Alcool
10. Recherche de l’albumine. — Les trois réactions qui servent d’ordinaire pour rechercher la présence de l’albumine dans un liquide, sont :
1° Sa précipitation par ébullition après addition d’acide azotique;
2° Sa précipitation par l’acide acétique et le ferrocyanure de potassium ;
3° Sa précipitation par l’ébullition après addition d’acide acétique et d’une solution concentrée d’un sel neutre.
Afin de se familiariser avec ces trois réactions, il faudra les observer d’abord sur des solutions connues, les unes renfermant de l’albumine, les autres n’en renfermant point.
1. Placez une portion de la liqueur dans un tube à essai, et chauffez à la flamme d’une lampe à esprit de vin ou d’un bec de Bunsen jusqu’à ébullition. Ajoutez une goutte ou deux d’acide azotique de manière à déterminer une réaction plus distinctement acide. Si, par suite de l’ébullition, il se forme un pré-
PROPRIÉTÉS DE L’ALRUMINE
cipité persistant après l’addition de l’acide azotique, ou bien si l’acide azotique en fait naître un, la liqueur renferme certainement de l’albumine.
On ajoute l’acide pour deux raisons : — (a) Premièrement, pour dissoudre les substances qui pourraient exister dans la solution et précipiter par l’ébullition, de façon à simuler la coagulation de l’albumine. Ces substances sont le phosphate de calcium qui se rencontre dans l'urine de l’homme, et le carbonate de calcium dans burine des herbivores. Gomme cette réaction est Irès fréquemment employée pour découvrir l’albumine dans l’urine, ces substances pourraient très facilement induire en erreur. L’albumine coagulée par la chaleur n’est pas soluble dans l’acide azotique; si le précipité, produit dans la liqueur par l'ébullition, disparaît par l’addilion d’acide, c’est que celle-ci ne contient pas d’albumine.
(b) Secondement, pour neutraliser l'alcali qui pourrait empêcher l’albumine d’être précipitée par l’ébullition.
Versez dans unesolution aqueuse d’albumine quelques gouttes d’une solution de potasse et faites bouillir. Il ne se produit pas de précipité. Ajoutez uue goutte d’acide azotique dilué, le précipité qui se forme disparaît en agitant la liqueur. Ajoutez suffisamment d’acide pour donner une réaction nettement acide à la solution, il se produira un coagulum persistant. La quantité d’acide ne doit pas être trop petite, parce qu’une partie de l’albumine resterait dissoute. Quelquefois, au lieu d’employer l’acide azotique, on ajoute goutte à goutte de l’acide acétique à la liqueur bouillante, jusqu’à neutralisation. Cette méthode peut induire en erreur, si l’on ne prend grand soin de neutraliser exactement la liqueur, parce qu’un excès d’acide acétique empêche l’albumine de se coaguler. Quand la neutralisation est parfaite, l'albumine se précipite et peut être isolée par filtration ;
2. Ajoutez de l’acide acétique à la liqueur jusqu’à réaction acide, ainsi que quelques gouttes de ferrocyanure de potassium; il se forme un précipité blanc floconneux dans le cas où da liqueur renferme de l’albumine ;
3. Versez de l’acide acétique dans la liqueur de manière à avoir une réaction fortement acide, ajoutez un volume égal
SUBSTANCES ALBUMINOÏDES
d’une solution concentrée de sulfate de sodium et portez à l’ébullition. La formation d’un précipité permanent indiquera la présence d’une substance albuminoïde.
Cette dernière méthode a l'avantage non seulement de découvrir la présence de l'albumine, mais de la séparer du reste de la solution, de façon à permettre ensuite l’emploi des réactifs d’autres substances, telles que le sucre, qui peuvent accompagner l’albumine.
11. SÉPARATION DES SUBSTANCES ALBUMINOÏDES DAVEC LÉS AUTRES SUBSTANCES DISSOUTES DANS LES MEMES LIQUIDES. — Le
moyen que l’on emploie habituellement pour séparer les substances albuminoïdes dissoutes dans un liquide, consiste à faire bouillir celui-ci de façon à ce que l’albumine se coagule. Si le liquide est déjà acide, on se contente simplement de le faire bouillir; dans le cas contraire, on y ajoute au préalable de petites quantités d’acide acétique, en ayant grand soin d’éviter d’en verser en excès.
Si l’ébullition avec l’acide acétique seul ne détermine pas la coagulation complète, il faut ajouter un volume égal d’une solution concentrée de sulfate de sodium, et faire bouillir de nouveau la liqueur.
12. Réactions qui décèlent les traces d’albumine dissoute. — 1. Potasse caustique et sulfate de cuivre. — Il est bon, avant d’employer cette réaction, qui sert également pour rechercher le sucre, de connaître la réaction qui a lieu quand on ajoute un alcali caustique à une solution de sulfate de cuivre, et que l'on chauffe le mélange, sans qu’il y ait aucune substance étrangère en dissolution. Yersez une petite quantité d’eau distillée dans un tube à essai avec une ou deux gouttes d’une solution diluée de sulfate de cuivre, ajoutez-y une petite quantité de solution de potasse, et il se déposera un précipité bleu clair d’hydrate d’oxyde de cuivre. Faites bouillir le liquide, et le précipité bleu se changera en une poudre noire qui est de l’oxyde anhydre. Si, au lieu de porter à l’ébullition, on ne chaude que légèrement, la poudte est brun foncé.
PROPRIÉTÉS DE L’ALBUMINE
L’hydrate d’oxyde de cuivre est insoluble dans un excès de la solution ordinaire de potasse, mais il est légèrement soluble dans les solutions très concentrées et leur donne une couleur bleu clair. La présence de certaines substances organiques rend le sulfate de cuivre hydraté soluble dans les solutions alcalines faibles. Versez de l’eau et une solution de sulfate de fer dans un tube à essai, ajoutez un petit cristal d’acide tartrique ou quelques gouttes d’une solution de cet acide et ensuite de la solution dépotasse. Ou bien il ne se formera pas de précipité, ou bien le précipité formé se dissoudra, et, en agitant le tube, la liqueur prendra une belle couleur bleue. Faites bouillir, il ne se produira pas de précipité et la couleur ne changera point.
Application de cette réaction à la recherche de l'albumine. — Versez une solution d’albumine dans un tube à essai, ajoutez une ou deux gouttes de sulfate de cuivre et de la solution dépotasse ; un excès de potasse 11e masque point la réaction. Ou bien il ne se dépose point de précipité, ou bien le précipité formé se redissout en agitant le tube, et la liqueur prend une coloration violette. Faites bouillir; il ne se forme pas de précipité, mais la couleur violette devient plus intense.
2. Réaction xanthoprotéique. — Faites chauffer le liquide avec de l’acide azotique, concentré. Laissez refroidir et ajoutez une petite quantité d’ammoniaque. S'il existe de l’albumine dans le liquide, celui-ci prendra une coloration orange. C’est là une des réactions des plus sensibles des substances albuminoïdes.
3. Réaction de Millon. — Chauffez la liqueur avec une petite quantité de réactif de Millon. Si l’albumine existe en quantité considérable, il se déposera un précipité blanc, qui devient rouge sous l’influence de la chaleur. La couleur rouge se produit à la température ordinaire, mais elle est plus prononcée si l’on chauffe jusqu’à 60° ou 70°.
Pour préparer le réactif de Millon, prenez deux capsules de capacité très différente, placez chacune d’elles sur un des plateaux d’une balance et ajoutez des poids ou de la grenaille de plomb sur le plateau qui supporte la plus petite capsule de façon à établir l'équilibre. Versez dans la petite capsule une petit
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quantité de mercure, et clans l’autre, le même poids d’acicle azotique (poids spécifique 1012). Dissolvez le mercure dans l’acide azotique d’abord à froid, puis en chauffant modérément. Versez la dissolution dans une éprouvette graduée et ajoutez-y deux fois son volume d’eau. Laissez reposer pendant quelques heures, puis séparez la liqueur du dépôt cristallin par décantation.