EXCITATION D’UN NERF SENSITIF
seulement par les téguments, vers l’oreille externe où il se divise en deux branches. Le point, où on le trouve le plus facilement, est à la racine de l’oreille, un peu avant sa division.
L’animal étant curarisé, on met en communication l’appareil pour la respiration artificielle avec la trachée, et le manomètre du lcymographe avec l’artère carotide.
On découvre soigneusement le nerf grand auriculaire, on l’isole des parties qui l’entourent avec deux pinces à mors mousses et on le divise. Puis on dispose le lobe de l’oreille de façon que l’on puisse bien voir l’artère centrale. Dans ce but, si l’on ne peut pas se servir de la lumière solaire, on place une lampe dans une position telle que la lumière soit projetée par derrière, au moyen d’une lentille convergente, sur l’oreille, maintenue verticalement au moyen d’un support. Avant de commencer l’expérience, on observe avec soin l’artère centrale, et l’on porte particulièrement son attention sur les changements rhythmiques de diamètre, qu’elle subit. Après avoir ainsi noté son état actuel et recueilli un tracé préliminaire au kymographe, on place les deux pointes de l’excitateur sur le bout central du nerf, et on lève le levier pendant quelques secondes. S’il ne se manifeste aucun accroissement de la pression artérielle, on rapproche avec beaucoup de précaution, jusqu’à ce que le phénomène se produise, la bobine secondaire, qui au début de l’expérience était éloignée de la bobine primaire. Aussitôt que le phénomène se manifeste, on observe d’habitude que l’artère de l’oreille, au lieu de se contracter, se dilate, et que le lobe tout entier de l’oreille renferme plus de sang qu’au-
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Fig. 48. — Nerf grand auriculaire du lapin. — vj. Bifurcation de la veine jugulaire; p f v, veine faciale postérieure ; p av, veine auriculaire postérieure; a f v, veine faciale antérieure ; nam , grand nerfauriculaire. L’incision s’étend du cartilage thyroïde à la racine de l’oreille gauche.
CIRCULATION DU SANC
para van t. Il arrive, cependant, fréquemment que, malgré l’accroissement de la pression artérielle, on n’observe aucune augmention dans la quantité de sang. Dans ce cas il faut avoir recours au nerf auriculaire postérieur, dont l’irritation au bout central est presque toujours suivie de l’effet en question. L’augmentation de la pression artérielle et la dilatation de l’artère auriculaire semblent être deux phénomènes concomitants; tous les deux augmentent graduellement pendant les quelques secondes qui suivent le début de l’excitation par l’électricité. Si l’on a soin de ne pas prolonger la période d’excitation et de ne pas employer des courants trop forts, on peut observer plusieurs fois le phénomène chez le même animal.
Dans cette expérience et la suivante, il est particulièrement important de maintenir la respiration artificielle d’une façon aussi parfaite que possible, autrement les effets sur les vaisseaux cl’une artérialisation défectueuse viennent troubler les effets dus à l’excitation des nerfs.
56. Excitation du nerf dorsal du pied. — Quand on divise le nerf dorsal du pied et qu’on excite son bout central, il se manifeste des phénomènes semblables. Pour faire cette observation, il faut mettre à nu l’artère saphène sur la face interne dd la cuisse au niveau de sa moitié inférieure, comme il a déjà été dit au § 51. On voit alors que pendant et après l’excitation, l’artère se dilate graduellement, puis reprend ensuite ses dimensions primitives.
Le résultat général des expériences précédentes peut être exprimé en disant que les nerfs afférents, sur lesquels elles ont porté (conjointement probablement avec d’autres nerfs sensitifs), renferment des fibres, qui jouissent de la propriété, quand elles sont excitées, de suspendre l’action du centre vaso-moteur, dans certaines régions, avec lesquelles ces nerfs ont d’étroits rapports anatomiques. Quand il s’agit du système nerveux vasomoteur, les termes d’inhibiteurs et de dépresseurs que les physiologistes appliquent aux nerfs, qui, sous l’influence d une excitation, diminuent le tonus artériel, peuvent être regardés comme équivalents.