MUSCULAIRE
25. Courbe musculaire. — Pour étudier la courbe musculaire il faut que le cylindre enregistreur se meuve avec une rapidité suffisante. (On peut observer les caractères principaux de la courbe avec un cylindre de Secretan muni d’un régulateur de Foucault et fixé sur le second axe.)
Observation /. — Disposez à la manière ordinaire la préparation du gastrocnémien dans la chambre humide. Les électrodes doivent être placés à quelque dislance l’un de l’autre sur le muscle même ; il n’y a donc pas besoin de préparer le nerf. Chargez le muscle de 10 ou 15 grammes. Faites inscrire sur le cylindre, au-dessous du levier, les vibrations d’un diapason enregistreur.
Disposez l’appareil électrique pour produire un courant induit, mais remplacez le levier-clef b par le levier-clef enregistreur, de façon que le courant passe quand le levier est baissé, et qu’il soit interrompu quand le levier est levé. La pointe du levier-clef enregistreur doit être placée au-dessous du levier du myographe, mais au-dessus du style du diapason. Les pointes des trois styles doivent être exactement situées sur une ligne verticale.
Le levier-clef enregistreur étant fermé et le diapason vibrant, ouvrez le levier-clef a et mettez le cylindre en mouvement. Quand le cylindre approche de la tin de sa première révolution ouvrez le levier-clef enregistreur, et, aussitôt que possible après, arrêtez le cylindre.
Sur le cylindre trois lignes sont tracées (fig. ! 15) ; a est tracée
par le levier-clef enregistreur et le point où elle s’incline indique le moment où le courant a passé dans le muscle ; b est tracée par le diapason et chaque courbe complète exprime une fraction déterminée de seconde; c est tracée par le myographe, m* indique le moment où commence la contraction, m* est le point culminant de la courbe musculaire, m3 indique la fin de la contrac-
Fig. 115. — Tracé de la contraction musculaire. — c. Courbe tracée par le levier du myographe; a, ligne tracée par le levier enregistreur; b, ligne tracée par le diapason. La ligne verticale m indique le moment où l’excitant a été appliqué; m1, commencement, m-, maximum et m3, lin de la contraction du muscle.
tion. Tirez une ligne verticale passant par le point où la ligne a s’abaisse, et des lignes verticales parallèles en m, m1, m5, ra3, coupant les lignes a, b et c.
L’intervalle m m1, mesuré en b , indique la durée de la période d’excitation latente; de même ml'mi indique la durée de la période d’ascension (période d’énergie croissante), m • m3 la période de descente (période d’énergie décroissante), et enfin m m3 la durée de la contraction totale.
La rapidité du second axe du cylindre est à peine suffisante pour permettre de bien distinguer la période latente ; mais les autres caractères de la courbe sc voient très bien.
On peut se servir du troisième axe; mais son emploi présente certaines difficultés. Il faut avoir soin de réduire au minimum le frottement des styles sur la surface du cylindre, et on ne doit
commencer l’expérience que vers la fin de la seconde révolution. Avant ce moment, le cylindre est loin d’avoir acquis son maximum de vitesse (uniforme) et après ce moment les tracés du diapason se recouvrent, de sorte qu’il est difficile de les déchiffrer.
On obtient de meilleurs résultats si l’on place le cylindre horizontalement, ce qui est, du reste, sa position naturelle. Les leviers doivent alors être disposés en conséquence.
Quand le levier du myographe est lourd, l’effet de l'inertie du levier se manifeste par l’apparition d’une courbe secondaire à la fin de la courbe musculaire.
Quand on veut avoir des résultats plus exacts que ceux qui sont fournis par le deuxième axe du cylindre muni du régulaleur de Foucault, on se sert du myographe à pendule.
Une contraction musculaire, même produite par un courant életrique instantané, exige un temps appréciable pour se développer complètement. La contraction ne commence pas au moment même ou l’excitation est appliquée sur le muscle ; elle est précédée d’une période latente. La courbe de la contraction s’élève d’abord rapidement, puis plus lentement et arrivée à son point culminant, s’abaisse d’abord lentement, puis plus rapidement et, enfin, plus lentement de nouveau.
On peut étudier par la même méthode les variations que présente la courbe musculaire sous l’influence :
1° De l'épuisement. — Observation II . — Après avoir recueilli la courbe musculaire produite par un courant induit, épuisez le muscle au moyen d’une succession de courants interrompus, et recueillez de nouveau la courbe produite par un seul courant induit. La courbe sera non seulement moins haute, mais plus longue, c’est-à-dire que la contraction sera plus lente, et que la période latente spécialement sera plus longue.
2° De la chaleur et du froid. — Observation 111. — On élève ou on abaisse la température de la chambre humide en y introduisant un courant d’air chaud humide ou des morceaux de glace.
Il est plus commode cependant de placer 1a. grenouille horizontalement, de mettre simplement à nu le gastrocnémien et de l’introduire après avoir divisé son tendon dans un fragment de
tube de plomb recourbé. On recueille la courbe de la contraction normale, puis on fait passer un courant d’eau chaude ou d’eau à la température de zéro, et on recueille les courbes correspondant à ces différentes températures.
Quand la température est plus élevée que la température normale, la courbe est très raccourcie, quand elle est plus basse, elle est allongée.
3» Des poisons; vératrine. — Observation J V. — Disposez la grenouille comme pour une observation sur les muscles de l’animal vivant (voy. §12) et après avoir recueilli la courbe musculaire normale, injectez une petite quantité de vératrine (20 de millig.) sous la peau du dos. Divisez au préalable le nerf sciatique près du genou sans toucher aux vaisseaux sanguins. Recueillez la courbe à divers intervalles après l’introduction du poison ; la durée de la contraction est très prolongée.
26. La contraction varie avec l’excitation. — Observation V. — Disposez la préparation de grenouille dans la chambre humide ; placez le nerf sur une paire d’électrodes, chargez le muscle avec un poids de dix grammes. Disposez l’appareil électrique pourproduire un courant induit soit d'ouverture, soit de fermeture, mais en ayant soin d’employer la même espèce de courant dans la même série d’observations. Tirez une ligne des abcisses sur le cylindre enregistreur.
Faites glisser la bobine secondaire aussi loin que possible de la bobine primaire. Faites passer un courant à travers le nerf. S’il ne se produit pas de contraction, et ce sera très probablement le cas, rapprochez la bobine secondaire de quelques centimètres de la bobine primaire; envoyez de nouveau un courant dans le nerf, continuez de la môme manière, en rapprochant la bobine secondaire de la bobine primaire, jusqu’à ce qu’une contraction se manifeste.
En faisant glisser la bobine secondaire en avant et en arrière déterminez le minimum de stimulus.
Faites avancer maintenant la bobine secondaire, et chaque fois d’une distance déterminée et enregistrez chaque contraction sur la ligne des abcisses à des distances proportionnelles aux
distances qu’à successivement parcourues la bobine secondaire (§ 18. Obs. III).
Les contractions se continuent ainsi pendant quelque temps, devenant plus fortes à mesure que le courant est plus puissant ; mais bientôt on observe que T excitation augmente sans que pour cela la contraction devienne plus forte, ou en d’autres termes que le maximum de contraction a été atteint. Déterminez soigneusement les positions respectives des deux bobines à ce moment.
Si avec la pile employée on n’arrive pas à obtenir le maximum de contraction, il faut augmenter le nombre des éléments.
En faisant ces observations, on est presque sûr de rencontrer de grandes irrégularités qui rendent souvent les résultats confus. Eiles sont dues en partie aux imperfections de l’appareil. Il faut, en conséquence, l’examiner avec soin, et voir que chaque chose soit en ordre, et spécialement que la pile fonctionne convenablement.
Mais, dans la plupart des cas, les variations sont dues à. ce que le nerf après excitation, et le muscle après excitation et contraction, sont pendant un laps de temps variable dans une condition différente de ce qu'ils étaient avant. Ils souffrent plus ou moins d’épuisement, etc. Il est fort difficile d’éliminer complètement toutes ces causes d’erreurs; mais on peut les réduire plus ou moins en laissant un laps de temps suffisant s’écouler entre deux observations consécutives, en commençant par les courants les plus forts et les diminuant graduellement, ou au contraire en commençant par les plus faibles, etc.
Quoi qu’il en soit, il sera toujours facile de constater que la la contraction augmente avec l’intensité du courant, d’abord rapidement, puis de plus en plus lentement, et cesse de s’accroître quand le maximum est atteint.
27. La contraction varie avec la résistance. — Obsei'vation VJ. — Toutes choses étant disposées, comme dans l’observation précédente, placez la bobine secondaire de façon a produire un courant induit qui tienne le milieu entre le maximum et le minimum.
Recueillez les courbes musculaires sans aucune charge, puis
avec des charges de 10, 30, 50, 100 grammes, etc., en ayant soin que les tracés soient situés à des distances proportionnelles sur la ligne des abcisses.
Répétez l’expérience avec l’excitation maximum, puis avec l’excitation minimum.
Quand l'excitation reste la même , la contraction diminue à mesure que la charge augmente, mais sans régularité. Au début, à partir de zéro, quand la charge augmente peu à peu, la contraction augmente; mais à mesure que la charge augmente, l’accroisement de la contraction est plus lent, et bientôt fait place à une diminution ; l’augmentation initiale de la contraction est plus marquée quand l’excitation ne dépasse pas un certain degré d’intensité.
28. Travail effectué. — Observation VII. — Les dimensions du levier étant connues, déterminez d’après les ordonnées le raccourcissement du muscle pendant chaque contraction. Le résultat multiplié par le poids donne le travail effectué dans chaque cas.
Tracez la ligne des abcisses et divisez-la en parties proportionnelles aux poids employés dans l 'Obs. VI. A chaque division, tracez une ordonnée correspondante dont la hauteur indique le travail effectué chaque fois. La ligne passant par les sommets de toutes les ordonnées est la courbe du travail effectué pour une même excitation et pour des poids croissants.
Pour une même excitation et pour des poids croissants , le travail effectué augmente jusqu à. un maximum , à partir duquel il diminue.
Le maximum n’est pas le même quand l’intensité de l’excitant varie.
Il y a une relation définie entre la charge, le muscle et l’excitant, qui permet d’obtenir le maximum de travail avec un muscle donné.