‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 28 sur 120 · DIVISION DES NERFS VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

DIVISION DES NERFS VASO-MOTEURS

Tarière carotide et le pneumogastrique, qui l’accompagne, jusqu’au niveau clu muscle stylo-hyoïdien, et pendant qu’un aide les attire en avant et vers la ligne médiane au moyen d’une érigne, on suit le tronc du sympathique, derrière l’artère avec deux pinces à mors mousses. La région, dans laquelle est situé le ganglion, est croisée par le tronc du nerf hypoglosse et par le muscle stylo-hyoïdien. Ce dernier doit être sectionné. L’extirpation s'effectue à l’aide de ciseaux à pointes mousses. Après la section du sympathique dans le cou, l’oreille reprend rapidement son état normal ; mais, si le ganglion est détruit, elle met beaucoup plus de temps pour y revenir.

58. Démonstration des fonctions vaso-motrices des nerfs splanchniques. — Les nerfs splanchniques renferment, outre les fibres qui président aux mouvements péristaltiques de l’intestin, et dont nous n’avons pas à nous occuper maintenant, des fibres sensitives et vaso-motrices. Les fibres vaso-molrices se distribuent aux artères des viscères abdominaux. Leur importance est très grande, car une portion si considérable du courant sanguin, spécialement chez le lapin, passe par ces artères, que le moindre changement dans leur calibre modifie profondément la résistance opposée par le système artériel à l’ondée sanguine poussée par le cœur. La partie sensitive des nerfs splanchniques, comme dans d’autres nerfs sensitifs, renferme des fibres qui agissent sur le centre vaso-moteur. Elle se trouve par conséquent, comme on le verra plus loin, en relation réflexe avec le cœur par l’intermédiaire du pneumogastrique. Les nerfs splanchniques chez le lapin quittent le tronc du sympathique au niveau du huitième ou du neuvième ganglion ; ils se dirigent en bas et passent devant le muscle psoas ; dans leur trajet ils reçoivent des branches provenant des autres ganglions thoraciques. Au niveau de la dixième vertèbre dorsale les deux nerfs sont situés de chaque côté de l’aorte descendante, et l’accompagnent jusqu’au moment où elle traverse le diaphragme; à parlir de ce point le splanchnique droit est plus éloigné de 1 artère que le gauche. Après avoir pénétré dans l’abdomen, le splanchnique gauche conserve les mêmes rapports avec l’aorte,

CIRCULATION DU SANG

il se termine dans celui des deux ganglions semi-lunaires, quiesl inférieur, et que l’on trouve facilement au-dessus de la Capsule surrénale gauche, en avant de l’aorte. Le splanchnique droit est plus difficile à trouver, parce qu’il est situé plus loin de l’aorte, dont il est séparé par la veine cave. Il se termine au niveau de la capsule surrénale droite dans le ganglion semi-lunaire supérieur, qui est situé en avânt de la veine. On peut arriver aux nerfs splanchniques soit dans le thorax, soit dans l’abdomen. Dans les expériences qui demandent une grande exactitude et spécialement dans celles qui ont rapport aux fonctions des libres afférentes, il est désirable, pour arriver à cet organe, de ne pas ouvrir la cavité péritonéale ; mais quand il ne s’agit que de démontrer les fonctions vaso-motrices de ces nerfs, celte précaution n’est pas nécessaire. Lorsqu’on divise un de ces nerfs splanchniques chez le lapin, la pression artérielle baisse ; lorsqu'on galvanise l’extrémité coupée du nerf, elle s’élève bien au delà des limites normales. La section de l’autre nerf est suivie d’un nouvel abaissement, moins considérable cependant que celui produit par la section du premier nerf. L’abaissement de la pression après la section est accompagnée d’un accroissement dans la fréquence du pouls ; l’élévation de la pression après la galvanisation est suivie au contraire d’une diminution dans celle fréquence. On démontre ces faits par les expériences suivantes :

On anesthésie un lapin et on le place sur le dos sur l’appareil de contention (fig. 23). On introduit dans la trachée un tube pour la respiration artificielle et dans la carotide une canule en forme de T. On incise ensuite la peau depuis le cartilage ensiforme jusqu’à moitié chemin du pubis et on ouvre avec précaution la cavité abdominale le long de la ligne blanche. Cela fait, on injecte du curare, on établit la respiration artificielle et on fait communiquer la canule avec le kymographe afin d’observer la pression artérielle. Il faut ensuite pousser de côté l’estomac et les autres viscères pour arriver au nerf splanchnique gauche, qui se dirige vers la capsule surrénale parallèlement à l’aorte et tout près de son bord gauche, et autour duquel on pose une ligature qui traverse nécessairement le péritoine. On applique les élec^ trodes sur le tronc nerveux en dehors de la ligature, par con-

MOUVEMENTS DU COEUR

séquent sur Je bout périphérique, on prend de nouveau un tracé de la pression artérielle et on divise pendant ce temps le nerf. Enfin on galvanise le bout périphérique et on observe les effets de cette excitation sur la pression artérielle. Le nerf splanchnique droit offre urï trajet à peu près semblable, mais il est plus difficile à préparer pour deux, raisons : d'abord parce qu’il est plus éloigné de l’aorte, et secondement parce que le foie est placé devant lui.

On observe, -après la section des deux nerfs, que les vaisseaux de tous les viscères abdominaux sont dilatés. Le système de la veine porte est rempli de sang ; les petits vaisseaux du mésentère et ceux, qui se ramifient à la surface de l’intestin sont magnifiquement injectés; les vaisseaux des reins sont dilatés et le parenchyme de la glande est hypérémié. Tous ces faits montrent que, non seulement le relâchement des vaisseaux sanguins abdominaux a détruit dans une large proportion la résistance opposée par les parois à l’ondée sanguine poussée par le cœur, mais encore qu’une grande quantité de sang a été, pour ainsi dire, transportée dans le système de la veine porte, et a disparu par conséquent du système circulatoire général, comme s’il était survenu quelque grande hémorrhagie interne.

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