CERVICALE DU SYSTÈME NERVEUX SYMPATHIQUE DU LAPIN
En 1852, Brown Séquard montra que la section du sympathique dans le cou est suivie de la dilatation de l’artère centrale de l’oreille et de la vascularisation de ce dernier organe, et que l’excitation du bout périphérique de ce nerf amène la contraction des mêmes artères ; et la même année, il fit voir que le premier effet produit dépend de la paralysie, et le second de la contraction des parois musculaires des vaisseaux.
On fixe un lapin sur le dos sur l’appareil de contention et on injecte graduellement dans la veine crurale environ 5 centimètres cubes d’une solution de chloral à cinq pour cent, que l’on prépare en étendant une solution concentrée avec la quantité voulue de solution ordinaire de chlorure de sodium. (Yoy. au | 51 la description de la méthode à employer pour mettre -à nu la veine crurale et insérer la canule.) Aussitôt que l’animal est devenu insensible, on pratique une incision longue d’environ 5 centimètres, parallèlement à la trachée, de façon à découvrir sur l’un des côtés le bord du muscle sterno-mastoïdien. On isole ensuite l’artère carotide du pneumogastrique, et on l’attire en avant à l’aide du crochet représenté dans la figure 22, c; on aperçoit alors que l’artère est accompagnée de deux petits nerfs, enfoncés flans sa gaine membraneuse et beaucoup plus petits que le pneumogastrique (lig. 49). De ces deux nerfs, le plus petit est le nerf déprcsseur, l’autre le nerf sympathique. Pour les distinguer, il suffi I de les suivre dans leur Irajel vers Je haut. On voit
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CIRCULATION OU SANG
que le neri dépresseur naît par deux racines, provenant l’une
du tronc du pneumogastrique, l’autre du laryngé supérieur, tandis que le sympathique est situé le long de l’artère. Le sympathique se distingue aussi par sa couleur grise. On place une ligature lâche autour de ce dernier et on observe avec soin l’état de l'artère auriculaire postérieure, comme il a été recommandé dans le paragraphe précédent. On sectionne le nerf et on voit que l’artère se dilate, que les mouvements rÜylhmiques cessent et que tout le réseau vasculaire de l’oreille s’injecte rapidement de sang. Les phé-
Fig. 49. — Artère carotide et organes avec lesquels elle est en rapport chez le lapin. — c. Carotide; c m, grande corne de l’os hyoïde ; s h, muscle stylo-hyoïdien ; h, nerf hypoglosse; s, sympathique; v, pneumogastrique; i, nerf laryngé supérieur, croisant en dessous la carotide peu après sa séparation du pneumogastrique; p, artère pharyngienne ; s m, bord du sterno-mastoïdien; t h, artère thyroïdienne; s t h , sterno-hyoïdien; l, artère laryngée.
nomènes que l’on observe sont semblables à ceux qui se manifestent après l’excitation du bout central du nerf auriculaire. Ils en diffèrent seulement en ce qu'ils durent plus longtemps. Si, au bout de quelques minutes, on prend chacune des oreilles dans une main, on sent que celle qui a été opérée est plus chaude que l’autre. Si maintenant on vient à appliquer les deux électrodes sur l’extrémité divisée du nerf et que l’on soulève le levier, l’artère se contracte et la congestion de l'oreille dis-
paraît.
Cette expérience montre d’une manière très concluante que la plupart des nerfs vaso-moteurs spinaux, qui se distribuent aux artères des téguments de la tête, passent, avant d’arriver à leur destination, dans le ganglion cervical supérieur. Mais, comme le ganglion est aussi en communication directe avec la moelle épinière, la paralysie des vaisseaux est incomplète, à moins que l'on n’extirpe le ganglion. Pour faire cette opération on prolonge l-’incision jusqu’à l’angle de la mâchoire. Un découvre