‹ Manuel du manœuvrierChapitre 34 sur 56 · Tôte de mort ou Tôte d'alûuette. — Au lieu de la · texte numérisé non relu

Tôte de mort ou Tôte d'alûuette. — Au lieu de la

Fîg. 109. — Tôte de mort

ou tête d'alouette. Fig. 110. -— Nœud de ride.

surliure qui termine ordinairement les culs de porc, on entrelace quelquefois les bouts et Ton forme alors ce qu'on appelle une tête de mort. On l'emploie pour les pommes de tireveilles , et on l'appelle aussi tête (ïatouette,

189. Nœud de ride. — C'est un nœud de passe analogue au cul de porc. On l'emploie pour faire le dormant d'une ride à l'œil d'un cap de mouton à trois trous, pour faire le dormant des bosses debout, pour les estropes des seaux de lavage, etc.

190. Nœud de hauban simple, double. — Ce nœud sert à réunir très solidement les deux parties d'un hauban ou de toute autre manœuvre dormante qui a élé coupée, en

perdant le moins possible de la longueur de cette manœuvre* Pour faire un nœud de hauban simple, on détord une longueur suffisante de chacun des deux bouts du hauban; on rapproche ces bouts en croisant leurs torons; on replie ces torons sur eux-mêmes en les entrelaçant, et, après avoir souqué les passes, on perd les bouts entre les torons. Le nœud de hauban simple s'amincit à la longue jusqu'à n'avoir plus qu'un diamètre à peine supérieur à celui du cordage sur lequel il a été fait. Le nœud de hauban double (fig. 112) se fait avec deux culs de

porc adossés et terminés par des épissures. Il est plus solide que le nœud simple, mais

Fig. m. — Nœud de hauban simple.

il est beaucoup plus gros et, à cause de cela, moins employé.

191. Faire une élingue. — On fait une élingue en réunissant par une épissure carrée les deux extrémités d'un cordage de4 à 5 mètres de longueur.

Il y a encore des élingues qui consistent en un bout de filin de la même longueur, terminé d'un côté par un œil, et surlié à l'autre extrémité.

192. Élinguer un objet. — C'est l'entourer du cordage appelé élingue, dans lequel on croche un palan. Si l'élingue est faite d'un cordage court dont les deux bouts sont épissés ensemble, un des doubles, après avoir embrassé le fardeau, passe dans l'autre double, et l'on y croche le palan.

NOMENCLATURE GÉNÉRALE ET MATELOTAGE

Si Télingue consiste en un bout de filin ayant un œil à Tune de ses extrémités, on bague, par un nœud coulant, cette élin-

Fig. il2. — Nœud de hauban double.

FIg. 113. — Ëlingucr un objet.

gue sur un des bouts de Tobjet, et on entoure l'autre bout au moyen d'un nœud de bois.

Si Ton n*a point d'élingue, on réunit les deux bouts d'une corde par un nœud à plein poing ou par un nœud plat.

Les élingues avec un croc à chaque bout, appelées pattes à futailles, servent à hisser des ba-

Fig.114. — Patte à futailles.

Fig. 115. — Elinguer une baille.

rils légers, en les crochant sur les extrémités des douvelles»

Pour élinguer une baille ou une barrique debout, on prend un bout de cotde que Ton passe, par son milieu, sous la baille; avec chaque bout on entoure la partie supérieure de la baille par une denoi-clef, et Ton réunit les deux bouts pour y crocher le palan.

193. Faire du bitord. — Le bitord se compose de deux ou trois fils de caret tortillés ensemble.

Pour le confectionner, on noue bout à bout des fils de caret; puis, suivant que Ton veut faire du bitord en deux ou en trois, on prend à la fois deux ou trois de ces fils, et Ton fait une pelote. On fixe à Tun des crocs du moulin à bitord le bout qui se trouve à l'intérieur de la pelote, et Ton tourne le moulin de droite à gauche. Un homme, avec la pelote sous le bras gauche, marche en arrière à petits pas, à mesure que les fils de caret se tordent; de la main droite il frotte le bitord avec un morceau de toile, afin de le rendre uniforme.

On ramasse le bitord par pelotes de 40 à 50 mètres.

194. Faire une erse en bitord. — Un assemblage de fils de caret ou de bitord réunis en faisceau et liés ensemble par un fil de même espèce, constitue une erse (voir fig. 116).

Pour former Ferse, on fait d'abord, sur deux piquets éloignés Tun de l'autre de la distance voulue, un nombre de tours de fil de caret ou de bitord proportionné à l'efi'ort que Terse est destinée à supporter, en ayant soin de faire travailler les tours également. On lie ensuite tous les tours ensemble par un transfilage à demi-clefs.

La force de Terse est évaluée à un tiers de plus que celle du cordage ordinaire de même grosseur. Elle est peu employée à bord des bâtiments; elle sert surtout dans les ateliers où Ton a des poids considérables à manœuvrer.

195. Faire de la commande. — La commande se fait à la main, avec deux ou trois fils de caret de 4 à 5 mètres de long. Deux hommes prennent chacun un bout de ces fils , se placent vis-à-vis Fun de l'autre, roulant les fils en sens inverse, de gauche à droite, avec la paume de la main, sur le genou droit, et les frottent ensuite avec un morceau de toile. Un homme seul

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peut également faire de la commande, en attachant un bout des fils à un cabillot, un piton, etc. La commande se ramasse par petites manoques; les bouts sont arrêtés par un demi-nœud.

196. Faire de la lignerolle. — La 11gnerolle se fait en effilant des bouts de fil de caret de 12 à 20 centimètres de long, ou avec des étoupes. On file Tétoupe entre les doigts et Ton corde ensemble deux ou trois des fils nûnces ainsi obtenus. On en fait aussi avec du fil à voile.

197. Faire de la ligne. — La ligne se confectionne généralement dans les corderies ; toutefois, on peut en fabriquer à bord, au moyen du moulin à bitord, et d'un mandrin en bois, appelé chèvre^ qui a la forme d'un cône et porte trois engoujures.

On réunit deux par deux six fils de caret, on les fixe à trois crochets du moulin à bitord, et Ton tourne le moulin, pendant que trois hommes, marchant en arrière , agissent

comme pour faire du bitord. L'un d'eux as- ^*°* ^^trf^^^ ^ en bitord.

semble ensuite ces trois petits torons par un nœud dans lequel il croche un croc à émerillon qu'il tient solidement; un second engage la chèvre entre les torons, le petit bout contre le nœud.

On tourne de nouveau le moulin; l'homme qui tient la chèvre la fait glisser lentement vers le moulin ; lorsqu'il est arrivé auprès, il enlève la chèvre; on réunit les trois torons sur le même croc, et l'on tourne le moulin en sens contraire. Quand on a donné une torsion suffisante, la ligne est saisie par les deux bouts, pour l'empêcher de se détordre, et on la frotte pour lui donner du luisant et l'égaliser.

La ligne délivrée par la garniture est toujours en six fils; mais à bord elle se fait souvent en trois fils, chacun d'eux représentant un toron.

' 198. Goudronner un cordage. — Un homme muni d'un bouchon d'étoupe le trempe dans du goudron chauffé et maintenu liquide; il le fait glisser le long du cordage, dans le sens des torons, en le pressant de manière à faire pénétrer le goudron dans les interstices du filin et à en mettre partout une couche uniforme.

Cette opération donne plus de durée aux cordages, en empêchant Teau de les pénétrer et de les pourrir.

199. Congréer, limander, fourrer. — Pour préserver un cordage de l'humidité et de l'usure par les frottements, on le recouvre avec de la toile et du menu filin; c'est ce qu'on appelle congréer, limander et fourrer.

Congréer un cordage, c'est le garnir d'un filin plus mince, remplissant les intervalles des torons, afin de le rendre plus uni. Pour bien serrer le congréage, on enroule quatre ou cinq fois, autour du cordage congréé, une

forte tresse que l'on fait Fig. 117. — ConfiTéer. . .

tourner et avancer au

moyen d'un morceau de bois servant de levier. Limander, c'est recouvrir un cordage de bandes de toile goudronnée, appelées limandes , destinées à le garantir du frottement et de l'humidité.

Ces bandes, larges de 8 à 12 centimètres, suivant la grosseur du cordage, l'entourent en hélice , de ma- Vlg. 118. — Limander, fourrer. nière à se recOU-

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vrir elles-mêmes d'environ la moitié de leur largeur. Lorsque le cordage ne doit pas être fourré par-dessus la limande, on maintient celle-ci par un transfîlage bien serré, en bitord.

Fourrer, c'est entourer un cordage d'une série de tours de bitord, lusin ou merlin, faits à joindre et également serrés. Ce travail s'exécute au moyen de la mailloche à fourrer, maillet cylindrique, portant une engoujure longitudinale qui s'applique sur le cordage. Le maillet et le manche sont entourés de plusieurs tours, qui glissent quand on fait tourner la mailloche, et viennent s'appliquer uniformément sur le filin à fourrer

Nota. — Quand on a affaire à un cordage en fil de fer, on ne le limande pas : on se contente de le congréer et de le fourrer.

200. Faire une surliure. — La surliure sert à empêcher le bout d'un filin de se décommettre. Elle se

fait avec du fil à voile, ou du fil de caret , soit par une suite de tours morts à se toucher, soit par une série de demi-clefs.

201. Faire une quetie de rat. — C'est terminer un cordage en pointe, afin de pouvoir l'introduire plus facilement dans les poulies.

Pour faire une queue de rat, on lie d'abord le cordage à une petite distance du bout; puis, défaisant les torons jusqu'à la ligature, et renversant les fils extérieurs, on amincit ceux de l'intérieur au moyen d'un couteau. On couche alors alternativement les fils extérieurs par pairs et impairs, en liant fortement chaque tour avec du fil à voile. On forme ainsi une sorte de tissu qu'on termine par une surliure (voir fig. 120).

On peut également faire une queue de rat sans fil à voile, en croisant, à chaque tour, les fils pairs et impairs, ce qui fait une sorte de tresse. La surliure existe comme dans la première manière.

202. Amarrage plat simple, sans bridure. — L'amarrage plat est destiné à lier ensemble, côte à côte, deux cordages ou deux branches d'un même cordage. Il s'emploie surtout,

Fig. llî). — Sun liure.

comme deuxième et troisième amarrages, sur les bouts des manœuvres dormantes, telles que haubans, galhaubans, etc.

Pour faire cet amarrage, on prend un bout de ligne ou de quarantenier, et Ton fait un œil à une des extrémités; Vautre bout est un peu décordé; chaque toron est effilé au couteau, puis on refait le cordage, qui se termine alors en pointe. Au moyen de cet œil, on bague la ligne sur les deux doubles du cordage, après les avoir trésillonnés si c'est nécessaire. On fait ensuite autour d'eux un certain nombre de tours à se toucher et bien souques.

Pour arrêter l'amarrage, on introduit le bout de la ligne dans l'inté-

Fig. iao. — Faire une queue de rat.

Fig. 121. — Amarrage en étrive avec bridure (l).

— Amarrage plat avec bridure (â). - Amarrage plat sans bridure (3).

rieur des tours, entre les deux doubles du cordage, et on le fait sortir par lœil; halant fortement sur ce bout, on le fait mordre entre le cordage et les tours d'amarrage; puis on coupe la ligne au ras de lœil.

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