ACTION RÉFLEXE' DU CENTRE VASO-MOTEUR
de la circulation, précédée d’une accélération plus ou moins manifeste. Si maintenant l’on examine au microscope l’autre membrane interdigitale, on voit que la contraction des artères est très peu considérable et que l'accélération est plus distincte. L'explication de ce fait est facile. Les nerfs sciatiques étant le chemin que beaucoup de fibres vaso-motrices prennent pour se rendre aux artères de la membrane interdigitale, leur section paralyse en grande partie, mais pas complètement, ces vaisseaux. Par conséquent des trois effets produits par l’excitation du centre vaso-moteur, c’est-à-dire accroissement de l’énergie des contractions du cœur, augmentation de la pression artérielle et contraction des artères, les deux premiers seuls se manifestent dans l’accélération du courant sanguin. Dans l’autre membrane les nerfs vaso-moteurs étant intacts, les phénomènes se manifestent complètement. L’effet de l’excitation directe ou indirecte de la moelle sur les vaisseaux du mésentère n’a été jusqu’à présent que très imparfaitement étudiée. Il est certain cependant que, en général, la contraction est bien moins marquée dans les artères du mésentère que dans celles de la membrane interdigitale. Souvent elle ne se manifeste pas du tout, le seul phénomène que l'on observe pendant l’excitation consistant dans l’accélération du courant sanguin. Ces faits ne prouvent pas que les artères sont soustraites à l'influence des centres cérébro-spinaux, mais seulement que les nerfs excités n’ont aucune relation réflexe avec elles.
54. Excitation réflexe de la moelle allongée chez les mammifères. — Le centre vaso-moteur peut être mis en action chez le chien, le lapin ou le chat par l’excitation électrique d’un nerf sensitif. Le nerf, sur lequel il est préférable d’opérer, est le nerf sciatique. Les préparatifs pour cette expérience sont les mêmes que pour l’observation de la pression artérielle. Pour mettre à nu le nerf sciatique, l’animal étant couché sur le côté, on fait une incision à partir d'un point situé au milieu de la ligne qui joint le trochanter à la tubérosité de l’ischion près du tendon du biceps, et parallèlement au bord interne et postérieur de la longue portion de ce muscle. On découvre le bord
du muscle et on l’attire en dehors. Dans le tiers supérieur de la cuisse le nerf est situé entre le biceps et le grand adducteur et plus bas entre le biceps et le semi-membraneux. Si l’on désire exciter le nerf près du point où il se distribue, ou peut facilement découvrir le nerf péronier en avant de l’articulation du pied, sur le bord de l’extenseur commun des orteils en contact avec le péroné. On l’appelle souvent nerf dorsal du pied.- L’excitation du bout central du sciatique ou du nerf péronier produit des effets qui sont de même nature que ceux consécutifs à l’excitation directe de la moelle, bien que l’augmentation delà pression artérielle et d’autres phénomènes concomitants soient moins considérables. Quand on opère sur le nerf péronier ou sur d’autres nerfs, dont nous parlerons plus loin, il y a une différence marquée dans l’état des artères de la région où se x distribuent les nerfs excités et dans l’état de celles du reste du corps.
EXPÉRIENCES MONTRANT QUE LE MÊME DEGRÉ D’EXCITATION d’üN NERF SENSITIF, QUI PRODUIT UNE CONTRACTION GÉNÉRALE DES ARTÈRES DANS D’AUTRES PARTIES DU CORPS, DIMINUE LE TONUS DES ARTÈRES DANS LA RÉGION OU SE DISTRIBUE CE NERF.
55. Excitation des nerfs de l’oreille externe chez le lapin. — L’oreille du lapin est traversée par deux nerfs, tous deux assez considérables. L’un d’eux, l'auriculaire postérieur, se rapproche de la superficie à la face postérieure du cou, très près de la ligne médiane, et se dirige de ià en avant et eu dehors, sous une mince couche de muscles jusqu’à la racine de l’oreille où il pénètre dans une apophyse cartilagineuse, que l'on sent aisément avec le doigt au niveau et en dehors de l’occipital. On trouve facilement le nerf en faisant une incision entre cette apophyse et la tubérosité occipitale. L’autre nerf, le grand auriculaire (fîg. 48), provient des branches antérieures du second et du troisième nerf cervical. 11 devient superficiel au bord postérieur du sterno-mastoïdien, et de là se dirige en haut, recouvert