‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 80 sur 120 · DIFFÉRENTES FORMES D’EXCITATION DES MUSCLES ET DES NERFS · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES FORMES D’EXCITATION DES MUSCLES ET DES NERFS

43. Excitation mécanique. — Toute excitation mécanique suffisamment forte et brusque exercée sur un muscle ou sur un nerf, provoque une contraction, et celte contraction devient tétanique quand ces excitations sont assez rapidement répétées.

C’est ce qu’on peut démontrer en frappant simplement un muscle ou un nerf avec un instrument grêle, mais contondant.

Pour des observations plus précises, il faut se servir du tétanomoteur de Heidenhain, que l’on applique soit à un muscle, soit à un nerf. Vojrez la description dans Itosenthal, Electricitàlslehre, p. 116.

Une méthode plus simple est celle deMareyavec un diapason.

Observation I . — Procurez-vous une préparation de grenouille. Placez le nerf sur une lame de caoutchouc tendue sur un anneau de bois ou de métal. Cette lame élastique sert à amortir la violence des coups que l’on frappe sur le nerf. Disposez le diapason sur un support de façon que les vibrations se produisent dans un plan perpendiculaire au nerf. Faites vibrer le diapason et mettez-le légèrement en contact avec le nerf. Le tétanos se manifeste immédiatement, et on peut en recueillir la trace sur le cylindre enregistreur.

Observation II. — On peut remplacer le nerf sur la membrane de caoutchouc par un muscle (le gastrocnémien, ou mieux un des muscles droits) d’une grenouille empoisonnée avec du curare.

EXCITATION DES NERFS ET DES MUSCLES

Le tétanos se produira par excitation mécanique directe du muscle lui-même, sans l’intervention des nerfs.

44. Contractions idio-musculaires. — Observation 111. — Placez sur une surface plane une préparation de grenouille, dont la vitalité a été très diminuée par une longue séparation du corps.

Frappez vivement le milieu du ventre du muscle transversalement à la direction de ses fibres avec le manche d’un scapel, il se produira probablement une contraction, qui, comme d’habitude, se propage dans toute la longueur des fibres musculaires.

Quand la contraction a cessé, le point où a frappé le manche du scapel se distingue par un raccourcissement et un épaisissement local, qui dure plusieurs secondes pour disparaître ensuite.

Observation IV. — Attendez jusqu’à ce qu’un excitant électrique appliqué sur le muscle ou le nerf ne provoque plus de contraction. Frappez le muscle comme dans l’observation précédente; la contraction idio-musculaire se manifeste encore. Le relâchement est d’autant plus lent que la rigidité cadavérique est plus rapprochée; quand elle apparaît, la contraction idio-musculaire disparaît.

45. Excitation chimique des muscles. — Observation V. — Disséquez avec précaution le muscle couturier (fig. 114, s) en ayant soin de l’endommager le moins possible et en enlevant avec lui les portions du bassin, sur laquelle il s’insère. Fixez solidement ce fragment cl’os sur un support, de façon que le muscle pende verticalement. Si l’on veut enregistrer les contractions sur le cylindre, enfoncez dans le milieu du muscle une aiguille, dont l’extrémité libre est directement appliquée sur le cylindre enregistreur, contre lequel elle est maintenue- en contact par un fil tendu par un poids, comme dans le kymographe (Ir0 partie, § 33). Coupez avec des ciseaux bien tranchants le tendon inférieur du muscle, de façon à sectionner transversalement les libres musculaires.

Placez une goutte de chacun des liquides mentionnés plus bas

336 EXCITATION DES NEUFS ET DES MUSCLES

sur une plaque de verre graisseuse (de façon à ce que la goutte de liquide offre une surface bien convexe), et élevez très lentement la plaque jusqu’à ce que le fluide arrive en contact avec la section transversale du muscle. Immédiatement, ou très peu de temps après que le contact a eu lieu, commencent à apparaître les contractions spasmodiques du muscle.

Les substances suivantes appliquées sur les fibres musculaires provoquent des contractions : les acides minéraux, même extrêmement dilués, les solutions de sels méalliques, les solutions concentrées de sels neutres alcalins, l’acide lactique, la glycérine même très diluée.

Observation VI. — De simples traces de vapeur d’ammoniaque agissent comme un puissant excitant. Placez quelques gouttes d’ammoniaque dans un petit flacon large et à large embouchure fermée par une plaque de verre graissée. Placez le flacon audessous du muscle. Le muscle ne présente aucune contraction (s’il ne se dégage pas de vapeur ammoniacale du flacon); enlevez la plaque de verre, les contractions se produisent immédiatement.

Il faut avoir soin, après chaque observation, de retrancher la couche superficielle de la section transversale, parce que les substances employées comme excitants détruisent la couche du muscle avec laquelle elles sont en contact immédiat.

Il faut aussi appliquer ces différentes substances aussitôt que possible après que la section a été faite, parce que la surface, ainsi mise à nu, meurt rapidement.

46. Excitation chimique des nerfs. — Observation VII. — Prenez une préparation de grenouille avec un fragment de nerf aussi long que possible. Tenez solidement le muscle et disposez le nerf de façon que son extrémité pende librement dans une direction verticale. Placez une goutte d’un des liquides mentionnés ci-dessous sur une lame de verre, et faites-y plonger le bout du nerf dans une étendue d’au moins quelques millimètres. Employez une nouvelle préparation pour chaque expérience, ou bien retranchez à chaque fois la partie du nerf qui a été exposée à l’action du liquide.

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