‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 36 sur 120 · SYSTÈME NERVEUX INTRINSÈQUE DU COEUR · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX INTRINSÈQUE DU COEUR

blanche en forme de croissant, qui indique la jonction entre le sinus et l’oreillette, et si l’on réunit les deux extrémités de la seconde ligature de façon à inclure la ligne blanche, on voit que le cœur s’arrête dans la période de relâchement. Il arrive fréquemment qu’au bout d’un moment le ventricule recommence à battre; mais, si la ligature a été convenablement posée, le cœur reste sans manifester aucun mouvement pendant plusieurs heures. Les pulsations du sinus continuent avec la même vitesse que précédemment.

2. Sur un autre cœur, préparé de la même façon, on sépare le sinus de l’oreillette droite, non plus par une ligature, comme dans l’expérience précédente, mais par une section dont le plan correspond à celui de la ligature. Pendant cette opération la pointe du cœur est attirée en avant, au moyen de pinces. Le résultat est encore plus frappant quand les ciseaux employés ne sont pas très tranchants,

3. Si, dans ces deux expériences, on n'a pas séparé le ventricule des oreillettes immédiatement après la ligature ou la section, il recommence à battre.

4. Sur un troisième cœur, on applique les rhéophores d’un courant induit sur la ligne en forme de croissant, dont il a été question plus haut, c’est-à-dire sur la ligne de jonction du sinus veineux et de l’oreillette droite. On emploie dans ce but l’appareil à chariot de Dubois-Reymond, et on place les extrémités des électrodes tout près l’une de l’autre. L’effet est analogue à celui qui se produit dans la première expérience. Si les électrodes sont placés de façon àêtre appliqués sur l’oreillette, à l’exclusion du sinus, il ne se manifeste aucun effet.

5. Si 1 on retranche la base du ventricule avec les oreillettes, la pointe du ventricule reste immobile. L’excitation n’est suivie que d une seule contraction. Si l’on fait passer un courant voltaïque de la pointe du ventricule à sa base, les battements rhythmiques se manifestent.

6. Injectez sous la peau d une grenouille environ un millième de grain de milligramme) d’atropine. Enlevez, au bout

CIRCULATION DU SANG

dequelques minutes, le cœur,eL répétez l’expérience n° 4. L'excitation électrique ne produit plus d effet, parce que les ganglions de la cloison sont paralysés. Répétez ensuite l’expérience n° 1. Le cœur s’arrête comme précédemment.

Tous ces résultats se manifestent sur le cœur extrait de l’animal. La méthode recommandée facilite le manuel opératoire des expériences, sans diminuer en rien la valeur des résultats.

Dans les expériences 1 et 2 il est probable que l’arrêt du cœur est une conséquence de la séparation des oreillettes et du ventricule du sinus, et surtout de l’excitation du ganglion de la cloison, par suite de la pression ou de l’irritation mécanique causée par la ligature ou les ciseaux. L’application de l’électricité détermine le second de ces effets, mais non le premier; aussi, quand leganglion du pneumogastrique est paralysé sous l’influence de l’atropine, elle ne produit plus aucune espèce d’effet.

72. Influence des variations de température sur le cœur, chez la grenouille. — Gomme l’influence exercée par la température est évidemment sous la dépendance du système nerveux intrinsèque, il est opportun de s'en occuper maintenant. Les méthodes à employer sont les mêmes que celles que nous avons déjà décrites à propos de la pression endocardiaque. Toutefois, la dernière est préférable, parce qu’elle permet de calculer plus facilement le travail effectué. Le résultat général est, d’abord que la quantité de travail mécanique, qui peut être effectué par le cœur dans un temps donné, augmente avec la température jusqu’à un certain degré, qui est ici 20°, maisqui varie suivant les • animaux et probablement aussi suivant les saisons, de sorte qu’elle peut doubler ou même tripler quand la température s’élève graduellement de la température hibernale ordinaire à celle de l’été, et secondement, que dans les mêmes circonstances la fréquence des contractions s’accroît dans des proportions plus grandes que le travail mécanique. Il en résulte que la quantité de travail effectuée dans un temps donné est moindre avec les basses températures qu’avec les températures élevées, et l’effet produit par chaque contraction individuelle est bien plus grand.

Si l’on désire seulement étudier l’effet des changements de

NEUFS D’ARRÊT DU COEUK IoT

température sur la fréquence du pouls, un appareil plus simple répond parfaitement au but qu’on se propose. On peut employer le cœur tout entier ou une portion de cet organe. Dans le premier cas, le cœur, séparé de l’animal, est suspendu par un iil attaché à l’aorte dans un tube à essai assez grand et muni d’un bouchon à travers lequel passe le fil. Au fond du tube est un morceau de papier à filtrer, humecté d’eau. La chambre humide ainsi préparée est immergée verticalement dans un tube rempli d’eau froide, dans lequel plonge un thermomètre. On chauffe, l’eau très graduellement et on note de temps à autre la température, ainsi que la fréquence des contractions du cœur. On observe alors que la fréquence des contractions s'accroît graduellement jusque vers 3i°, et qu’au-dessus de cette température les contractions deviennent irrégulières et qu'il est impossible de les compter avec exactitude, jusqu’à ce que survienne le tétanos. On peut faire des observations ^semblables sur des portions du cœur, telles que la base du ventricule ou le sinus veineux. Dans ce cas, il est bon de placer le fragment du cœur dans une goutte de sérum sur une lamelle mince que l’on renverse sur la platine chauffante de Stricker.

73. Influence des variations de température sur le cœur chez les mammifères. — L’observation des effets très remarquables, que la diminution ou l’augmentation de la température intérieure du corps produit , en diminuant ou en augmentant la fréquence du pouls, chez les lapins et les chiens, porte à croire que le cœur des mammifères est plus sensible encore aux changements de température que celui des batraciens; mais c’est ce qu’on ne peut pas prouver expérimentalement, parce qu’il est impossible d’éliminer l’influence du système nerveux central.

SECTION VIII. — NERFS INHIBITEURS (NERFS d’aRRÈt) DU COEUR

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