Section simultanée de la corde du tympan et des nerfs
FONCTIONS DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE -Lï3
vasculaires. — Salive paralytique. — Après la section des deux nerfs, la sécrétion de la glande sous-maxillaire, qui ne se produit, à l’état normal, que lorsque l’organe est excité directement ou par action réflexe, devient constante et abondante. Cet effet ne se produit que quelque temps après que la section a été opérée et peut durer pendant des jours et des semaines. On provoque le même résultat en injectant une petite quantité de curare dans l’artère qui se rend à la glande. On opère, dans ce cas, de la façon suivante: On cherche et on prépare l’artère faciale; on y introduit et on y fixe une sonde, à l’extrémité de laquelle on a adapté un tube de caoutchouc. On remplit la sonde d’une solution saline et on la fixe à une seringue de Pravaz contenant une solution de curare à 1 p. 100. On ouvre le robinet, on injecte la valeur de cinq divisions de la seringue (environ 2 milligrammes de curare) et on referme le robinet. On peut injecter de même une solution d’atropine, si on veut répéter les expériences de Heindenhain, que nous avons rapportées plus haut.
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101. Fonction du ganglion sous-maxillaire. — Claude Bernard a découvert que l'excitation du bout central du nerf lingual divisé près de la bouche produit des effets semblables à ceux de l’excitationde la corde du tympan, c’est-à-dire détermine la sécrétion de la glande sous-maxillaire, même quand le tronc du lingual et de la corde a été divisé en un point plus rapproché du cerveau que celui où il est en rapport avec le ganglion.
Claude Bernard en concluait que le ganglion sous-maxillaire agit comme centre réflexe indépendant du système nerveux central. Des observations plus récentes portent à croire que ce résultat s’explique par l’existence, chez certains animaux, d’un filet de la corde qui accompagne le nerf lingual environ un pouce et demi au delà du point où la corde s’en sépare. L’effet en question doit être attribué à l’excitation de ce filet qui se rend en arrière, parallèlement au nerf lingual, au plexus sousmaxillaire et de là dans la glande. (Voyez Schiff, Physiologie de la digestion , t. I, p. 248, et la thèse de Haartman. Helsingfors, 1846, p. 37.)
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102. Glande parotide. — Chez la plupart des animaux, la parotide, de même que la sous-maxillaire, ne secrète que lorsque les nerfs qui président à sa sécrétion sont excités ; chez le mouton, d’après Eckhard, la sécrétion serait continue. La sécrétion se produit lorsque des substances sapides sont en contact avec la partie postérieure de la langue, et surtout lorsqu’on les mâche ; mais le mouvement seul des mâchoires sur des substances insipides ne la détermine point. La glande reçoit deux nerfs sécréteurs, dont l’un vient du facial et l’autre du sympathique. La branche du facial qui fournit le premier est le pètit pétreux superficiel, qui quitte le facial dans la portion pétreuse de l’os temporal, passe dans le ganglion otique etdelàrejoint la branche auriculo-temporale de la cinquième paire pour aboutir finalement à la glande. La démonstration expérimentale de ces faits résulte en premier lieu de ce que l’irritation des racines du facial dans l’intérieur du crâne détermine la production de salive dans la parotide ; secondement de ce que l’excitation intracrânienne de la cinquième paire n’est point suivie du mèmeetfet, et enfin de ce que l’application d’excitants dans la bouche, après la section du facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien, amène, comme auparavant, la sécrétion de la parotide. Ces faits, rapprochés les uns des autres, montrent que les nerfs sécréteurs de la parotide sont fournis par le facial pendant son passage à travers le rocher. Cette conclusion se trouve encore directement confirmée par une expérience de Claude Bernard, qui prouva que la destruction du facial dans le temporal arrête la sécrétion de la parotide.
Des trois nerfs qui partent du facial pendant son passage à travers l’os temporal, savoir : la corde du tympan, le grand et le petit pétreux superficiel, ce dernier donne, suivant Claude Bernard, les nerfs sécréteurs de la parotide. Ce physiologiste a démontré, en effet, que la section de la corde dans le tympan n’influe point sur la sécrétion de la parotide ; et quant au grand pétreux superficiel, on sait qu il ne se rend point à la parotide, et l'expérience a montré que la section du ganglion de Meckel est sans effet sur la glande. L’opinion de Claude Bernard a été directement confirmée par des expériences postérieures,
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qui ont fait voir que l’activité de la sécrétion de la parotide est très affaiblie par l’extirpation du ganglion otique et entièrement anéantie par la section du nerf auriculo-temporal. SchifT a montré, qu’après la section de ce nerf, l’écoulement de la salive ne peut plus être causée par l’application d'excitants dans la bouche et que l’électricité appliquée sur le bout périphérique détermine la sécrétion de la même manière que l’excitation de la corde du tympan1.
103. Sécrétion de la salive après décapitation. — Établissez une fistule parotidienne sur un lapin, décapitez-le ; fendez la tête sur la ligne médiane avec un fort couteau et un marteau ; enlevez le cerveau de la moitié de la tête, sur laquelle est placée la fistule, appliquez un morceau de papier à filtre coloré en rouge sur l’orifice du canal et irritez les racines du facial au moment ou elles pénètrent dans le trou auditif interne, soit avec l’électricité, soit avec une goutte d’acide. Une tache bleue apparaîtra sur le papier, montrant que de la salive a été sécrétée.
SECTION II. — DIGESTION DANS L’ESTOMAC
104. — - Les principes albuminoïdes des aliments, que la salive n’attaque point, sont dissous dans l’estomac par le suc gastrique et transformés jusqu’à un certain point en peptones. S’ils n’étaient que simplement dissous, ils ne pourraient être absorbés qu’en très petite quantité, car l’albumine diffuse très difficilement à travers les membranes animales. Les peptones, au contraire, qui résultent de la métamorphose des substances albuminoïdes, diffusent avec
1 On trouvera dans Eckhard, Beitrûge zur Anatomie uncl Physiologie, vol. III, p. 49, la description de la méthode à employer pour sectionner le facial à la sortie du trou stylo-mastoïdien. La section du facial dans Tintérieur du temporal est décrite par Claude Bernard dans ses Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, vol. II, p. 58 et 141. Quant à la section de la corde dans le tympan, l’excision du ganglion sphénopalatin et la division du petit pétreux superficiel, voyez : Schiff, Physiologie de la digestion, vol. I, p. 229. L’extirpation du ganglion otique est décrite Ibidem, p. 227. Le mode d’excitation du nerf auriculo-temporal est exposé dans Nawrocki, Studien d. physiol. Inst, zu Breslau, fasc. IV, p. 135.
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facilité et sont, par conséquent, aisément absorbées. Les matières gélatineuses des aliments sont aussi quelque peu changéespar le suc gastrique; après son action, elles ne peuvent plus se prendre en gelée. La transformation de l’amidon en sucre par l’action de la salive, commencée dans la bouche, se continue dans l’estomac tant que l’acidité du mélange n’est pas trop prononcée. Le suc gastrique contient aussi un ferment spécial qui coagule le lait.
Le suc gastrique ne peut pas, comme la salive, être recueilli à l’état de pureté, chez l’homme et chez les animaux, sans que l’on ait recours à une opération. Il est donc nécessaire, pour pouvoir recueillir une quantité de suc gastrique suffisante pour l'étude, d’établir une fistule gastrique sur un chien.
105. Etablissement d’une fistule gastrique. — Le but qu’on se propose en établissant une fistule gastrique est double : 1° recueillir du suc gastrique pour l’étudier et 2° observer le mécanisme de la sécrétion dans l’intérieur de l'estomac.
La méthode adoptée par Bassow consistait simplement à inciser la paroi abdominale et à ouvrir l’estomac après l’avoir au préalable fixé aux bords de l’incision. La fistule était bouchée avec un morceau d’éponge; mais cette fistule était très sujette à se fermer et trop petite d’ailleurs pour permettre d’observer l’intérieur de l’estomac. Blondlol remédia au premier de ces inconvénients en plaçant dans la plaie une canule fermée par un bouchon, de sorte que les sucs gastriques et les produits de la digestion ne pussent pas se perdre dans l’intervalle des observations.
Cette méthode, perfectionnée par Claude Bernard, est la seule que l’on emploie d’ordinaire. La canule de Claude Bernard est formée de deux tubes présentant chacun à. une de leurs extrémités un large rebord (fig. 142). Les deux tubes se vissent l’un sur l’autre, de façon à faire varier à volonté l’intervalle entre les deux rebords; ce que l’on obtient au moyen d’une clef qui se fixe sur deux petites saillies du tube intérieur et qui le fait tourner, pendant que l’on maintient entre les doigts le tube extérieur. L’avantage de cette double canule sur une canule simple munie d’un rebord à chacune de ses extrémités est d’éviter les idcérations qui surviennent par suite de la pression du rebord
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externe du lube sur la peau, la cicatrisation de la plaie amenant fréquemment une tuméfaction de ses bords. Son inconvénient est qu’elle est trop petite pour observer commodément l’intérieur de l’estomac, et aussi, suivant moi, que le bord de la plaie
Fig. 142. — Coupe verticale d’une canule à fistule gastrique avec la clef. —
A, rebord interne ; B, rebord externe; C, saillies qui rentrent dans la clef ;
D, clef destinée à visser et à dévisser les deux parties de la canule.
est en contact avec le pas de vis du tube interne et non point avec une surface lisse.
On peut remédier facilement a ces inconvénients, en augmentant le diamètre du lube ainsi que la largeur du rebord. La figure 142 représente une canule de cette espèce.
106. Manuel opératoire. — Donnez à un chien un repas copieux de façon à distendre complètement son estomac1. Anesthésiez-le avec de la vapeur d éther*. Placez-le sur le dos sur la table à vivisection, rasez les poils de la région épigastrique et des hypochondres et enlevez-les soigneusement avec une éponge pour empêcher qu’ils ne puissent s’introduire dans la cavité péritonéale. Pratiquez une incision verticale d’environ un pouce et demi sur un des côtés de la ligne blanche, de préférence sur le côté gauche, parallèlement à elle, et s’étendant du bord infé-
rieur des cartilages costaux à une distance moindre que le diamètre du rebord de la canule. Divisez les muscles dans le sens de leurs fibres, en ayant soin d’arrêter par des ligatures les hémorrhagies qui peuvent se produire, de façon à ce qu’aucune goutte de sang ne pénètre dans la cavité péritonéale. Ouvrez le péritoine en vous aidant d une sonde cannelée; saisissez avec une pince l'estomac en un point qui offre peu de vaisseaux et attirez-le au dehors. Avec une aiguille recourbée faites passer deux fils à travers les parois de l'estomac, à une distance à peu près égale au diamètre du tube de la canule. Entre ces deux fils, divisez l’estomac, de façon a ce que l’incision soit un peu plus courte que le diamètre du tube de la canule. Introduisez une pince avec les mors rapprochés dans l’incision, et dilatez celte dernière en écartant les mors jusqu’à ce que la largeur soit suffisante pour laisser passer la canule. A l’aide des fils, llxez l'estomac sur la canule, et sur les bords de la plaie abdominale par quelques points de suture, de façon à ce qu'en même temps les bords soient appliqués l’un contre l’autre. 11 n’est pas besoin d’autre suture. Il faut laisser la canule ouverte pendant une demi-heure ou une heure après que l’opération est terminée, parce que le chien est pris de vomissements lorsque l’influence du chloroforme cesse, et que si la canule était bouchée, le contenu liquide de l’estomac pourrait passer entre les parois abdominales sur les côtés dela canule et déterminer de la sorte une péritonite. Le chien doit être nourri avec du lait pendant un ou deux jours, et si l’opération a eu lieu en hiver, enfermé nuit et jour dans une pièce chaude. Le jour qui suit l’opération, les bords de la plaie sont fortement tuméfiés; mais la tuméfaction disparaît au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures. Quand la plaie a commencé à se cicatriser, la cicatrice s’épaissit et le rebord externe de la canule exerce une pression sur la peau capable d’amener des ulcérations. Si cela arrive, on allonge la canule en écartant ses deux rebords au moyen de la clef. On ferme la canule avec un bouchon de liège ou de caoutchouc. Dans le cas où le chien essaie, avec ses dents, de déchirer le bouchon, on trempe ce dernier dans une décoction de coloquinte, ou on trotte sa surface externe avec un peu d’acide phosphorique.
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Pour recueillir le suc gastrique on laisse 1 animal jeûner pendant quelques heures, de façon à ce que l’estomac soit complètement vide, mais pas plus longtemps qu’un jour, parce que la membrane muqueuse se recouvrirait d’un épais revêtement de mucus. Pendant qu’un aide caresse le chien pour qu’il se tienne tranquille, on enlève le bouchon de la canule et l’on irrite légèrement la face interne de l’estomac avec une plume fixée sur un bâton de verre ; puis on place au-dessous de l’extrémité libre du bâton de verre un petit vase; le suc gastrique s y rassemble en suivant les bords du bâton.
107. Examen du suc gastrique. — Le suc gastrique est un liquide peu épais, presque incolore, à peine opalescent et d’une saveur très légèrement acide. Son poids spécifique (1,001 à 1 ,003) diffère à peine de celui de l’eau. Sa réaction est fortement acide; il colore en rouge intense le papier de tournesol bleu.
Composition chimique. — Chez le chien, le suc gastrique contien 3 pour 100 de principes solides; chez l’homme, 1 pour 100 seulement. Les deux tiers environ de ces principes sont formés par des matières organiques consistant en pepsine et peptones ; le dernier tiers est formé par des matières minérales, c’est-à-dire par des chlorures de potassium, de sodium, d’ammonium, de calcium et par des phosphates de magnésium, de calcium et de fer. Le poids spécifique , ainsi que le dosage de ces substances solides, organiques ou inorganiques, sç déterminent de la même façon que pour la salive.
L'acidité du suc gastrique est réellement due à un acide libre et non point à des sels acides. Pour le démontrer, il faut doser les bases et l’acide qu’il renferme; cela fait, on trouve que la quantité d’acide est plus que suffisante pour former des sels acides avec toutes les bases qu’il contient, et qui sont susceptibles de former des sels de ce genre; il faut donc que l’acide existe en partie à l’état de liberté. On trouvera les détails de l’expérience dans la traduction française du traité d’analyse chimique appliquée à la physiologie de Hoppe-Seyler.
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108. Détermination de la nature de l’acide. — Le suc gastrique est introduit dans une grande cornue réunie à un condensateur de Liebig, et on le distille jusqu'à ce qu'il soit très concentré et qu’à sa surface apparaissent des vapeurs. Pour enlever 1 excès d eau contenu dans le liquide qui a distillé, on neutralise par le carbonate de sodium, on évapore àsiccité au bainmarie, on traite par l’alcool absolu et on filtre. La liqueur filtrée est évaporée au bain-marie, et le résidu dissous dans un peu d’eau. Une petite quantité de la solution est versée dans un tube à essais, dans lequel on ajoute quelques gouttes d’une solution neutre de chlorure ferrique. S’il existe de l’acide acétique, la liqueur se colore en rouge foncé et, portée à l’ébullition, laisse déposer un précipité jaune. Dans une autre portion de la liqueur, on verse de la solution d’azotate d’argent ; s’il y a de l’acide chlorhydrique, il se dépose un précipité blanc insoluble dans l.’acide nitrique, mais soluble dans l’ammoniaque. Le reste de la liqueur traitée par de l’acide sulfurique étendu et abandonné à lui-même, répand une odeur analogue à celle du beurre rance, s’il renferme de l’acide butyrique. Le résidu de la distillation du suc gastrique demeuré dans la cornue, après que l’acide chlorhydrique et les autres acides ont distillé, est transvasé dans un matras et agité avec de l’éther. La couche d’éther, qui surnage, est décantée et évaporée au bain-marie. Si l’acide acétique existe dans le suc gastrique, il reste à l’état de résidu acide. On obtient des cristaux de lactate de zinc en traitant le résidu par de l’oxyde de zinc et de l’eau, et en laissant reposer la liqueur. '
109. Action du suc gastrique. — La propriété que possède le suc gastrique de dissoudre les matières albuminoïdes coagulées, est surtout manifeste quand on le fait agir sur de la fibrine provenant du sang. Pour préparer la fibrine, on bat le sang au sortir de la veine avec un petit balai d’osier, onia recueille sous forme de fibres et de flocons et on la lave jusqu'à ce qu’elle soit parfaitement blanche. On peut la conserver pendant longtemps dans la glycérine ; mais on la lave chaque fois que l’on veut s en servir. Placez un petit morceau de fibrine dans un tube à essais
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avec du suc gastrique et plongez le tube pendant une heure ou deux dans un bain-marie à la température do 35°. La fibrine sc gonfle, devient un peu transparente, puis se dissout et forme un liquide opalescent, qui ne se précipite pas par l’ébullition et qui ne se précipite que très peu ou même pas du tout quand on neutralise. Gomme il n’existe aucun autre liquide qui ait cette action sur la fibrine, celte réaction est caractéristique du suc gastrique. La pepsine seule ne suffit pas pour la produire, à moins qu’elle ne soit en présence d’un acide libre, comme dans le suc gastrique. Ces phénomènes se manifestent également quand on emploie de la fibrine bouillie, comme le recommande Kuhne. Enfin, le suc gastrique renferme un ferment spécial, qui a la propriété de coaguler le lait. Il est connu sous le nom de ferment de la présure ou chymosine.
11 0. Suc gastrique artificiel. — Pour étudier les propriétés du suc gastrique, il est préférable d’employer le suc gastrique artificiel par la raison qu’oK peut s’en procurer des quantités bien plus considérables. Le mode de préparation est le suivant : Ouvrez l’estomac d’un cochon ou d’un lapin récemment tué, ou encore le quatrième estomacd’un veau, enlevez le contenu et lavez avec précaution les parois avec un fileld’eau. Etendez-le sur une planchette, lamuqueuset ournée en haut, fixez-l’y avec des épingles et recueillezle mucus en raclant la surface avec un couteau à papier en ivoire ou avec le dos d’un couteau ordinaire. Broyez le mucus dans un mortier avec de l’eau et du sable siliceux ou du verre pilé, laissez reposer en ayant soin seulement de remuer de temps à autre la masse, puis filtrez. Le liquide filtré est du suc gastrique très pur. Il est légèrement opalescent ; il contient beaucoup de pepsine, mais peu de peptones. Mêlé à un poids égal d'acide chlorhydrique dilué à 0,2 pour 100, il digère la fibrine très rapidement. On peut le conserver dans un flacon pendant longtemps et bien qu’il se développe des champignons à sa surface, il n’en conserve pas moins ses propriétés digestives.
On peut obtenir du suc gastrique plus énergique, mais moins pur que par le premier procédé, en faisanlmacérerdans de l’acide chlorhydrique dilué à 0,1 pour 100 la muqueuse, préalablement
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détacJi ie de la tunique musculaire, coupée en petits morceaux et en filtrant la liqueur. Le suc gastrique ainsi préparé est très actif et convient très bien pour les expériences sur la digestion, bien qu’il renferme une grande quantité d’albumine dissoute dans l'acide. On peut le débarrasser de la plus grande partie de 1 albumine en le laissant pendant plusieurs heures au bain-marie à une température de 35° de façon à convertir l’albumine en peptones. On le transvase ensuite dans un dialyseur, dont on change l’eau plusieurs fois. Les peptones diffusent dans l’eau, tandis que la plus grande partie de la pepsine reste dans le dialyseur.
111. Préparation de l’acide chlorhydrique dilué a 0,2 pour 100. — L’acide chlorhydrique ordinaire, dont le poids spécifique est 1,16, renferme en poids 31,8 pour 100 de gaz acide chlorhydrique. Pour préparer la solution d’acide renfermant réellement 0,2 pour 100 de gaz, mesurez dans une pipette graduée 6,25 centimètres cubes d’acide chlorhydrique ordinaire et versez-les dans un ilacon d’une contenance d’un litre que vous achèverez de remplir avec de l’eau distillée, et agitez de façon à bien opérer le mélange.
112. Préparation d’une solution de pepsine dans la glycérine. — La solubilité des ferments de la digestion dans la glycérine a été découverte par von Wittich ; c’est grâce à cette propriété qu’on peut les obtenir facilement. Ouvrez l’estomac d’un cochon ou d’un lapin (récemment tué, si c’est possible) et lavez la membrane muqueuse, comme cela a été indiqué plus haut; retranchez la région pylorique ; étendez le reste sur une planchette, eL séparez la muqueuse de la tunique musculaire. Coupez la muqueuse en petits morceaux et faites-la digérer avec de la glycérine en quantité suffisante pour la recouvrir. Au bout de quelques heures, la solution manifeste déjà les propriétés de la pepsine, mais il est bon de laisser digérer pendant plusieurs jours ; filtrez et ajoutez une nouvelle quantité de glycérine. Cette opération peut être répétée plusieurs fois et chaque fois la glycérine entraînera de la pepsine.
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On peut préparer rapidement du suc gastrique artificiel en ajoutant une petite quantité de cette solution à de l’acide chlorhydrique dilué au centième.
113. Préparation de la pepsine pure avec la solution de glycérine. — Faites digérer pendant vingt-quatre heures avec de l’alcool absolu la membrane muqueuse de l’estomac préparée et coupée en petits morceaux, comme précédemment. Séparez l’alcool par filtration ; séchez les morceaux de muqueuse avec du papierà filtre, et faites-les digérer pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines avec de la glycérine. Filtrez la glycérine d’abord à travers un linge, puis à travers du papier. Ajoutez à la liqueur de l’alcool absolu en excès, il se forme un précipité floconneux. Après avoir filtré l’alcool, dissolvez le précipité en versant sur le filtre de l’acide chlorhydrique à 2 p. 100. Faites bouillir une petite quantité de la solution avec de l’acide azotique concentré et ajoutez de l’ammoniaque après refroidissement, vous ne devez apercevoir aucune trace de la réaction xanthoprotéique. Dans une autre portion de la solution, laissez macérer à 40° un fragment de fibrine crue ou cuite, au bout de quelques jours la fibrine est complètement digérée. Essayez les autres réactifs mentionnés §119. Très probablement le chlorure de platine ne déterminera aucun précipité.
114. Préparation de la pepsine par la méthode de Bruche. — Le procédé par lequel Brücke a séparé ia pepsine et a réussi ainsi à isoler pour la première fois un des ferments de ia digestion, repose sur la propriété que possèdent ces substances d’ètre entraînées mécaniquement par les précipités que l’on produit dans leurs solutions. Nous avons déjà mentionné cette propriété à propos de la salive, dont Cohnheim a séparé la ptyaline par le procédé de Brücke. Coupez en petits morceaux la muqueuse de l’estomac de deux porcs préparée de la manière indiquée au §110. Faites-les digérera 40° avec un grand excès d’une solution étendue d’acide phosphorique (à 5 p. 100 d’acide). Si cela e.st nécessaire, enlevez l’acide et remplacez-le par de nouvelles quantités, jusqu’à ce (pie toute la muqueuse soit dissoute, à l’exception d’un
petit résidu, et continuez l’opéralion jusqu’à ce que la liqueur filtrée ne donne plus de précipité parle ferrocyanure de potassium. Filtrez la liqueur, mettez une petite quantité de côté dans un tube à essais et ajoutez de l’eau de chaux au reste jusqu’au moment où le papier bleu de tournesol commence à virer au violet. Recueillez le précipité sur un filtre en toile, exprimez-en tout le liquide à l’aide d'une presse et dissolvez-le pendant qu’il est encore humide dans de l’eau acidulée d’acide chlorhydrique étendu (50 centimètres cubes d’acide du commerce pour un litre d’eau).
Précipitez la solution une seconde fois avec de l’eau de chaux, recueillez le précipité sur un filtre de toile, exprimez le liquide qu’il contient à la presse, versez dessus une petite quantité d’eau pendant qu’il est encore humide et ajoutez-y de l’acide phosphorique par petites quantités et à de longs intervalles. Le phosphate tribasique de calcium Ph Ca3 O*, qui est pâteux, est ainsi converti en phosphate bibasiquePh Ca2 IIO4, qui est granuleux. Filtrez, la liqueur renferme la pepsine encore mêlée avec les matières albuminoïdes. Essayez sa propriété digestive sur la fibrine, après y avoir ajouté au préalable quelques gouttes d’acide chlorhydrique à 0,1 p. 100. La réaction xanthoprotéique se produira encore, mais moins abondamment que dans la solution primitive. Lavez à plusieurs reprises le précipité sur le filtre avec de l’eau distillée, bouchez l’entonnoir et versez de l’acide phosphorique étendu ; une partie du phosphate bibasique Ph Ca* ÎIO4 s’est dissoute, et il s’est formé du phosphate acide Ph Ca H*03. Au bout de quelques heures, enlevez le bouchon et laissez couler la liqueur; elle digérera la fibrine et la réaction xanthoprotéique sera moins sensible. Lavez à plusieurs reprises le précipité à l’eau distillée, bouchez de nouveau l’entonnoir, versez une nouvelle quantité d’acide phosphorique et répétez plusieurs fois l’opération. A la fin, on obtient une liqueur qui, bien que possédant la propriété de digérer la fibrine, manifeste à peine des traces de la réaction xanthoprotéique.
Pour obtenir la pepsine à l'état solide, préparez une solution avec de l’acide phosphorique et de l’eau de chaux, comme cidessus. Précipitez une seconde fois par l’eau de chaux, pressez
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le précipité, dissolvez-le dans de l’acide chlorhydrique étendu et filtrez dans un grand flacon. Préparez une solution saturée à froid de cholestérine dans 4 parties d’alcool (densité 0,808) et dans une partie d’éther. Placez sur le col du flacon un long entonnoir dont l’extrémité atteigne le fond du flacon et versez-y, par petites quantités, la solution de cholestérine. Elle formera à la surface du liquide une couche épaisse d’écume. Quand cette couche atteint l’épaisseur d’environ un pouce (25 millim.), enlevez l’entonnoir, bouchez le flacon et agitez vivement, de façon à ce que la plus grande quantité possible de pepsine adhère à la cholestérine. Filtrez et lavez le précipité avec de l’eau acidulée avec de l’acide acétique, puis avec de l’eau pure à plusieurs reprises jusqu’à ce que l’eau de lavage n’ait plus de réaction acide et ne donne plus de précipité avec l’azotate d’argent. Placez la cholestérine humide dans un vase à précipiter et traitez-la par de l’éther qui a été au préalable agité avec de l’eau pour le débarrasser de toute trace d’alcool. La cholestérine, se dissout dans l’éther et la solution éthérée se superpose à un liquide aqueux, qui forme une couche trouble au fond du vase. Décantez la solution éthérée, et agitez à plusieurs reprises le liquide aqueux avec de nouvelles quantités d’éther jusqu’à ce que quelques gouttes de solution éthérée, n’abandonnent plus de cristaux de cholestérine par évaporation. Laissez alors le vase à découvert de façon à ce que la mince couche d’éther, qui n’a pu être décantée, s’évapore. Filtrez; il reste sur le filtre une petite quantité de matière visqueuse, mais la liqueur filtrée est claire. C’est une solution concentrée de pepsine. Par évaporation on obtient la pepsine sous forme d’une masse amorphe blanc grisâtre.
115. Réactions de la pepsine. — Pour démontrer les réactions suivantes, on peut employer indifféremment les solutions de pepsine, dont la préparation est exposée dans les deux paragraphes précédents. La pepsine n’est point précipitée : — 1° par l’acide azotique concentré ; 2° par l’acide tannique ; 3° par l’iode 5 4“ par le chlorure mercurique. Elle est précipitée: — 1° par le chlorure de platine ; 2° par l’acétate de plomb neutre ou basique.
Quand la solution est absolument pure, elle ne produit pas de
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réaction xanthoprotéique. Évaporée en présence de l’acide sulfurique, elle laisse une matière amorphe grisâtre, qni contient de l’azote et n’est point hygroscopique. Elle se dissout difficilement dans 1 eau et assez facilement dans les acides étendus; elle ne diffuse pas et digère la fibrine.
116. Action de la pepsine dans la digestion. — Ni la pepsine seule, ni l’acide chlorhydrique étendu seul ne peuvent digérer la fibrine; cette action se produit au contraire facilement quand ces deux corps sont mélangés. La pepsine seule n’a aucune action sur la fibrine quelle qu’elle soit. L’acide chlorhydrique à 0,2 p. 100 la fait gonfler, mais ne la dissout pas aux températures ordinaires au bout de plusieurs jours et même de plusieurs semaines; à 35°-38°, il la dissout facilement dans l’espace de 34 à 48 heures, mais la convertit seulement en syntonine, de sorte que tout la matière albuminoïde, à l’exception d’une trace que von Wittich prétend être changée en peptone, peut-être précipitée par neutralisation. La pepsine réunie à l’acide chlorhydrique étendue gonfle pareillement la fibrine et la dissout, en fermant d’abord une solution opalescente de syntonine qui peut être presque entièrement précipitée par neutralisation , une petite quantité de peptone reste seule dissoute. Son action ne s’arrête pas là, car la syntonine (parapeptone) est très rapidement convertie en peptones, qui ne sont pas précipitées par neutralisation, ni coagulées par ébullition, mais qui précipitent par l’alcool et présentent toutes les réactions caractéristiques des matières albuminoïdes.
117. Produits de la digestion des matières albuminoïdes. — Pendant la digestion il se forme plusieurs substances, auxquelles Meissneradonné les noms de parapeptone, dyspeptone et métapeptone.
Parapeptone. — Brücke admet que, pendant la digestion, les matières albuminoïdes sont converties en syntonine et que la syntonine est entièrement transformée en peptones ; mais Meissner pense que la syntonine, au lieu de subir cette transformation, se dédouble en peptones et parapeptones. Lesparapeplones sontinso-
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lubies clans l’eau, mais solubles clans les alcalis étendus et clans le moindre excès cl’acide; elles présentent toutes les propriétés clela syntonine, mais elles en diffèrent en ce qu’elles ne peuvent pas être converties en peptones par la digestion. Lorsqu’une substance albuminoïde est soumise à l’action du suc gastrique, la solution, qui en résulte tout d’abord, donne par neutralisation un précipité de syntonine, et celui-ci, traité de nouveau par le suc gastrique, esL converti en peptones. Quand la digestion est plus avancée, le précipité est formé, d’après Meissner, en partie de syntonine et en partie de paraptones, car il a constaté que si ce précipité est digéré par une nouvelle, quantité de suc gastrique, une proportion moins considérable que la première fois se convertit en peptones et que cette proportion diminue de plus en plus à mesure que la digestion avance et que le reste de la syntonine se dédouble. Brücke et d’autres physiologistes ont trouvé que la fibrine peut être complètement convertie en peptones ; par conséquent, Meissner se trompe quand il suppose que la syntonine se dédouble en peptones et en parapeptones. Parfois cependant il faut plusieurs jours pour que toute la masse soit transformée en peptones.
Dyspeptone. — La dyspeptone de la fibrine est une partie de la syntonine ou parapeptone, qui devient insoluble dans l’acide chlorhydrique à 2 p. 100 et qui, par conséquent, se précipite. En outre, suivant Meissner, elle n’est plus susceptible d’être digérée et diffère seulement de la parapeptone en ce qu’elle est insoluble dans les alcalis étendus et dans les acides dilués; elle précipite spontanément par l’action du suc gastrique sans qu’il soit besoin de neutraliser la liqueur.
La dyspeptone de la fibrine exige encore de nouvelles recherches. La dyspeptone de la caséine a été récemment étudiée par lloppe-Seyler et Lubavin ; comme elle est formée en partie par une matière non-albuminoïde, ces auteurs considèrent la caséine comme composée, de même que l’hémoglobine et la vitelline, d’une substance albuminoïde combinée à une autre substance non-albuminoïde.
Métapeptone. — La métapeptone n’est qu’un produit transitoire
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intermédiaire entre la syntonine et la peptone ; elle est insoluble dans les acides très dilués (à 0, 1 p. 100).
Peptones. Il y a plusieurs espèces de peptones; mais cette question exige encore de nouvelles recherches. Meissner distingue trois modifications principales qu’il désigne sous les noms de peptone a, peptone b, peptone c. Cette dernière est le produit final de la digestion, les autres ne sont probablement que des produits transitoires. La peptone a est précipitée des solutions neutres par l’acide azotique concentré et des solutions très légèrement acidulées avec de l’acide acétique par le ferrocyanure de potassium. La peptone b n’est pas précipitée par l’acide acétique et le ferro cyanure de potassium; la peptone c n’est précipitée par aucun de ces réactifs.
118. Démonstration de l’action de la pepsine dans la digestion. — Prenez trois tubes à essais et versez dans l’un de l’eau et quelques gouttes de solution glycérique de pepsine, dans le second de l’acide chlorhydrique à 0, 1 p. 100, et dans le troisième de ce même acide avec quelques gouttes de solution glycérique. Introduisez dans chacun d’eux un fragment de fibrine, en ayant soin de choisir des fragments qui aient non seulement la même grosseur, mais aussi la même texture. Étiquettez-les et placez-les dans un bain-marie à 40° (§ 212). Afin, d’avoir une quantité de solution de peptones suffisante pour ces expériences, il est bon de placer une grande quantité de fibrine dans un vase avec de l’acide dilué, et quand elle s’est gonflée et qu’elle est devenue transparente, versez de la glycérine et placez cet extrait glycérique à côté des tubes à essais. Examinez les tubes à essais au bout de cinq minutes, et si la solution de pepsine est suffisamment concentrée, vous verrez que, dans le suc gastrique, la fibrine est en partie dissoute, dans l’acide elle s’est'gonflée et est devenue translucide, tout en conservant sa forme, tandis que dans la pepsine seule, elle n’a subi aucune modification. Séparez par filtration le suc gastrique du résidu de fibrine, ajoutez-y une goutte de teinture de tournesol, et neutralisez, il se formera un précipité de syntonine ou parapeptone. Filtrez : la liqueur neutre renfermant des peptones ne précipite plus par l’ébullition, mais
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manifeste une réaction xanthoprotéique énergique et précipite par le tannin. Après dessication les peptones se présentent sous la forme d’une poudre amorphe blanche et hygroscopique. Elles dévient le plan de polarisation à gauche ; l'ébullition n’a aucune influence sur leur pouvoir rotatoire.
Pour continuer l’étude des produits de la digestion, filtrez la solution contenue dans le vase. Neutralisez: les parapeptones se précipitent. Laissez se déposer le précipité, puis filtrez : la liqueur filtrée renferme des peptones. Recherchez si elle contient les peptones a et b] s'il y en a, replacez pour quelques instants le vase au bain-marie, et recommencez le même essai. Quand il n y en a plus de traces, traitez par les réactifs indiqués dans le paragraphe suivant.
119. Réactions des peptones. — Les véritables peptones ou peptones c, telles qu’on les obtient ordinairement, présentent les caractères suivants : Elles ne précipitent pas:1°par neutralisation, 2° par ébullition, que la solution soit neutre ou acide, 3° par l’acide azotique soit à froid, soit à chaud, 4° par l’acide chlorhydrique froid, 5° par l’acide acétique et le ferrocyanure de potassium (la liqueur abandonnée à elle-même finit par se troubler et par donner un précipité), 0° par le sulfate de cuivre en petite quantité; une quantité plus grande détermine un trouble qui disparaît en partie quand on ajoute un excès de sulfate. Les peptones précipitent par : 1° l’acide tannique, 2° l’azotate d’argent, 3® le chlorure mercurique, 4° le chlorure de platine, 5° les acétates de plomb neutre et basique. Dans tous ces cas le précipité est soluble dans un excès de réactif. Elles précipitent encore : 6° par un grand excès d'alcool, 7° par l’éther, 8° par le réactif de Millon et 9° par les acides biliaires quand la solution est acide.
La solution /le peptone additionnée de potasse caustique et d’une quantité extrêmement minime de sulfate de cuivre ou de quelques gouttes de la solution étendue de Fehling, donne un précipité qui se redissout quand on l’agite et donne une coloration rouge à la liqueur. Si on ajoute alors de nouveau du sulfate de cuivre, la coloration vire au violet. Les peptones diffèrent ainsi de l’albumine, qui prennent de suite la teinte violette.
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120. Diffusibilitk des peftones. — Placez une solution de pepiones clans un petit dialyseur, et laissez diffuser dans de l’eau distillée pendant une heure ou deux. Traitez ensuite l’eau par les réactifs qui viennent d’être mentionnés, vous trouverez qu elle renferme des peptones. Ce caractère distingue les peptones de 1 albumine, qui, comme on l’a déjà vu, possède un pouvoir diffusif très faible.
121. Action du suc gastrique sur la gélatine. — La pepsine, unie à l’acide chlorhydrique étendu, enlève à la gélatine, plus rapidement que l’acide chlorhydrique seul, la propriété de se prendre en gelée. Trempez de la gélatine dans l’eau froide, jusqu’à ce qu’elle se soit complètement gonflée, et ajoutez une quantité d'eau bouillante suffisante pour favoriser une solution concentrée. Versez de cette solution mêlée à un égal poids d’acide chlorhydrique à 0,2 pour 100 dans deux tubes à essais. A l’un, ajoutez une petite quantité de solution glycérique de pepsine, et à l’autre la même quantité de glycérine, et placez-les tous deux au bain-marie à 40°. Enlevez les deux tubes à essais au bout d’environ une heure et laissez-les refroidir. Si la iqueur se prend en gelée, replacez-les quelque temps au bain-marie et faites-les refroidir de nouveau ; répétez la môme opération s’il est nécessaire. Vous observerez cjuela gélatine placée dans le tube qui renferme du suc gastrique, perd plus tôt sa propriété de se prendre en gelée que celle qui est placée dans l’autre tube, en même temps qu’elle est devenue plus soluble dans les acides et qu’elle diffuse plus facilement.
122. Action du suc gastrique sur le lait. — Faites un extrait de l’estomac d’un porc ou du quatrième estomac d’un veau dans de l’eau salée, versez-en quelques gouttes dans un tube à essais renfermant du lait chaud; au bout de quelques minutes, le lait se transforme en un coagulum solide. Quelque temps après, un liquide clair, le petit lait, commence à se séparer du caillot.
Ajoutez à une once (31 gr.) de lait, un demi grain (0,323 gr.) de bicarbonate de sodium et répétez l’expérience; le lait se caille comme précédemment.
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Ajoutez à la même quantité de lait, deux grains (1,3 gr.) de bicarbonate de soude, le lait ne se coagulera plus quand vous y verserez l’infusion.
Faites bouillir l’infusion avant de la verser dans le lait, elle aura perdu la propriété de cailler le lait.
123. Influence de la température sur la digestion. — A une basse température, l’action de la pepsine est arrêtée, sans être détruite; elle devient de plus en plus rapide, à mesure que la température augmente jusqu’à ce qu’elle atteigne son maximum entre 30° à 50°. Au-dessus de ce point, elle se ralentit. Elle est complètement détruite par l’ébullition. La propriété digestive d’une solution étendue de pepsine est détruite quand on l’expose pendant deux minutes à une température de 70°, ou a une température plus basse encore, si on l’y laisse plus longtemps. Quand la solution est concentrée, elle n’est pas si promptement détruite; et quand il s’agit d’une solution glycérique non diluée, elle persiste après qu’on a exposé pendant deux minutes la solution à une température de 80°.
Pour démontrer l’influence de la température, prenez quatre tubes et versez dans chacun d’eux la même quantité d’acide chlorhydrique à 0,1 pour 100, additionné d’une petite quantité de solution glycérique de pepsine. Placez-en un dans de la glace pilée, laissez le second sur un support sur une table, mettez le troisième au bain-marie à 40°, faites bouillir le quatrième et placez-le ensuite également dans le bain-marie. Introduisez dans tous les quatre un fragment de fibrine. La fibrine se dissout rapidement dans le troisième tube, dans le second elle se dissout aussi, mais plus lentement ; elle reste insoluble dans le premier et le quatrième. Au bout d’une demi-heure, transportez dans le bain-marie le tube plongé dans la glace. La fibrine se dissoudra alors promptement, ce qui indique que l’action de la pepsine avait été seulement suspendue. La fibrine du quatrième tube ne se dissout pas du tout, ce qui prouve que le pepsine a été altérée.