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Amarrage double, avec ou sans bridure

L'amarrage plat double est plus solide que le précédent ; il sert aux mêmes usages.

1** Sans bridure. — Pour le confectionner, on commence par faire un amarrage simple, généralement composé d'un nombre impair de tours; puis, au lieu d'arrêter la ligne, on fait une deuxième couche de tours par-dessus ceux déjà faits, avec nn tour de moins, et le bout est introduit dans l'œil en passant entre les tours, comme pour l'amarrage simple;

2° Avec bridure. — Pour souquer davantage l'amarrage et le rendre plus solide, on le termine ordinairement par une bridure, qui se fait en passant le bout de la ligne deux ou trois fois entre les deux doubles du cordage et par-dessus les tours d'amarrage. Chaque tour ayant été bien trésillonné, on engage le bout entre les tours de bridure et l'amarrage lui-même.

204. Amarrage en étrive, avec ou sans bridure. — L'amarrage en étrive se fait sur un cordage dont les bouts doivent se croiser. On l'emploie pour fixer un cap de mouton sur un hauban, pour placer une cosse sur une patte d'embarcation, pour faire une pantoire double, telle que celles pour écoutes de focs ou de voiles goélettes, etc.

Pour l'exécuter, on commence par croiser le cordage, la ligne est baguée sur les deux doubles, puis on fait un amarrage plat double; la bridure, quand on en fait une, n'embrasse qu'un seul côté de l'amarrage, celui qui est compris entre les bouts libres du filin.

L'amarrage en étrive peut être remplacé par un erseau, qui maintient les deux parties du cordage à leur point de croisure.

ÎÎ05. Amarrage croisé. — Cet amarrage s'emploie px)ur réunir deux cordages en croix.

On bague la ligne, par son milieu, au point de croisure; on sépare ensuite les deux bouts, pour les faire passer plusieurs fois, en sens inverse l'un de l'autre, dans deux angles opposés de la croix; on les croise, et on recommence le même nombre de tours dans une direction perpendiculaire à la première. On

passe deux tours de bridure entre les cordages, et Ton termine par un nœud plat (fîg. 122).

206. Amarrage en portugaise. — Cet amarrage est destiné à lier solidement entre eux, de manière à éviter le glissement, deux cordages, ou bien deux espars, vergues ou mâtereaux, devant servir de bigues.

1** Portugaise sur cordages. — La portugaise sur cordages sert surtout pour premier amarrage sur

Fig. 124. — Amarrage croisé.

FIg. 123. — Amarrage en portugaise

les haubans et galhaubans, ou pour deuxième amarrage quand le premier a été fait en étrive.

Le filin d'amarrage ayant été préparé comme il a été dit pour l'amarrage plat, on le bague sur un des cordages; il passe ensuite entre les deux cordages, fait le tour du deuxième, revient passer entre les deux et entoure le premier cordage; on a ainsi un premier tour croisé. Le second tour se fait plein, c'est-à-dire qu'il entoure les deux cordages, le troisième tour est croisé, le quatrième plein, et ainsi de suite. On continue en alternant le nombre de tours nécessaire; puis, pour arrêter, on passe le bout entre les deux doubles de l'amarrage et les tours pleins; il entre alors dans l'œil et revient sur lui-môme pour faire bridure, comme dans l'amarrage plat.

NOMENCLATURE GÉNÉRALE ET MATELOTAGE

T Portugaise sur espars. — La portugaise sur bois se fait avec du cordage plus fort que le quarantenier , et d'une dimension en rapport avec la grosseur des espars à relier. On croise les espars au point où Ton veut faire l'amarrage. On bague le filin par son milieu, en embrassant la croisure avec le nœud coulant. Avec un des bouts, on fait une portugaise (tour croisé , tour plein) sur les'espars, au-dessus de la croisure ; avec Tautre bout, on en fait autant au-dessous. On bride Tamarrage entier avec l'excédent des bouts, et l'on termine par un nœud plat.

ÎÎ07. Roustiire. — La rousture sert à maintenir les unes contre les autres et à lier ensemble deux ou plusieurs pièces de bois.

On maintient une jumelle sur un mât ou sur une vergue au moyen de roustures.

Fig. 124. — Portugaise sur espars.

Rousture.

208. Velture. — La velture sert à lier ensemble deux pièces de bois qui ne se touchent pas. On consolide le pied d'un

FIg. 126. — Velture.

mât de hune au moyen d'une velture avec le ton du bas mât. En pareil cas, on prend un bout de filin avec lequel on fait plusieurs tours embrassant les deux mâts ; puis on passe quelques tours entre les mâts, perpendiculairement aux premiers, pour souquer Famarrage. On arrête le tout par j)lusieurs demi-clefs.

Lorsqu'il s'agit simplement de maintenir un certain écartement entre deux mâts, et qu'il n'est pas nécessaire de donner à la velture une grande solidité , on la confectionne avec une estrope ou grand erseau embrassant les deux pièces de bois et se ridant au moyen d'une aiguillette. Ce genre de velture s'emploie particulièrement pour maintenir le bout-dehors de grand foc sur le beaupré, et le bout-dehors de clin-foc contre celui de grand foc.

ÎÎ09. Aiguilletage. — L'aiguilletage est destiné à réunir deux cordages ayant un œil oif une cosse, où à fixer sur un espars un filin muni d'un œil.

On en distingue de deux sortes : 1® L'aiguilletage simple, ou tours et autres, qui consiste à faire passer un bout de filin alternativement dans les deux œils que l'on veut réunir, et l'on termine par un nœud plat.

2® L'aiguilletage en portugaise , que l'on emploie pour aiguilleter les estropes de sous-barbes, de haubans de beaupré, les colliers d'étai, etc., pour fixer les échelles de poupe, de tangons, etc. C'est un amarrage en portugaise, peu serré, qui n'est pas alterné par des tours ronds. On le termine en passant deux fois le bout de l'aiguillette entre les tours, au point de croisure ; on fait mordre sous un des tours, et on coupe le bout. 210. Mariage. — Faire un mariage, c'est réunir deux bouts de filin par de petits amarrages plats, de distance en dis-

NOMENCLATURE GÉNÉRALE ET MATELOTAGE

tance, afin de les maintenir dans des positions relatives invariables. Les capelages des mâts et vergues de perroquet sont mariés de cette manière.

211. Transfilage. — Le transfilage se fait à demi-clefs, ou tours et autres. La première manière s'emploie pour enverguerles voilessur corne et les voiles d'embarcations. Le filin de transfilage passe alternativement dans les œils de pie de la voile et autour de la corne; on maintient chaque tour par une demiclef faite en dessous de la corne, à toucher Tœil.

La seconde manière s'emploie pour relier ensemble deux tentes, pour enverguer les focs près du point d'amure, pour enverguer en totalité sur leur draille certains focs ou voiles d'étai.

212. Pattes d'embarcations. — Ce sont des bouts de filin forts et courts sur lesquels on croche les palans, pour hisser l'embarcation, Aya^t pris, avec un bout de bitord, la mesure des, pattes sur le canot,

on épisse un croc à cosse sur pig. IîS. - Pallc d'embarcalion.

chaque bout de la patte; on

fixe la cosse à sa position par un amarrage en étrive, et Ton

Pig. 1*7. — Transfllage de foc

Fig. i99, — Estrope simple de poulie.

frappe sur la branche supérieure un bout de quarantenier destiné à servir de balancines. — Les pattes sont souvent en chaîne.

213. Faire une estrope de poulie simple à épissure carrée, ou faire une estrope de poulie à une

engoujure. — Prendre un bout de filin de longueur et de grosseur convenables pour la poulie et son engoujure; le fourrer jusqu'à une petite distance des extrémités.

Passer Testrope ainsi préparée dans le piton où doit être fixée la poulie, après avoir eu soin de garnir de limande la cannelure de la cosse du piton. Réunir les deux bouts de Testrope au moyen d'une épissure carrée; fourrer Tépissure. Enfin introduire la poulie de manière que Testrope repose bien dans Tengoujure, et que Tépissure soit au cul de la poulie. Faire un amarrage plat entre la cosse et la poulie.

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