront sur cette intervalle de trois mois, une, deux ou trois semaines (suivant la population de leurs paroisses) pendant lesquelles ils procureront aux fidèles commis à leurs soins les exercices solennels du Jubilé ;

IV° L'ouverture des exercices sera annoncée dans chaque paroisse ou mission, la veille du jour où on les commencera, par la sonnerie des cloches, qui se fera durant un quart d'heure, aussitôt après l’Angelus du soir; et l’on en annoncera la fin de la même manière, le dernier jour des exercices, également après l’Angelus du soir;

Vo Le premier jour des exercices, on chantera le Veni, Creator, avant la grand'messe, ou messe conventuelle, ou messe principale, pour implorer le secours de l’Esprit-Saint ; et le dernier jour, on chantera le Te Deum, en actions de grâces pour les faveur reçues. On pourra terminer les exercices de chaque jour par le salut ou la bénédiction du Très-Saint- Sacrement ;

VI° Pour gagner l’indulgence du Jubilé, qui est applicable Per modum sujffragii aux âmes du purgatoire, il faut aux termes des lettres apostoliques : 1° Confesser humblement etavec un sincère repentir ses péchés, en obtenir l’absolution sacramentelle, et recevoir le

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et missionle de trois suivant la dant lescommis à lu Jubilé :

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Très-Saint-Sacrement de l’Eucharistie: 20 Visiter les trois église désignées pour les sta” tions, ou visiter trois fois l’une d'elles, et y adresser à Dieu, pendant quelque temps, des prières ferventes, suivant l'intention du souverain-Pontife, pour l'exaltation et la prospérité de Notre-Mère la Sainte Eglise et du Siége Apostolique, pour l’extirpation des hérésies, pour la paix et la concorde entre les princes chrétiens et pour la paix et l'union de tout les peuples fidèle : 3° Jeûner une fois dans les trois mois ci-dessus indiqués pour le Jubilé ; 40 Faire une aumône aux pauvres, chacun suivant sa dévotion. Quoique toutes ces œuvres puissent être accomplies pendant les trois mois que durera le Jubilé dans le diocèse, nous exhortons néanmoins les fidèles à s’en acquittez dans l’espace de temps qui aura été choisi pour les exercices solennels dans la localité à laquelle ils appartiennent ;

VIT Afin que l’indulgence du Jubilé puisse être gagnée par tous ceux qui par infirmité, ou par quel qu'autre empêchement que ce soit, sont dans l'impossibilité d'accomplir les œuvres ci-dessus énumérées, les confesseurs sont autorisés à commuer les mêmes œuvres de piété, ou à en remettre l’accomplissement à un temps aussi rapproché que possible de celui du Jubilé, et même à dispenser de là communion les enfants qui n’y ont pas encore été admis :

VIII Les églises qui devront être visitées

par les paroiïssiens de Notre-Dame de Québec, sont la Cathédrale, l’église de St. Patrice et celle du faubourg St. Jean; et, pour ceux de St. Roch, leur propre église, celles de St.

Sauveur et de la Congrégation. Dans les paroisses ou missions du diocèse, les fidéles visiteront trois fois celle du lieu. Quant aux endroits où il n’y a ni églises, ni chapelles, ou bien où il est difficile de sy rendre, les confesseurs pourront changer les visites prescrites en quelques autres œuvres, suivant leur discrétion.

Sera le présent mandement lu et publié au prône de toutes les églises ou chapelles principales et autres où l’on fait le service publie, ainsi qu'en chapitres, dans toutes les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.

Donné à l’Archevêché de Québec, le deux octobre mil huit cent cinquante-quatre, sous notre seing, le sceau de nos armes et, le contreseing de notre secrétaire.

oo P. F., ARCHEV. DE QUEBEC, Par Monseigneur,

Epmoxp LANGEVIN, Ptre.

Secrétaire.

le Québec, Patrice et r ceux de es de St.

Dans les les fidéles Juant aux apelles, ou , les conprescrites ; leur dis-

publié au Îles prince public, commuhe après

| le deux tre, sous e contre-

, Ptre.

Secrétaire.

MANUEL DU JUBILE, src.

D. Qu'est-ce que le Jubilé ?

R. C’est une solennité, une cérémonie ecclésiastique, accompagnée de prières, d'instructions, de visites d’églises, de processions et de plusieurs autres bonnes œuvres, que l’on fait pour gagner une indulgence plénière que le Pape accorde à l'Eglise universelle, en certain temps et à certaines occasions.

Boniface VIII futle premier qui donna au Jubilé de l’année sainte la forme qu’il conserve encore aujourd’hui. Il ordonna qu’à commencer par l’année 1300; cette indulgence générale serait accordée, tous les cent ans, à ceux qui visiteraient les églises de St. Pierre et de St. Paul à Rome. Ille fit parce qu'on s’apperçut qu’en l’an 1299, les chemins étaient pleins de pélerins qui se rendaient à Rome de tous les côtés, et qui disaient qu'ils étaient venus sur ce qu’ils avaient appris de leurs pères, que ceux qui allaient à Rome, à la fin de chaque siècle, y gagnaient de grandes indulgences la dernière année du siècle.

Clément VI, jugeant que le terme de cent ans était trop long, le réduisit à cinquante ans; et effectivement, il accorda, l’an 1350, une indulgence générale à ceux qui visiteraient les quatres principales églises de Rome, semblable à celle que Boniface VIII avait accordée pour l’an 1300. Cela subsista jusqu’à Paul II, qui, l’an 1470, fixa cette indulgence à chaque vingt-cinquième année ; ce qui fut exécuté pour la première fois par Sixte IV, son successeur, l’an 1475, et a été suivi avec uniformité depuis ce temps-là. Avant Paul II, le Pape Grégoire XI avait fait une Bulle pour fixer cette indulgence à chaque trente-troisième année; mais il ne paraît pas, par l’histoire, que cette bulle ait été mise à exécution. ;

D. Pourquoi cette indulgence générale des années saintes est-elle appelée Jubilé ?

R. Parce qu’elle a de grands rapports avec le Jubilé des Juifs. Le Pape Sixte IV est le premier qui ait donné le nom de Jubilé à cette indulgence. Bulle de l'an 1473.

D. Que signifie le mot Jubilé ?

R. Il signifie un temps de joie et de rémission accordée par l'Eglise, dont le Jubilé des Juifs était la figure.

D. D'où vient ce mot de Jubilé ?

R. Il vient du mot hébreu Jobel, qui signifie son de trompettes, parce qu’on s’en servait au temps du Jubilé des ilébreux, pour le publier. L’historien Josèphe dit qu’il signifie /berté ; en effet, les Juifs la recevaient dans le temps du Jubilé. St. Jérôme dit que ce mot signifie année de rémission ; aussi, à la cinquantième année, il se publiait une liberté générale, comme le dit l’Ecriture- Sainte.

D. Qui a institué le Jubilé des Juifs ?

R. C’est Dieu, lorsqu'il dit à Moïse, dans le Lévitique, ch. 25, v. 10: “ Vous sanctifierez la cinquantiéme “ année, et vous l’appellerez rémnission pour tous les “ habitants du pays, parce que c’est l’année du Jubilé.” Ce mot se trouve en plusieurs autres endroits de l’Ecriture ; au ch. 27, v. 21 du Lévitique, il est dit: “ Lorsque “ Je jour du Jubilé sera venu, il sera consacré au Sei- ‘“ gneur.”

D. En quoi consistait cette rémission du Jubilé de l’ancienne loi ?

R. Cette rémission du Jubilé de l’ancienne loi, qui était la figure de la nouvelle, consistait principalement en ce que, dans l’année jubiliaire des Juifs, les dettes étaient remises, les esclaves recouvraient leur liberté, et les biens aliénés retournaïent à leurs premiers maîtres.

D. En quoi consiste le Jubilé de la loi nouvelle ?

R. Il consiste en ce que l’indulgence, que l’Eglise accorde aux fidèles, remet la peine temporelle dont les pécheurs sont redevables à la justice de Dieu, les délivre de l’esclavage du démon, et les fait rentrer dans la possession des biens spirituels qu’ils avaient perdus par le péché.

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