‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 23 sur 120 · ACTION RÉFLEXE* DU CENTRE VASO-MOTEUR · texte numérisé non relu

ACTION RÉFLEXE* DU CENTRE VASO-MOTEUR

qui aboutissent au cœur. Les courants employés doivent être faibles quand on applique directement les électrodes sur les nerfs sensitifs, et forts quand on se propose d’exciter les terminaisons nerveuses dans la peau ou les muqueuses. Dans tous les cas, les périodes d’excitation doivent être courtes. Voici la marche à suivre dans cette expérience : — A. Après avoir curarisé une grenouille en observant les précautions indiquées dans l’étude des effets de l’excitation directe de la moelle, et l’avoir disposée de façon à ce que l'on puisse observer la circulation dans la membrane natatoire, on place les deux pointes de l’excitateur sur la langue. Quand on soulève le levier on observe sur les vaisseaux exactement les mêmes effets que ceux produits par excitation directe. Tout d’abord le courant sanguin est accéléré dans les artères, mais immédiatement après les artères commencent à se conctracter sensiblement. La contraction s'accroît graduellement mais rapidement pendant une ou deux secondes, et elle est accompagnée d’un ralentissement, puis finalement d’un arrêt de la circulation. Une fois le maximum de rétrécissement obtenu, la contraction disparait comme elle est venue. Si l’on continue l’excitation, les artères ne restent pas contractées, mais manifestent souvent des alternatives de contraction et de relâchement à intervalles irréguliers. Pour observer les variations dans la rapidité du torrent circulatoire, les veines sont préférables, car dans ces vaisseaux l'accélération initiale n’est pas aussi transitoire que dans les artères, et le ralentissement qui lui fait suite, est aussi distinct. Si l’on désire faire une observation plus exacte, il faut employer la méthode indiquée par le Dr Riegel. Elle consiste à comparer la vitesse de la progression des globules sanguins dans une artère ou une veine donnée avec celle d’un courant d'eau tenant des particules solides en suspension et passant à travers un tube de verre horizontal fixé dans l’oculaire du microscope à une distance telle du verre frontal, que 1 observateur puisse le voir distinctement. L’une des extrémités du tube communique avec un grand flacon renfermant le liquide, placé sur une tablette située à un niveau supérieur à celui de la table qui supporte le microscope, l’autre extrémité avec le tube de décharge de la platine chauffante représentée dans la figure 7.

En faisant varier la hauteur du tube E, on peut régler la rapidité du courant du liquide. La rapidité du courant est du reste indiquée par la quantité de liquide qui s’écoule en une seconde divisée par le produit du calibre du tube de verre par le pouvoir amplifiant du microscope. Supposons, par exemple, qu’il s’écoule un centimètre cube d’eau en 15 secondes, c'est-àdire 6,6 millimètres cubes en une seconde, que le calibre du tube soit de 0,8 millimètres carrés et le pouvoir amplifiant de 300, la rapidité du courant sera égale à r^‘u 8 ou 0,02775 millimètres. La détermination de la rapidité absolue est peu importante, le but qu’on se propose étant plutôt d’apprécier avec exactitude les variations qui se produisent pendant la durée d’une observation.

B. Si, au lieu de la langue, on excite la surface de la peau avec la brosse métallique, les phénomènes que l’on observe sont très semblables. Dans cette expérience l’accélération du courant sanguin est plus facile à observer que dans l’expérience précédente.

G. Excitation directe d'un nerf sensitif. — Après avoir curarisé une grenouille, on divise les téguments sur la face postérieure de la cuisse dans une direction correspondant à la direction du muscle biceps, ou plutôt dans une direction correspondant à la direction de l’espace séparant la masse musculaire, qui recouvre la face antérieure du fémur (triceps fémoral), et le muscle semi-membraneux. Le nerf sciatique, accompagné par l’artère et la veine sciatiques, est situé immédiatement au-dessous du biceps, entre ce muscle et le semi-membraneux. Pour le séparer de ces vaisseaux, il faut le mettre à nu en soulevant le biceps avec une érigne à pointe émoussée. Après avoir disposé les deux membranes natatoires pour l’observation an microscope, on divise le nerf un peu au-dessus du genou, et on applique l’excitateur sur le bout périphérique. La bobine secondaire étant placée à une distance considérable de la bobine primaire et l’œil fixé sur une artère de la membrane interdigilale du membre qui est intact, on lève le levier. On observe les mêmes phénomènes que précédemment : contraction et ralentissement

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