CHAPITRE Y
29. — Observation 1. — Placez une préparation de grenouille dans une position horizontale de façon que le gastrocnémien repose sur une surface plate (par exemple une lame de verre) sur laquelle il puisse glisser librement. Fixez solidement le fragment de fémur; au moyen d’une poulie, attachez le tendon au levier, etc., avec une charge de 10 à 15 grammes. Placez sur le milieu du muscle le bouton d’un cardiographe léger uni à un tambour de Marey (fig. 53). Si le bouton est grand, fixez à sa face inférieure un fragment conique de liège, de manière à ce que le contact avec le muscle ne se fasse que par une petite surface.
Appliquez le style du tambour à levier sur le cylindre, à une petite distance au-dessous de l'autre levier.
Placez le nerf sur les électrodes d’un circuit induit.
Quand le cylindre tourne (premier ou second axe) et que les deux leviers tracent des lignes parallèles, faites passer par les électrodes des courants d’induction d’intensité différente.
Le levier direct indique le raccourcissement du muscle; le levier du tambour son épaississement . On remarque que les deux phénomènes sont simultanéset que, suivant l’intensité du courant, la course des leviers augmente ou diminue dans les mêmes proportions.
Observation IL — Empoisonnez complètement une grenouille avec du curare, de façon à éliminer autant que possible l’influence des nerfs. Disséquez soigneusement un des grands muscles de la cuisse, par exemple le grand droit interne (fig. 114, r, i). Enlevez-le avec le fragment du bassin sur lequel il s’insère.
Placez-le dans une petite auge, que l'on peut fabriquer soimême avec de la gutta-percha (fig. 116) et posez en travers deux leviers aussi éloignés que possible l'un de l’autre. Les leviers doivent être disposés de façon que leurs styles soient appliqués sur le cylindre enregistreur, l’un au-dessous de l’autre et exactement sur la même ligne verticale. Fixez le muscle à une de ses extrémités par le fragment cl’os et attachez, au moyen d’une poulie, au tendon un poids de 5 à 10 grammes.
Rapprochez les deux électrodes pointus d’un circuit induit d’une des extrémités du muscle de façon qu'il? reposent sur les fibres musculaires près de leur terminaison.
Faites écrire les leviers sur le cylindre animé de son mouvement de rotation le plus lent. Quand les leviers tracent des lignes parallèles, faites passer un courant induit à travers le muscle.
Chacun des deux leviers décrit une courbe qui indique l’épaississement ou le gonflement du muscle sous le levier pendant la contraction. Mais ces courbes ne seront pas exactement l’une au-dessous de l’autre; l’une d'elles, par exemple, celle qui est tracée par levier le plus rapproché des électrodes, précède un peu l’autre. L’intervalle de temps entre le commencement des deux courbes est plus marqué sur un muscle épuisé ou sur un muscle exposé h une basse température que sur un muscle frais et très irritable.
La contraction ne se produit pas au même moment dans toute l'étendue de la fibre, mais se propage avec une certaine rapidité à partir du point ou les électrodes appuient sur la fibre.
Observation 111. — Répétez la même observation en plaçant les électrodes près du tendon, au lieu de les mettre sur l’autre extrémité.
Fig. 116. — Muscle clans une auge de gutta-percha. Sur le muscle sont posés les deux leviers; à gauche, on voit les électrodes et la pince à laquelle est fixée le muscle, à droite le fil qui se rend au levier.
Les résultats seront exactement les mêmes; l’onde de la contraction se propage dans les deux directions.
Fig. 117. — Leviers suspendus à de petites bandes d’étain qui entourent
Observation IV. — Au lieu d’appuyer les leviers sur le muscle comme précédemment, placez le muscle sur une lame de liège percée de trous, entourez -le en deux points distants l’un de l’autre par une petite bande d’étain, dont les deux extrémités vont s’attacher au-dessous à un levier (fig. 117).
Si le style du diapason enregistreur est appliqué contre le cylindre au-dessous des leviers, l'intervalle de temps entre les débuts de deux contractions peut être déterminé exactement; et en mesurant la distance qui sépare les deux leviers, on peut calculer la vitesse de l’onde musculaire.
le muscle.
TÉTANOS