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NERVEUSE

42. — Le seul phénomène que l’on sait (l'une manière certaine accompagner la transmission nerveuse est la variation du courant nerveux (voy. § 36).

Dans le cas du muscle la variation que le galvanomètre révèle pendant le tétanos, consiste, comme le prouve la grenouille rhéoscopique, en une série de variations successives (voy. § 32).

A première vue, la manière dont se comportent les nerfs semble apporter une preuve semblable.

Observation I. — Prenez une préparation de grenouille et d’autre part préparez un fragment de nerf isolé aussi long que

Fig. 127. — Disposition du muscle et des nerfs pour démontrer que le changement de l’électrotonus d’un nerf A produit une excitation dans un autre nerf B.

possible. Placez la préparation B sur une lame de verre (fig. 127) ; placez le nerf A sur le nerf de B dans une des deux

332 TRANSMISSION NERVEUSE

positions représentées dans Ja figure 127, I. II; unissez le bout de A avec une bobine d’induction.

Un courant d induction transmis en A produira une contraction en B ; la faradisation produira en B le tétanos.

Observation II. — Liez A, entre les électrodes et le bout appliqué sur B. Un courant transmis par les électrodes ne produit aucune contraction en B, ce qui prouve que les résultats de Y Observation 1 ne sont pas dus à un simple phénomène de conductibilité électrique en A, ou à un passage du courant en B par un autre moyen quelconque.

Ce que l'on appelle le « paradoxe de contraction » en apporte aussi une autre preuve.

Observation III. — Chez la grenouille le sciatique se divise au niveau de la partie inférieure de la cuisse en deux branches, le nerf péronier et le nerf tibial. Disséquez en une, par exemple, la branche péronière et coupez-la vers son bout périphérique. Sectionnez le sciatique assez haut et placez la branche péronière sur les électrodes d'une bobine d'induction. La préparation est représentée figure 127, III.

Si on excite le nerf péronier A au moyen d’interruptions successives du courant voltaïque, il se produira des contractions dans les muscles, auxquels se rend le nerf tibial B.

Toutes ces « contractions secondaires » cessent quand le nerf A est lié entre les électrodes et le nerf B.

A chaque fermeture (qui met en jeu la conductibilité nerveuse) du courant excitateur en A, deux phénomènes se manifestent qu’il faut bien distinguer l’un de l’autre.

Premièrement : il y a accroissement électrotonique du courant nerveux naturel du côté de l’anode, ou décroissement du côté du cathode. Cet accroissement ou ce décroissement persiste pendant tout le temps du passage du courant excitateur et disparaît avec la rupture du courant.

Secondement : il y a une variation du courant naturel qui se propage avec la transmission nerveuse indifïeremmentdans les deux sens, et qui dans unpoint quelconquedu nerf cesse dans un temp* excessivement court après la fermeture du courant excitateur.

TRANSMISSION NERVEUSE

Pendant tout le temps du passage du courant (supposé uniforme et constant) il n’y a pas de variation, parce qu’il n’y a pas de transmission nerveuse.

A la rupture du courant excitateur une nouvelle variation se manifeste le long du nerf, si le courant est de telle nature que sa rupture mette en jeu la transmission nerveuse.

Avec un courant d’induction simple, il y a donc le double phénomène de la variation et de l’électrotonus momentané ; avec la faradisation, il y a une succession de ces doubles phénomènes.

Dans ces deux cas la contraction secondaire, produite dans les Observations 1, II et III, est due à Lun ou l’autre de ces phénomènes ou à tous les deux à la fois. Auquel des deux est-elle due, c’est ce que l’emploi de ces courants seuls ne peut permettre de décider.

Si cependant l’accroissement de l’électrotonus est suffisant par lui-même pour causer une contraction secondaire, la contraction peut être produite à un moment quelconque pendant le passage d'un courant excitateur constant, quand il n’y a pas de variation.

Observation IV. — Faites passer en A (placé sur une lame de verre), un courant constant engendré par deux éléments et de façon que l’électrode positif soit placé vers l’extrémité libre du nerf; suspendez le nerf de B au-dessus de A de façon qu’on puisse à volonté le laisser tomber sur A dans la position I ou II (fîg.127).

A la fermeture du courant une variation se manifeste en A et disparaît. Il reste cependant un accroissement de négativité au bout coupé. Laissez maintenant tomber B sur A; il se produit une contraction dans le muscle de B.

Ceci ne peut être dû qu’à l’état polarisé de la partie extrapolaire de A agissant comme excitant du nerf de B, quand le circuit est fermé par une portion de B et mettant ainsi en jeu la tranmission nerveuse.

Les contractions secondaires dans les Observations /, Il et III, sont principalement dues à cette polarisation.

EXCITATION DES NERFS ET DES MUSCLES

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